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LES BOURGEOIS TENTENT D'INVENTER LA RÉSISTANCE APOLITIQUE

Publié le par Mikeulponk

LES BOURGEOIS TENTENT D'INVENTER LA RÉSISTANCE APOLITIQUE
2026 compte une dizaine de films consacrés à la période de la seconde guerre mondiale.
Dont 5 sont français (soit la moitié) et 1 coproduit en France.
La proposition me pose sérieusement problème.
 
C'est un sujet inépuisable mais pour dire quoi ?
On se demande si la seconde guerre mondiale est encore prise au sérieux ou un sujet usé sur lequel les bourgeois n'ont plus rien à dire.
 
Car on ne va pas tourner autour du pot. Le cinéma est un art monopolisé par la bourgeoisie dont les œuvres reflètent la vision du monde et de l'histoire qu'a cette classe (le "bourgeois-gaze").
Suite aux polémiques soulevées par certains films à ce sujet, la question se pose :
Qu'a-t-elle à nous dire ? Quel usage veut-elle faire de ce sujet ?
Pourquoi parler de cette période en ce moment ?
La seconde guerre mondiale est-elle encore un traumatisme ou un simple décor ?
Quelles sont les intentions des cinéastes et acteur.ice.s impliquées dans ces productions ?
Quand on voit leurs films et qu'on les écoute, j'ai bien l'impression qu'on assiste à un désastre.

L'HISTOIRE EST UNE QUESTION ADRESSÉE AU PASSÉ DEPUIS LE PRÉSENT.

Tout d'abord, précisons une chose.
Une œuvre voit le jour dans un espace-temps qui n'est pas vierge.
Les producteur.ice.s comme le public sont influencés par le contexte historique, politique, économique, social et culturel dans lequel iels baignent.
 
Je parle depuis la France de 2026.
Un pays qui hérite d'une histoire complexe de la seconde guerre mondiale dont nous subissons encore les remous.
La France a été occupée par l'Allemagne nazi entre 1940 et 1945.
Seul pays en Europe dont le gouvernement a volontairement collaboré (le régime de Vichy de Pétain).
La collaboration française a été un traumatisme (guerre civile) autant que l'occupation.
Une partie de la France a résisté. Depuis l'extérieur du pays (FFL) et depuis l'intérieur (FFI).
Cette histoire a fait l'objet d'un mythe national discutable.
Après la libération, on a tenté de laver le déshonneur de la collaboration, très majoritaire, en fermant les yeux sur l'ampleur des crimes commis par les collabos français, mais aussi sur la lâcheté de la majorité de la population, en grossissant les rangs de la résistance. Le mythe du "tous résistants".
Le documentaire "Le chagrin et la pitié" de Marcel Ophuls sorti en 1969 tentait déjà de rétablir une part de vérité contre ce roman national falsifié qui a créé une génération d'imposteurs.
La période d'épuration qui a suivi la libération a été peu rigoureuse.
La dépétainisation, bâclée par calcul, s'est attaquée à de petits collabos et à quelques figures symboliques (qui ont joué le rôle de bouc-émissaires) tout en épargnant une grande quantité de collabos et de criminels qui pouvaient encore servir (tels que Papon).
Notamment dans les guerres colonialistes qui ont immédiatement suivi en Indochine puis en Algérie où ils ont été libres de sévir. Les crimes qui y ont été commis (les massacres, la torture...) sont des hontes indélébiles qui entachent notre nation.
Le CNR et son programme "les jours heureux", malgré d'importants progrès historiques (tels que la sécurité sociale, la retraite, la fin de la féodalité économique, une amélioration du droit du travail, plus de démocratie, le CNC...), ont été de courte durée. La guerre froide a été le prétexte pour mettre un terme à ses ambitions.
L'état social et antifasciste prévu n'a pas pu aboutir.
La faille subsistait pour que la bête puisse resurgir.
Suite à la guerre d'Algérie, on assiste à la résurgence, dans les années 70, d'une extrême-droite qui comprenait des collabos, des nazis, des colonialistes tortionnaires, des fascistes... donnant naissance au Front National, maintenant Rassemblement National (same shit).

Les dignes héritiers de ces salops sont plus populaires que jamais dans les urnes et sont sur le point d'accéder au pouvoir en France lors des futures élection présidentielles de 2027.
Les historiens compétents sur la seconde guerre mondiale et le fascisme ne peuvent plus ignorer l'évidence des similitudes entre notre époque et les années 30 qui ont vu les mouvements réactionnaires monter en puissance face aux renoncements et aux compromissions des élites bourgeoises.
Nous sommes en période préfasciste et c'est pourquoi les comparaisons avec ce passé sombre s'imposent à nous.
Certains, comme à l'époque, souhaitent la victoire des mouvements réactionnaires pour contrer les évolutions progressistes de la société (les fachos). D'autres voudraient, contrairement à l'époque, faire échouer les fascistes avant qu'ils n'emportent avec eux toute la société dans l'immondice (les antifas).
"Plus jamais ça".
Entre ces deux feux règne une grande confusion qui concerne la majorité de la population, conséquence d'une propagande délétère abondamment diffusée par des médias complices.
Cela fait échos à des œuvres célèbres telles que La résistible ascension d'Arturo Ui de Berthold Brecht ou Rhinocéros de Ionesco.
 
Oui ! Nous sommes de nouveau dans une période de crises politiques dangereuses au potentiel rétrograde et violent. (Extrême-droite qui pourri la société et s'apprète à se saisir du pouvoir, climat, guerre...)
Notre responsabilité collective est d'éviter ce piège en commençant par ne pas réitérer nos erreurs.
Les œuvres artistiques ont un rôle à jouer pour nous aider à affronter ces épreuves.
Sortir un film sur la seconde guerre mondiale, qui plus est sur la collaboration ou la résistance, a des implications politiques importantes.
Cela demande aux créateur.ice.s d'avoir conscience de ce qu'iels font.
C'est à dire dans quel contexte s'inscrit cette œuvre, ce qu'elle dit et quel effet elle aura.
Créer n'est jamais neutre.
Rendre public une œuvre c'est engager son pont de vue, le nier est irresponsable.
Nous sommes au bord de la catastrophe. Nous parlons d'évènements graves.
Il y aura des conséquences à ce que nous faisons maintenant.
 
Alors que disent ces films ? Sont-ils à la hauteur des enjeux ?
Je vais me concentrer sur ceux que j'ai vu.
Nuremberg, Des rayons et des ombres et La bataille de Gaulle.
Je parlerais aussi des polémiques très révélatrices autour de Moulin (qui a été diffusé à Cannes en mai).

LE NAZI COMME FAIRE-VALOIR.

Nuremberg m'a un peu déplu, mais pas indigné.
Le film n'est pas désagréable à regarder. Les acteurs (parce que les femmes ne sont pas très présentent) sont bons. En particulier Russel Crowe qui a la tâche ingrate d'incarner cette grosse merde de Göring.
Ils font explicitement un lien entre les méthodes des nazis et celles de l'administration Trump.
Ce n'est pas révolutionnaire mais au vu des lacunes des autres œuvres, c'est à saluer.
L'exposition frontale aux crimes nazis est un bon rappel.
Cependant.
Il se laisse aller à la rhétorique de l'affrontement épique entre grands hommes. Ce qui met tout de même l'antagoniste nazi sur un piédestal. Plus l'adversaire est fort, plus le héros est remarquable. Alors on accrédite le mythe du surhomme nazi (génie du mal) pour que les américains soient des sur-surhommes.
Il y a aussi l'écueil de la psychologisation des nazis. Monstres fous furieux ou banalité du mal ?
Le film n'évite pas le trope psychophobe qui psychiatrise le nazisme plutôt que de reconnaitre qu'ils ont appliqué en Europe ce qui se pratiquait systématiquement dans les colonies et sur le sol Américain (c'est évoqué sans plus). Les historiens parlent de modernité nazie. C'était très rationnel.
Ce film se laisse regarder mais sans plus.
Peu ambitieux finalement et pas à la hauteur du titre.
Disons qu'il a le mérite d'exister pour les profanes.

DES RAYONS ET SURTOUT DES OMBRES

Des rayons et des ombres m'a mis en colère.
On va évacuer les points positifs rapidement car ils sont peu nombreux.
Jean Dujardin joue bien le collabo. C'est un bon acteur en mode vieille f-rance.
Le réalisateur avait surement la volonté sincère de montrer comment les renoncements et l'ambition personnelle peuvent transformer un homme "bien intentionné" en collabo.
Est-ce une mise en abime ?
Car le film prend pitié de ses protagonistes et déforme la réalité pour l'atténuer. Comme un scrupule.
Clairement, l'empathie est faite sur ces personnages qui profitent de la collaboration en se rendant aveugles à ses effets et ses conséquences.
Le problème c'est que le réalisateur se rend lui-même aveugle et en fait de même pour les spectateurs.
Les victimes du régime pétainiste et nazi sont hors champs (à de rares exception prêtes).
Certaines scènes qui cherchent à nuancer le personnage sont inventées, tout comme celles qui veulent salir la résistance.
J'ai détesté la fin. La compassion artificiellement fabriquée pour humaniser des collabos est forcée en restreignant la résistance à une bande de brutes.
La plupart du temps, le film dit des choses assez consensuelles, mais montre et fait ressentir le contraire.
Ce que j'appelle la dissonance cinémato-narrative (contradiction entre le fond et la forme, entre la thèse et les procédés esthétiques).
Au final je pense que le procédé est plus révélateur du fond de la pensée du réalisateur, car on y retrouve ses affects qui sont bien plus intimes et profonds.
On ne peut pas reprocher à un bourgeois de s'identifier à un autre bourgeois. Mais je lui reproche sa malhonnêteté à prétendre dénoncer la collaboration dans son discours, peu ambitieux, en étant complaisant dans ses procédés.

DEUX GAULLES OU DEMIE MOLLE ?

La bataille de Gaulle - l'âge de fer & J'écris ton nom m'a déçu.
Surement parce qu'il y avait un potentiel énorme.
C'est une entreprise ambitieuse de Pathé pour alimenter son catalogue de patrimoine culturel français entamé avec Les 3 Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo, qui se poursuivra avec Les Misérables. Des bloc busters made in France avec gros budget et fierté nationale. On pouvait donc s'attendre à une autre œuvre consensuelle pour le grand public. Mais j'avais quand même l'espoir d'un film de résistance encourageant.
 
Parlons d'abord du premier volet :
Dans un premier temps, le film m'a plu par son efficacité dramaturgique.
Le récit en lui-même. Comment on construit la figure du résistant, seul contre tous avec la force de sa détermination, malgré les coups durs et les tentations de renoncement devant l'ingratitude de la tâche. Simon Abkarian - "je ne voterais jamais à droite, ça c'est sûr. Encore moins à l'extrême-droite" - a bien travaillé son rôle. La relation avec Churchill fonctionne. J'aime bien ce mélange de tragique et de comique.
Il y a des passages peu connus qui ont enfin un traitement dans un film grand public.
Le drame de Mers El Kébir et surtout, la bataille de Bir Hakeim (qui méritait un film en soit pour tirer tout ce que contient cet évènement). Belle dédicace à Susan Travers et aux bretons de l'île-de-Sein.
On y voit que la France libre reposait sur les colonies. Fait méconnu dont on devrait se rappeler beaucoup plus.
 
Mais en sortant, j'étais mal à l'aise. Il y a eu des moments de grincements pendant mon visionnage.
Il m'a fallu quelques minutes d'introspection pour remettre le doigts sur les problèmes.
 
D'abord, les troupes coloniales indigènes, même si elles sont présentes à l'écran, ne jouent qu'un rôle de figuration. On ne les entend pas parler. J'ai bien peur qu'on ne les limite qu'à un rôle d'outil et pas d'acteurs.
Mais surtout, les motivations des résistant.e.s sont passées sous silence.
Pourquoi résistent-iels et à quoi résistent-iels ?
Cela pourrait avoir une utilité pour les spectateur.ice.s, afin de les comprendre et de s'en inspirer.
Nous n'avons accès qu'à celles de De Gaulle, qui sont le patriotisme et l'honneur (a priori).
On se révolte contre l'humiliation de la défaite et l'occupation d'une armée étrangère. On comprend leur refus de l'occupant, mais que pensent-ils du nazisme ?
Qu'en pensent les autres ? Ceux qui luttent contre le nazisme car c'est une question de valeurs humanistes et démocratiques. Contre la dictature, le racisme et la barbarie.
Les antifascistes et les communistes (avant 1941, Staline n'appelait pas à la résistance mais les communistes n'ont pas attendu) sont invisibilisés.
Jean Moulin apparait mais ses motivations ne sont pas présentées.
Inversement, l'assassin de Darlan est présenté comme un résistant lambda or ses motivations politiques sont ambiguës (apparemment un républicain dont le père était militant à l'action française d'Alger). Là aussi, sans doute plus un patriote qu'un antinazi.
 
Il y avait effectivement plusieurs raisons de s'engager dans la résistance.
- Il y avait celleux qui s'engageaient parce qu'iels étaient opposé au fascisme, au nazisme, au franquisme et au pétainisme. Pour des questions de valeurs et de politique (humanistes, communistes, démocrates...). Les antifascistes par essence.
- Il y avait celleux qui s'engageaient par patriotisme ou nationalisme, y compris des militants d'extrême-droite (monarchistes par exemple). Qui n'étaient pas fondamentalement contre le fascisme mais plutôt opposé à l'invasion étrangère (les allemands et les italiens en l'occurrence). Ils étaient plus motivé par un sentiment antiallemands qu'antifasciste. De Gaulle semble se situer ici (vu sa carrière politique).
- Il y avait celleux qui se révoltaient contre l'injustice (pillage par les allemands, persécution des juifs, des minorités et des opposants, arbitraire et autoritarisme du gouvernement de Vichy...). Des gens simplement généreux ou sensibles à l'injustice qu'on a appelé "les justes". Résistance plus morale et spontanée qu'idéologique, même s'il n'y a pas de fumée sans feu.
- Il y avait celleux qui refusaient d'aller travailler en Allemagne. Les réfractaires au STO (1943, plutôt tardifs). Cela n'avait pas grand-chose à voir avec la morale. Il s'agissait plus d'une rébellion individuelle réactive. C'est pourtant ce qui a permis à la résistance de grossir, en particulier dans les maquis.
- À la fin, quand le vent avait tourné (après juin 1944), il y avait tous les opportunistes qui voulaient être du côté des gagnants pour faire oublier leur passivité, ou leurs compromissions. Les résistants de la dernière heure. Surement les plus haïssables car ils n'ont rien fait quand il le fallait et tiré les bénéfices du sacrifices des premiers résistants.
 
J'en oublie surement...
Ce sont des archétypes et la réalité regorge toujours de contre-exemples ou de situations plus nuancées. Il peut y avoir eu des changements sincères en cours de route.
Mais la vérité générale reste que la résistance était minoritaire et que les antifascistes par essences (en grande partie des communistes) ainsi que les indigènes des colonies sont celleux qui ont payé le plus lourd tribut en étant en première ligne quand tous les autres se planquaient.
 
Bref, même si je suis content d'avoir vu un film qui met en scène la résistance, qui plus est avec des moyens ambitieux, je reste déçu par la dépolitisation de l'engagement des personnages et je pense que le patriotisme et l'honneur ne sont pas des ressorts suffisants et pertinents pour l'antifascisme. Au contraire même.
J'y reviendrait.
 
