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anarchisme

Conflit Israélo-palestinien. La colonisation déshumanise le colon comme le colonisé.

Publié le par Mikeulponk

STUPEUR

7 octobre 2023 - Lorsque j'ai reçus l'info, ma première réaction a été la stupeur.
"La stupeur est un état dans lequel la conscience se trouve modifiée en une incapacité à ressentir, penser, juger, ainsi que d'agir ou réagir de façon appropriée à la situation."

Il faut du temps pour assimiler l'évènement et je ne pouvais rien dire de mieux que "C'est chaud", "ça à l'air sale", "il vient de se passer un truc gros et vénère".

Puis très vite, parce que je connais la situation et les forces impliquées, "Il va y avoir des conséquences terribles, ça va faire mal".
Comme si l'évidence d'un massacre imminent empêchait de prendre le temps nécessaire pour regretter les évènements présents.
Mon empathie est bloquée car je me sens submergé par une énorme quantité de pensées simultanées.
D'abord, la perspective des massacres de civils qui vont suivre, ce n'est pas terminé.
Puis j'anticipe les débats dégueulasses qui vont avoir lieux.
Je m'apprête à me défendre et toute l'histoire refait surface.

Bien sûr qu'on se remémore le contexte car on sait que la situation est complexe, loin d'être nouvelle, que rien n'arrive par hasard, que nous cherchons à nous situer pour comprendre et anticiper.
Nier le besoin de contextualiser est malsain. Tout le monde contextualise. Il y en a tout de même qui ignorent tout du contexte et par fainéantise font sans. D'autres, pire encore, le connaissent et choisissent malgré tout de s'en passer car leur avis n'en a pas besoin. Il ne repose pas sur les faits mais sur les affects. Surement car les faits leurs donneraient tord.

Pour ma part, dans un premier temps, je préfère éviter une expression maladroite qui, en plus de prendre le risque de manquer de justesse et entamer l'intégrité que j'essaye de conserver, peut créer des conflits inutiles.
Dans ces cas là, il vaut mieux s'abstenir le temps d'y voir plus clair dans sa propre pensée et ses propres ressentis (par l'étude bien sûr, pas en attendant qu'on nous dise quoi penser). Ce qui est contradictoire avec la logique médiatique, qui fait beaucoup de dégâts. C'est une tendance réactionnaire typique.

On ne peut que constater qu'un acte d'une très grande violence vient de se produire.
Que des victimes civiles ont subit des atrocités.
Que les conséquences vont être terribles.
On ne peut que déplorer que ce conflit dure depuis si longtemps et continue de provoquer des massacres.

Quel luxe avons-nous de pouvoir l'oublier ou de vivre s'en même s'en soucier!

Ça n'a pas commencé le 7 octobre.

Nous parlons d'un conflit qui date de plus de 100 ans et qui n'a fait que s'envenimer.
À tel point que les deux opposants les plus hostiles à la paix sont au pouvoir à Gaza comme en Israël.
L'issue qu'on nous propose c'est, soit une guerre éternelle de plus en plus atroce, soit l'extermination des Palestiniens, soit une solution à deux états (de moins en moins crédible selon beaucoup d'experts) ou un état binational.
Autant dire que la seule solution qui m'intéresse est évidemment la solution qui prend en compte les deux parties. La reconnaissance des deux peuples et la démilitarisation.
Ça ne résoudra pas tout instantanément mais c'est un pré-requis incontournable.
Justice va devoir être faites si on veut la paix là bas, au lieux de creuser encore plus le fossé d'injustice qui crée cette situation.

Clairement, les premières réaction (agressives et va-t-en guerre) ne vont pas dans le bon sens et c'est relou, parce que c'est toujours comme ça, de pire en pire.

J'entend beaucoup de réactions de la part d'individus qui ne savent presque RIEN de ce conflit, loin d'être facile à résumer.
La moindre des choses est de savoir comment on en est arrivé là avant d'exprimer autre chose que sa peine face à la violence.
Sinon, le risque est d'encourager la guerre par ignorance, manque de lucidité, bêtise ou fainéantise.

Petit résumé grossier du conflit :
années 1900 - L'antisémitisme grimpe en Europe et les juifs sont persécutés (pogroms, affaire Dreyfus). Le sionisme a pour objectif de doter le peuple juif (dispersés en minorités vulnérables dans une diaspora mondiale) d'une terre où fonder un état pour lui servir de refuge (c'est légitime).
Les britanniques, en bons impérialistes coloniaux, vont jouer avec les communautés juives et arabes en promettant la Palestine aux deux partis avant de se l'accaparer pour eux.
Tout cela sans jamais prendre en compte l'avis des habitants arabes de Palestine (80% de la population).

Le génocide perpétré par les nazis avec la complicité de toute l'Europe (les français en champions à cause du gouvernement pétainiste de Vichy) se sent coupable et doit réparer sa merde (ou la planquer à l'autre bout de la méditerranée).
La création d'Israël est décidée par l'ONU. Les arabes ne sont pas d'accord. On le fait quand même. C'est donc la guerre.
É-vi-dem-ment!
Les arabes n'acceptent pas de se faire exproprier et dicter leur destin par des colons. Les juifs, qui viennent de subir un génocide, sont pressés de trouver un refuge et s'imposent par la force (ils l'ont). La communauté internationale s'en mêle pour foutre la merde et s'en lave les mains une fois que le mal est fait pour ensuite condamner sans agir.
L'insécurité des juifs est réelle et les droits des Palestiniens bafoués.

On laisse faire.

Probablement qu'à l'époque, pour l'occident, des juifs et des arabes qui s'entretuent à plusieurs milliers de kilomètres ne devait pas les préoccuper beaucoup (l'après guerre demande aux pays européens de se reconstruire, de gérer une grande quantité de réfugiés, de raser les têtes des collabos, rétablir l'ordre dans les colonies, de tracer les frontières entre blocs, d'embrayer sur une nouvelle bagarre internationale qu'on appellera "guerre froide"...).

La situation ne fera que s'envenimer.
Première guerre dès le lendemain de la déclaration unilatérale d'indépendance d'Israël (1948) entre le nouvel état et tous ses voisins (ligue Arabe). La Palestine est engloutis (par tous les belligérants) et ne voit jamais le jour.
Les arabes sont chassés massivement du territoire Israélien (la Nakba). Ils clament encore aujourd'hui leur droit au retour.

À partir de 1967, lorsque le gouvernement d'Israël occupe la totalité du territoire et accepte la colonisation tout en refusant la création d'un état Palestinien, c'est une nouvelle entaille aux relents religieux qui repousse la création d'un état pour les Palestiniens.

Essor des mouvements armés pro-palestiniens (Fatah - OLP, guerre du Kippour1973) et du terrorisme international (Munich 1972).
1982, guerre du Liban, radicalisation de ces mouvements (Hezbollah, Hamas).

Une lueur d'espoir pour la paix voit le jour en 1993 avec les accords d'Oslo.
Mais des deux côtés, les extrémistes font échouer les accords et prennent le pouvoir (En Israël et à Gaza).
Depuis, Israël prospère et n'a plus intérêt à négocier. C'est la plus grande puissance du secteur. (en particulier grâce à l'aide colossale des USA qui sont bien contents d'avoir une enclave pro-occidentale au Moyen-Orient). Le gouvernement d'Israël qui tend vers l'extrême droite religieuse peut poursuivre son projet colonial, toujours illégal, mais surtout et avant tout inhumain.

En 2005, la bande de Gaza est évacuée, la transformant en champ de tir.
La Palestine est toujours privée d'état indépendant. Gaza vit dans les décombres. Les palestiniens sont soumis à l'autorité militaire et coloniale Israélienne qui n'a aucune intention de freiner sa domination. Les injustices se multiplient dans l'indifférence générale, les rancunes s'alourdissent, le désespoir se creuse, la rage se développe.
L'issue est de moins en moins optimiste. Et patatras!

LAS, AGACÉ, MAIS PAS SURPRIS.

Ce qui est arrivé est à la fois surprenant et pas si surprenant que ça.
Surprenant car l'attaque est objectivement d'une ampleur inédite et d'une brutalité extrême (c'est ça de la violence extrême, et non pas quelques bris de vitrines ou des jets de canettes).
Mais pas si surprenant car, lorsqu'on suit la situation depuis des années, c'est ce que tout le monde voyait venir (d'où l'intérêt du contexte et de ce petit résumé).

Le désespoir et la rage gagnent du terrain proportionnellement aux injustices subies par le peuple palestinien (et par les habitants de Gaza en particulier) abandonnés au sort que leur inflige les autorités Israéliennes depuis des décennies.
On sait que tant que le gouvernement d'Israël maintiendra cette saloperie de politique coloniale, la sécurité d'Israël sera menacée. Car l'opprimé cherche toujours à se libérer.

La population Israélienne vivait protégée par l'armée qui se chargeait efficacement du sale boulot. Étaient-ils naïfs au point de croire que le Hamas ne trouverait jamais une faille? Qu'ils pourraient continuer à martyriser la bande de Gaza sans que les plus déterminés des gazaouis finissent par retourner la table. C'est ce que les gens poussés au désespoir font.
C'est chose faite.

Ça ne surprend vraiment que les ignorants ou les adeptes du déni.

L'histoire nous a déjà donné beaucoup de clefs sur l'expérience coloniale.
C'est aussi débile de nier cette histoire que de refuser de contextualiser.
L'ignorance n'a jamais été bonne conseillère.
Faut-il rappeler qu'ignorer l'histoire c'est se condamner à la répéter?
Vous connaissez l'histoire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata de 1945?
Le déni à mené à 8 ans de guerre fratricide dont on ne s'est pas encore remis. J'y reviens plus loin.

Le Hamas se déchaine en se rendant coupable de crimes de guerre.
L'aveuglement (ou le cynisme) du gouvernement Israélien porte sa part de responsabilité.
La cruauté des guerres coloniales n'a rien de nouveau. En tant que français, on devrait le savoir mieux que personne plutôt que de jouer les outrés du dimanche. Je ne dis pas ça pour minimiser, bien sûr.
C'est de la lassitude et de l'agacement (il serait temps de réaliser qu'il y a des innocents qui se font tuer là bas depuis 75 ans que ça dure et qu'on le répète), ce qui prouve que je ne suis pas insensible.

Au contraire, j'y suis sensible depuis assez longtemps (je n'ai pas été réveillé en sursaut le matin du 7 octobre) et ça use.

J'aimerais aussi qu'on démasque les hypocrites professionnels qui nous jouent la comédie pour nous prendre pour des pigeons.

JE HAIS LES HYPOCRITES, LES SIMULATEURS ET LES IMPOSTEURS

Après un tel crime au potentiel terrifiant de dégénération, on espère, bien naïvement, que les abrutis qui prétendent nous gouverner ne déconneront pas en pourrissant les débats en notre nom.

Bah si. Quand il s'agit de nous décevoir, ils dépasse toujours nos pire craintes.
Comme à leur habitude, les responsables politiques confirment leur irresponsabilité.
Tout de suite, il y a une vague de forçage obscène.
Nous n'avons pas le temps d'accueillir l'évènement à notre façon.
Pour ces tordus, si on ne condamne pas absolument le Hamas, on est disqualifié et accusé de faire l'apologie du terrorisme. Si l'on ne se soumet pas à l'injonction à soutenir le gouvernement d'Israël, on est antisémite.
L'ambiance est nauséabonde depuis un moment et ça s'aggrave à chaque scandale médiatique.

Je ne remercie pas mes camarades d'avoir produit des communiqués hâtifs et maladroits qui ont offert sur un plateau le bâton pour se faire battre. On les connait les fafs et les faux alliés baltringues, alors soyons plus malin que ça.

La colère prend alors la place de la compassion.
J'en veut à tous ces irresponsables et ces hypocrites de nous polluer comme ça.

- À droite, les injonctions autoritaires veulent instrumentaliser l'émotion pour orienter politiquement nos réactions. Nous faire adhérer à l'inacceptable car ils voudraient qu'on adhère à leurs propres abus (stratégie du choc).
On sait qu'ils sont insensibles à la vie des autres et qu'ils veulent simplement nous mobiliser artificiellement à leurs projets liberticides écœurants (l'abjecte Darmanin, bandeur des lois scélérates, qui veut détruire le droit de manifester ou censurer la parole d'opposition).

Ce sont des imposteurs. Des pervers opportunistes.
Je ne les crois pas sincères une seconde. Leur indignation est exemplairement sélective et révèle leur caractère autoritaire et raciste.
On dirait que ça les excite la guerre quand il s'agit de tuer des arabes.

Mais ce n'est pas eux qui iront faire le sale boulot bien sûr.

Avec l'extrême droite (avec lesquels ils applaudissent en cœur à  l'assemblée) ils cherchent à s'en prendre aux musulmans en priorité, en faisant mine de mettre leur antisémitisme historique de côté le temps d'une alliance identitaire objective.
Ce sont des cyniques. Ils haïssent plus les arabes que les juifs pour l'instant. Et toutes les occasions sont bonnes pour s'en prendre à la gauche. Même à l'occasion d'un massacre (rappelons l'affaire du "fond Marianne").

- À gauche, on leur reproche (à juste titre) une réaction trop hâtive et beaucoup de maladresse (dont les motivations sont à analyser avec soin). Mais on voit bien qu'il s'agit du prétexte idéal pour disqualifier ce camp politique tout en masquant les vraies motivations de ces condamnations (rancunes et règlements de comptes bassement politiques).

La gauche radicale est moins antisémite que les autres. Il y en a. Mais ce camp politique a l'antiracisme dans son ADN, ce qui réduit considérablement la casse, et nous rend aussi plus exigeant envers elle.
Leur attitude est indélicate et brute. Leur réaction est à expliquer par l'histoire et l'exigence toute matérialiste qui manque en l'occurrence de sensibilité et d'empathie.
Il y a des vieux militants de la cause pro-pal' qui pataugent dans cette misère depuis bien plus longtemps qu'au matin du 7 octobre. Alors ils ont des réflexes malvenus qui ne leurs ont pas laissé le temps de comprendre que ce qui venait de se passer était différent.

C'est une erreur politique qui porte préjudice à l'image de notre camp et les plus perfides de nos adversaires ne vont pas manquer d'en profiter.
Même si les communiqués sont critiquables, cela ne justifie en aucun cas le déchainement disproportionné auquel s'abandonnent leurs détracteurs. La mauvaise foi est en roue libre.
L'attitude têtue des responsables du communiqué, même si elle a ses raisons (pour ne pas baisser l'échine face à l'assaut des droitards), ne fait qu'encourager l'antipathie.
Ils perdent beaucoup de point alors qu'ils connaissent le sujet mieux que les autres et que leur position politique est bien plus juste. Soyez plus malin!

J'en veut d'autant plus à celles et ceux qui se prétendent de gauche et qui font semblant de ne pas comprendre la position de la gauche radicale.
Ils hurlent avec les loups de l'extrême droite et épousent les éléments de langage de l'ennemi. C'est minable et loin d'être la première fois.
Quant à celles et ceux qui ne comprennent vraiment pas la position de la gauche radicale, leur ignorance devrait leur imposer le silence plutôt que de tirer sur leur propre camp.
Ce sont des imposteurs. Cette gauche bourgeoise, paumée dans ses compromissions, n'a rien à dire, tout à se reprocher (gouvernement Hollande, on ne t'a pas oublié) et n'a pas trouvé mieux pour se faire oublier que de s'en prendre à leurs alliés. Quand on a rien à défendre, on enfonce la concurrence.

Après leur déroute lamentable aux présidentielles, les cocos (vieux réacs) et les bobos du PS et des verts avaient sucé Mélenchon (après lui avoir d'avantage craché dessus que sur l'extrême-droite) pour obtenir quelques sièges. Maintenant qu'ils sont bien assis dans leurs fauteuils et qu'ils palpent leur pognon public, ils cherchent à torpiller l'alliance qui n'était pour eux qu'une opportunité pour sauver les miettes de leurs partis foireux. Ils prouvent qu'ils n'avaient aucune intention de coopérer sincèrement. Comme la honte ne les étouffe pas, ils choisissent un tel moment. Une tragédie doublée d'un assaut de l'extrême-droite.
Ils auraient pu condamner l'évènement sans pour autant se joindre à la meute.
Saboter notre camp politique est débile et c'est offrir à la droite un fameux goûté.

PANIQUE DE COLON

Le contexte pu du fion, on ne peut pas appréhender le choc comme on le voudrait, nos représentants autoproclamés sont en dessous de tout. La gauche a manqué d'intelligence et de probité et la droite se surpasse dans la bêtise et l'immondice.

Dans ce bordel de médiocrité, comment s'en tirer?
Comment trouver sa place pour ne pas se faire démolir ou manipuler?
Moi qui me trouve dans une position d'entre deux (mais pas neutre), je me retrouve piégé dans un chantage odieux qui me dégoûte et m'horripile.
Quels incompétents choisir?
Hurler avec les hypocrites pour se donner bonne conscience (à court terme) ou être solidaire des mouvements plus intègres mais aux manières embarrassantes?
Quel criminel choisir?
Soutenir un gouvernement colonial et ultranationaliste ou un mouvement islamiste et tyrannique?
Quel massacre d'innocents tolérer?
Je préfère un bébé décapité à la machette ou vingt écrasés sous les bombes?

C'est lassant et agaçant. Vraiment!

L'ensemble des personnes conscientes de la situation, tente depuis des décennies, de faire prendre conscience à notre société des injustices qui sont comisent là bas, des vies humaines négligées, de la catastrophe historique et humaine qui s'y déroule, en ne rencontrant que de l'indifférence.
Puis il arrive ce massacre.
Et là, on leur demande de faire preuve de compassion. C'est du foutage de gueule.
En gros, quand on parle de la misère à Gaza, les bonnes gens n'en ont rien à cirer, parce que ce sont des arabes qui crèvent. Tout d'un coup, quand ce sont les israéliens qui payent le prix de cette guerre absurde, ils s'affolent.

Ils s'identifient aux colons qui se prennent la vengeance du colonisé. Cela réveil leur peur de se faire eux-mêmes rattrapé par la façon dont ils traitent les descendants des peuples colonisés (les banlieues par exemple).
Tous ces imposteurs débarquent du jour au lendemain et donnent des leçons de morale au lieu d'assumer qu'il réagissent à une panique de colon.
Ce qui est plus dégueulasse encore, c'est de nous sommer de nous déclarer solidaires "inconditionnellement" avec un état qui conserve à sa tête depuis une quinzaine d'années un gouvernement ethno-ultranationaliste (raciste et fascisant), colonialiste, dont la gestion de Gaza peut être qualifiée de crimes contre l'humanité (colonisation, apartheid, expropriations, meurtres de civils, emprisonnement extrajudiciaire - y compris d'enfants, blocus et maintenant nettoyage ethnique par l'homicide intentionnel de civils et l'exil massif).

En gros, Il faudrait soutenir et s'associer au meurtre d'enfants au nom d'autres enfants assassinés, sur la base d'une sorte de solidarité entre états coloniaux occidentaux.
Quelle civilisation digne de ce nom peut se prétendre démocratique et humaniste en se rendant complice d'une telle infamie?
L'histoire se souviendra de la médiocrité et de la compromission de nos gouvernements. Mais il sera trop tard.

Inversion confusioniste

Être solidaire des populations est légitime.
En tant que personne de gauche, c'est ce qu'on revendique en parlant "d'internationalisme"
. C'est ce que les démocrates entendent par le mot "fraternité" gravés sur les frontons.
Ces principes sont nés de la lutte contre la tyrannie, l'injustice, le fascisme, le militarisme...
Ces principes sont nôtres et on nous le fait payer régulièrement.
Nous sommer d'être solidaires du gouvernement actuel d'Israël, tout en nous désolidarisant des victimes innocentes qu'il va faire, y'a pas moyen!
Refuser de soutenir la vengeance Israélienne ne signifie en aucun cas de minimiser ou d'excuser le massacre planifié par le Hamas.
C'est ne préférer aucun couteau ni aucun sang.
La binarité est une arnaque mesquine.
On peut reconnaitre qu'il s'agit d'une guerre que se livre des extrémistes sans pour autant choisir lequel a la légitimité à massacrer des civils aveuglément.


Par intégrité, je ne peux pas soutenir un gouvernement responsable, à son niveau, politiquement et militairement, de la violence dans la région.
On ne peut pas régler le problème avec les artisans du mal originel, à savoir la colonisation.
Les deux camp ne sont pas équivalents. Israël possède un pouvoir immense, revendiqué, et dont ils se servent pour créer cette situation.
Si le Hamas est un monstre, le docteur Frankenstein est le gouvernement Israélien qui soutien la colonisation.
L'existence du Hamas est une conséquence de la violence de la colonisation, pas la cause.

INDIGNATION SÉLECTIVE

Ce qui me révolte, c'est l'hypocrisie.
Les chevaliers de l'indignation morale (de droite et de gauche) qui se livrent depuis le massacre du Hamas à un concours du plus mortifié ne sont, à mon avis, pas totalement sincères pour certains voir complètement faux-cul pour d'autres.

Il y en a parmi eux qui ne sont pas choqués et nous mentent (Macronie et Extrême droite en tête).

Il y en a d'autres qui ressentent vraiment de l'horreur et de la peine. Bien entendu. Mais ces personnes ne sont pas sincères non plus car elles ne sont pas honnêtes sur ce qui motive et conditionne leur réaction émotionnelle. Elles ne réagissent pas systématiquement de la sorte.

On parle d'indignation sélective.
Elles ne respectent pas LA VIE. Elles sont plus touchés par la vie de certaines personnes.
Pourquoi? Le biais du mort kilométrique? Parfois, mais apparemment pas dans ce cas. C'est plutôt une question d'identification basée sur des critères culturels et ethniques. Ajouté au fait qu'on  ne peut tout simplement pas accueillir toute la misère du monde dans son cœur tout le temps (mais il faut en prendre sa juste part. La nôtre est copieuse et plus on laisse faire, plus elle s'agrandie).
Elles ne sont pas contre la guerre ou la violence. Elles en soutiennent à condition qu'elles les trouvent légitimes, utiles, morale ou rentables.
Elles ne sont pas pour LA JUSTICE. Mais pour un ordre qui correspond à leurs critères, bien synchronisés à leurs intérêts.
Nous avons des biais. On ne les contrôle pas. Ce n'est pas une raison pour être malhonnête.

La vie des enfants est évidemment sacrée car l'innocence est évidente.
Pourtant, seule la vie des enfants qui leurs ressemblent provoque leur empathie et leur indignation.

3000 enfants tués par l'armée israélienne n'a pas provoqué 75 fois plus d'indignation et de condamnation forcenée, dont ont bénéficié les 40 enfants assassinés par les combattants du Hamas, au contraire.
C'est très bien de déplorer les victimes israéliennes. Je dis qu'il faut traiter de la même façon les victimes palestiniennes. Ça éviterait beaucoup de problèmes.
BHL, Barbier, Enthoven, Braun-Pivet et Fourest (entre autres) après nous avoir expliqué que rien ne peut excuser de tuer des enfants, lorsqu'il s'agissait de victimes israéliennes, deviennent soudain moins catégoriques quand ce sont des enfants palestiniens. Selon eux, ça dépend de qui vise.
Donc d'après tous ces grands intellectuels, si vous voulez tuer des enfants, rejoignez plutôt l'armée et préférez les armes modernes, moins salissantes pour ceux qui en font usage.

L'hypothèse que je retiens, c'est qu'il y a un logiciel raciste et colonial profond, qui remonte à loin, qui est à l'œuvre en tâche de fond et qui nous fait tourner en bourrique. J'y reviens plus loin. (C'est un truc qui me préoccupe depuis longtemps et sur lequel je travail).