Passons à la deuxième partie :
J'étais impatient de voir la suite car il y avait tout de même du bon et je gardait l'espoir d'un sursaut.
De l'avis général, ce deuxième volet est plus réussi.
En effet, je trouve aussi que la structure s'articule mieux. Ce qui a été posé est bien exploité.
Je suis quand même assez impliqué aux côtés de De Gaulle, malgré mes doutes sur la sincérité de son antifascisme, car les nazis et les pétainistes sont les méchants et que la dramaturgie fonctionne bien.
Le personnage principal est déterminé, sur la brèche, intelligent et du bon côté de l'histoire.
Thierry Lhermitte est bon en général vichyste. Le duel De Gaulle et Giraud est bien mis en scène. Les acteur.ice.s sont bon.ne.s globalement.
Montrer que les USA sont des alliés peu fiables idéologiquement (impérialisme, racisme, etc...) est pertinent et rarement évoqué.
 
Mais les défauts éthiques relevés dans la première partie subsistent.
Les troupes coloniales sont copieusement misent à l'honneur (on les voit se battre durement, on voit les espagnols antifascistes, on parle du "blanchiment" de l'armée française...) mais ne sont toujours pas sujets.
Enfin si, sujets coloniaux.
On évoque la contribution des femmes dans les ambulances (Rochambelles). Mais comme pour les bretons, on ne les utilise pas dans le scénario. Ce ne sont que des citations.
Les scènes de batailles ne sont pas géniales. Le manque de moyens et de talent pour le cacher gâchent de gros efforts manifestes. (Le budget est énorme pour un film français mais en dessous des standards pour une telle fresque historique qui veut inclure des bataille à grande échelle).
Je n'ai jamais aimé les discours d'avant bataille que je trouve toujours bidons. C'est le cas ici aussi (même si on y était presque, ça reste ridicule à mon goût).
On peut regretter l'absence de protagonistes indigènes, étrangers ou communistes. Aux motivations plus explicites.
On me dira qu'on ne peut pas tout mettre, c'est vrai. Il y a donc des choix à faire sur ce qu'on montre ou non. Ce que l'on critique n'est pas seulement ce qui a été gardé, de ce coté là ça va, c'est ce qu'on ne montre pas, et les vides sont très problématiques.
Les motivations des résistants restent inconnues. on résiste juste contre des méchants occupants ou collabos sans préciser la nature du mal (à par l'antisémitisme).
Cela se contente de stimuler une sorte de patriotisme et je ne partage pas ce sentiment.
Le patriotisme est une mauvaise raison d'être antifasciste car il peut se retourner en nationalisme et donc en fascisme.
 
La suite de l'histoire (ce diptyque s'arrête avant, bien sûr) prouve que cela fabrique un antifascisme de circonstance et non de valeur, qui aura mené les troupes de De Gaulle et De Gaulle lui-même, à soutenir le colonialisme dès 1945 par la reconquête de l'Indochine et jusqu'en 1962 au terme du bourbier d'Algérie. Presque 20 ans de déni de la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes et de conflit armé pour mater les résistances des peuples colonisés. Au nom de la patrie.
N'oublions pas non-plus le massacre de Sétif, Guelma et Kherrata qui a suivi l'annonce de l'armistice du 8 mai en Algérie, qui s'est déroulé sous mandat du gouvernement provisoire de De Gaulle. Au nom de la France aussi. Une très grosse tâche au tableau.
Et oui, l'empire colonial c'est ce qui a permis à De Gaulle de retrouver une place au près des alliés et à garantir la souveraineté de la France, au prix donc de la souveraineté des colonisés. Il était donc difficile pour De Gaulle de s'en séparer.
 
Autrement dit, la résistance d'une grande partie du Gaullisme a consisté à passer de libérateur à occupant, en refusant aux peuples colonisés la liberté que ces mêmes peuples ont contribué à rendre à la France. On peut faire mieux comme antifascisme.
 
Conclusion :
Ce film est plutôt bon prit dans son ensemble (plus de 5h). Il y a eu de gros efforts et des moments très efficaces. Il est dense et je suis tout de même content qu'il existe car le sentiment de fierté lié à la résistance est un bon point de départ pour arriver à l'antifascisme. À condition de faire le boulot pour lier les deux. Ce que ne fait pas ce film. C'est son plus grand défaut.
C'est un film à la gloire du Gaullisme. Même si des rôles secondaires sont mis en avant c'est bien un grand homme qui est célébré et qui prend toute la place en écartant le rôle aussi important des autres forces politiques (tels que les communistes qui ont vraiment pesé). Le film parle de politique comme intrigue de pouvoir dépolitisé afin de renforcer la cohésion nationale en gommant les antagonismes pourtant réels. Une cohésion creuse et suspecte.
Ça ne nous sera pas d'un grand secours dans les mois qui suivent.
 
J'en veut pour preuve les commentaires et critiques du film qui se multiplient.
Le Figaro apprécie ce film.
J'en ai regardé pas mal mais il y en a une qui m'a sidérée.
Le gars a eu les larmes aux yeux tellement il s'est senti fier d'être français. La résistance est une part honorable de notre histoire. Le film a su tirer sur sa fibre patriotique.
Quelques jours plus tard, il fait la critique d'un autre film, tellement cliché qu'on dirait que le réal a demandé à une IA pétée "fais-moi un scénario de vigilant movie pour fachos". Il est fort possible que le réal l'ai fait par cynisme et appât du gain. Mais le commentateur, tout en reconnaissant l'outrance de l'objet, affirme "qu'il dit tout haut ce que les gens pensent tout bas". Il s'agit de xénophobie, de racisme et de haine des institutions. De la pure démagogie d'extrême-droite complotiste.
Comment peut-on être du côté des résistants devant La Bataille De Gaulle et du coté des fachos dans la vraie vie ?
Onfray, ce philosophe en papier cul, conseil d'aller voir le film sur son média de réac' raciste.

L'être humain a une capacité incroyable à se raconter des histoires et à voir la réalité selon un prisme très subjectif. Les fachos sont des champions pour déformer la réalité et la torde à leurs délires. Si le film est ambiguë, il laisse tous les espaces nécessaires à l'interprétation.
D'où vient cette ambigüité ?

L'auteur, Antonin Baudry, était au ministère des affaires étrangères puis à l'intérieur pour des ministres de droite tels que De Villepin. Les restes de droitards qui se souviennent qu'on ne pactise pas avec le RN. Des gens de droite pas fachos, c'est bien l'une de leurs seules vertus, mais ça ne suffit pas. La limite entre la droite est l'extrême-droite n'est pas nette. Les gens de droite sont eux-mêmes flous.
À nous de faire le boulot de clarification.

MOULIN OU GIROUETTE

Lors de la conférence de presse de l'équipe du film Moulin projeté à Cannes, un journaliste de la chaine "parole d'honneur" (chaine militante décoloniale des quartier populaires) a posé une question à Gilles Lellouche.

" L'année prochaine se dérouleront les élections présidentielles en France. Le Rassemblement National, fondé par certains des collaborateurs de Klaus Barbie (le gars qui a torturé et tué J. Moulin) - traitres à leur nation - ont une chance d'arriver au pouvoir. Pensez-vous qu'il est aujourd'hui primordial, pour ne pas trahir la mémoire de Jean Moulin, de combattre résolument le Rassemblement National ? Pensez-vous également que la France insoumise, majoritaire à gauche, est aujourd'hui le meilleur rempart à l'extrême-droite, son programme étant aussi inspiré du conseil national de la résistance (fondé par J. Moulin)".

En gros : vous qui incarnez Jean Moulin et faites son éloge, pensez-vous que, pour se montrer digne de celui dont vous prétendez vous inspirer, il faut combattre les héritiers de ceux qu'il combattait et qui l'ont assassiné, et soutenir les héritiers de ce pour quoi il se battait ?

Simple.
Il aurait été facile de répondre de façon consensuelle, fort de l'appui sur le personnage incontesté de Jean Moulin. En évitant de trop prendre parti. Ils savent rester vagues quand ils veulent.
Le bourgeois est pisseux mais sauve les apparences.
 
Mais patatra! Ce n'est pas ce qu'il a fait. Il a répondu ça :
"Elle est pas un tout petit peu orienté votre question ? J'ai pas de réponse à ça monsieur..."
 
WTF ?!?!
C'est ce qu'on pouvait répondre de pire.
Faire preuve de la plus grande des lâchetés quand on prétend mettre à l'honneur le courage.
Préserver sa petite personne quand on veut rendre hommage au sacrifice.
Depuis, on le nomme Gilles Lellâche.

Il avait prévenu qu'il ne "serait jamais à la hauteur de ça" en parlant du combat de Jean Moulin.
Quand on lui demande s'il y a des résonnance entre le personnage et lui (si il résiste), il répond "non aucune. Ce serait très présomptueux de ma part". De ouf!
 
Quand j'ai vu ça, malgré le peu d'estime que j'avais pour lui, il m'a surpris et dégouté.
Même celui qui a posé la question ne devait pas s'attendre à un tel vautrage.
On dit que la question était un piège.
Que dalle !
J'affirme qu'il n'y a aucun piège à demander si on peut incarner Jean Moulin sans être antifasciste. La question est truffée de perches pour l'aider et il se viande quand même.
 
On va continuer à décortiquer leurs éléments de langages. Ça nous aidera à comprendre leur pensée et leur motivation derrière ces productions.
 
Il a dit qu'il fallait "être fidèle à ses idées".
Il s'est déjà prononcé contre le RN et pourtant il se couche à la première occaz, même quand il est en position de force.
Il a dit aussi "Il y a deux formes d'humanité. Celle qui cherche la lumière et celle qui cherche l'obscurité. Et dans la mesure du possible il faut se battre pour aller vers la lumière, la démocratie, la liberté..."
Je ne savais pas que Jean Moulin était électricien.
Le manque de "clarté" n'est pas innocent, c'est de la confusion ou de la lâcheté.
Si on veut simplifier par la binarité, les deux types d'humanité, ce sont les fascistes & collabos d'un côté et les antifascistes de l'autre. Cela impliquerait de devoir choisir son camp.
Il est ému d'"avoir le culot d'envisager cet homme".
Le culot de Gilles Lellâche s'est d'avoir parlé d'une "Immense responsabilité" en étant capable d'endosser le costume d'une figure aussi symbolique de la résistance et d'être aussi lâche au moment de montrer concrètement le minimum de respect pour son combat.
Rappelons que Jean Moulin a tenté de se suicider en se tranchant la gorge pour ne pas avoir à collaborer avec les nazis. Mais pour Lellâche, condamner l'extrême-droite, c'est trop dur.
Il a bien essayé de se rattraper avec une publication insta'. Insuffisant.
 
Ce n'est pas que le problème d'un seul homme. Il y a une équipe entière qui ne fait pas preuve de plus de courage ni de plus de pertinence.

LA RESISTANCE, PARCE QUE JE LE VAUT BIEN.

Voilà que le réalisateur et le reste de l'équipe s'en mêlent.

Le réalisateur, Laszlo Nemes, gêné, s'esquive en disant "Je sens qu'on est vraiment pas là pour commenter la politique française".
Bah non. Aucun rapport ! C'est pas comme si on était sur le point de voir de nouveau l'extrême-droite au pouvoir en France et comme s'il n'y avait pas des paniques racistes constamment et des nazis plein les rues ou dans la police et l'armée.
 
Plus tôt dans la conférence de presse, lorsqu'on lui parle d'autres contextes politiques où le fascisme progresse, en Hongrie ou en Ukraine, car il est bien le seul à ne pas voir le rapport entre la seconde guerre mondiale et aujourd'hui, il bottait déjà en touche.
Une journaliste Hongroise lui pose une question sur la liberté créative en fonction du contexte, inspirée de la politique d'emprise et de censure du gouvernement Orban sur les médias.
Il répond sans trembler :
"En tant qu'artiste je me bat toujours contre le conformisme d'un média donné" "je sens instinctivement qu'il faut que je m'oppose, que je résiste à ces tendances pour que je trouve ma voie". Par ailleurs il est "heureux pour la Hongrie" qu'elle ait "retrouvé sa liberté".
Je me demande s'il est con ou s'il fait semblant de ne pas avoir compris la question.
On ne te parle pas d'anticonformisme dans le cinéma ducon ! On te parle de liberté créative dans un état autoritaire. Pour lui, qui s'inspire de Jean Moulin, résister c'est refuser de passer au numérique.
Si tu es content que la Hongrie ait retrouvé sa liberté c'est que tu sais bien qu'elle l'avait perdu !
Il n'y a pas que Gilles Lellâche, il y a aussi Lâchelo Nemes.
 
Une autre journaliste, ukrainienne cette fois, dit qu'en voyant le film elle ne peut pas s'empêcher de penser au présent (lol). Elle demande si ils ont pensé à ce parallèle ou si ce n'est que du passé. Il va donc en remettre une couche.
"Mon travail de metteur en scène c'est d'explorer la capacité de l'être humain d'exister dans différentes dimensions" "on croit toujours qu'on est meilleur mais il y a toujours cette tentation de la barbarie" et "la possibilité de s'élever, d'être meilleur".
On parle d'un type torturé à mort. Comme expérience philosophique transcendantale on fait mieux. Passer à la question face à la Gestapo, ce n'est pas un stage de yoga sous LSD pour explorer des dimensions. L'écriture du scénario a été "Un voyage" pour lui.
 
"On a fait ce qu'on a pu pour rendre hommage à Jean Moulin qui était pour moi une figure dont on a pas vraiment mesuré la portée dernièrement" "On oublie, au delà de la figure historique, ce que la personne a accompli"
Tiens tiens... et quelle est donc la portée de cet engagement ? Lutter contre le fascisme au mépris de sa propre vie ? Contribuer à réunir tous les groupes de résistance autour d'un projet de transformation politique et sociale grâce au programme antifasciste du CNR "les jours heureux"?
Que nenni.
"Pour moi, ce qui importe, c'est d'emmener le spectateur dans une réalité de quelqu'un qui est beaucoup plus seul que ce que l'on pense" "pour moi, c'est l'individu et la liberté qui sont les choses les plus importantes" Il répète plus tard "Je crois que la liberté individuelle, c'est le plus important. Je crois que c'est le message de Jean Moulin et c'est pour ça qu'il est mort." "Jean Moulin, à son niveau, a essayé de faire autant que possible pour avoir la meilleure version de lui-même".
Apparemment, pour le réal, le combat de Jean Moulin c'était du développement personnel.
Il fait semblant d'ignorer que J. Moulin était un membre de la SFIO, un socialiste (au sens de l'époque) qui ne se battait pas seul (il était en contact avec l'ensemble de la résistance française) et qu'il se battait pour les libertés collectives et l'égalité et la fraternité. Pas que la liberté. Il a sacrifié sa vie et donc sa liberté pour les autres.
 
Mais vu que son logos sonne creux, il fallait essayer de mettre un peu d'ethos et de pathos.
"J'ai grandi dans un pays dans lequel on n'avait pas la liberté, dans les années 80" (Il est le fils d'un réalisateur Hongrois - surprise)
Il n'oubliera jamais "la situation où on n'a pas la liberté. Dans la vie quotidienne".
Trigger warning! Nous sommes sur le point d'avoir un témoignage bouleversant sur la dictature à travers les yeux d'un enfant.
"On est en ligne, en classe, dans le gymnase et on chante des chants soviétiques"
On dirait OSS 117 ! Pour lui, la dictature c'est de chanter des chants soviétiques. Quelle souffrance ! Jean Moulin se battait pour qu'on ai le droit de ne pas chanter le matin, et surtout, de choisir son répertoire. L'internationale à 8h du mat' : c'est ça la barbarie monsieur !
 