Citoyen ÉclairÉ plutôt que pantin dsciplinÉ

Il y a de nombreuses questions qui se posent.
Pourquoi réagissons-nous de la sorte?
Pourquoi la France est si touchée par ce conflit?
Comment en est-on arrivé là?
L'antisionisme est-il automatiquement de l'antisémitisme?
Faut-il condamner moralement et absolument toute forme de Terrorisme?
Y'a-t-il importation du conflit Israélo-palestinien en France ou importation des névroses Françaises dans le conflit Israélo-palestinien?
Est-il possible de résoudre ce conflit et si oui, comment?
Des questions dont on ne sait pas dans quel ordre les poser ni comment y répondre brièvement.

Je n'aurais ni l'indécence ni la bêtise d'arbitrer les drames individuels.
Je ne peut que commenter une situation collective et politique.

Difficile de ruer et de condamner aussi indiscutablement cette violence des opprimés, aussi ignoble soit-elle, car on ne peut pas oublier qu'elle est le produit d'une situation historique loin d'être aussi simplifiable selon un schéma manichéen (raciste) : méchants palestiniens (sous entendus arabes)/gentils israéliens (sous entendu juifs).
Celleux qui prétendent qu'expliquer c'est justifier sont des raclures qui plantent les germes de la tyrannie.

L'antisionisme est-il antisÉmite par nature?

C'est bien plus complexe que ça.

Le sionisme n'étant pas une chose homogène, ses opposants ne peuvent pas l'être non plus.
Le sionisme originel est la volonté de créer un état pour protéger les juifs des persécutions. Ceux qui s'opposent à ça sont probablement antisémites. Car pour quelle autre raison leur refuserait-on cette aspiration légitime?

Lorsque le sionisme des pionniers décide de s'implanter sur une terre déjà peuplée, ça devient compliqué (il ya des propositions respectueuses et humanistes qui sont proposées, telles que celles défendues par Hannah Arendt par exemple).
Lorsqu'il décide de se faire envers et contre la population autochtone, ce projet devient colonial. Les opposant à ce projet violent peuvent être sincèrement soucieux des droits des Palestiniens à ne pas être spoliés et maltraités.
Ce n'est pas antisémite, c'est anticolonial.
Mais si c'est l'installation de juif spécifiquement qui pose problème, l'antisémitisme s'invite avec l'anticolonialisme et on est dans un mélange infecte.
Pourquoi les Européens n'ont-ils pas créé cet état sur leur propre sol (en Allemagne par exemple, en guise de réparation) alors qu'ils étaient responsables de la Shoah? Difficile à imaginer n'est-ce pas? Mais par contre on demande aux arabes de s'y faire. On leur en a beaucoup demandé depuis plus d'un siècle.

Cette première définition du sionisme est démodée.
Depuis 1967, après la conquête complète de Jérusalem qui provoqua une vague messianique au sein d'un peuple juif israélien (traumatisé et toujours menacé d'extermination), le sionisme religieux prend de l'importance.
Le sionisme religieux et révisionniste prétend vouloir s'approprier la totalité de la Palestine de droit divin quitte à en expulser par la force les palestiniens.

Il coexiste donc deux formes de sionisme.

Celui des pionniers, à tendance socialiste, qui considère que la mission est accomplie et veut laïciser l'état d'Israël : le Post-sionisme.
Puis celui ultranationaliste, colonial, religieux, raciste et violent : le Néo-sionisme.

C'est ce dernier dont l'extrême droite Israélienne, qui participe au gouvernement (et compose la majeur partie de l'armée) depuis une quinzaine d'année, se revendique.
De nombreuses personnes qui se déclarent antisionistes le fond par rapport à ce mouvement et ne sont pas antisémites mais anticolonialistes et/ou antifascistes.
Cependant, la confusion persiste. En grande partie à cause, d'une part, des faussaires tels que Dieudonné et Soral ouvertement antisémites, d'autre part certains défenseurs d'Israël qui veulent systématiquement faire passer la critique de la politique Israélienne pour antisémite afin de la discréditer par l'anathème.

Et n'oublions pas les sionistes antisémites (l'antisémitosionisme dans les mouvements d'extrême-droite et les mouvements cathos intégristes) qui soutiennent Israël parce qu'ils veulent que les juifs se barrent du pays où ils habitent.
C'est le chacun chez soi des "etnho-différencialistes" (l'un des euphémisme quand on n'assume pas d'être raciste).

Ce qui motive l'antisionisme de celles et ceux qui s'opposent sincèrement au néo-sionisme c'est le colonialisme et l'idéologie fascisante des agents de ce projet.
Alors autant se définir anticolonialisteS c'est plus clair.
En particulier pour des français dont le combat anticolonial concerne une partie plus large de notre histoire que la question Israélo-palestinienne.

TERRORISME OU RÉSISTANCE?

Les deux mon cher.

On dit que le terrorisme devrait être condamné sans réfléchir, comme un réflexe stupide. C'est un raccourci inconsistant nourrit parfois par l'ignorance mais surtout par mauvaise foi.
Ceux qui nous somment de bondir sur ordre font mine d'ignorer deux choses.

- La première, c'est que le terrorisme peut définir une variété de pratiques que je ne condamne pas automatiquement.
La propagande par le fait peut se contenter de viser des édifices politiques et des cibles matérielles symbolique sans pour autant chercher à faire des blessés.
La résistance française commettait des assassinats, des attentats contre des personnes, des lynchages... Les allemands et leurs complices la qualifiait de terroriste. Pourtant, elle n'est pas condamnée pour cela (je ne crois pas qu'elle ai commis des massacres aveugles). Sa cause l'excuse et je suis d'accord. Ils combattaient un occupant, en l'occurrence les nazis et leurs complices.
Le Viet Minh et le FLN ont usé de moyens terroristes. Ils étaient eux aussi à inclure dans une logique de guerre de libération (décoloniale) par nature asymétrique. Ils ont remporté la victoire, ce qui les légitime finalement aux yeux de l'histoire et de la mémoire.
Le FLN répondait, quand on leur reprochait d'égorger des français, qu'ils étaient d'accord pour échanger leur couteaux avec des canons pour pouvoir combattre de façon civilisée comme les français. (On peut se rappeler des massacres de Sétif en 1945, avec lesquels les évènements actuels résonnent tristement).
Les crimes de guerre commis des deux côtés ont été couverts par l'amnistie (je suis mitigé à ce sujet).
La distinction (sauvage/civilisé) que nous continuons cependant de faire entre l'activisme armé des résistants français et celui des résistants vietnamiens et algériens (entre autre) révèle sans doute une vision ethnocentriste coutumière de l'occident.

En Europe, durant les années de plomb, le terrorisme d'extrême gauche visait des cibles politiques identifiées, tandis que celui de l'extrême droite et des djihadistes est aveugle.
Quant aux projets politiques qu'ils défendent, ils ne sont pas équivalents et c'est une dimension à prendre en compte pour juger les actes, auxquels on ne trouvera pas de circonstances atténuantes, mais bien des circonstances aggravantes (en l'occurrence pour l'extrême droite et le djihadisme, motivés par la haine).
Les guerres asymétriques, de résistance, de libération, donnent toujours lieu à des actes qualifiables de terroristes (même en Inde mes p'tits cocos).
C'est à déplorer mais il faudrait condamner plus encore les conditions qui causent son apparition (à savoir la guerre, la domination, les persécutions etc...).

Est-il vraiment nécessaire de rappeler qu'on n'en vient pas à commettre des attentats sur un coup de tête en se levant le matin. On ne nait pas terroriste.
Posez vous la question pour vous. Quelle quantité d'injustice, de blessure et de désespoir vous faudrait-il pour en arriver là?
Pour les palestiniens, on parle d'une violence quotidienne pendant que les israéliens peuvent monter des festivals de musique sous leur nez (scène du show des playmates dans Apocalypse Now).
Pourtant, même la très écrasante majorité des palestiniens n'en viennent pas là.
L'assaut du Hamas était clairement un acte suicidaire dont le fanatisme religieux n'est pas la cause mais l'élément transcendant (kamikazes).

Aujourd'hui, des sabotages qui ne font aucune victime (mouvements écolos) sont qualifiés de terrorisme.
D'abjectes personnages parlent même de terrorisme "d'ambiance" ou "d'atmosphère".
On voit bien que ce terme est trop flou pour représenter quoi que ce soit d'homogène qui mériterait une condamnation aussi unanime.
À moins d'être sincèrement pacifiste, ce qui n'est pas le cas des gesticulateurs publics qui s'égosillent sans vergogne.
Leur appétit pour la violence ne fait aucun doute, surtout si les exécutants sont à leurs ordres, habillés en bleu et manient la matraque ou le LBD.

- La deuxième, c'est que le terrorisme est un acte violent qui a pour objectif d'obtenir un gain politique dans un conflit grâce à la terreur qu'il produit sur son destinataire.
Comme son étymologie l'indique, c'est la terreur recherchée qui détermine la validité de son emploi sémantique, pas l'auteur.

Il faudrait alors combattre la violence de nos propres gouvernements oppressifs, y compris celui d'Israël, avec la même ferveur avec laquelle on condamne la violence des opprimés.
Les répressions d'état violentes cherchent à terroriser la population et dissuader, voir punir une contestation (par la force, par la loi, par l'injure publique...).
La violence massive déployée par les autorités israéliennes est un châtiment collectif qui a pour but de terroriser les palestiniens et, soit de les garder sous leur joug soit de les pousser à l'exile. En tout cas de les punir d'être palestiniens.

Mais on constate bien qu'il y a deux poids deux mesures (double standard).
Le terrorisme est un terme ambiguë utilisé par la classe politique pour légitimer la violence des états et disqualifier celle des opprimés. Il perd tout son sens lorsqu'il est utilisé à tord et à travers pour dénigrer sans distinction l'activité des oppositions.

Il a aussi un sous texte raciste dont les amalgame souvent pratiqués sont la preuve.
Terrorisme = musulmans = arabes
Si on rajoute le mot Palestine, on comprend pourquoi le sinistre de l'intérieur veut interdire les manifestations pro-palestiniennes.

En France, le terrorisme d'extrême droite est une menace réelle.
Des groupes se forment, s'arment idéologiquement et physiquement.
Les réactions que ce fait devrait susciter se font encore attendre.
Le sinistre de l'intérieur en question, Darmanin, a fait ses classes politiques à l'extrême droite, du coup, ça le dérange moins que les arabes et les gôchistes (dont il est tellement désireux de découvrir les projets terroriste qu'il les invente).

CONCOURS DE TERREUR POUR HALLOWEEN

Le problème, c'est la brutalité et l'injustice des crimes de guerres et des massacres.
Telle que cette attaque enragée du Hamas.
Telle que la réponse vengeresse d'Israël.
Toutes deux meurtrières et aveugles.

On peut remarquer tout de même que l'autorité israéliennes a d'avantage les moyens d'éviter de se vautrer dans l'inhumanité, de part le fait d'avoir un état doté de la puissance moderne, et pourtant elle se l'autorise et assassine vingt fois plus (elle en a les moyens).

Objectivement, le Hamas est une organisation politique (qui a un programme, des élus et qui administre) palestinienne, religieuse, réactionnaire, tyrannique et antisémite, principalement motivée par l'anticolonialisme (c'est l'objet de son existence), dotée d'une branche armée qui inclut dans ses pratiques le terrorisme, souvent envers des populations civiles, donc coupable de crimes de guerre.
C'est bien un mouvement de résistance, quoi qu'on pense de ses méthodes, différente de Daesh et Al Qaeda (et même du Hezbollah).

Il est incontestable que leur vision du monde et leurs méthodes politiques ne correspondent pas du tout à mes idéaux, bien au contraire.
JE SUIS ANARCHISTE,
ALORS LES D
ÉLIRES AUTORITAIRES, RASCISTES ET RELIGIEUX, ON NE PEUT PAS ME SOUPÇONNER DE LES CAUTIONNER ET ENCORE MOINS D'EN FAIRE L'APOLOGIE.

Israël est dirigé par un gouvernement ultranationaliste, colonialiste, militariste, raciste et fascisant qui a pour objectif de s'approprier toute la Palestine, de gré ou de force, au mépris des population arabes, dont la vie ne vaut pas grand chose à leurs yeux.

Ce gouvernement et son armée commettent pour ce faire des massacres de civils, des persécutions, des expulsions massives de population (nettoyage ethnique) et un apartheid qui, le tout mit ensemble (car le fruit d'une politique systématique et organisée consciemment depuis des décennies), constitue probablement un crime contre l'humanité, d'autant plus inadmissibles qu'Israël se prétend une démocratie, un état organisé, et possède de très loin l'initiative dans la région par sa puissance incontestable.

Allez, je lance une question à laquelle les hypocrites ne peuvent pas répondre, à moins d'être totalement dénué d'empathie.
Qui est le plus terroriste des deux?
Celui qui peut traverser la frontière pour venir t'égorger toi et tes proches dans un acte suicidaire? Ou celui qui peut raser ton immeuble et tout ses occupants d'un claquement de doigt, à tout moment, grâce aux drones qui te survolent en permanence?
Allez, je vous aide :
Les deux mon cher.
Car dans la colonisation, le colon comme le colonisé sont poussés à perdre leur humanité.
(je crois que c'est Fanon qui disait ça)

QUI IMPORTE SA MERDE CHEZ QUI?

On entend beaucoup les mêmes donneurs de leçon nous défendre d'importer le conflit en France.
Mais ne serait-ce pas la société Française (et l'occident plus généralement) qui importe ses névrose dans le conflit Israélo-palestinien?
En effet, nos réaction prouvent que nous lisons ce conflits et les évènement qu'il produit régulièrement selon nos propres préoccupations.
Les politiciens cherchent à créer des liens pour en faire usage (récupération) et en tant qu'individus, nous pouvons nous identifier aux protagonistes selon nos récits personnels.

Nous sommes une société coloniale non exorcisée dont les fantômes qui nous possèdent sont réactivés régulièrement.
Puisqu'il est si difficile de parler de notre propre passé colonial, peut-être que débattre sur une situation qui rappelle nos traumatismes peut permettre de lutter sur ce sujet par interposition. Autrement dit, les impérialistes d'ici défendent leur colonialisme sur le dos des palestiniens et les anticoloniaux se servent des colons israéliens pour viser les héritiers de nos colons nationaux. La solidarité pro-palestinienne est aussi vieille que la guerre d'Algérie et le racisme (l'islamophobie en particulier) encore plus ancien. Les solidarités respectives épousent le camp moral auquel on s'identifie.

C'est bien de nous que nous parlons.

Je crois que ces réactions viscérales (chez les personnes réellement choquées par ce massacre) sont le symptôme d'une mauvaise conscience.
Celle du colonialisme de notre nation qui continue à scinder notre société à cause du déni et de l'inertie des schéma racistes et militaristes qui le rendait possible.

Mais aussi celle de la Shoah. Il faut montrer à quel point on défend la communauté juive (philosémitisme) pour faire oublier notre collaboration zélée et le fait que l'antisémitisme, qui n'a pas disparus chez nous, continue de tuer (affaires Ilan Halimi et Mohammed Merah par exemple).

Nous n'assumons pas notre propre passé colonial et le traitement honteux que nous continuons de réserver aux populations issues de nos anciennes colonies (usage de la police dans les quartiers, discriminations en tous genres, accueille indigne des réfugiés...) comme aux pays encore sous l'empreinte pesante du néo-colonialisme (cinq de nos anciennes colonies en Afrique de l'ouest ont connus des coups d'états ces dernières années, s'accompagnant d'un rejet massif des français. Ce n'est pas un hasard que ce soit une particularité Française).

Et enfin, toujours au sujet de l'importation, voilà un autre aspect bien souvent mit de côté :
LE CAPITALISME.

Oui, le colonialisme est une appropriation des terres.
On aurait bien tord de réduire ce conflit à une guerre religieuse.
La religion est toujours un prétexte. Un récit mobilisant, car les objectifs concrets sont moins séduisants qu'une bonne histoire d'Heroic fantasy.
La colonisation est une conquête avant tout.
Netanyahou, le mafieux empêtré dans la corruption jusqu'au cou, en est le représentant iconique.

L'état Israélien s'est approprié des terres. Y a soutenu le développement de communautés qui alimentent son économie. Et le capitalisme ne cherche qu'à croitre, à s'étendre, tout comme la colonisation.
Beaucoup de colon vont s'installer dans les territoires occupés car les loyers y sont moins cher. Le "pouvoir d'achat" prime sur tout le reste.
Bien sûr, c'est aussi dans ce domaine que nous pouvons comprendre l'indifférence de nos propres pays. Nous faisons des affaires (USA en tête). Les "dégâts collatéraux" produit par notre appétit consumériste ne nous a jamais posé de cas de conscience (ça commence à changer avec l'écologie qui questionne les "externalités").

Une guerre éternelle, c'est le jackpot pour l'armement, le bâtiment, les fournitures...
Les ONG achètent beaucoup (et il y a des salaires à verser). Gaza ne peut rien produire, il faut tout importer. Et comme tout est détruit régulièrement, il faut renouveler, reconstruire.
Même l'Arabie Saoudite, théoriquement solidaire du monde arabe, était sur le point de conclure des accords avec Israël. Ce qui est l'une des cause de l'assaut du Hamas.
Sans notre complicité, Israël ne pourrait pas mettre en œuvre sa politique coloniale.
Sans le poison et l'aide des colons (Anglais en tête) et des capitalistes occidentaux, Israël n'aurait même pas pu voir le jour.
Alors qui importe sa merde chez qui?

Pour conclure

Mon être humaniste et antifasciste convoque plus volontiers ma solidarité avec les peuples opprimés. Ici les Palestiniens.
Pourtant, les membres de la société israélienne me sont plus semblables, par mes connaissances personnelles, leur occidentalisation culturelle, leur modernisme et les aspirations progressistes d'une partie de sa jeunesse.
Mais les progressistes sont en minorité (là bas aussi) et ne parviennent pas à contrer les hordes d'extrême droite qui sont au gouvernement, dans l'armée, dans les rues et qui produisent cette situation inextricable (c'est ce que le fascisme fait) qui livre sa propre population (associée abusivement à leurs crimes) à la détestation par ses voisins et vice versa.

L'attaque du Hamas à provoqué le pire massacre de juifs depuis l'holocaust.
En réponse, le gouvernement d'Israël va causer la pire crise humaniatire et le pire massacre de palestinien de toute l'histoire.

Pourquoi les civils sont les premières victimes?
Nous sommes tous et toutes d'accord sur le fait que tuer des enfants est injustifiable.
Pour le reste, le conflit en question mobilise l'ensemble de la population adulte.
Les populations civiles sont considérées comme parties prenantes. C'est typique des guerre coloniales.
Les colons soutiennent un gouvernement (élu à la majorité) qui applique la politique coloniale. Les colons s'approprient des terres et vampirisent la Cisjordanie (jusqu'à l'assassinat impuni avec la complicité de l'armée). Il y a le service militaire mixte en Israël. Donc les adultes ont participé activement à l'occupation militaire et restent des soldats de réserve.

Pour les palestiniens, l'absence d'état leur empêche de former une armée conventionnelle et ne leur laisse que la guérilla et le terrorisme comme mode d'action. Ils n'ont pas d'autre choix que de se fondre dans la population "comme un poisson dans l'eau". De la même manière que tous les autres mouvements de résistance, quoi qu'on en pense.
Quant au vote, le choix n'est pas vraiment possible. En plus de la persécution politique (assassinats ciblés des membres de l'OLP ou emprisonnement des militants par exemple), le Hamas a été favorisé par le gouvernement Netanyahou pour bloquer toute solution politique aux palestiniens. (ça rappelle beaucoups de précédents tels que les talibans pour les USA).

Il est probable que l'association du peuple juif aux crimes du gouvernement d'Israël (amalgame pratiqué par ce même gouvernement) est l'une des causes de l'antisémitisme.
Il faut donc arrêter ça.

Les juifs du monde entier qui ont gardé l'esprit humaniste (l'UJFP par exemple) doivent souffrir profondément de ce que l'on fait en leur nom.
Je pense à Hannah Arendt, Paria consciente dont on ne peut pas démentir l'antitotalitarisme, ni la judéité. Sioniste antinationaliste fervente (elle défendait une fédération judéo-arabe) et opposante à l'état chauviniste d'Israël préoccupé par sa seule défense, jusqu'à son décès en 1975.

Les juifs ne sont pas responsables de la politique Israélienne tout comme les arabes et les musulmans ne sont pas responsables des actes du Hamas et des mouvements terroristes.

Il n'y a que les esprits étriqués (et racistes) qui peuvent binariser aussi catégoriquement les populations impliquées.

Je suis désolé pour les victimes des massacres aveugles, qu'ils soient tué à la machette par des combattants terroristes de la branche armée du Hamas ou à coups de bombes lourdes et sophistiquées par un opérateur ultranationaliste de l'armée coloniale Israélienne.

Je ne me rendrais complice ni du Hamas ni du gouvernement Israélien.
Je ne me laisserais pas dicter mes émotions par des imposteurs et des simulateurs ni manipuler par des hypocrites et des cyniques.

Je garde en mémoire l'histoire de ce conflit comme de notre propre histoire.
Je n'oublie pas que nos propres gouvernements sont des pourris et des charognards mouillés dans ce carnages.
Je n'oublie pas que le cœur de ce conflit est colonial et que la fin de l'occupation, la création d'un état palestinien (ou d'un état binational) libre et indépendant, la démilitarisation et la reconnaissance mutuelle sont les pré-requis incontournables pour rendre la paix possible, si c'est encore possible.

Je prend en considération que l'état d'Israël est l'état qui a le pouvoir de faire la paix mais qu'il a choisi ses intérêts coloniaux. Il est donc le premier responsable de la situation.

Quelle tragédie qu'une fraction du peuple juif israélien refuse à son voisin ce qu'elle revendique si impérieusement pour elle-même.
J'ai du mal à le comprendre.
(La psychologie nous dit qu'une victime non guérie de son trauma est susceptible d'infliger à autrui ce qu'elle a vécue, mais ça ne me suffit pas).

Je suis antifasciste, anticolonialiste, anticapitaliste et anti militariste.
Je suis pour que les peuples se libèrent de leurs oppresseurs, par tous les moyens nécessaires (c'est à dire : pas tout et n'importe quoi), comme revendiqué dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.
Et je ne change pas d'avis quand ça m'arrange.

N'inversons pas les causes et les effets. S'ils n'y avait pas de colonisation, il n'y aurait pas de résistance armée.

Si on veut la paix, il faut s'opposer à la guerre (OMG! Prix Nobel en vue).
Il n'y a pas de mouvement pacifiste en France. C'est un problème majeur.
L'extrême-droite est contre les mouvements anticoloniaux, contre les mouvements antiautoritaires, contre les mouvements antiracistes... contre tout type de progrès social et humaniste (ce qu'ils appellent le wokisme). C'est ça les réactionnaires (le macro-lepenisme).
Ils seraient donc contre les mouvements pacifistes s'il y en avait.
N'oublions pas que la france est un des trois plus gros marchand d'arme au monde et qu'on régale parmis les pires dictatures possibles.
On sait bien mettre notre déclaration des droits de l'homme et du citoyen de côté pour vendre quelques avions et quelques missiles.
(Le mouvement BDS a des choses à dire à ce sujet)

C'est bien connu, le fascisme c'est la guerre.
L'extrême-droite et ses délires progressent et les aspects progressistes de notre société sont démantelés les uns après les autres. Ce qui accentuera les tensions et les conflits.
On sait quoi faire contre le fascisme, forme radicalisée du capitalisme dont la guerre et le colonialisme sont des avatars.
Il faut de la justice, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
(voir les recommandation du Conseil National de la Résistance)
On ne peut pas nier que les Palestiniens n'ont rien de tout ça et les mêmes causes continueront de produire les mêmes effets.