Il insiste sur son rapport à l'art. Il avait "une vraie vision de la vie, de l'art" "de la civilisation" "un vrai humaniste".
Heureusement que ce n'était pas un ouvrier illettré. On n'aurait pas pu s'identifier. Surtout que les ouvriers étaient souvent communistes. Vous savez, ces horribles types qui vous font lever aux aurores pour chanter des hymnes au goût discutable. Rappelons que Jean Moulin était allié avec les résistants communistes. On avait beaucoup de ploucs et de gens simples dans la résistance tandis qu'une grande part des élites culturelles (dont le cinéma), dignes représentantes de la civilisation, ont copieusement collaboré ou évité de se mouiller.
(spéciale dédicace à Jean Gabin. Il était chef de char dans les blindés de marine FFI avec la 2°DB de Leclerc. Revoir Le Président (1961) qui renseigne un peu sur ses opinions).
 
Il dit lui aussi qu'il "mesure la responsabilité qu'on a quand on parle de Jean Moulin" ce serait ce "sentiment" qui les a "guidé tout au long du film" parce que c'est un sujet "proche des mes préoccupations" "des chose fondamentales, civilisationnelles entre le bien et le mal" d'une confrontation entre la "meilleure version" et la "pire version de l'être humain".
Le bien et le mal. C'est de la morale abstraite.
Les nazis parlaient de civilisation, eux aussi, et s'estimaient être les "meilleurs versions" de l'humanité. Les socialistes, tels que J.Moulin, parlent plutôt de classe. On ne parle pas de mal et de bien, on parle de justice. On est matérialistes et politiques, pas moralistes ou philosophes de salon cossu.
 
Allez, on ne va pas s'acharner trop sur ces pauvres bêtes. Juste le producteur et une ou deux citations pour conclure sur ce naufrage. Parce que ça nous renseigne.
 
- Le producteur parle de "l'un des plus grands héros du 20ème siècle français" et de son
"Extraordinaire destin".
Quelle aventure et quel destin de finir assassiné sous les coups des SS. Revivez la sucess story de J. Moulin dit le GOAT capable de résister contre la barbarie mais toujours avec style et élégance.
"Ce qui nous a bouleversé dans le parcours de Jean Moulin, c'est que c'est un homme qui se situait au dessus des partis".
Ah bon? C'est bouleversant ça? Je croyais que c'était le sacrifice et la lutte contre la barbarie etc...
Unir les partis ne veut pas dire se placer au dessus. Ça ne veut rien dire en fait. Transpartisan en tant de guerre ne signifie pas apolitique.
"Il a tenté de rassembler, non pas autour de la nation, mais de la patrie. La patrie c'est liberté égalité fraternité".
Non, pas du tout, ça c'est la devise de la république française.
La patrie c'est autre chose. Une histoire de territoire et d'appartenance.
Il a tenté de rassembler autour du combat antifasciste, y compris des communistes et des anarchistes qui sont par définition internationalistes et des étrangers qui combattaient le fascisme et le nazisme pour des idées humanistes et non pour la patrie française, qui les opprimait à ce moment.
Tous les fascistes se disent patriotes et ils sont par nature à l'opposé de la devise de la république française.
Le gars n'y connait rien et s'emmêle les pinceaux. Participer à ce film ne lui a pas appris grand-chose donc, c'est inquiétant.
"Il est mort au nom de la liberté"
Tiens, l'égalité et la fraternité ont disparu ?
Lorsqu'il est utilisé seul, le concept de liberté est utilisé par les droitards pour s'opposer à tous les autres.
Tout ça pue le bourgeois encore et encore. J'en ai marre d'eux et de leur bêtise.

- Le scénariste était intéressé par le potentiel scénaristique et le calvaire. Il ne parle pas vraiment du combat qu'il a payé cher.
 
- Dans cette conférence de presse, les acteur.ice.s parlent "d'un immense honneur de tourner avec Lazlo"
Le combat de J.Moulin passe après le bénéfice social que le film leur apporte.
Dormir une nuit en prison pour préparer son rôle a permis de "commencer vraiment l'aventure".
La prison, la torture, la clandestinité, la peur, etc... quelle expérience enrichissante et romantique. Je suis un bourgeois tellement confi dans mon petit confort et tenu éloigné des tourments que je frétille à jouer au résistant persécuté comme dans un escape-game glauque. À quand une saison de Koh Lanta dans un camp de concentration ? Des touristes.
Mais en dehors de cette conférence, les prises de paroles ne sont pas plus explicites.
"C'est la résistance du passé qui nous permet de résister au présent"
Résistance à quoi? Il y a des gens qui se prennent pour des résistants en luttant contre l'immigration qu'ils considèrent comme une invasion. D'autres qui résistent au wokisme ou aux Illuminatis. D'autres à la tentation de prendre position contre l'extrême-droite.

LE CHAGRIN MAIS PAS DE PITIÉ

 C'est un ramassis de formules abstraites et confuses qui révèle un grand manque d'honnêteté et de conviction.
Ils tentent de dépolitiser la résistance.
Ça pétoche à soutenir LFI et à condamner le RN. Jean Moulin était allié aux communistes, qui à l'époque, étaient autrement plus offensifs que LFI. Les fascistes de l'époque aussi c'était autrement plus intimidant que les connards en cravate qui mangent des dragibus et qu'on invite sur les plateaux télé complaisants avec des questions de niveau CP pour ne pas les mettre en PLS.
 
Plus le RN se rapproche du pouvoir grâce à la collaboration des classes dominantes, plus les représentants de cette même classe, telles que leurs élites culturelles, cherchent à se laver d'avance de leurs compromissions, déjà bien établies. Ici, en essayant de récupérer de façon malhonnête la figure d'un résistant socialiste mort sous la torture des nazis. C'est abjecte.
 
On les voit venir.
Conscients d'être des lâches et des collabos, ils cherchent à nous gaslighter en nous faisant croire qu'on ne vaut pas mieux qu'eux.
Ce n'est pas leur faute. C'est trop dur. Ces héros sont exceptionnels donc inaccessibles.
Ou alors, on ne sait pas. Qu'aurions-nous fait ?
C'est une question posée par celleux qui ne font déjà rien.
Si vous voulez savoir ce que vous auriez fait, regardez ce que vous faites maintenant.
Moi je n'ai pas de mal à m'identifier aux résistants et à savoir quoi faire.
Comme le disait Lucie Aubrac "ça a commencé avec des petites choses".
On fait ce qu'on peut. Prendre position c'est un bon début. Surtout quand on a la parole.
Mais comme souvent, c'est ceux qui peuvent le plus qui en font le moins. Ils ne sont pas avars en leçon de morale mais revoient la leur à la baisse.
 
Et dire qu'on a rendu hommage à Missak et Mélinée Manouchian au Panthéon.
Qu'auraient-iels répondu à la question de Parole d'Honneur ?
Peut-être : "un bon nazi est un nazi mort".
 
La résistance ce n'est pas du développement personnel.
C'est politique.
La résistance n'est pas une aventure ou un voyage.
C'est une lutte.
Ce n'est pas pour devenir la meilleure version de nous-mêmes. Les gens qui veulent se servir de la cause pour leur personne plutôt que de mettre leur personne au service de la cause, ça dégage illico.
Jean Moulin n'était pas électricien. Il ne combattait pas des ombres, mais des nazis, des fascistes et des collabos.
 
Ils n'ont voulu raconter que les derniers jours de J. Moulin. Ils ne s'intéressent pas à la résistance mais à la légende. Au calvaire. Une sorte de fascination malsaine pour la souffrance comme pour La Passion du Christ. Ce sont des charognards.
 
Cette mascarade a lieu pendant une édition du festival de Cannes lors de laquelle un conflit éclate entre Bolloré et le milieu du cinéma.
Bolloré, ce riche facho, tente de peser sur la bataille culturelle en se servant de la fortune, amassée sur le dos des africains et grâce à l'état français, pour tenter de contrôler toute la chaine de l'information et de la production culturelle.
Il a racheté une grande quantité de médias, y compris une édition de manuels scolaires. Il a des éditions pour publier les livres de ses larbins fascistes, les moyens de les distribuer dans ses boutiques relais. Il fait la promotion de sa merde dans ses médias radio et télé. Il a déjà purgé ces rédactions de toute contestation et de tout contenu autre que la désinformation fasciste.
Après avoir fait le ménage à Canal + ou au JDD, entre autres, il a viré un directeur de collection dans une édition à sa botte. Les élites intellectuelles, qui étaient restées bien silencieuses jusqu'ici en se pensant intouchables, ont rouspété.
Mais trop tard.
Les bourges, et en particulier la petite élite culturelle parisienne, comprennent qu'ils ne sont pas à l'abris. Qui aurait pu prédire ?
Voyant cela, le monde du cinéma remarque que Bolloré a la main sur canal +, qui est l'un des plus gros financiers du cinéma. Il finance aussi des boites de prod' et vient de mettre la main sur les cinémas UGC. Ils se disent que le couperet se rapproche et une partie de ce milieu décide de se manifester avant qu'il ne soit trop tard. On ne parle que d'une tribune mais c'est déjà beaucoup pour eux. Or dans ce milieu, ce ne sont pas les grosses stars qu'on entend, mais toutes les personnes plus précaires qui en vivent tels que les technicien.ne.s. Car ce sont ces dernier.ère.s qui risque le plus.
Certains parlent de crier avant d'avoir mal (Kasso tu fais chier), comme si le mal n'avait pas été fait ailleurs et que Bolloré allait changer. Comme si il n'y avait pas une stratégie derrière tout ça.
Le cinéma a déjà collaboré avec les nazis et il semble encore prêt à se mettre au service des fascistes.
Peut-être faudrait-il désembourgeoiser la culture dans son ensemble ?

ANATOMIE D'UNE CHUTE

Nuremberg est le film le plus clair politiquement de cette année pour l'instant. En créant explicitement un parallèle entre les nazis et Trump.
Je déplore que cela soit fait en usant des tropes du cinéma américain basique qui grandi les nazis pour s'en servir de faire-valoir. Si vous étiez si exemplaires, vous n'auriez pas un fasciste à la tête de votre pays. Deux fois.
Je ne peux pas m'empêcher de voir une entreprise égocentrique comme pour tenter de se laver de la souillure Trump en exhumant l'une des seules fois où ils ont été du bon côté.
 
Des rayons et des ombres me donne l'impression que la bourgeoisie est consciente qu'elle s'est déjà compromise avec les fachos. Qu'elle anticipe ses chouineries au moment où il faudra justifier de n'avoir soit rien fait soit participé pour des raisons bien comprises. Les intérêts personnels et la lâcheté sont bien décrits dans le film mais ne sont pas des excuses à votre lâcheté et à la défense de vos intérêts particulier à l'heure actuelle. Au lieu de chercher à comprendre et à nuancer les coupables, il vaudrait mieux dès maintenant s'intéresser un peu plus aux résistants.
 
Pour La Bataille De Gaulle, j'ai été emballé par la dramaturgie. Cet homme qui résiste seul contre tous au fascisme, comme un Don Quichotte. Mais cet effet passé, le vide politique laisse libre court à l'interprétation et je ne doute pas que des fachos pourraient apprécier cette figure qui ne combat pas le fascisme pour ce qu'il est, mais parce qu'ils ont envahi sa patrie. Certains fachos se prétendent résistants car ils s'imaginent lutter contre l'envahisseur musulman. Le RN a déjà comparé l'islam à l'occupation nazie.
J'aurais voulu aimer ce film. Il y a un gros potentiel dessous.
 
Comme je le dis souvent, dans les œuvres narratives, l'ambigüité est problématique voir clairement coupable. Soit de lâcheté soit de dissimulation.
Ce n'est pas pour rien que les médias de droite tels que le Figaro apprécient beaucoup ces œuvres "moins manichéennes". C'est à dire : qui brouillent la réalité en étant moins fermes envers le fascisme et plus critiques de la résistance. Quand tu veux faire une œuvre contre les collabos et que les fascistes te félicitent pour les avoir épargnés, c'est loupé. Tu as juste brouillé les choses et la confusion est le terreau des fascistes.
La clarté et la vérité sont des armes antifascistes. Il faut un peu de courage pour ça et la bourgeoisie se définie beaucoup par son manque naturel en la matière.
 
La bourgeoisie n'a pas fini de faire des contorsions pour essayer de ne pas paraitre telle qu'elle est : une classe de privilégiés aussi lâche qu'elle a des intérêts à défendre. Elle fera comme elle a toujours fait, s'allier avec l'extrême-droite ou se contenter de ne pas intervenir (dans l'espoir de passer entre les mailles du filet) pour conserver ses privilèges face à la monté de la gauche radicale et du progressisme par lesquels ils se sentent menacés.
La bourgeoisie culturelle hésite.
Ils essayent de récupérer une histoire pour s'en servir de machine à laver par avance de leur compromissions présentes et futures, ce qui passe par du révisionnisme.
Les irresponsables, comme dirait l'autre, ces bourgeois qui se débattent contre leur déclin et voudraient nous entrainé dans leur chute n'ont pas fini de nous chier dessus. Vivement qu'on les dégage histoire de respirer un peu mieux et d'avoir enfin des récits courageux et dignes des épreuves actuelles et à venir.

RÉSISTER, CE N'EST PAS ESPÉRER, C'EST AGIR.

On ressort souvent de ces œuvres sans savoir comment résister nous-mêmes aujourd'hui.
Ces œuvres sont faites pour nous faire ressentir le frisson de la résistance mais aussi pour nous laisser impuissant, incapable de reproduire l'expérience. On nous laisse vivre la catharsis et rester bien sagement chez nous, repus.
Je pense notamment à Star Wars ou Hunger Games.
Disons que les bourgeois font du cosplay avec la résistance. Ils vivent le sentiment flatteur de se prendre pour des gens bien et courageux cinq minutes dans un évènement publique et une fois rentré à la maison, on range bien le costume dans le placard.
(Attention, je n'ignore pas que beaucoup de cosplayeur.euse.s sont plus sincères dans leur costume que dans leur peau de tous les jours).

Toute création, doit être antifasciste sinon elle n'est que soutien passif, ou pire, un soutien actif au système qui a clairement fait le choix du fascisme.
Être neutre face à la monté de l'extrême-droite et ne rien avoir à dire, c'est être complice d'une certaine façon.
Quand on n'a rien à dire, il vaut mieux fermer sa gueule et soutenir celleux qui font le taf.
Et cela avec l'humilité et le respect minimum dû aux gens qui font ce sacrifice car il s'agit souvent des plus menacés.
 
Pour parler de résistance, on conseillera le classique mais toujours aussi pertinent L'armée des ombres de J.P Melville ou un film de SF qui lui rend hommage Captive state de Rupert Wyatt.
L'armée du crime de Robert Guédiguian sur le groupe Manouchian et qui n'esquive pas les questions. Abkarian déjà investi à l'époque.
Papi fait de la résistance de J.M. Poiré qui est opportunément diffusé par Arte et qui résonne avec le côté grotesque de l'actualité ciné et les charlatans de la mémoire. Une œuvre méta.
Indigènes de Rachid Bouchareb sur l'investissement méconnu des troupes coloniales.
La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo, sur la résistance Algérienne ou "la bataille d'Alger dans l'espace" avec le surprenant Star Wars Andor (enfin une œuvre Star Wars qui raconte quelque chose).
Matrix des sœurs Wachowski pour une interprétation moderne.
Wolfenstein - New Order, un jeu vidéo à la Tarantino qui nous fait combattre le nazisme dans une uchronie où les nazis auraient gagné la seconde guerre mondiale. Pas comme dans Call of Duty où on se contente de tirer sur des PNJ qui portent un uniforme à croix gammée, mais en rejoignant un groupe de résistants marginaux et en semant le chaos dans l'appareil fasciste. Avec en plus une pointe d'humour. Et on défonce quand même du mécha-nazillon avec un shotgun à shrapnel dans chaque main pour les voir voler en morceau. Moi ça me détend.
 
Pour conclure, les mots de Karine le Bail (historienne qui a bossé sur l'occupation) "on n'a pas le droit de fictionnaliser des personnages comme Jean Moulin en en faisant de la glaise" "faire des films sur ces personnes-là oblige à être des artistes conscients" En citant Bertold Brecht "La musique (l'art en général) n'est pas une arche de Noé sur laquelle on peut traverser le déluge sans dommages" "On est dans une période où on ne peut pas supporter la trahison des clercs".
 