Soutenez la violence, vous recevrez de la violence. Ici comme ailleurs. Semez du vent, vous récolterez des tempêtes. Semer des oragans en réponse, vous récolterez des super-cyclones. Jusqu'à l'apocalypse?

Les Israéliens, les palestiniens et nous-mêmes, nous méritons mieux que ça.

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TRAVAIL - Aliénation ou émancipation ?

Publié le par Mikeulponk

TRAVAIL - Aliénation ou émancipation ?

Le premier sujet de nos discussions philo/politique a été le travail.
Il y avait la polémique sur le chômage avec Roussel qui plantait encore un énième couteau dans le dos de son prétendu camp politique en opposant la gauche du Travail et la gauche des allocs. (Merci boloss!)
Et la réforme des retraites était l'étape suivante.
De quoi nous interroger sur ce que le travail représente pour nous.
Comme on ne peut pas traiter un sujet dans son ensemble, j'ai choisi un angle qui me parlait pour questionner la "valeur" Travail.
Le travail est-il une source d'aliénation ou d'émancipation?

   On parle beaucoup, à droite, de la "valeur travail".
Je pense que le travail n'est pas une valeur, mais un concept que l'on peut, si on le veut, investir de valeurs.
Autrement dit, le travail n'a pas de valeur en soi mais on peut y accorder une valeur, une importance ou un rôle selon son système de valeur personnel.
Le travail peut être une vocation, mais il peut aussi être de l'esclavage.
Il y a des métiers épanouissants et aussi des sales boulots.
Avec l'écologie, on est même amené à se dire qu'il y a de bonnes raison de ne pas travailler, qu'il est temps de refaire l'éloge de la paresse.

   Le travail est un concept qui décrit une activité qui demande un effort (physique ou intellectuel) à un individu afin de réaliser une tâche (création, entretien, service...).
Il s'agit, au départ, de transformer la nature afin d'assurer sa subsistance.
Il y a originellement une notion de contrainte fonctionnelle.
Ensuite, il s'agit aussi de définir son rôle dans la communauté.
Il y a une notion existentielle.
Certains partisans du travail voient donc l'oisiveté comme une menace.
Or, l'oisiveté fourni le repos, qui permet aussi de reconstituer la force de travail. Mais pas seulement. Il y a aussi les loisirs qui sont une grande source d'épanouissement et de sociabilisation positive. Donc un enjeu de santé psychique.
Car, à quoi bon mener une existence si elle est dénuée de bonheur?
Il apparait donc qu'une bonne vie chercherait sans doute un équilibre entre travail et oisiveté. Le Grâal serait même un métier épanouissant.

   Il y a donc un problème lorsque le travail :
- Ne permet pas de subvenir à ses besoins. (Nécessité)
- Ne permet pas de se reposer. (Temps libre)
- N'est pas épanouissant. (Aliénant)
- Est trop laborieux, épuisant... (Labor)
- N'est pas utile. (Sens)

   Il y a une première falsification à démasquer. Le mot "travail" est souvent utilisé pour le restreindre à "l'emploi".
L'emploi signifie travailler pour autrui contre une rémunération. Comme le Salariat, qui n'est qu'une forme de travail parmi d'autre. Mais c'est la forme sur laquelle repose le capitalisme et donc la plus défendue par ce dernier.
En tout cas avant l'ubérisation (salariat déguisé pour échapper aux contreparties sociales).

   On peut distinguer trois type de travail (pour grossiériser un peu).
Le travail libre, le travail salarié et le travail forcé. (dans cet ordre).
- Le travail libre ne signifie pas que l'on est libre de ne pas travailler. Mais c'est une question implicite (Le droit au travail existe mais pas le devoir de travailler). La question est plutôt de choisir son activité et, plus ou moins, les conditions de sa pratique.
Le travail libre est sensé favoriser l'épanouissement et la personnalisation pour une activité la plus épanouissante possible. Ce qui se rapproche de la vocation.
Le travail libre conserve sa part de contrainte (nécessité de subvenir à ses besoins dont celui d'être actif par exemple) mais il est très possible de trouver une formule qui nous correspond.
- Le travail salarié signifie que le.la travailleur.euse offre sa force de travail en échange de l'obtention d'un salaire. Le salaire est cependant un moyen de subsistance ponctuel, qui s'épuise (on reçoit de l'argent, non du capital, et on dépense l'argent). Il y a une promesse de sécurité ou de protection (contrat et droit du travail).
Mais cela ne peut marcher qu'à partir du moment où il y a des gens privés de capital, c'est à dire, privés des moyens de production, des outils (moyens de subsistance pérenne).
Le.la travailleur.euse est contraint.e de se louer (devenir son propre esclave). Il.elle perd donc une grande partie de sa liberté par la subordination à la hiérarchie. C'est un système inégalitaire à la tête duquel se trouve le bourgeois (propriétaire des moyens de production et d'échange selon le modèle de la propriété privée excluante).
Le bourgeois se sert de son capital pour tirer profit du travail de ses employés (exploitation) et de s'en approprier les fruits (la plus-value). Ce qui lui permet d'accroitre son capital etc...
La promesse de sécurité faite aux travailleur.euse.x est-elle remplie ? Celle que le.la salarié.e puisse s'enrichir, c'est à dire accéder au capital, est-elle remplie ? Celle que le capital puisse avoir une utilité collective, profite à tous.tes (ruissellement) ?
Je ne crois pas. Les observateur.ice.s sérieux.ses, en tous cas, constatent que ce n'est pas le cas. Le capitalisme repose sur des mythes, dont celui de l'épanouissement du salariat.
- Le travail forcé suppose la contrainte extérieure, la violence, l'esclavage.
L'esclave n'est pas libre. Le fruit de son travail appartient donc à son maître. Comme les oeufs d'une poule appartiennent au propriétaire de la poule.
Il y a eu une époque où salariat et esclavage se sont côtoyés. Comme au XIX° siècle, début de l'ère industrielle.
à cette époque, la plupart des salariés vivaient dans la misère (usine, mines...). Certains esclave (très très rares) étaient responsables de commerces et pouvaient avoir de meilleures conditions de vie que les salariés de l'industrie. Le code noir, malgré sa légalisation officielle de la traite et donc du racisme (ségrégation), imposait au propriétaire esclavagiste de prendre "soin" de ses esclaves (ce qui est très relatif car ils avaient, entre autres horreurs, le droit de les battre, voir de les tuer, mais selon certains critères. Ce qui était, pour l'époque, un progrès, car avant c'était encore pire, sans limite).
Or le patron n'a aucun devoir de soin envers ses employés.
Ils pouvaient se contenter de donner une paye et se laver les mains de ce qui se passait ensuite. Si ses employés crèvent la dalle, ce n'est pas son problème. De toute façon un autre le remplacera.
On peut parler de la 3ème journée des femmes (boulot-foyer-prostitution).
On peut parler du chantier du canal de Panama où le taux de mortalité était très élevé. Il était plus rentable de tuer à la tâche des employés que de risquer de perdre ses esclaves (perte de propriété).
Voici donc un dilemme (théorique bien sûr):
Vaut-il mieux être esclave mais voir ses besoins garantis ou être libre pour vivre dans la misère ? C'est la question qui se pose aujourd'hui quand on cherche un métier. Sommes-nous si libre que ça lorsque nous sommes "esclaves du ventre" ? C'est à dire, forcé à travailler pour ne pas crever la dalle.
Il existe donc des formes plus perverses de travail forcé.
On peut ajouter aussi le travail des enfants (à l'école, dans la famille), celui des prisonniers, des personnes sans papiers, des chômeurs que l'on menace de priver de droits, celui des animaux, des robots...

Le cas des chômeurs est limite. Beaucoup acceptent des jobs de merde (bullshit jobs ou travail précaire ou aux conditions dégradantes), contraints et forcés par la menace de la misère (contrainte fonctionnelle), ou la honte (existentielle).
Les dispositifs sociaux, comme "l'assurance" chômage, sont conçues comme un rempart au travail forcé. Ce n'est pas de l'assistanat, mais une protection. Celles et ceux qui veulent mettre en péril ce principe veulent en réalité transformer le droit au travail en devoir de travail et réinventer le travail forcé.

   Voici quelques argument pour le travail :
- Travailler permet de produire pour assurer la prospérité de la société et ainsi assurer sa propre subsistance. Voir même, obtenir une amélioration générale des conditions de vie par la contribution de chacun.e à l'effort collectif.
- Travailler permet de subvenir à ses besoins, ce qui permet de devenir indépendant. Ce qui mène à l'émancipation.
- Travailler permet de se sociabiliser et d'avoir un rôle dans la société. Autrement dit, avoir une place en se rendant utile. (Insertion).

- Mais, notre job est-il vraiment utile à la société ? Si oui, est-il plus utile que néfaste ? Est-il utile pour une minorité ou pour la majorité ? Si je ne le faisais pas, cela changerait-il quelque chose à la société ? Et si oui, dans quel direction ?
La menace du changement climatique a provoqué une forte crise du sens.
Aussi, il y a du travail utile qui n'est pas reconnu, comme le travail domestique ou le bénévolat qui sont pourtant sans doute bien plus productifs et utiles à la société.
Le travail rémunéré - qui compte dans le PIB - ne représente qu'un quart de la contribution aux conditions qu'il faut réunir pour une société prospère. Le travail bénévole et domestique représente la moitié. Le reste est le service écosystémique (la nature qui se renouvelle etc...).
- Le travail rempli-t-il sa promesse de subsistance ? Pas tant que ça étant donné les conditions de vie qui se dégradent, la pauvreté qui augmente et la stagnation sociale (Le mouvement des gilets jaunes peut être vu comme un mouvement de révolte contre l'arnaque, le manquement à cette promesse).
- Le travail fournit-il une sociabilisation de qualité ? Le travail salarié, dans une société capitaliste, repose sur la concurrence, la subordination. On peut être mit en relation avec des personnes qui ont un effet plus toxique qu'autre chose (harcèlement, évaluation, concurence, management agressif, burn out...).
- Le travail est-il toujours une source de fierté et d'insertion ? Pas vraiment. Il y a des boulots dégradants, qui peuvent provoquer de la honte. Il y a des horaires, un épuisement et un manque de temps libre, qui vous isolent. La dépression et d'autres soucis de santé liée au travail peuvent produire de la désinsertion. évidemment, généralement dans les couches les plus exploitées. La société hiérarchique, aristocratique, impose un système de valeur souvent corrélé à la classe sociale.
- Le travail assure-t-il vraiment l'indépendantisation et l'émancipation ? Les femmes, les immigrés et les ados ont-ils.elles eu simplement à travailler pour s'émanciper et devenir indépendant ? Parfois même, cela à eu pour conséquence le contraire. Augmentation des responsabilités, des contraintes, de la charge mentale, des assignations et injonctions...
On peut aussi parler des boulots abrutissants (tâche répétée et peu stimulante - métro - boulot - dodo...) ou le fait que depuis les années 80, le travail ne produit plus d'amélioration de la qualité de vie et que, depuis récemment, l'espérance de vie chute.

   Le travail est globalement vécu comme aliénant. Car la masse prolétaire, qui manque de pouvoir sur son activité, y est plus contraint qu'autre chose. Et on attend toute sa vie d'en être libéré (Retraite).
Si les gens avaient le choix, que feraient-ils.elles ?
Apparemment, pas celui de l'oisiveté. Penser que si on était pas obligé de bosser, on ne foutrait rien est un mythe. Ce ne sera jamais la règle.
Il y a un besoin fondamental de l'être humain à être actif. Mais pas à être exploité.
Beaucoup aimerait avoir "la chance", de choisir un métier qui leur plait.
Mais ce qui les en empêche est assez simple.
Manque de moyens pour monter son truc, pour se former. Un écosystème qui n'est pas propice. Une détermination sociale incapacitante qui va même empêcher d'y penser. Manque de pouvoir quoi.
Ceci est le résultat du capitalisme qui capture la richesse et décide de son usage. Il en prive donc tous les autres. Maintenir dans la dépendance est pratique pour pouvoir continuer à exploiter. La boucle est bouclée.
La destruction du modèle social, qui protège, engendrerait une grande misère qui formerait une armée de réserve à la merci des exploiteurs capitalistes. La précarité est une bonne affaire.