Ne soyons pas, à l'image de Gilles Lellouche, les lâches que les générations futures nous reprocherons, à juste titre, avoir été.
Opposons-nous, autant que faire se peut, à l'extrême-droite et à tous ses alliés.
Qui sont aussi les criminels climatiques et les criminels de guerre.
Engageons-nous, d'une manière ou d'une autre dans un collectif progressiste.
Ça peut simplement être bénévole dans les assos ou les évènements.
Les petites choses pour commencer, dont parlait Lucie Aubrac.
Participons à la construction d'une conscience antifasciste partout où nous allons.
Ça peut simplement être de rappeler que ce qui se passe n'est pas normal. Que l'extrême-droite, le racisme, le sexisme, l'homophobie, le validisme, le classisme... c'est caca, ça nous empoisonne, ça nous ronge.
Lions résistance et antifascisme une bonne fois pour toute.
Restons conscient.e.s et concerné.e.s.
Soyons Fier.e.s et déterminé.e.s.
LES BOURGEOIS TENTENT D'INVENTER LA RÉSISTANCE APOLITIQUE

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Si t'es pas antifa, t'es quoi ?

Publié le par Mikeulponk

Si t'es pas antifa, t'es quoi ?

Je n'ai jamais été autant en colère et en stress qu'aujourd'hui.
Cela fait environ 12 ans que je milite dans l'antifascisme.
C'est au moment du meurtre de Clément Méric en 2013 que j'ai prit conscience de la menace.
Je me suis engagé peu de temps après.
Déjà à l'époque, on s'alarmait de la montée de l'extrême-droite.
On rageait de voir des caps être franchis dans la dédiabolisation du FN; dans la montée des violences fascistes et racistes; dans les discours sécuritaires, autoritaires et xénophobes inspirés des éléments de langage des fascistes (y compris au PS); dans la malhonnêteté des médias quant à ces questions...
Mais aujourd'hui nous sommes en plein cauchemar dystopique.

Dans cet article, je profite de l'évènement survenu à Lyon (ci-après) pour traiter de plusieurs notions.
Le processus de fascisation accompli dans la bourgeoisie dont la sphère médiatique est le fer de lance.
Le renversement des valeurs et les manipulations multiples employées pour faire passer les antifascistes pour les méchant et ainsi blanchir (façon de parler) les fascistes.
Le rapport à la violence hypocrite des bourgeois mais aussi de l'ensemble de la société.
D'antifascisme et de fascisme. De l'histoire de ces deux mouvements.
De pourquoi c'est bien les fachos les méchants, qu'on ne versera pas de larme pour des nazis.
De pourquoi on va continuer la lutte encore et plus fort, malgré les trahisons systématiques du PS, si on ne veut pas rejouer la catastrophe.
Il y a plein de mots ou expressions soulignées, ce sont des liens vers des sources, des définitions, des vidéos, des sketch...
Et oui de notre côté on ne se contente pas de baver toutes les conneries qui nous passent par la tête comme des incontinent mentaux, on s'informe.

La curée

Rappel des faits :
Le 12 février 2026, à Lyon, en marge d'une conférence de la député pro-palestinienne Rima Hassan à science Po, un militant néo-fasciste est tabassé lors d'une baston avec des antifas.
Il décède des suites de ses blessures le 14, après avoir été abandonné par ses super potes et après avoir refusé d'être soigné (sans doute par fierté et peut-être par peur d'avoir affaire à la police).

L'autopsie révèlera que les coups ont été fatal et que même traité immédiatement, il n'aurait pas survécu.

Avant d'avoir pu mener la moindre enquête, les médias bourgeois sautent sur l'occasion de s'en prendre à la gauche. LFI est rendu responsable (parce que Mélenchon parle fort, c'est suffisant selon eux).
Les liens entre LFI et la jeune garde (collectif antifa lyonnais dissous auquel semblent lié certains suspects) sont pris comme une preuve de culpabilité. Le député Raphaël Arnault (fondateur de la jeune garde) et Rima Hassan sont désignés comme fautifs par principe (pourtant ni l'un ni l'autre n'ont de responsabilité dans l'affaire).
Aucune précaution n'est prise.
Ils veulent profiter de l'occasion pour se défouler sur la gauche.

Tellement peu de précautions sont prises que les chaines de télé prennent pour témoin la cheffe des fachotes Alice Cordier, venue le jour des faits pour faire de l'agit'prop' devant science po avec son collectif de merde, Némésis.
Les pseudo-journalistes ne remettent jamais en question la version peu crédible (Cordier est une menteuse compulsive maintes fois debunkée) et forcément orientée (pour qui se renseigne un minimum sur la question des violences politiques à Lyon et sur le groupuscule identitaire - c'est à dire raciste - Némésis).
La présence d'une militante fémonationaliste sur un plateau de télé ne pose pas question.
Le cordon sanitaire n'existe pas en France.
De même pour un très bon ami de la victime - dont on va reparler - qui s'est vu abondament offrir un micro.

La victime est présenté comme un jeune catho exemplaire et non violent venu protéger des femmes de la violence de l'extrême-gauche. Il serait tombé dans un guet-apens, à 3 contre 15.
Les chiens de garde parlent de "lynchage" (quelle perversion d'utiliser ce terme quand on est d'extrême-droite).
C'était l'évènement que tous les vautours de la droite (et de la fausse gauche) attendaient depuis longtemps  comme prétexte pour tenter de disqualifier leurs seuls véritables adversaires.
Ça bande à droite et c'est gênant. Il plane comme un air de nécrophilie.
Toutes les techniques de désinformations sont rodées (après des années d'abandon par les grnads médias, privés comme publics, de la déontologie journalistique au profit de la désinformation et du bullshit, on ne retrouvera l'âme de cette profession qu'après une intense session de spiritisme). Les grands médias sont bien dressés. Le tuyaux à merde peut se déverser sans la moindre vergogne pour festival du mensonge et de la mauvaise foi.


On apprendra assez vite que la situation n'est pas celle présenté par la fachote (Sans blague...) et par les commentateurs peu scrupuleux sur les médias sus-mentionnés.
Des images sortent rapidement montrant la victime au milieu d'une bande de facho équipés pour la castagne provoquer un groupe d'antifas qui revenaient de la conférence à laquelle ils n'avaient pas pu assister.
Le Guet-apens était tendu par les fachos.
Ils étaient environ le même nombre que les antifas.
La victime n'était donc pas seule et encore moins non violente.


Ce que son CV militant va confirmer.
C'est un catho converti (Pour des raisons "patriotiques et identitaires" selon une amie), au catéchisme un peu particulier : le catholicisme intégral, celui des intégristes avec messe en latin et toutes les intolérantcs inscrites au catalogue des fachos.
Ancien membre de l'action française (plus vieux groupuscule fasciste et antisémite de France), co-fondateur d'un collectif néo-fasciste (allobroges bourgoin) pote avec tous les néo-nazis du coin (des hooligans, des néo-nazis du bastion social / Lyon popuylaire / audace Lyon etc...) avec qui il faisait des stages "de cohésion" en fait des entrainements de boxe avec un active club  (club de baston néo-nazi). D'ailleurs, leurs réactions ne font pas de doute sur leurs idées de merde (antisémitisme et violence assumée).
Il a même participé au défilé néo-nazi du C9M à Paris.
L'image du gentil garçon innocent se casse magistralement la gueule.
C'était un néo-nazi en formation pour devenir un activiste violent.

On ne peut pas ignorer que s'il avait été noir ou arabe son CV serait sorti beaucoup plus tôt et à charge.
Puis c'est le CV de son ami, Vincent Claudin, qui sort.
Militant néo-nazi (Lyon populaire - groupe nationaliste révolutionnaire, néo-nazi quoi) devenu assistant parlementaire au RN (à qui les centaines de tweets racistes et pro-Hitler ont échappé, zut, encore).
Son ami et colocatire Rémy Chemin, est démasqué lui aussi. C'est un membre du bastion social condamné pour agression en réunion (il faisiat parti d'un groupe d'une vingtaine de nazis armés qui ont attaqué quatre antifascistes de la GAL à la sortie d'un concert).
Et puis, on apprend aussi que Némésis, le collectif identitaire fémonationaliste - c'est à dire plus raciste que féministe - a pour habitude de servir d'appât pour donner une excuse aux fachos pour attaquer des gauchiste sous prétexte de défendre de pauvres femmes inoffensives.
Oups! Il s'agissait d'un coup monté et la victime a été balancée pour se sacrifier pour la cause.
Il a fallu que les antifas frappent plus fort que d'habitude pour leur offrir leur martyre tant souhaité.

--> vidéo de Mathieu Burgalassi (journaliste indé spécialiste de l'extrême-droite)

Et ce n'est pas fini.
BFM révèle que les renseignements territoriaux étaient présents et filaient le groupe de fafs.
Ils les ont vus s'équiper. Ont été témoin de leur agressivité.
Dans leurs rapports, ils prétendent avoir quitté des yeux le groupe 2 minutes et comme par hasard, c'est le moment ou Deranque se fait tabasser. À aucun moment ils n'appellent de renforts pour intervenir. Ils ne portent pas non plus secour aux blessés.
On peut imaginer qu'ils pensent que c'est une baston ordinaire et que ça ne nécessite pas d'intervenir, ou alors qu'ils veulent laisser les facho faire leur sale besogne en toute impunité (comme d'hab').

La vérité commence à sortir.
La routine des violences fascistes à Lyon et la négligence des pouvoirs publics qui occasionne régulièrement des affrontements entre fascistes et antifascistes.
Mais voilà, le mal est fait.
C'est la veille des élections municipales et tous les coups sont permis, y compris les plus bas. Ils ne sont pas à ça prêt.
Que la droite se déchaine, c'est leur petit jeu habituel.
Mais le PS, comme d'habitude lorsqu'il s'agit de trahir, s'est empressé de hurler avec les loups contre LFI pour tenter de justifier une stratégie de désunion déjà bien décidée.
Glucksman et Ruffin en chœur ont aussi essayé de jeter les camarades sous le train pour tirer leur épingle du jeux. À quel prix?

Les médias corrompus et les politiques en carton se retrouvent le nez dans leur caca après avoir fait de la lèche aux nazis, leur avoir offert une tribune et même une minute de silence à l'assemblée nationale, avoir trainé dans la boue une formation politique sans raison à part la volonté politique de nuire.
Après avoir tourné le dos en un éclair à l'antifascisme.
Mais il n'y aura pas d'excuses ni de remise en question.
Le bourgeois ne fait jamais ça.
Même lorsque les tweets ouvertement nazis et violent du facho célébré à la hâte sortent.
En même temps, ils ont carrément soutenu un génocide... alors plus rien ne peut les salir d'avantage.

Bullshit job

Étant donné que celleux qui ont le devoir de garantir une information la plus proche possible de la vérité, basée sur les faits, ne le fond pas, c'est encore à nous d'insister pour défendre la réalité contre le bullshit des bourges et des fachos.

La violence est d'abord le produit de l'extrême-droite.
Elle est indissociable de son idéologie et de son projet fasciste.
Les antifascistes cherchent à se défendre de cette violence pour le bien commun.

Cet évènement est un dérapage, pas la règle.
Je vais tenter de démontrer tout ça dans la suite de cet article.

L'état est au courant du niveau de violence de l'extrême-droite puisqu'ils ont entre leurs mains un rapport datant de 2024 de l'historien Nicolas Lebourg sur les 104 individus arrêtés depuis 2017 pour des violences d'extrême-droite.
Mais ils font semblant d'ignorer ces faits car ils ne collent pas à leur narratif mensonger.
Comme lorsqu'ils ont enterré les cahiers de doléance, la consultation citoyenne sur le climat, ou le rapport racine... ils ont l'habitude d'enterrer les faits qui ne leur plaisent pas.

Les faits (bien documentés) prouvent que l'extrême-droite est responsable de la très grande majorité des meurtres à caractère politique : 90% depuis 1986 (exception faites des violences djihadistes et indépendantistes).
C'est un fait mondialement observé depuis longtemps et qui ne fait aucun doute chez les spécialistes et les gens sérieux.
Il s'agit du second danger terroriste après le djihadisme.
23 projets d'attentats déjoués, impliquant des armes de guerre et des explosifs.
Cela comprend la planification d'assassinats, d'empoisonnements, de plasticages, de meurtres de masse...
Les interpellés sont des paumés aux parcours de vie dégradés (dont des incels), mais aussi des militaires et des policiers. Ce qui explique leur facilité à se procurer du matos.

Les violences et les crimes de l'extrême-droite sont essentiellement à destination des personnes et à motivation altérophobe (rejet de tout ce qui est perçu comme différent, haine de "l'autre") racisme en tête.
Comme s'il fallait le préciser.
Tout le monde sait très bien que l'extrême-droite est violente, farouchement anti-démocratique et intolérante.
Et si certain.e.s en doutent malgré tout, les faits le confirme sans la moindre ambigüité.
S'il y en a encore pour le nier, ce sont des menteurs et des manipulateurs.

Il n'y a qu'un cas de procès pour "association de malfaiteurs terroristes" concernant "l'ultra-gauche".
L'affaire du 8 décembre entre 2020-2023.
C'est un procès clairement politique car il est vide (pas de projet, ni de cible, ni de groupe constitué) et exprime plutôt une volonté de faire un exemple avec de pauvres bouc-émissaires (à l'exception d'un profil plus motivé).
L'abjecte Darmanin brandit constamment une imaginaire menace d'extrême-gauche et cherche désespérément un cas pour soutenir ses fantasmes. Mais c'est un échec.
L'affaire rappelle celle de Tarnac qui a été un véritable fiasco, l'affaire étant basé sur des mensonges et des vices de procédure pour combler le vide de l'accusation jugée comme "fictionnelle" par les tribunaux.
Les détenus pour l'affaire du 8 décembre subissent l'acharnement et les mauvais traitements de l'institution pénitentiaire (cela rappelle la "torture blanche" expérimentée dans les années 70 sur les détenus de gauche), tel que la détention provisoire en isolement - c'est à dire seul - plus longue que la normale - plus d'un an - et sans justification valide. Une détenue a subit 26 fouilles au corps injustifiées...

Le gouvernement voit des terroristes partout à gauche, chez les écolos ou les antifascistes, alors qu'elle est totalement fictionnelle, pendant qu'elle néglige et passe sous silence le terrorisme bien réel à l'extrême-droite (prise un peu plus au sérieux par les services de renseignement).

Salubrité publique

Les fascistes militent parce qu'ils détestent : les étrangers, les femmes, les minorités en général... et celleux qui les défendent. Parce qu'ils veulent purger la nation de celles et ceux qu'ils estiment indésirables.

Les antifascistes n'existe que parce qu'il y a des fascistes.
Les antifascistes militent parce que les fascistes mettent en danger les personnes et la société.
Toustes les militant.e.s que j'ai fréquenté se sont engagé.e.s suite à la prise de conscience de la menace fasciste (souvent après une agression ou une menace électorale).
Les fascistes ont peur de ne plus pouvoir imposer leur volonté, d'être remplacés, de perdre leurs privilèges (bourgeois, masculins , raciaux...).
Les antifascistes ont peur des violences et des politiques que les fascistes veulent mener pour éliminer leurs ennemis.
Les antifascistes se défendent et défendent une idée humaniste de la société. C'est bien légitime.
Les antifascistes ne sont pas le poison mais l'antidote.


Nous sommes humanistes.
Nous sommes pour la liberté, l'égalité, la fraternité, la solidarité, la justice et la paix.
Nous sommes donc contre les mouvements autoritaires et antisociaux.
Nous sommes donc contre les conservateurs, les réactionnaires et les fascistes.
Lorsque l'arc néo-fasciste se construit en fusionnant les forces de droite et d'extrême-droite pour faire barrage au progrès social, nous devons contre-attaquer en revendiquant notre antifascisme.
Radicalement.

C'est le moment ou jamais d'être Antifa.
D'en être fier.
D'être déterminé et inflexible.


La fin justifie-t-elle les moyens?
La question est lourde. Dans le pire des cas, nous parlons de vie ou de mort.
Mais qui seront les victimes ou les agresseurs ?
Le temps de se poser la question, l'adversaire ne recule devant rien.
En tout cas, ne laissons jamais les salops nous faire douter, par le mensonge et la désinformation, du bien fondé de notre lutte émancipatrice.

Ça sent le gaslight

Les antifascistes alertent dans le vide depuis longtemps.
Ce qui est arrivé n'est pas la faute des antifascistes mais bien le résultat de la négligence des pouvoirs publics et de l'ensemble de la société qui ne prend pas la menace de l'extrême-droite au sérieux.

Les violences des nazillons sont volontairement ignorées voir soutenues par le gouvernement et ses institutions (en particulier dans la police).

La violence à laquelle certain.e.s antifascistes ont recours est une forme d'autodéfense populaire pour combler le vide laissé par le laxisme et/ou la complicité de l'état.
Cela dit, on ne devrait pas avoir à compter sur l'état.
Pourtant, depuis cet évènement, on entend certains partis demander plus de police ! (PS, les verts mais aussi LFI - elle est belle "l'extrême-gauche")
Quelle bande de teubés... à quoi pensent-ils que plus de flics va servir? C'est encore sur le mouvement social que ça va retomber.
Souvenons-nous à quoi ont servit les lois sécuritaires sensées lutter contre le djihadisme. À empêcher des manifestations et à fliquer des écolos.
Il n'y a aujourd'hui que les antifascistes qui résistent face à l'extrême-droite et tous les autres soit font l'autruche, soit se transforment en Rhinocéros (voir pièce de Ionesco).
Le discours mensonger de la droite politico-médiatique tente d'inverser la réalité en faisant passer les antifascistes pour le danger.
Cela envers et contre des faits bien établis.
C'est dégueulasse et ça pue les années 30.

Ce cinéma, qui consiste à faire semblant de ne pas savoir ou comprendre ce qu'il se passe en essayant de nous faire passer pour les méchants de l'histoire, ça me rend fou de rage.
Un pur Gaslight (forme de manipulation mentale dans laquelle l'information manipulée pour favoriser un abuseur, ou faussée dans le but de faire douter une victime de sa mémoire, de sa perception de la réalité et de sa santé mentale).
On assiste sidérés à un retournement des valeurs et des faits d'une perversion infâme. Ce qui nous plonge dans un mal-être difficile à gérer.
Ajoutez à ça une indignation sélective des plus irritantes.
Il a été rappelé à juste titre que la minute de silence pour un militant néo-fasciste à l'assemblée est d'autant plus obscène que les dizaines de victimes de l'extrême-droite n'ont pas eu de minute de silence depuis Clément Méric (2013).
Je sais très bien que ce décès n'émeu pas vraiment tous ces hypocrites, ces charognards bien content de pouvoir se servir de ce crétin comme prétexte à une campagne politique de neutralisation de leur principal adversaire.
Ils s'en soucis si bien qu'au début, le visage qui apparaissait pour rendre hommage à la victime n'était même pas son visage.

Notons bien que si c'est LFI qui est calomniée, c'est en réalité l'ensemble de la gauche qui est visée. Les débiles du PS devraient le savoir, mais je comprend que, lorsque la gauche est visée, ils ne se sentent pas concernés. Je ne les considère pas de gauche non plus.
Toute cette mascarade de la part de celleux qui viennent de se réveiller et qui se trompent entre les victimes et les agresseurs me donne envie de distribuer des mandales d'une main et des livres d'histoire de l'autre. (Tiens, comme au 7 octobre 2023)

Cela ressemble à une technique perverse bien observée dans les violence sexiste qu'on appelle DARVO (deny, attack, reverse victim agressor).
"Ce n'est pas l'extrême-droite et la droite qui sont violentes. Ce sont les antifascistes et la gauche. Nous devons donc nous défendre contre la gauche et leur faire barrage".

Tri sélectif nécrophage

Cet emballement est forcément suspect.
Il révèle de nouveau l'indignation sélective qui touche tout le monde mais en particulier la classe dominante.
Il y a un impensé bien commode pour les moralistes : la nécro-politique.
C'est la manière dont le pouvoir politique et social est utilisé pour réguler la vie et la mort.
La politique, ça revient vite à la question "qui va profiter et qui va subir", autrement dit, "qui va vivre et qui va mourir".
Les choix politiques qui sont fait, les mesures appliquées ou non, vont hiérarchiser les vies humaines.

En France, les politiques du travail vont faire que les pauvres ont dix ans d'espérance de vie en moins que les riches.
À cause des conditions de travail plus pénibles (et des accidents du travail plus fréquents), de l'accès aux soins insuffisant, à un mode de vie de moindre qualité (nourriture, chauffage, sport, pollution...).
Notre système éducatif condamne à la reproduction sociale et humilie les classes populaires pour les maintenir dans une situation de vulnérabilité tandis que les classes dominantes concervent leurs privilèges et leur pouvoir d'abuser des plus vulnérables.
Les politiques sécuritaires vont faire plus de morts et de blessés chez les jeunes racisés vivant en banlieue.
On décide d'accorder plus de budget pour armer que pour éduquer ou soigner.
Tandis que les profs n'ont pas les moyens de faire des photocopies ou les infirmières manquent de blouses, les flics ne sont jamais à cour de grenades.
La xénophobie s'accommode très bien de laisser des centaines de personnes se noyer avant d'atteindre nos frontières ou en tentant d'en rejoindre d'autres.
La culture patriarcale tue plus d'une centaine de femmes et d'enfants par ans.
Sans parler de la généralisation des agressions sexuelles et viols, sur les femmes ou les mineurs.
La négligence induite par la mentalité égoïste et compétitive du capitalisme qui pousse à la dépression et au suicide les laissés pour compte.
Toutes les discriminations et les traumatismes qui font peser un lourd fardeau psychologique sur les concernés.
Occasionnant des problèmes de santé mentale et physique qui usent.
Toutes ces violences systémiques abîment nos esprits et nous font sombrer dans l'addiction.
Le malheur est tel qu'il peut mener au désespoir au point que certain.e.s finissent par mettre fin à leurs jours.
On pourrait continuer cette liste encore un moment...

Et les macronistes, particulièrement insensibles à ces souffrances, donc décidés à ne rien changer voir à intensifier la pression et la brutalité du système, offrent la possibilité d'en finir légalement.
Autrement dit, réfractaire à rendre possible des vies dignes, il propose de mourir.

Tu ne veux pas mettre fin à tes jours toi-même, on va t'y aider et bon débarras.
Lorsqu'on en arrive à une politique aux relents eugéniste qui épuise et pousse les gens au désespoir, puis qui se débarrasse des plus fragiles, le point Godwin n'est pas galvaudé.
Ajoutez-y un délire nataliste digne de Pétain (son idole) inspiré par la peur de la théorie complotiste du "grand remplacement" (en gros, il faut que les blanc fassent des enfants pour contrer l'immigration) et vous avez un combo vie dignes d'intéret / vies négligeables exemplaire de la nécropolitique fasciste.
Macron est un nazi mental en costard ethno-nationaliste adepte du darwinisme social et de l'eugénisme.

Pareil pour l'international.
Avez-vous entendu parler de la loi du mort kilométrique ou du mort mélanine ? (la loi de proximité + petit sketch)
Cela décrit le fait que notre empathie est réduite en fonction de la distance à laquelle on se trouve, soit géographiquement soit racialement (ou autre), des misère dans le monde - et dont nous sommes pourtant souvent considérablement responsables.
Notamment par l'exploitation des pays maintenus dans la misère et la dépendance (néo-colonialisme) où l'on accepte que des gens meurent (y compris des enfants, comme dans les mines au Congo) pour extraire des ressources qui serviront à la production des babioles que nous consommons pour notre confort égoïste.
Les guerres et conflits civils entretenues par l'impérialisme afin de garantir le contrôle de ces matières premières ou des "ressources humaines" corvéables.
Sans oublier le déni de l'urgence climatique et écologique, qui sous-entend qu'on sacrifie consciemment des populations, aux vies considérées comme dérisoires, pour ne pas avoir à changer notre mode vie.
Notre soutien à des belligérants européens blancs, inversement proportionnelle à notre complaisance aux massacres d'arabes, ou notre totale désintérêt des conflits en Afrique, en sont l'illustration.
Un président qui ferme les yeux sur un attentat ayant coûté la vie à des ressortissant de sa propre nation pour pouvoir financer sa campagne (Sarko, on t'oublie pas salopard de merde!).
La vente d'armes à des dictatures ou des états génocidaires...
D'autant plus que nos dirigeants se tamponnent du droit internationale.
En même temps qu'ils saccagent toute politique diplomatique apaisante, ils jouent aux gros bras en tentant d'attiser le militarisme et le patriotisme (discours beliqueux type "nous sommes en guerre" ou "accepter de perdre ses enfants", complaisance avec la guerre, provocations diplomatiques et néo-colonialistes, service militaire, budget de l'armée, réarmement, vente d'armes sans scrupules, natalisme...) qui n'ont jamais mené à autre chose qu'à l'escalade des agressions et des catastrophes.
On voudrait nous embarquer dans une troisième guerre mondiale qu'on s'y prendrait pas autrement.

On pourrait multiplier les exemples.
Mais ces gens en costard et tailleur qui coûtent plusieurs smics prétendent, en soutenant ce genre de politiques, être contre la violence.
Comment avons-nous pu nous retrouvé coincé avec cette bande de fumiers?
Comme si l'histoire ne nous avait rien apprit.
Valons-nous mieux qu'eux?

Cécité volontaire de confort

Personne n'est véritablement contre la violence.
Tout le monde opère un tri entre les violences acceptables, légitimes, et celles condamnables ou insupportables.
Selon ses propres critères subjectifs voir arbitraires ou pire, intéressés.

Prenons l'exemple de personnes qui prétendent ne pas exercer de violence (Comme si cela suffisait à se revendiquer non-violent) et être contre toute violence (car "la démocratie c'est le dialogue pas la violence").
Nombre de ces Gandhis du dimanche acceptent pourtant que beaucoup de violence soit commise en leur nom.
La plupart ont le luxe de se revendiquer pacifistes car ils ont délégué l'exercice de la violence à autrui.

Peut-être ont-ils la chance de vivre sans avoir à en subir ou sans avoir à la regarder en face.
Ce sont les mêmes qui souvent se réjouissent qu'on réduise au silence une manifestation par des coups de matraque et des pluies de grenades.
Les mêmes qui sont rassurés que la BAC patrouille dans les citées, malgré qu'ils sachent que les robocops insultent, humilient, harcèlent, tabassent, blessent, violent, mutilent et tuent... majoritairement des jeunes, parfois mineurs, à longueur de temps depuis des années.
Cela dans l'indifférence coupable de celleux qui ont bien le sentiment d'en profiter quelque part.
Les mêmes qui accueillent avec enthousiasme les guerres américaines qui saccagent le Moyen-Orient soi-disant pour installer les droits de l'homme et la démocratie (l'universalisme républicain militarisé?).
Comme si iels n'étaient pas cognitivement capables de comprendre la contradiction qui réside dans le fait d'imposer la démocratie avec des blindés et les droits de l'homme avec des massacres.

Après tout, ce sont les mêmes qui insistent sur les prétendus apports français dans les colonies (tels que les enfumages, les villages brûlés, les "corvées de bois", la torture, les bagnes, le travail forcé, le vol, l'esclavagisme, les viols, les déportations, les empoisonnements...) et cela pas plus tard que ces dernières années en Kanaky.

S'ils étaient vraiment contre la violence, ils commenceraient par calmer les fachos qui agressent à tout va, en particulier ceux qui portent l'uniforme et qui détruise le contrat social (si tant est que ce concept soit valide) pour mieux servir le contrat racial.
Ils commenceraient par s'attaquer à la cause de toute violence, les inégalités sociales et l'injustice.
Reprocher à l'opprimé de se révolter, c'est consentir à son oppression. Être neutre, c'est être du côté du plus fort.
Mais lorsque la question se pose, ils l'esquivent en supposant que si la violence s'abat sur un individu qui ne lui est pas "semblable", c'est qu'iel "l'aurait bien cherché".

Penser la violence implique de ne pas se contenter de la condamner moralement comme un glandu.
Une fois qu'on a dit que la violence c'est mal, on a peut être notre chance dans un concours de beauté ou une tape dans le dos de la part du PS, mais on a rien dit de valable. Il vaudrait mieux se confronter au réel.

La violence est omniprésente.
Physique, symbolique, psychique...
Et nous en exerçons toustes dans des formes et proportions relatives.

Relatives au contexte social, matériel qui la produit.
D'autant plus si on se rend aveugle et sourd aux violences dont on peut être les générateurs ou les complices.
Par exemple, les discriminations dont nous profitons lorsque l'on fait parti des groupes sociaux dominants (privilège blanc pour n'en citer qu'un) ou les violences éducatives qui restent la norme dans l'éducation traditionnelle française (violences éducatives ordinaires et domination adulte).
Il serait temps de réaliser que nous baignons dans une société violente, perverse, qui nous empêche même de nommer la violence et donc de la reconnaitre.
Il va falloir être plus conséquent sur la question.
Sortir du moralisme et passer à l'échelle politique.
La seule potentiellement sérieuse, intelligente et décente.

Légitime défonce

Revenons en à notre sujet.
Maintenant que nous avons vu qu'il y a de la violence et qu'elle a des raisons politiques et sociales.
Qui la génère et comment y répondre ?


Même si le fasciste de 23 ans est effectivement une victime - puisqu'il est mort - son groupe de fachos et l'extrême-droite sont les agresseurs, et donc les responsables de la situation.
Les fascistes mènent l'offensive et les antifascistes tentent de s'y opposer.
Lorsque la violence est frontale et que les pouvoirs publics ne la font pas cesser, les antifascistes peuvent faire le choix d'y opposer une force inverse.

L'autodéfense populaire.
Lorsque les antifas blessent les fascistes, ce sont les victimes qui ont repoussé les agresseurs.
Comme dans l'histoire de cette femme à Toulouse qui a renversé avec sa voiture l'homme qui venait de la violer. C'est bien l'homme qui a été arrêté et condamné. La plainte contre la femme a été classée sans suite.
Le point commun, c'est le principe de légitime défense.

Seulement, les coups de pied dans la tête d'un type à Terre, ça n'en est plus.
Les camarades ont clairement abusé et ont mit l'ensemble de notre camp dans la sauce.
Pourtant, faire peser le discrédit sur toute la gauche et tous les antifascistes est malhonnête et malveillant car, contrairement aux fascistes, la violence ne se confond pas avec notre projet politique.

Alors qu'est-ce que l'antifascisme ?

Voilà la définition d'antifascisme :
1) Antifasciste est un adjectif qui signifie : être contre le fascisme.
C'est on ne peut plus simple.
Tout le monde sait, sans savoir précisément ce qu'est le fascisme, que c'est de la merde et qu'il est normal d'être contre.

2) Par extension, l'antfascisme défini un mouvement de lutte contre l'extrême-droite.
Contre ses idées, les mouvements qui en font la promotion, les régimes qui les exercent.
Il ne s'agit pas d'une idéologie mais d'un mouvement de réaction défensif très hétérogène qui puise autant dans des tendances réformistes (barrage républicain) que dans des mouvements révolutionnaires (libertaires).
Sont histoire est liée à celle du fascisme et donc à la résistance et à toutes les formes de lutte contre les systèmes oppressifs, liberticides, autoritaires, réactionnaires... qui sont à l'œuvre depuis.