   J'ai expérimenté, comme tout le monde ou presque (il y a des nantis qui ne pourront pas en dire autant, car si il y a des champions de l'oisiveté, c'est bien les riches), le travail salarié. Pourtant y compris dans un domaine créatif (le jeu vidéo).
Je manquais de temps libre pour m'épanouir. J'étais parfois l'ombre de moi-même. Et cela entre mes 17 et mes 25 ans. Au moment où mon ciboulot était à son pic de capacité. Autant dire que j'ai gâché une bonne parti de mon potentiel. Ce qui a occasionné des troubles (au sein de l'entreprise, avec la hiérarchie, le ponk en moi) qui se sont traduits par des soucis physiques et psychologiques (pas graves mais ce qui me permet d'imaginer ce que c'est pour celles et ceux qui se retrouvent coincés).
Lorsque le travail alimentaire est à temps plein, on perd sa vie à la gagner.
On prétend que le temps libre est la récompense après le travail.
Je prétend avoir l'expérience inverse depuis que je suis décidé à être un travailleur libre. J'ai besoin de temps libre pour travailler.

   Je dois avouer que j'ai peur du travail forcé.
Ma situation est précaire et inconfortable (c'est souvent lié).
Les élections de 2022 portaient une menace directe (Que ce soit le candidat Macron ou Lepen, mêmes fachos, ce n'est plus à prouver). D'où la mise au point que je me suis senti obligé de faire au sein de ma famille (comme j'en parlait à la fin de mon article du 8 avril 2022 - mieux vaut une mauvaise gauche qu'une bonne droite).
Le vrai visage du capitalisme est autoritaire. Donc fasciste s'il est en crise.
Travail, Famille , Patrie.
L'homme travaille pour assurer la subsistance de sa famille -> La femme élève ("fabrique") les enfants et entretient le mari pour qu'il soit productif -> les enfants deviennent des soldats ou des travailleurs ou des éleveuses de soldats et de travailleurs -> La patrie est alimentée en ressources humaines afin qu'elle soit suffisemment productive pour être compétitive.
Le monde du travail n'est pas une incitation, mais un rapport de force.
L'ogre a besoin de chaire fraiche.
Voilà toute l'ironie de l'expression "le travail rend libre" (reprise par les nazis dans les camps de travail) et adaptée par Macron "l'émancipation par le travail".
Ce qui sous-entend le refus de toutes les autres formes d'émancipation.
Politique, philosophique, culturelle ou artistique...

   Ce modèle d'émancipation par le travail est validiste et ceux qui  ont poussé cette vision à son terme (comme le darwinisme social) ont logiquement cherché à se débarrasser des inutiles. Les individus pas assez rentables sont trop coûteux, des "charges", des poids dont il faut se délester.

   Le travail n'est donc pas une valeur, à moins qu'on considère une prison comme une valeur. On peut aimer sa cellule mais on a pas le droit de vouloir y enfermer tout le monde (revoir Salo, les 120 journées de sodom de Pasolini pour comprendre ce qu'est le fascisme et en quoi l'entreprise capitaliste est identique).
"Le travail est la meilleure des polices".

Le travail est cependant une activité humaine incontournable et il faut alors l'investir de valeurs adéquats.
La question est : Qu'est-ce que le travail en démocratie ?
Autrement dit, qu'est-ce que le travail mit en cohérence avec les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité ?
Comme on dit : on a essayé de démocratiser la vie publique (et il reste encore masse de boulot à faire) en gardant la monarchie dans l'entreprise.
La plupart des gens passent 5 jours par semaines dans un système tyrannique et une après midi tous les 5 ans dans un isoloir. Le calcul est défavorable.

- Travail libre et liberté au travail.
Le revenu universel ou salaire universel ou salaire à vie ou je ne sais quel concept est le plus approprié (je n'ai pas encore bossé ce sujet, alors allez voir le taf de Bernard Friot, parait que c'est top même si il y a un problème de dérive bureaucratique) aurait l'avantage majeur de soustraire les travailleur.euse.s à la prédation et la contrainte capitaliste.
Il faudrait aussi remettre les orientations stratégiques de la production à une organisation autogérée et d'association libre. Ce qui permettrait aux populations de remodeler la société de façon plus cohérente avec leurs aspirations et donc plus représentative.
Avant toute chose, cela nécessiterait la suppression de la propriété privée des moyens de production et d'échange (donc mettre fin au capitalisme, rien que ça, mais c'est pas si difficile, ça a déjà existé). Ce qui permettrait de socialiser les profits, et donc de financer tout le système les doigts dans le nez. Juré!
Mais comme on pense aussi au bonheur des patrons, cela les libèreraient de l'objectif du profit et donc ils partageraient les intérêts des employés (cette relation serait abolie car la hiérarchie disparaitrait pour laisser place à une autre organisation du travail).
- Travail égalitaire.
Fin de la hiérarchie donc fin de l'exploitation. Fin de la concurrence donc coopération. Relations d'égalité donc de meilleures relations.
Répartition équitable et plus juste des richesses.
Réhabilitation du "mérite" (c'est à dire selon la définition opposée aux privilèges) débarrassé de la justification des inégalités.
Tout le monde mérite de vivre dignement, de pouvoir contribuer comme il.elle le souhaite, le peut.
Fin de la cooptation, de l'héritage (fruit de l'accumulation primitive du capital).
Fin du monopole de classe des décisions stratégiques qui asservi l'effort collectif au profit de leurs intérêts privés.
Ce sont ceux qui parlent le plus de la valeur travail qui en font le moins.
- Travail fraternel.
Fin de la hiérarchie et de la concurrence. Coopération et relations égalitaires donc de meilleures relations. Partage de réalité.
Participation par l'autogestion et la libre association qui permet d'adhérer au projet commun, par l'usage de propriété collective.
Travail exercé selon le respect du bien commun, cohérent avec les enjeux écologiques, la dignité et les droits fondamentaux du vivant.
Le principe du profit pousse le capitaliste à obtenir toujours d'avantage de ses subordonnés tout en participant le moins possible (impôts, actionnariat, cotisations...).
La suppression des classes supprimerait l'un des antagonisme les plus délétère et pourtant structurant de nos sociétés.
La répartition juste et équitable des richesses tarirait la cause principale de la criminalité.

Si il y a bien un travail que je soutien, c'est celui de la mise en oeuvre d'une société qui éradiquerait le travail.

   Le travail ne rend pas libre, il faut libérer le travail de la contrainte capitaliste.
Mais pas au sens où l'entendent les capitalistes qui passent leur temps à confondre liberté et abus/privilège. Et qui mentent en prétendant que la liberté est la conséquence du travail.
Libérer le travail de la contrainte capitaliste ne se fera pas sans libérer le travailleur d'abord.
Parce que c'est une question de bonheur et d'émancipation, parce que c'est une question de démocratie, parce que ça sauvera le monde. (enfin ce qu'il en restera après tant de temps passé à travailler pour sa destruction).

Tiens, une vidéo qui fait écho.

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IL VAUT MIEUX UNE MAUVAISE GAUCHE QU'UNE BONNE DROITE!

Publié le par Mikeulponk

L'avenir sera-t-il sans pitié?

Nous sommes à seulement quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle 2022.
On nous prépare depuis des mois un second tour Macron - Lepen, comme il y a 5 ans.
C'était déjà un moment terrible à l'époque. En être encore là, après ce quinquennat de violences et d'injustices aggravées, c'est carrément l'angoisse.

Retour en 2017.
En tant qu'anarchiste, après une longue et pénible réflexion, je m'étais résigner à voter utile pour donner une chance à un parti de gauche de nous éviter un dilemme que je n'arbitrerais jamais, entre l'extrême droite et la droite extrême.

Raté, le second tour dégueulasse Macron-Lepen nous a été infligé.
Je me suis abstenu.
Je soupçonnais déjà que les différences entre ces deux monstres n'étaient que chipotages.
Je ne ferais pas barrage aux fachos historiques au profit des fachos start up.
Il faut admettre que je savais que le champion de l'ultracapitalisme serait élu face à la candidate de l'extrême droite. Aujourd'hui, cette évidence n'est plus.

Son règne s'est avéré pire que ce que j'imaginais.
On ne le pensait pas aussi raciste, aussi violent, aussi réac. Il l'a été et le sera plus encore.
Ils sont tous deux aussi capitalistes et xénophobes, aussi autoritaires et antidémocratiques.
En tant qu'Antifasciste, c'est insupportable.

Les nazis ont eu autant besoin de fonctionnaires insensibles et zélés que de bourreaux sadiques fanatisés. Ils collaborent à l'asservissement de la société avec des méthodes violemment antisociale :
-Culte de la personnalité, du chef fort, de la hiérarchie, du patriarcat.
-Dégout de la démocratie et partisan radical du bloc bourgeois dans la lutte des classes.
-Mise en place d'un état fort et autoritaire, affaiblissement des contre-pouvoirs.
-Répression violente de l'opposition. Militarisation de la société. Contrôle social.
-Ordre moral totalitaire. Rhétorique complotiste, réactionnaire, conservatrice, négationniste.
-Nationalisme, xénophobie, racismes de toutes sortes, sexisme, mépris de classe, validisme...

Quelles sont les différences fondamentales?
Deux interprétations d'une même idéologie.
TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE, ça ne vous rappelle rien?
Et voilà qu'on voudrait nous rejouer la même comédie dramatique apocalyptique.

L'enjeu est vital.
On a vu ce que ça donnait la droite au pouvoir.
De la violence exacerbée contre les pauvres, les jeunes, les militants, les écologistes, les réfugiés, les retraités, les handicapés, les minorités religieuses, racialisées, culturelles et de genre... Au profit d'une minorité d'aristocrates et d'oligarques. L'ordre et les privilèges, plutôt que la justice et l'égalité. Le capitalisme arrive au bout du rouleau et ne sait plus faire autre chose que détruire, piller et réduire en esclavage.
On ne peut plus ignorer sa profonde inhumanité.
Des années d'inaction écologique nous mettent au pied du mur alors que la date du non-retour absolu est de plus en plus inexorable.
C'est une société plus confuse, plus inégalitaire, plus injuste, plus brutale et qui ne propose plus aucun avenir.
Et il y a de grandes chances pour que ça continue de s'aggraver.
Comment faut-il le dire pour que ça percute?
LEUR PROJET EST FASCISTE. ANTISOCIAL. ILS VONT NOUS DÉFONCER. ÇA VA ÊTRE DE PIRE EN PIRE.

Il semble qu'il y ai, comme la dernière fois, une chance pour qu'une candidature de gauche accède au second tour.
En 2017, un grand nombre des gens qui se prétendaient de gauches, avaient eu plus peur de Mélenchon que d'un candidat de droite dur ou d'extrême droite.
J'avais l'espoir qu'en constatant le résultat de leur lâcheté, ces gens comprendraient que nous n'avons plus le luxe de snober la seule chance de ne pas être encore prisonniers et à la merci de psychopathes tout puissants et sans scrupules.

Peu importe ce que l'on pense de Mélenchon, des craintes pisseuses que l'on nourrit à force de propagande bourgeoise, aucun argument ne fait le poids face à la certitude de la violence des plans de Macron ou Lepen.

Je ne me fais aucune illusion, il ne s'agit de rien d'autre que de choisir son adversaire et il est certains que je préfère subir Mélenchon que Macron (dont on sait très bien qu'il va nous achever) ou Lepen (le doute n'est pas permis sur leurs projets).