Être antifasciste peut autant désigner une personne simplement opposée aux idées de l'extrême-droite et au projet fasciste qu'elle porte, qu'un.e militant.e du mouvement antifasciste.
MAIS À AUCUN MOMENT CELA NE PEUT DÉSIGNER UN FASCISTE.
C'est un contre-sens.
Celleux qui essayent, par des contorsions acrobatiques et perverses d'essayer d'inverser le sens de ce mot sont aussi cons et malveillants que quelqu'un qui voudrait vous faire croire que l'antirouille fait rouiller ou que l'antigel fait geler ou que l'antidérapant fait déraper... bref.

C'est très con.

L'antifascisme n'existe que parce que les fascistes foutent la merde.
La réciproque n'existe pas.
La violence antifasciste n'existe que parce qu'il faut bien s'opposer à celle des fachos qui l'exercent en premier lieu.

Série france culture en 4 épisodes :
"Tutti antifascisti", naissance de l'antifascisme
"No pasarán", guerre d'Espagne et solidarité antifasciste internationale
L'Allemagne de l'Est, l'antifascisme et la guerre froide
Redskins et punks, des bandes(-sons) antifascistes

Alors qu'est-ce que le fascisme ?

Le fascisme est à la base un mouvement politique nationaliste, réactionnaire et violent mené par Mussolini dans les années 1920 en Italie, puis le régime autoritaire et anti-démocratique qu'il dirige jusqu'à sa mise à mort (cheh!) à la fin de la seconde guerre mondiale.
Ce mouvement a inspiré toute l'extrême-droite mondiale et engendré diverses expressions relatives à leurs contextes nationaux (nazisme, franquisme, pétainisme...).
Il aura fallu une guerre mondiale pour se débarrasser de la peste brune.


Après la seconde guerre mondiale, le fascisme désigne 3 choses :
les régimes, mouvement ou processus qui portent son équivalent idéologique contemporain.
C'est à dire inspiré de l'idéologie d'extrême-droite qui est par nature nationaliste, autoritaire, anti-démocratique, réactionnaire et identitaire (raciste et intolérante).

Certains historiens voudraient se limiter à une définition circonscrite dans le temps et l'espace (qui arrange nos fascistes modernes pour se dédouaner du qualificatif encore offensant) tandis que les mouvements plus politiques s'intéressent à son essence et donc à ses expressions actuelles qui peuvent prendre des visages variés et inédits. Il n'y a jamais eu de doctrine précise, ça a toujours été à la carte.
Il ne s'agit pas d'attendre que l'extrême-droite reproduise à l'identique le fascisme mussolinien, qui a ses spécificités relatives à l'Italie d'entre deux guerres, mais d'identifier les héritiers qui s'inscrivent dans sa continuité en portant un projet similaire de révolution nationale réactionnaire selon les circonstances dictées par l'espace temps de la société qu'elle veut purger.
Tous les partis d'extrême-droite ont pour projet la mise en place d'une forme de fascisme.
Ils sont en étroite collaboration avec tout un écosystème de partis et groupuscules plus ou moins extrémistes.
Et lors du processus de fascisation, peuvent obtenir l'aide de formations qui ne s'estiment pas d'extrême-droite mais ont intérêt à faire cause commune pour combattre les poussées progressistes de la gauche.

Le projet fasciste de l'extrême-droite est fondé sur le refus de l'humanisme et de ses avancées politiques et sociales depuis la révolution française.
C'est le camp des partisans d'une domination stricte, politiquement et moralement, sur la nation.
Et pour cela, ils veulent mettre au pas l'ensemble de la société et des institutions.
De gré ou de force.
La force est le principe sur lequel repose la vision du pouvoir de la droite.
La violence est pour eux le moyen de prouver sa force, de légitimer la hiérarchie, d'imposer la décision, de faire la démonstration de sa virilité...

On ne le répétera jamais assez, la violence est consubstantielle de l'extrême-droite.
Il n'existe pas d'extrême-droite non-violente.

"Le fascisme c'est la gangrène, on l'élimine ou on en crève".

Dans les années 20, très tôt, les fascistes constituent des milices (principalement anti-communistes) pour agresser leurs opposants, casser les grèves et les manifestations. Ils se mettent au service des capitalistes pour faire leur sale boulot. Dès le début, ces gros bras ont pour objectif d'imposer leur volonté par la force et de faire régner la terreur chez leurs opposants et les groupes sociaux qu'ils jugent indésirables.
Les syndicats et groupes politiques ont donc dû se doter à leur tour de services d'ordre et de sections antifascistes (telles les arditis del populo) pour protéger les personnes, les lieux et les évènements des attaques violentes systématiques des milices fascistes.

En France, en 1934, les fascistes ont tenté un coup de force (inspiré par la marche sur Rome en 1922 en Italie et l'accession au pouvoir des nazis en 1933 en Allemagne) pour faire céder ou renverser le gouvernement.
C'est une grande mobilisation populaire qui a permis de faire reculer les ligues et mené peu de temps après à la victoire du front populaire en 1936.

Lorsque le fascisme gagne du pouvoir (en général parce que le pouvoir en place, qui a peur du communisme et du progrès social, laisse faire ou encourage les fascistes), les bastons se transforment en assassinats et en attentats. La terreur s'intensifie. Les opposants doivent alors songer à se protéger d'avantage voir à passer à la clandestinité.

Lorsque les fachos ont prit le pouvoir, anéanti toute opposition et mit au pas la société, c'est la guerre (conventionnelle et/ou civile) qui ne tarde pas à suivre. Les antifascistes doivent alors entrer en résistance.
Le fascisme a mené à la pire guerre de l'histoire et au pire crime qui soit, le crime contre l'humanité. C'est une conséquence logique de leur idéologie anti-humaniste et dominatrice.

Après guerre, le monde se reconstruit avec un consensus antifasciste.
C'est la base du CNR (conseil national de la résistance), de leur programme (Les jours heureux) et des républiques modernes.
Plus jamais ça, qu'on disait.

L'extrême-droite est diabolisée et l'antifascisme est alors entré en vigilance.
En effet, "le ventre est encore fécond d'où a surgit la bête immonde" (La résistible ascension d'Arturo Ui - Berthold Brecht).
La dénazification et la dépétainisation n'ont pas été accomplies, car les leaders occidentaux (après avoir condamné quelques hauts responsables à Nuremberg) ont préféré passer l'éponge afin de mener la guerre suivante, la guerre froide (entre capitalisme et communisme, entre indépendantistes et empires coloniaux).
Les capitalistes pensaient à l'époque : "rien de tel qu'un fasciste pour combattre un communiste" (réseau gladio).
L'Amérique de Trump (qui coche 13 cases sur 14 dans l'échelle d'Umberto Eco) pense toujours comme ça et nos bourgeois aussi.

L'ombre du fascisme planait encore dans les recoins et c'est après la guerre d'Algérie que le mouvement tente de se raviver avec la création du FN (1972) par des anciens nazis, des anciens collabos, des néo-fascistes, des membres de l'OAS, des tortionnaires nostalgiques de la colonisation... bref un pot-(bien)-pourri de toutes les crevures que comptait la France de l'époque.

C'est aussi à ce moment, en réponse à la résurgences des idéologies les plus rances, que le mouvement antifasciste renait.
Les années 60 ont vu sévir le groupe terroriste le plus meurtrier de notre histoire, l'OAS, d'extrême-droite (plus de 2000 morts).
Les années 70 voient les violences politiques augmenter.
Il y a les affrontements entre le mouvement social (étudiants et syndicats) et les groupuscules fascistes.
Les attentats aveugles d'extrême-droite et les assassinats, qui visent essentiellement les personnes et en particulier les personnes racisées sont très nombreux (ratonades , attentats et assassinats des commandos delta).
C'est la périodes des années de plomb où les groupes de lutte armée sont courants et la gauche aussi a ses cellules actives (Action Directe en France, la RAF en Allemagne et les BR en Italie pour ne citer que les plus connues en Europe).
Pour la gauche, plus orientés sur l'attaque des biens que des personnes, les assassinats ciblés sont très impopulaires.
À tel point qu'on retiendra plus les quelques victimes politiques de l'extrême-gauche que les nombreuses victimes aveugles de l'extrême-droite, parfois commises avec la complicité des services de renseignements dans une stratégie de la tension à des fins anticommunistes (tel que l'attentat de la Piazza Fontana).

Suite à ces expériences au bilan politique et moral catastrophique, la gauche renonce à la violence armée et rechigne à y avoir recours.
Les partis politiques aux deux pôles de l'échiquier adoptent des stratégies électoralistes et moins révolutionnaires.

Dans les années 80-90, les attentats racistes et antisémites de l'extrême-droite ne cessent pas.
L'antifascisme doit faire face à la multiplication des agressions de l'extrême-droite dans les rues. Surtout de la part de bandes de "boneheads" (skinheads d'extrême-droite).
C'est encore une fois en réponse que les "chasseurs de skins" verront le jour. Avec un certain succès dans la rue mais moins dans l'opinion publique car ils posent une image viriliste et agressive du militantisme urbain (qui nous colle encore à la peau).
En parallèle, la majorité des militants antifascistes sont investis dans des collectifs politique plus populaires (Ras l'front, le SCLAP...).
La violence n'est jamais la méthode principale des antifas, alors que la violence fasciste accompagne systématiquement la montée de l'extrême-droite.
Lorsqu'il n'y a pas d'antifascistes, les fachos n'ont plus d'entrave pour s'attaquer aux minorités et aux militant.e.s de gauche.
Lorsqu'il n'y a plus de violence fasciste, les antifas font autre chose. Iels s'investissent dans toutes les luttes humanistes et anti-autoritaires ou font de l'information et de la pédagogie.


Après 2001 et les attentats du 11 septembre, la réponse occidentale, au lieux de refuser l'escalade de la violence, se vautre dans l'islamophobie et poursuit son harcèlement des banlieues et des classes populaires.
Signe de la montée de idées réactionnaires (et de l'indigence de la gauche), la présence de J.M. Lepen au deuxième tour de l'élection présidentielle en 2002 (mon premier souvenir politique marquant).
C'est un choc pour une société encore consciente de la nature de ce mouvement.
Des manifestations gigantesques expriment le rejet encore largement consensuel du fascisme.
Mais le sentiment réactionnaire autoritaire n'est pas passé inaperçue et certains vont tenter d'en tirer des bénéfices politiques.
Sarkozy se fait le champion de la droite décomplexée qui chasse ouvertement sur les terres de l'extrême-droite en lui empruntant son outrance sécuritaire, xénophobes, raciste...
Le cordon sanitaire se fragilise et le FN monte dans les sondages.
C'est un jeu dangereux qui ne va pas marcher longtemps car beaucoup de réac' risquent de préférer l'original à la copie.

Les années 2010 sont traversées par les crises successives du capitalisme (qui peine de plus en plus à résoudre les problèmes qu'il cause). La concurrence internationale est de plus en plus rude dans un marché mondialisé de moins en moins régulé. Le mécontentement progresse proportionnellement aux inégalités qui se creusent. La gauche ayant failli à son devoir de défense des classes populaires, le chemin est tout tracé pour l'extrême-droite qui cherche à récupérer le ressentiment général.
En particulier contre un système politique bouclé (UMPS) qui n'offre plus aucune perspective tant l'alternance ne semble pas changer grand chose. Que e soit l'UMP ou le PS, on se retrouve avec des politiques de droite (n'est-ce pas Hollande?).
La stratégie de dédiabolisation portée par le fille du patron des fachos, lorsqu'elle reprend les rênes du parti en 2011, porte ses fruits. En 2017, elle atteindra le second tour des élections présidentielles.
Même si les enquêtes journalistiques et les scandales récurrents montrent que le parti ne coupe jamais ses liens avec les plus extrémistes (GUD connection par exemple) qui continuent à faire les basses besognes.

Dans les grandes villes, les groupes néo-nazis et identitaires sont portés par l'ambiance xénophobe qui parcoure la plus grande partie du champ politique (du FN au PS) qui exploite autant que possible la prétendue "crise migratoire" ou le "sentiment d'insécurité", souvent mis en relation pour accomplir le pacte racial contre la lutte des classes.

Les groupes antifascistes sont sur tous les fronts et les groupes sont très variés.
REFLEXes, La Horde, VISA, la CONEX...et multitude de groupes locaux.
Surveiller et documenter l
es activités et travaux idéologiques fascistes.
Empêcher qu'on oubli la véritable nature du RN et dénoncer les compromissions.
Continuer de lutter contre toute forme de discriminations et d'oppressions au niveau nationale comme internationale... Luttes antiracistes, féministes, LGBT, altermondialiste, anticapitaliste, anti-colonialiste...
L'antifascisme ne se vit plus forcément dans un collectif identifié comme tel mais souvent en faisant de l'antifascisme dans les luttes.
Mais l'image des groupes radicaux pèse sur l'engagement du grand public.


Depuis 2017, Macron est le candidat qui fait tout ce qui est possible pour éviter à la gauche de gouverner.
Quitte à faire monter le RN pour forcer les électeur.ice.s au barrage républicain de plus en plus fragile (ça a marché en 2017, ça a été très juste en 2022).
Quitte à faire alliance objectivement avec l'extrême-droite, comme les arrangements pour l'élection des vice-présidences ou pour ne pas faire le barrage républicain aux élections législative de 2024.
Quitte à ne pas reconnaitre le résultat des élections législatives anticipées ("grenade dégoupillée"), qu'il a lui-même déclenchées en pensant que le RN arriverait deuxième après lui, mais remportés de peu par l'alliance de gauche (NFP) monté dans la hâte de façon surprenante.
L'assemblée se rempli de députés d'extrême-droite malgré tout, formant ainsi 3 blocs (gauche, droite-extrême, extrême-droite).

La stratégie étant de faire entrer les fachos dans "l'arc républicain" tout en excluant la gauche radicale de celui-ci afin d'inverser le barrage républicain.
C'est dans ce contexte que l'on peut comprendre la négligence de l'état envers la montée du fascisme et de sa violence politique, ainsi que son offensive perverse de disqualification de l'opposition de gauche radicale incarnée par LFI.
Les irresponsables sont de retour et copulent de nouveau avec la bête.

Toujours la même chanson dégueulasse de la bourgeoisie en panique :
Plutôt Hitler que Blum, plutôt Lepen que Mélenchon, car il n'y a rien de mieux qu'un fasciste pour lutter contre un gauchiste.
Même le racisme congénital régulièrement mit en lumière par la presse spécialisée (comme street press) et les affaires de corruption (notamment les affaires d'escroquerie ou le détournement de fonds publics européens) prouvent que le RN est toujours un parti d'extrême-droite classique.
Le pacte avec le diable est déjà scellé.
La société et ses mœurs progressent. Mais les "élites", défaillantes et aux aboient, refusent de céder du terrain. Le backlash est violent.
D'autant plus que le mouvement réactionnaire est international et porté par de richissimes acteurs médiatiques (Bolloré et Arnault en France, Trump et Musk aux USA, pour ne citer qu'eux). On parle d'arc néo-fasciste et d'internationale néo-fasciste.
L'étau se resserre et ce n'est pas un hasard si lorsque les fachos progressent le monde est de plus en plus injuste, invivable et violent.

Trigger warning

Le déclencheur de l'entrée dans le militantisme antifasciste est une réaction à la violence des fachos ou à la menace de celle-ci.
Les antifasciste sont avant tout opposés à la violence.

Les antifascistes défendent des modèles de société qui refusent la loi du plus fort.
C'est pourquoi la violence est le plus souvent exclue.
Croire le contraire, c'est bien mal connaitre ces milieux. Je parle d'expérience.

Seulement, comment lutter contre un adversaire violent par essence sans y recourir soi-même ?
Peut-on combattre un ennemi avec ses propres armes ?
C'est un grand dilemme éthique qui a souvent conduit à retarder la contre-attaque antifasciste.
Il faut que la violence fasciste soit déjà bien développée, qu'elle soit devenue évidente et incontournable (donc ayant fait des victimes) pour que les antifascistes se résignent à accepter d'inclure des formes d'autodéfense dans leurs pratiques.
Et cela demande encore qu'il y ait des gens capables de telles actions.
D'où l'aspect validiste de cette tendance qui relève une critique stratégique très concrète.

Ce sont les fachos qui fixent le niveau des violences.
Les collectifs et organisations militantes ne se dotent pas de services d'ordre par plaisir de défiler au pas de l'oie (comme la manif nazie parisienne du comité du 9 mai) mais bien parce qu'il faut se protéger contre d'éventuelles assauts fascistes.
Il s'agit bien de légitime défense.

Il est clairement établi que la majorité des violences aux personnes est le fait de l'extrême-droite et que la gauche vise plutôt les biens matériels (d'où la blague "condoléance aux familles des vitrines").
Tenter d'établir une équivalence entre la violence de l'extrême-gauche et celle de l'extrême-droite est au moins paresseux, au pire malhonnête.
C'est une manipulation fasciste.

C'est grave que tant de nos leader d'opinion tombent dedans.
Cela revient à minimiser la violence de l'extrême-droite.
Et c'est grave.

Le refus d'accepter toute forme de violence alors qu'elle s'exerce sous nos yeux pose un autre problème.
Celui de la non-assistance à personne en danger.

à Lyon, cela fait 20 ans que les antifascistes alertent sur les agressions de l'extrême-droite.
Attaques de personnes racisées, supposées LGBT+, féministes, de gauche, musulmanes, juives, syndicalistes... parfois au couteau.
Des années à alerter sans réponse, à subir la violence dans les rues, les facs, les manifs et les lieux de regroupement.
Parfois jusqu'au meurtre (meurtre d'Ismaël, à Lyon le 26 janvier, soit quelques jour avant l'affaire qui déclenche cet article).
Cela a même été l'objet d'un documentaire d'Al Jazeera nommé "génération haine" (2018 - partie 1, partie 2) dans lequel on entend les fachos tellement décomplexés qu'ils assument avoir des désirs de meurtres et d'attentats.
Mais les autorités ne voient pas d'inconvénient à laisser ces gens monter leurs bars et leurs salles de boxe dans un quartier qu'ils terrorisent au point qu'on en vient à surnommer Lyon la "capitale de l'extrême-droite".
Quelques groupuscules sont parfois dissous, pour mieux se reformés.
L'état en fait une aubaine pour dissoudre par la même occasion des groupes antifasciste qui n'existent que pour se défendre des premiers, toujours plus nombreux, organisés, décomplexés et violents.
La non-violence est-elle efficace face à la violence déchainée ?

Malgré cela, il n'y avait pas eu de morts à imputer à l'extrême-gauche depuis les attentats d'action directe dans les années 80.
Presque 40 ans sans victimes (c'est même plutôt étonnant que ça ne soit pas arrivé plus tôt). Les fachos ont fait plus de cinquante victimes pendant cette période, dont une dizaine depuis 2022.
Sans compter tous les meurtres racistes qui ne sont pas toujours reconnus comme tels par la justice, ou les crimes de la police largement influencée par les idées d'extrême-droite, ou encore les féminicides très inspirés par la vague masculiniste...
En effet, la justice minimise souvent la cause idéologique dans les violences d'extrême-droite préférant des explications individuelles ou psychiatriques.
On entend systématiquement que ce n'est pas un féminicide masculiniste, mais un "crime passionnel". Ce n'est pas un meurtre raciste, c'est une "querelle de voisinage qui a mal tourné", ce n'est pas un attentat fasciste, c'est "l'acte fou d'un déséquilibré"...
Et pourtant, la bourgeoisie tente de faire passer au forceps cette tragédie de Lyon pour la preuve d'une violence généralisable à tout le mouvement antifasciste.
Malgré les preuves du contraire.

P.iège et S.abotage

Cette mort est une exception.
Un dérapage malheureux qui n'a que des inconvénients pour notre camp.

Sans nier la tristesse des proches bien légitime, on ne va pas verser une larme pour un nazi, encore moins faire une minute de silence.
Mais on peut déplorer une mort si inutile, indéfendable et contreproductive.
Surtout à un moment où tous nos ennemis n'attendent que ça pour nous compliquer la vie et que nous sommes entourés de traitres plus impatients que jamais de tout faire foirer à nouveau.

Cet évènement est une occasion pour la droite de faire un pas supplémentaire vers la radicalisation de notre espace médiatique et politique à la veille des élections municipales.
La stratégie du choc, comme d'hab'.
Ils essayent de tracer une ligne dans le sable.
Vous êtes avec eux ou contre eux.
Et c'est vrai!
Le fascisme ne laisse aucune nuance.
Et si vous choisissez mal votre camp, le barrage cèdera.
C'est surement l'une des dernières étapes avant la mise en place des fascistes.

Les macronistes et le PS ont choisi la honte de l'alliance anti-LFI avec les réactionnaires tandis que les verts hésitent (pour des petits calculs de parti sur le lit de leur inconsistance idéologique et stratégique).
Il est indispensable d'acter que s'il y a de la désunion à gauche, ce n'est pas de la faute exclusive de LFI, mais avant tout parce qu'il y a à gauche des alliés lâches et stupides qui font défaut à chaque fois.
On ne peut jamais compter sur le PS et les personnalités qui lui sont proches (ils trahissent systématiquement depuis 1914, on devrait le savoir).
Notre dos est recouvert de plaies encore béantes de leurs dernier coups de couteau. Notamment en ayant sauvé le gouvernement conservateur-autoritaire de Macron.
Les trahisons successives des sauce-dem' ont provoqué le désinvestissement des classes populaires et pire, les a repoussées vers l'extrême-droite (en particulier en province). C'est ce qui arrive quand on abandonne la lutte des classes. Les fachos y substituent la lutte des races.
Il faut résister à ces manigances de basse politique en raffermissant nos valeurs et nos idéaux.
En défendant des perspectives politiques courageuses et émancipatrices collectives.

L'impasse de la violence meurtrière (hors conflit armé) a été bien comprise depuis l'expérience râtée d'Action Directe.
Même si je comprend ce moment de défoulement de rage suite à une énième agression des fafs dans un climat de gaslight fasciste qui nous rend dingues.
Les camarades ont déconné et ont négligé les conséquences pour l'ensemble du mouvement progressiste.
Ça ne remet aucunement en question la validité et l'importance de l'antifascisme.

Ni le bien fondé de l'autodéfense populaire.
Il faut être ferme et solide à ce sujet.

Lorsque les fascistes attaquent, il faut les repousser par tous les moyens nécessaires.
Toute la subtilité de cette phrase repose sur le mot "nécessaire".
Ce petit facho méritait sans doute une bonne raclée (puisqu'il était là pour ça), mais peut-être pas de mourir.
N'oublions pas que stratégiquement, sur la voie des armes, nous ne sommes pas avantagés si l'on considère où elles se trouvent ainsi que le savoir-faire en la matière.
En plus d'un véritable apétit pour la violence, les fascistes bénéficient de la complicité des institutions violentes et de l'indulgence des pouvoirs de droite, ce qui a toujours fait peser la balance en leur faveur.
Nous n'avons pas le luxe que la bourgeoisie ignore nos violences comme elle ferme les yeux sur celles de l'extrême-droite. On parle même d'amnésie collective en contraste de la mémoire entretenue sur les attentats djihadistes.
Prenons cet évènement comme une occasion de nous rappeler qu'il faut éviter de jouer avec le feu.

Tant va la cruche à l'eau croupie qu'à la fin elle se casse

En attendant, tant qu'il y aura de la violence de la part des fascistes, il y aura des gens pour s'y opposer par tous les moyens nécessaires.
Il y aura peut-être encore des victimes dans les rangs de l'extrême-droite malgré nos efforts pour éviter le pire. Il y aura toujours considérablement moins de victimes causées par la gauche que par la droite.
En tant que bon français, héritier des révolutionnaires, de la commune et des résistants, je continue de penser qu'un bon fasciste est un fasciste mort. Mais très peu de gens pensent comme ça à gauche ou dans le mouvement antifa.
Si l'on pouvait se contenter de collectivement les rendre morts de trouille, pour qu'ils ferment leurs gueules pleines de haine et cessent d'emmerder le monde, d'étouffer notre avenir, je préfèrerais ça à la guerre civile.

Sauf qu'eux, ils ne souhaite que ça.
À les laisser faire, c'est ce qu'on récoltera.

La stratégie accélérationiste ou de la tension est mise en relation avec le survivalisme d'extrême-droite. Ils ont le fantasme d'accélérer le déclenchement d'une guerre civile raciale par peur de la théorie complotiste du grand remplacement.

Quelques exemples récents :
En 2018, un groupuscule nommé "action des forces opérationnelles", composé notament d'anciens militaires, est arrêté pour préparatifs d'attentats multiples.
En 2021, Rémy Daillet, un ultra complotiste, ancien combattant en croatie, membre d'un groupuscule néo-nazi "honneur et nation" (comprenant de nombreux militaires et policiers) appelait à un coup d'état et pratiquait des enlèvements, est arrêté pour association de malfaiteur terroriste criminel, avec plusieurs complices.
En 2024 Jamel Bendjaballah est assassiné. Son meurtrier est un survivaliste d'extrême-droite membre du groupuscule "brigade française patriote", qui organise des entrainements pour se préparer au "grand remplacement".
C'est ce genre d'affaires que vous trouvez à l'extrême-droite et vous pouvez chercher longtemps avant de trouver des spécimens aussi allumés à gauche.

Le fascisme a menée à la pire guerre de l'histoire et au pire crime qui soit, le crime contre l'humanité. C'est une conséquence logique de leur idéologie anti-humaniste et dominatrice.
Les même causes produiront les mêmes effets.
Et là il sera trop tard pour s'en prendre aux antifascistes.

La question n'est pas : "comment en est-on arrivé à ce qu'il y ai un mort à cause de la politique?"
On le sait. Il y en a depuis longtemps, causés par l'extrême-droite et on ne ferme pas les yeux dessus, nous.
La question est : "comment en est-on arrivé à faire une minute de silence pour un fasciste à l'assemblée nationale?"

On a voulu diaboliser les antifas pour blanchir les fachos.
Mais si t'es pas antifa, t'es quoi ?

La question elle est vite répondue : un facho ou un collabo.
Si vous ne me croyez pas, demandez-vous s'il est possible de ne pas avoir d'avis sur le fascisme.
Est-il possible d'être ni pour ni contre le fascisme?
C'est ça le sens de "Siamo Tutti Antifascisti".
L'extrême-droite est une souillure.

Restons solides face aux manipulations de l'extrême-droite.
Alors, plus que jamais Antifasciste!
Par tous les moyens nécessaires.

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UN FILM DE MALADE

Publié le par Mikeulponk

PUNK ZOMBIES

Je viens de voir le film 28 ans plus tard.
Je me suis informé le moins possible pour ne pas me gâcher la séance. Je ne savais pas à quoi m'attendre et je refusais d'attendre quoi que ce soit pour ne pas prendre le risque d'être déçu (comme pour le fiasco de la série TV Walking Dead). J'avais confiance dans le duo Garland / Boyle.

À la sortie de la salle, j'étais très content.
Grosso modo, j'ai trouvé qu'il apportait une proposition de relecture des récits et schémas des film post-apo / zombie qui me parle beaucoup.
On y reconnait l'œuvre d'Alex Garland qui décidemment suit un parcours narratif proche de ce que je voudrais développer.
On y retrouve aussi la pate de Danny Boyle avec une réalisation immersive et des choix artistiques rock, créatifs et provoc' tout en restant touchant quand il faut.
J'adhère aux messages du récit et à leur façon de les tenir. J'ai bien conscience que leur méthode va heurter certain.e.s réac' et j'adore ça.
Ce n'est pas l'exhumation d'une mémo-myrtille motivée par un vulgaire appât du gain, mais bien un film né d'une volonté de raconter quelque chose de différent, s'inscrivant dans la logique d'une œuvre qui progresse dans le bon sens.
Vision artistique cohérente, idées progressistes, talent et audace... ses petits défauts sont largement compensés.


Mais en allant visionner les critiques sur youtube etc... je remarque qu'il existe un fossé de perception entre ceux et surtout celles qui ont aimé et les autres. Je retrouve encore ces réactions qui manquent de lucidité et qui tentent de faire passer leur rejet du fond par une critique prétendument éclairée de la forme. J'en ressent une sorte d'hypocrisie (probablement inconsciente) qui rend bête.
Lorsqu'on accorde autant d'importance à la forme plutôt qu'au fond, c'est qu'on a un problème avec le fond (opposition esthétique et éthique). Les pinaillages sur les détails ne sont qu'un prétexte pour esquiver le vrai nœud. Je pense que la priorité pour une œuvre narrative, c'est ce qu'elle raconte. Comment elle le raconte est crucial c'est vrai. Mais les petites incohérences et paresses scénaristiques sont d'une importance mineur par rapport au sens du récit.
Ce qui m'a donné envie d'en faire un nouvel article qui vient compléter ma chronique de la recherche du récit moderne de genre et de gauche.

En effet, j'ai déjà abondamment exposé mes questionnements sur la façon dont je voulais raconter des histoires dans des genres déjà bien balisés sans reproduire les schémas narratifs bourgeois et toxiques, plus ou moins assumés, des œuvres des années 80-2000 qui m'ont inspiré.
J'ai parlé des films de SF et des films de guerre, voilà le tour des films de zombie.
Article esthétique et éthique
Article Dune - résoudre la dissonance cinémato-narrative

Article Guerre Land

Pour une critique des trois premier films, je vous conseille Exitium film

LE FUTUR DU MONDE D'AVANT

Pour mémoire, j'ai dans mes cartons une histoire de SF post-apo space opera, écrite il y a 20 ans, dans laquelle je mélangeais mes influences préférées dans ce genre.
Mais je me suis rendu compte que les thème abordés étaient devenu ringards (voyage spatial, transhumanisme...) et que le schéma narratif était parfois bourgeois et réactionnaire. La perte d'un monde de confort et de jouissance; la menace d'être envahi de hordes affamées; les autres survivants vus comme une menace systématique; la valorisation de la violence pour défendre sa propriété; la reproduction de cellules restreintes égoïstes... Très peu de ces récits étaient des propositions progressistes et constructives mais plutôt le reflet des angoisses des mâles occidentaux bien portants (la cible de Garland dans 28 ans plus tard jsutement).
C'est en grande partie la période du COVID qui m'a convaincu de reprendre tout à zéro.
Je cherche depuis comment garder ce qu'il y a de fun et de passionnant dans ces univers mais en développant un récit de gauche, dans ce qu'il raconte comme dans sa structure.
Par le concept de dissonante narrative, je comprend qu'on peut vouloir dire quelque chose et montrer tout le contraire dans nos structures et notre esthétique. Malheureusement, dans la dramaturgie, l'esthétique l'emporte sur l'éthique (je prends pour exemples des films de guerre tels que Full Metal Jacket ou de SF tels que Starship Troopers ou Matrix dont les créatrices ont livré un quatrième film qui traite justement de ce problème avec humour et panache).

Voyons vois comment 28 ans plus tard contribue à ma réflexion.