Je sais d'avance que le candidat du parti de gauche n'ira pas au bout de ses promesses.
En dehors des renoncements qui seront excusés par le "réalisme" politique, il y a des contrepouvoirs largement entre les mains de la droite (au niveau national comme Européen).
J'en suis sûr, il ne sera pas si terrible pour la bourgeoisie. C'est un trotskiste, pas un soviétique ou un anarchiste (bien que ça me réjouirais d'avantage).

Mais au moins :
Il ne sera pas aussi à l'aise à cogner sur tout ce qui bouge. Arrêtons le délire.
Il ne sera pas aussi dénué d'humanité envers les réfugiés. C'est dans son logiciel.
Il ne sera pas aussi insensible envers la misère des plus exploités. Il sera obligé par sa base.
Il ne sera pas aussi intéressé par le maintient du système écocidaire. C'est incontournable.
Il ne sacrifiera pas aussi aisément l'avenir de nos générations.
Il ne peut pas faire pire que la machine Macron ou que la bête Lepen. Un peu de lucidité!

Je croise les doigts pour que chacun.e se ressaisisse. Il y a urgence.
Les gens souffrent et il ne fait aucun doute que plus de capitalisme nous tuera tous.tes.
Que plus d'intolérances en tous genres nous détruirons.
Qu'encore plus de corruption nous achèvera.
Ayons le courage de dépasser notre individualisme de consomateur.rice.

Un peu d'empathie et de bonté.
Un peu de générosité et de solidarité.

PLUS JAMAIS DE DROITE!

Pour l'anecdote :
Je me suis senti obligé de parler politique avec les membres de ma famille.
Après l'annonce de la mise au travail forcé des allocataires du RSA par tous les candidats de droite, je m'y suis senti obligé.

Je voulais les tenir au courant de la profonde angoisse que cette annonce avait provoquée chez moi et mon entourage.
En tant qu'artistes, nous ne demandions pas grand chose. Nous avions déjà abandonné l'idée de vivre de notre travail. Nous souhaitions vivre, seulement.
Notre vie est difficile, on nous promet de nous la rendre impossible.

Je ne me sens plus capable de supporter de partager des moments conviviaux avec les personnes qui, en connaissance de ma situation, ont tout de même préféré accorder leur soutien à ces candidats.
J'ai toléré le cumul de racisme, sexisme, homophobie, validisme, et mépris de classe. Mais là, c'est la goutte d'eau.
Je supportais sans doute parce que je n'étais pas directement concerné. J'ai été tenté maintes fois de ne plus m'infliger ces moments malsains. Mais je ne pouvais pas me résoudre à couper les ponts. Peut être avais-je l'espoir qu'ils finissent par comprendre, à force.
Mais là, je suis au bord de la falaise, menacé directement d'y être précipité.
C'est une ligne rouge et un évènement concret et limpide pour mettre à l'épreuve leur empathie.
Je leur ai dit, en gros, "faites ce que vous voulez, je vous préviens que si vous me faites ce coup là, je serais en colère". Et j'aurai de bonnes raisons de l'être.
J'ai été compris par la plupart. Léger soulagement.
Peut être faudrait-il que nous ayons tous.tes le courage de se confronter à nos proches pour activer leur empathie. Activer la solidarité. Ça nous sauverait.
Une discussion à cœur ouvert, ou si c'est trop risqué, un billet sur les réseaux.
Si moi, j'en suis à douter de ma propre survie, combien sommes-nous dans cette même situation, à subir la malveillance des générations de boomers idiots et égoïstes?
Quand vont-ils arrêter de s'obstiner à saboter notre avenir?
Je crois que ce que j'ai fait, est à mon échelle ce que la jeunesse des pays occidentaux va faire de plus en plus. Exiger des vieux de prendre en considération l'urgence de respecter leurs besoins.

Merde, si la droite passe encore, ce sera un monde sans pitié.

C'est un simple petit geste politique : ne pas soutenir la candidature de ces enfoirés de droite. Sinon, par votre association ou votre lâcheté face à la bête, vous porterez votre part de responsabilité dans ce qui va advenir.

IL VAUT MIEUX UNE MAUVAISE GAUCHE QU'UNE BONNE DROITE!

Je vous partage un morceau de Dead Can Dance : How Fortunate The Man With None, sur un texte de Bertolt Brecht (dramaturge-poète pacifiste et antinazi) qui traduit bien mon spleen actuel.
Il a notamment écrit ces phrases célèbres :
«  Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde. »
« Nos défaites d'aujourd'hui ne prouvent rien, si ce n'est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l'infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons au moins qu'ils aient honte. »
Pourvu qu'il ai tord cette fois-ci.

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Année de la BD mon cul!

Publié le par Mikeulponk

Depuis que Macron est aux affaires, c'est le festival des coups tordus. La situation des artistes est déjà très dégradée depuis longtemps, mais ce n'est apparemment pas avec lui qu'on va avancer.

Depuis le début de son quinquennat, avec la mise à mort des Taps, la blague de "l'année de la BD 2020", un ministre de la culture vendeur de bagnoles et concepteur d'Hadopi, et récemment, un sketch inédit où il nous incite à enfourcher un tigre en oubliant pas de ramasser un peu de jambon et de fromage au passage... J'en ai gros.

Je vais essayer de traiter plus en détail ce que cachent ou révèlent ces évènements pour moi, auteur de BD indépendant et pauvre (ce qui est loin d'être rare) et un peu de gôche quand même.

J'avais déjà une mauvaise idée de ce personnage qui n'avait pour seule qualité, afin de s'accaparer les pouvoirs publiques, que d'avoir été face à la candidate d'extrême droite au dernier simulacre de démocratie nationale. Le robot non-humain a recueilli plus de votes que la bête inhumaine. Au lieu d'être mangés avec haine, nous le serons sans émotions.

Fin 2017, le nouveau président annonce qu'il veut, à l'école, resserrer sur les fondamentaux (à savoir : français; mathématiques; histoire... autrement dit, culture dominante; logique comptable; roman nationaliste) et mettre fin aux "ambitions pédagogiques consubstantielles". Expression de langue de bois assez déroutante que je retiens par cœur tellement elle m'a écœuré.
L'ambition, c'est l'exigence d'un idéal élevé; pédagogique, c'est l'éducation qui mène à la compréhension; consubstantiel, c'est optionnel voir superflu. En gros, de son point de vue, à l'école, on y serait pas pour s'élever, mais pour appliquer bêtement le minimum nécessaire à notre exploitation.
L'éducation au libre arbitre et à l'esprit critique sont à stopper au profit de la formation spécialisée et sous contrôle. Artiste VS Énarque?

à ce moment, les Taps (temps d'aménagement périscolaires) étaient directement visés. Il s'agissait d'un dispositif qui avait pour vocation de réduire les inégalités.
En effet, de nombreux enfants n'ont pas accès à des activités culturelles ou sportives en dehors de l'école pour des raisons variées (essentiellement économiques mais aussi organisationnelles ou sociales).
Puisque les enfants ne sont pas portés vers ces activités alors les activités devront aller vers elles/eux. Et où trouvent-on des enfants? à l'école. Donc le temps des élèves devait être aménagé entre le temps scolaire et périscolaire (qui représentait environ 3h par semaines).

Les points positifs : Lorsque c'était bien foutu, les enfants avaient accès à de nombreuses activités enrichissantes. Elles élargissaient leur champ de vision et contribuaient à leur développement. Ils et elles pouvaient découvrir une passion, se cultiver, s'amuser, s'exprimer, se valoriser (surtout pour celles et ceux qui n'avaient pas de résultats élevés dans leur scolarité).
C'était enrichissant, comme tout bon service public.

Dans l'école où je travaillais, je proposais des cours de BD (récit dessiné) où je les initiais à concevoir et rédiger un récit personnel, imaginer les personnages, leurs objectifs, leurs obstacles et leurs enjeux, avant de passer à la réalisation séquencée de l'histoire. Cela en 6h en moyenne avec des discutions, des démonstrations et des jeux. cela leur permettait de savoir imaginer un parcours, peut être même le leur, d'expérimenter l'empathie avec des personnages, donc comprendre les autres, de trouver des cohérences dans leurs récits, donc des réponses à leurs questions, puis de créer de manière autonome, être acteur ou actrice de ses propres projections.
L'immense majorité en ressortaient contents. J'ai tenu cette activité 4 ans. J'ai pu revoir des classes avec quelques années d'intervalle et constater que mon travail n'avait pas été vain. J'ai vers la fin, testé avec les plus agés (CM1-CM2) le thème "science-fiction" qui leur a permis de s'interroger sur le futur, leur rapport à la technologie et à l'imaginaire collectif.

Les autres intervenant(e)s proposaient des arts plastiques, du sport, du chant, de la danse, du langage des signes, de la magie, du jardinage, des visites dans les EPAD, la fabrication de murs en brique artisanale, ou d'objets en bois, des jeux, des temps à la médiathèque, de l'informatique, de la découverte de la culture chinoise, et j'en oubli surement...
ça donnait du boulot à tous les précaires du secteur en créant du lien social intergénérationnel et les enfants étaient contents.
Quand c'était bien foutu.

Les points négatifs : ça rallongeait la semaine de 4 jours à 4,5 ou 5 jours. Les relations avec les enseignants parfois difficiles car nous devions souvent partager les locaux. Aucune aide pour organiser ces espaces temps. Les mairies en charge du dispositif devaient trouver les moyens financiers et humains. Or certaines mairies n'avaient soit pas le budget, soit pas les intervenants nécessaires soit pas la volonté de suivre le dispositif. Quand c'était mal foutu, les Taps se sont parfois limités à de la garderie effectuée par le personnel municipal. Donc, il y avait de grandes disparités entre les territoires en fonction des moyens ou des partis pris politiques.

Pas étonnant que lorsque le président, très courageux, laisse le choix aux mairies de poursuivre ou non le dispositif, tout en s'en lavant les mains, la quasi totalité des mairies aient abandonné.

Alors que Macron dédaigne ce travail et son "ambition pédagogique" et que les artistes précaires qui y participent perdent une grande parti de leurs revenus, l'équipe municipale (en accord avec les familles) de ma commune décide de continuer. Merci à elles et eux.

Mais voilà, pendant le confinement, j’apprends que la mairie arrête à son tour après consultation des parents. il semblerait que le fait que ce soit la dernière école à proposer des taps dans la région n'est pas jouer en la faveur du dispositif. Là aussi, on dirait que l'aspect pédagogique est secondaire par rapport à des questions personnelles. La mairie n'étant pas spécialement soutenue, à quoi bon?

Ici, un slam de Narcisse le slameur qui résume un peu un sentiment partagé par tous les acteurs et actrices de la culture.

Puis vient le sketch de Macron .
Suite à la grogne des acteurs et actrices du milieu de la culture, dont les difficultés ont été peu prises en compte au début du confinement, le gouvernement accepte une visioconférence avec quelques personnalités. Il termine cet entrevue avec un monologue de 30 min dans lequel il nous sollicite pour retourner à l'école s'occuper des enfants. Quelle ironie.

Mais là c'est sérieux, il compte sur nous. C'est la rhétorique paternaliste qui nous donne des responsabilités qu'on a pas demandées et en plus on a pas intérêt à le décevoir. à mon avis toujours pas de respect pour le travail pédagogique, mais une recherche désespérée de moyens de faire garder les gosses pour que les parents retournent au charbon. Il n'y a pas assez de profs pour gérer des demies classes (à causes des mesures sanitaires) et les artistes, il s'en souvient, l'on déjà fait et ont du temps libre. On fait comme si tous les artistes étaient des pédagogues et pouvaient assurer au pied levé un taf d'animateurs/trices socio-culturel (ça s'improvise de gérer et éduquer un groupe de 15 élèves surexcités après 2 mois d'enfermement, avec les mesures sanitaires exigées) et qu'ils/elles étaient immunisé(e)s.
Que ces fainéant(e)s aillent mériter leurs allocs.

Ce n'est pas une simple interprétation de ma part, c'est en substance ce qu'il dit lorsqu'il parle des intermittents.

Avec le confinement, il n'y a plus de festivals, de concerts, de séances de dédicaces, de spectacles, de cours...

Beaucoup d'intermittents ne pourront pas valider les conditions pour conserver leur statut (et donc leur protection). C'était déjà pas facile en fonction des métiers, mais l'été était quand même la période qui permettait à de nombreux écosystèmes culturels de vivre.

Il propose dans un premier temps de leur donner une année blanche, une idée qu'il n'aime pas parce qu'il trouve que ça ressemble à une année où on ne fait rien. ça le hérisse autant que quand on parle de pénibilité du travail ou de violence policière (pourtant des euphémismes à mes oreilles).
Attention, il a une meilleure idée, c'est pas pour rien que c'est lui l'patron.
Il va plutôt nous donner suffisamment "confiance" pour qu'on ai pas besoin d'aide. Aller travailler dans les écoles pourrait permettre aux intermittents de faire leurs heures. Faut travailler, faut travailler, faut travailler... rattrapez vos heures et arrêtez de demander de l'aide à l'état, qui ne prête qu'aux grosses entreprises.
Au lieu de soutenir les travailleurs/euses, on chouchoute les exploiteurs, on va y revenir.

Dans le reste de son discours, il laisse échapper des phrase vagues.

Il dit : "On doit à la fois ne pas se renfermer et défendre notre universalisme à la française, et en même temps savoir défendre ce qui est notre spécificité."(notez le "en même temps".)

Il hésite entre libre circulation de la culture et intérêts économiques. Il inscrit la culture dans une compétition commerciale comme les autres. Quand on connait le loustique (c'est pas comme si il cachait son jeu depuis son mandat sous Hollande), on sait de quel côté son cœur balance.

Il est temps de parler du ministre de la culture. Franck Riester. Vous pensez qu'il faut quelqu'un de compétent à un ministère? Quelqu'un qui connait le monde de la culture? La ministre qu'il remplace, Françoise Nyssen était éditrice (elle succède à son papa).

Bah non, Francky est un gestionnaire sorti des écoles de commerces bourgeoises. Il a repris les affaires de papa (lui aussi) et géré des concessions Peugeot. C'est grâce à cette expérience culturelle pertinente qu'il a été membre des "affaires culturelles et de l'éducation" à l'assemblée. Et quelle est sa contribution? Il a participé au projet de loi Hadopi dont il a été le rapporteur (merci trouduc, ça en est où ton truc?).
Dans sa carrière politique, il a commencé à l'UMP (où il a été défenseur et porte parole de Sarko) puis soutien de Coppé, Juppé et Bruno Lemaire avant de se fâcher avec Fillon et Wauquiez (soit disant que la droite se droitisait, allô quoi!). Mon petit doigt me dit qu'il est toujours de droâte, comme la totalité d'en marche.Y'a p't'être un coup opportuniste à jouer. Il part donc à l'UDI. D'autant plus que son copain, B. Lemaire a intégré le gouvernement, ça sent le copinage et ça loupe pas, le voilà ministre de la culture pour remplacer F. Nyssen qui a des casseroles au cul.
Il baisse les budgets des médias publics, fait la promotion de la publicité ciblée à la télé et fait de la lèche aux plateformes comme Netflix et Amazon. On voit la logique capitaliste de la nomination d'un gestionnaire à la culture pour favoriser la partie la plus consumériste de la création.

Ils préfère de loin les fournisseurs de contenu aux créatifs.
Et cela pose un énorme problème quand on parle "d'ambition culturelle".
Les puissants sont les seuls interlocuteurs et les travailleurs/euses sont les derniers pris en compte. Le grand patron va être favorisé et le travailleur soumis.
Dans notre cas (la BD), l'éditeur a l'oreille de ses camarade de classe au gouvernement alors que ce sont les auteurs et les autrices qui devraient être mis(es) au centre des préoccupations.
C'est cette situation déplorable que le rapport Racine prévoit de maintenir et c'est ce que "l'année de la BD 2020" ne manquera pas de confirmer. Un artiste doit être productif et participer à la croissance ou il ne vaut rien. De l'aide pour les grandes entreprises, des subventions pour les éditeurs (Acte Sud, l'édition de F. Nyssen est abondamment subventionnée, oulala, on a frolé le conflit d'intéret, c'est pourtant rare pour les macronistes, pfff...) mais nous n'avons toujours pas de statut adequat qui nous permettrait de vivre et créer sereinement. Pour déclarer et gérer notre activité en cohérence avec notre métier. J'ai pu toucher un dédommagement pour la perte d'activité ponctuelle, mais sorti de la crise Covid, retour à la case départ. Les auteurs et autrices sont de plus en plus précaires et découragé(e)s.

Pourtant, sans auteurs et autrices, il n'y a pas de livres, pas d'éditeurs, pas de festivals. (Mais la bonne nouvelle, c'est qu'on peut se passer d'éditeurs ou de patrons).

Pourtant, il semble que ce n'est pas une évidence pour les membres du gouvernement qui après s'en être prit aux fonctionnaires et à tous les métiers essentiels au bon fonctionnement d'une société (tous ces gens qui ne sont rien), continuent d'exprimer un mépris pour une catégorie supplémentaire de travailleurs/euses, les artistes et les petits acteurs du monde la culture (Et donc le public par extension).
Seulement voilà aujourd'hui, ils ont besoins de tous ces gens là.

Mais y'a rien à faire, on ne se débarrasse pas de sa condescendance comme ça.
Dans son discour, Macron dit : "ça doit être un alliage de bon sens et de l'innovation.", "bon sens et la créativité". "Nous avons la chance d'être dans un pays qui a le statut pour les intermittents". "Il faut se mettre en situation de penser dès maintenant en étant acteur." "On doit utiliser le fait d'être artiste en france pour inventer et améliorer encore ce qu'est cette capacité à faire vivre la culture dans notre nation." "Grand programme de commande publique." "Utopies concrètes."

Et le best of :
"Les vrais idéalistes sont de grands pragmatiques. Quand Robinson part, il ne part pas avec des grandes idées de poésie ou de récits, il va dans la cale chercher ce qui va lui permettre de survivre. Du fromage, du jambon, des choses très concrètes. C'est l'aspect confiance, pour pouvoir ensuite inventer quelque chose et créer.
Robinson, quand le naufrage est là, il ne se prend pas la tête dans les mains en essayant de faire une grande théorie du naufrage (sinon on aurait pas fait le récit de ses miracles), il prend d'abord du jambon et du fromage, mais il a en lui cette capacité à inventer une histoire unique."

Ce que je ressent, c'est une injonction à se sortir les doigts du cul. La vie de bohème à quémander des allocs à l'état s'est fini, il est temps de se montrer reconnaissant et de faire des efforts. Les artistes sont des branleurs. Faut bosser et comme on est pas capables de créer des trucs utiles l'état va nous passer des commandes.
Fini l'art, cette drôle d'"ambition consubstantielle" et place à l'alimentaire, à la publicité, à l'art d'état sous contrôle. D'où ces commandes d'état aux plus jeunes pour éviter qu'ils ne sombrent dans l'art dégénéré une fois qu'ils seront sortis du giron de l'école.
Il ne vous a pas échappé qu'en bon petit totalitaire, Macron et sa clique essayent de diriger seuls contre tous, sans consulter qui que ce soit avant d'avoir prit leurs décisions (qui puise souvent dans les vieux poncifs réacs et ultra-capitalistes). Lorsqu'ils consultent c'est à sens unique, il s'agit de profiter de l'effet d'annonce, et les propositions des gens sont vite envoyées au pilon.
Où sont les cahiers de doléances?
Quels actes ont suivi l'annonce de "l'année de la BD2020"?
Que va-t-il advenir des 150 propositions de la convention citoyenne sur le climat?
La négociation n'est qu'une manière de faire accepter ce qu'ils croient être une évidence et ne ressentent même pas le besoin de savoir et encore moins de comprendre ce que les premiers et premières intéressé(e)s en pensent. Ils ont la science infuse de part leur naissance, leur classe, leur statut. Puis ils s'étonnent de la colère face à l'impasse de leur aveuglement et de leur surdité.
Alors ils finissent par menacer et réprimer les cancrelats que nous sommes.
[Merci la police au passage pour votre servilité avec les aristos et votre fermeté avec vos concitoyens. (dans l'ensemble) Vous êtes une bonne courroie de transmission de la pensée dominante. Lorsque vous avez l'occasion de choisir votre camp, entre le peuple et les aristos, vous nous décevez systématiquement. On vous voit.]

Ce qui me permet de faire le lien avec cette drôle de métaphore : "Enfourcher le tigre."

C'est bizarre comme ça ressemble au titre d'un livre (voilà les lectures de "l'été apprenant" de Macron?) qui fait parti des inspirations de l'extrême droite : "Chevaucher le tigre" de Julius Evola.

Un type paumé (un artiste raté, comme Hitler et Macron... merde point Godwin! En même temps, c'est pas moi qu'à commencé en citant un facho) qui a tenté de séduire les fascistes et les nazis sans jamais y parvenir (il a fini par expliquer son échec par le fait que les bases des mouvement totalitaires étaient trop populos et pas assez radicaux).
Il mélange "en même temps" :  fascisme, traditionalisme, paganisme romain, racialisme, ésotérisme, bouddhisme, Nietzschéisme...
La bête pour lui était la société post seconde guerre mondiale décadente. Qu'il fallait soit détruire, ce qu'il trouvait utopiste, soit surfer dessus. Sa métaphore de chevauchée du tigre illustre sa quête de nouvel héroïsme, seul contre tous, il faut triompher et les faibles seront dévorés. ça fait beaucoup de points communs entre les deux gus.
De quelle bête parle Macron? Du Corona Virus?

Honnêtement, je ne crois pas que le virus mette en péril la création. Je crois que si nous devons chevaucher un tigre, c'est celui du capitalisme, en tant que système actuel d'oppression et de destruction des utopies valables en terme d'humanité.
Les artistes savent ce qu'ils et elles doivent faire.
Ils et elles savent que leurs contributions, même les plus modestes ont le droit d'exister (exception faite sans doute des atteintes aux droits humains les plus fondamentaux), y compris et surtout, indépendamment de toutes considérations gouvernementales.

Je vais donc le prendre au mot.
Je vais utiliser le fait d'être artiste en France pour faire vivre la création au niveau des ambitions culturelles que j'ai pour mes congénères. Des œuvres passionnées, engagées et indépendantes, dans un esprit de partage. Je ne l'ai pas attendu pour faire mon devoir d'auteur et c'est cet état méprisant qui me met le plus de battons dans les roues, avec ses considérations rétrogrades malsaines et sa bureaucratie antisociale.

J'emmerde ce gouvernement bourgeois, comptable et autoritaire qui écrase le peuple et suce les riches. Je n'ai pas de leçon à recevoir de la part d'un petit tyran mercantile en matière de création.
Il devrait plutôt se rappeler qu'il est là non pas pour nous diriger mais nous représenter. Il devrait commencer par nous écouter sur nos propres sujets de prédilection et arrêter de nous prendre pour des billes en faisant passer son idéologie pour du pragmatisme.

Notre collectif d'auteurs indépendants de BD de fiction consciente, les Indés-sociables, prend forme. Nous sommes sur le point de maquetter notre premier ouvrage collectif et de lancer la campagne de financement sur Ulule pour pouvoir nous auto-éditer avec la seule contribution de notre lectorat. Le prochain post traitera de ce sujet.

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, ça a pas dû être facile, désolé pour les fautes, je suis un cancre qui n'a pas acquis tous les fondamentaux. Mais ne vous inquiétez pas, même si je continue de faire du rêve ma priorité, ma façon à moi d'enfourcher le tigre, je ne manque pas de fromage et j'apprécie occasionnellement un peu de jambon (du terroir). Allez, bonne création libre à toustes.

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