TOUT D'ABORD, RÉSUME DE L'HISTOIRE (attention full spoilers)

Dans 28 jours plus tard, on assiste à la chute de la Grande Bretagne ravagée par une infection de rage pure qui transforme les êtres humains en créatures furieuses avides de carnage.
On peut ignorer 28 semaines plus tard pour passer directement à 28 ans plus tard.

La Grande Bretagne est en quarantaine. Le continent est le territoire des infectés et les survivants sont abandonnés par le monde entier.
Il y a une scène d'intro qui n'aura pas d'importance durant le récit (mit à part quelques indices), jusqu'à la scène de clôture.
Spike est né dans une communauté qui a survécu en s'isolant sur une île difficile d'accès.
En effet, le seule chemin pour y accéder n'est praticable qu'à marée basse.
Pour survivre, la petite communauté est retourné à un mode de vie paysan.
La communauté à aussi adopté des mœurs "traditionnelles" où les rôles masculins et féminins sont scindés à l'ancienne. Les femmes sont des ménagères et les hommes sont des guerriers.
Spike a douze ans et son père Jamie estime qu'il est temps pour lui de devenir un homme. Pour se faire, il l'emmène faire une expédition initiatique sur le continent pour éveiller son instinct de tueur.
On apprendra que les infectés ont évolué et se sont adapté. Il en existe plusieurs catégories, dont l'Alpha qui représente la menace la plus sérieuse.
Mais ce qui devait être une initiation sera un traumatisme.
Spike n'est pas un bon tueur d'infecté. Il a peur et perd ses moyens lorsqu'ils sont pourchassés, lui et son père, par une meute d'infectés.
Ils survivent de justesse et sont célébrés.
Mais son père enjolive l'aventure selon ses critères d'héroïsme viril. Spike n'apprécie pas qu'on mente sur ce qu'il s'est passé et ne se reconnait pas dans le portrait tronqué que dépeint son père pour impressionner la galerie.

Spike fuit la soirée pour rejoindre sa mère Isla, confinée dans sa chambre sous prétexte qu'elle souffre d'une maladie indéterminée.
Sur le chemin, il surprend son père en train de la tromper.
Il discute avec son grand père qui lui révèle qu'il y a probablement un médecin qui a survécu sur le continent.
Lorsque Spike demande à son père pourquoi il n'a pas été voir ce médecin pour trouver un remède à sa mère, celui-ci se sert d'un préjugé comme prétexte. Le médecin serait bizarre, donc dangereux. C'en est trop.
Son père est un menteur, un traitre, et un lâche.
Spike prend la décision d'emmener lui-même sa mère voir le docteur Kelson.
Il quitte l'île en cachette avec elle.

Pendant ce temps, un bateau suédois qui patrouille dans le secteur pour assurer le blocus est en train de couler et une petite troupe de soldats parvient à rejoindre la côte en barque.
Ils sont en fuite et se font décimer un par un.
Spike est encore novice. Ils se retrouvent en danger. Ils sont sauvés par le seul survivant de l'escouade, Erik.
Ensemble ils tomberont sur une infectée en train d'accoucher.
Isla rentre en empathie avec elle et l'aide à accoucher. Une sorte de trêve semble s'être établie.
Mais une fois l'enfant mit au monde, l'infectée s'agite et le soldat l'abat sans hésiter.
Il est aussitôt tué par l'Alpha, qu'on suppose être le père, qui se met à poursuivre la mère et son fils qui ont emporté la petite fille nouvelle-née, qui semble n'être point infectée.
Iels sont sauvés de nouveau, mais cette fois-ci par le docteur Kelson qui se contente d'administrer un sédatif à l'Alpha, qu'il a nommé "Samson".

Le docteur Kelson supposé fou et dangereux par la communauté s'avère être tout à fait sain et rationnel.
En tant que médecin, il s'occupe des morts et, en plus de leur offrir une sépulture, leur érige un monument pour honorer leur mémoire.
Il diagnostique un cancer à Isla et enseigne à Spike une philosophie de la vie et de la mort bien plus constructive et sensible que la leçon qu'il était sensé tirer de l'expédition meurtrière préconisée par son paternel. "Memento Mori", "Memento Amoris".
Le docteur aide Isla à mettre fin à ses jours de façon à laisser une bonne image en mémoire à Spike et permet au jeune homme de rendre hommage à sa mère dans son temple des ossements.
Cela fait, après une nouvelle attaque de Samson, il ramène la petite qu'il a nommé Isla en mémoire de sa mère à la communauté.

Il décide cependant de repartir sur le continent pour suivre sa propre voie, loin de cette petite communauté étriquée.
Il se retrouve seul, donc vulnérable. Il est sauvé par une bande de survivants déjantés menés par Jimmy. Le petit garçon qui a survécu dans la scène d'introduction dans laquelle on assistait au massacre de sa famille dont le père était un curé fanatique ravi de voir arriver l'apocalypse.

28 ans plus tard est à la fois le troisième opus de la saga et le premier volet d'une trilogie conçue comme telle. Boyle a expliqué que ce premier film parle de la famille tandis que la suite parlera de l'origine du mal.

GUIDE DE SURVIE EN TERRITOIRE RÉAC

On comprend assez vite que la communauté repliée sur sa petite île est une métaphore de la Grande Bretagne Post Brexit.
Le Brexit (Britain Exit) est le retrait du Royaume Unis de l'union Européenne, en 2020, suite à une forte campagne de xénophobie.
Garland et Boyle sont des progressistes et on soupçonne aisément qu'ils sont dégouté de ce retour en arrière influencé par l'extrême droite nationaliste.
La Grande Bretagne s'isole et sombre dans la xénophobie, littéralement la peur de l'étranger. Ce qui provoque un isolement dommageable. Ce repli n'est pas que géographique.
On peut comprendre que, dans un contexte de survie, le retour à un mode de vie paysan soit justifié. Mais il n'est pas souhaitable qu'il s'accompagne d'un retour en arrière des mœurs.
Ils décrivent donc leur crainte d'un mouvement réactionnaire qui nous ferait retourner en arrière vers une société patriarcale, agressive et bornée.

C'est là qu'intervient cette scène remarquable, bien qu'un peu surlignée à mon goût.
Le départ de Spike et de Jamie en expédition est réalisée avec un montage alterné d'images de documentaires sur l'histoire coloniale et militariste de la Grande Bretagne et d'autres d'un film sur les guerres médiévales. Le parallèle entre les archers anglais du moyen-âge et les arcs des protagonistes, l'entreprise coloniale dominatrice et la première guerre mondiale nous fait bien comprendre la critique de cette attitude agressive d'expédition meurtrière. Comme si la seule chose qui émanait de cette île était sa violence.
La bande son de cette séquence est un enregistrement d'un poème de Rudyard Kipling nommé Boots, enregistré dans les années 20.
Kipling a fait la guerre des Boers. un conflit colonial dégueulasse en Afrique du Sud.
Ce poème est sensé critiquer l'endoctrinement des jeunes au militarisme.
Ironie de l'histoire, Kipling a insisté pour que son fils rejoigne l'armée pendant la première guerre mondiale où il perdit la vie.
Aussi, ce poème est utilisé dans les stages SERE (Survival, Evasion, Resistance, Escape) de l'armée américaine comme moyen de torture psychologique.

Les auteurs ne sont pas pour autant anti-britanique. Ils rejettent à juste titre ce qui pue et mettent en valeur ce qu'ils en aiment, tel que la culture rock, le cinéma de genre et un certain esprit irrévérencieux, provocateur et burlesque. On y voit une influence punk british et un peu d'humour typique à la Monty Python.
Boyle n'est pas le dernier à revendiquer une identité britannique dans son cinéma avec notamment Trainspotting.
Il doit y avoir certaines références typiques de la culture anglaise disséminées dans le film qui m'échappent (j'ai découvert Jimmy Savile en me renseignant après).

PROUD BOY

L'expédition meurtrière ne se passe pas bien. Jamie veut élever son fils pour en faire un dur et digne héritier dont il pourrait être fier.
Le père veut le pousser à tuer des infectés et l'insensibiliser à la violence. Il déshumanise ses cibles. Comme on le fait lors de n'importe quel conflit pour justifier ses actes criminels, voir même un génocide. N'est-ce pas.
Mais Spike a peur et se montre retissant.

Leurs premières cibles sont des infectés rampant qui se nourrissent de tous ce qui leur tombe sous la main (à priori des vers de terre et des insectes). Ils sont lents et peu attentifs à ce qui se passe plus haut que le sol devant eux. Ils sont obèses et on pourrait les comparer à des vaches ou autre grosses bêtes peu dangereuses à condition de ne pas les déranger. Mais pour le père, c'est une cible facile et méprisable.
Spike joue le jeu. Il tue son premier infecté sous la pression. Mais c'est plus un traumatisme qu'une révélation. La cible agonise et souffre.
Le père tue à son tour la femme qui s'était approché par derrière, mais qui ne réagit qu'à la mort de son supposé conjoint. Il y a un troisième infecté. Un enfant. Il reste à l'écart et observe la scène. Spike empêche son père de le tuer et laisse le petit se carapater.
Ce geste de pitié rappelle une scène touchante de La Route.

PRIMITIVE

On découvre que, contrairement à la petite communauté qui régresse, les infectés ont évolué. Ils se sont adaptés. Il y a les rampants mais aussi les alphas.
Au début, les infectés ne faisaient que répondre à leurs pulsions de meurtre. Maintenant, ils obéissent à une hiérarchie. L'alpha est un infecté plus intelligent et très puissant qui mène une petite meute. Ils sont filmés comme on filme des meutes de loup, à la caméra infra-rouge.
Ils sont animalisés et en même temps, nous constatons le début d'une socialisation et d'une culture. Notamment lorsque l'on voit l'Alpha accrocher une tête de cerf dans un arbre comme un trophée, une offrande ou une mise en garde.
Tout le long du film, les humains agiront avec peu de sentiments et de morale tandis que les infectés seront progressivement humanisés.
C'est dans la droite lignée des œuvres de Romero (à commencer par le jour des morts vivant, déjà grosse référence de 28 jours plus tard et poursuivi dans Land of the dead et ses suites).
On notera aussi un super film, britannique lui aussi, The Last Girl : Celle qui a tout les dons. Qui conçois une relais avec les nouvelles générations.

TOXIC

Lorsqu'ils échappent de justesse à la poursuite de l'Alpha, ils sont célébrés.
Pas sans avoir eu à subir le refus de les accueillir malgré leur détresse comme l'Angleterre aujourd'hui ferme ses portes aux réfugiés sans la moindre compassion.

Le père enjolive l'aventure selon ses critère d'héroïsme viril pour se faire mousser publiquement.
Spike n'est pas d'accord. C'est un mensonge et ça ne colle pas à ce qu'il est.
Il est déçu et quitte la soirée pour retourner voir sa mère restée à la maison.
Sur le chemin du retour il surprend son père tromper sa mère.
Isla est atteinte d'un mal inconnu qui la rend confuse et lui fait avoir des crises de colère. Jamie la garde confinée dans sa chambre sans chercher de solution. Comme si il attendait que ça se termine pour pouvoir changer de femme car celle-ci ne lui sert plus à rien.
Spike aime sa mère et lorsqu'il apprend de la bouche de son grand-père qu'un médecin à probablement survécu sur le continent, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Il est en colère. Il rejette son père, cet homme violent et lâche, menteur et traitre. Cet homme qui fait reposer sa masculinité sur la force et se montre en vérité incompétent et faible.

C'est évidemment une critique de la masculinité toxique qui est mise au cœur de la critique d'une société réactionnaire. Dans Men, Garland traitait de cette masculinité prédatrice au niveau individuel. Dans ce film, il l'élargit à la société. Mais ce n'est pas une critique de la masculinité en général car Spike aura d'autres modèles masculins plus tard.

C'est aussi volontaire que la menace la plus effrayante pour les hommes de cette petite communauté exclusivement blanche soit un grand mâle basané plus fort et viril qu'eux.

Spike aspire à plus d'honnêteté, plus de sensibilité, plus d'humanité. Il est intelligent et n'a pas peur de l'inconnu. Ce n'est pas la peur de l'autre qui guide ses pas mais l'amour de sa mère.

L'ombre de la sphère masculiniste et d'extrême droite n'est pas à négliger au Royaume Unis.
Ce n'est pas pour rien que la série qui a fait beaucoup parler au moment où j'écris ces lignes est la minisérie Adolescence qui traite d'un féminicide commis par un collégien.
C'est la patrie d'Andrew Tate. Ancien kickboxeur, accusés de viol, de trafique d'êtres humains, autoproclamé  roi de la masculinité toxique qui tente une carrière politique en Angleterre soutenue par Musk et Trump. Des émeutes racistes ont eu lieu en 2024.

Spike est celui qui va conduire l'aventure et cela rompt avec le schéma qui se répétait du père qui prend soin d'une jeune personne, qui tendait à renouveler le trope machiste du chevalier blanc sauveur de jeunes femmes en détresse.

LE PALAIS IDÉAL DU DOCTEUR KELSON

Le rejet du docteur peut être vu comme un clin d'œil à la période du Covid et aux arguments antiscience qui se sont développés dans les sphères réactionnaires.
Ils voient le médecin aligner les corps et les brûler. Ils ne comprennent pas, le jugent bizarre donc dangereux et se privent d'un individu sans doute très utile. Ils sont xénophobes en rejetant l'étranger comme l'étrange.

En effet, le docteur Kelson est loin d'être fou. Il porte sur ses épaules les conséquences morbides de la pandémie. Il offre aux morts une sépulture et érige un monument en leur mémoire. La mort entre ses mains n'est pas un acte de violence barbare, mais un acte de respect ritualisé.
Alors que les soldats dans 28 jours plus tard et le père de Spike semblent très proches des infectés, de part leur fonctionnement plus pulsionnel et agressif, le docteur Kelson représente la raison. Il est aussi artiste en bâtissant son œuvre mémorielle, ainsi que philosophe.

Il offre à Spike un enseignement plus raisonnable et plus sensible où la compassion et la curiosité ont leur place. Ce qui n'est pas moins courageux.
Kelson apprend à Spike une leçon de vie plus constructive que celle de donner la mort à des inconnus : Memento Mori, Memento Amoris.
Il apprend à faire le deuil et à considérer la vie. Un message simple d'amour et de respect face à la haine et au mépris.

Spike ne fait pas la fierté de son père car celui-ci doit mentir à son sujet pour se vanter. Il reçoit cependant un amour indélébile de la part de sa mère à qui il rend hommage en plaçant ses vestiges au sommet de l'édifice mortuaire (comme on accroche l'étoile au sommet du sapin de noël). Ce geste devrait le mettre sur la voie d'une certaine sagesse.
C'est ça qui fait de lui un être mature, pas le fait de pouvoir dominer son prochain par la violence.

La distinction avec les zombies est importante. Un infecté est un malade et les médecins soignent les malades.
Le docteur Kelson ne tue pas les infectés. Il préfère les sédater et leur donne même des noms. L'Alpha est dénommé "Samson".

Samson est un personnage de la bible. Une sorte d'Hercule qui tire sa force de la longueur de ses cheveux et de sa pilosité faciale. Un être à la force surhumaine et particulièrement susceptible qui se venge de façon meurtrière des affront qui lui sont faits.
Les enfants d'Israël ont été livrés aux Philistins pour expier leurs fautes et Samson est considéré comme leur libérateur. Il meurt après avoir fait s'effondrer un temple.
(Il est question d'un temple au cœur du second volet...)

ERIK LE VIKING

Autre modèle de masculinité, le personnage de Erik. Un suédois qui se comporte en colon méprisant avec les indigènes. Cela fait échos au manque de solidarité entre les nation pendant la crise du Covid.

Il méprise aussi la vie peu originale des prolétaires (chauffeur-livreur) en préférant une carrière militaire plus valorisante pour les adeptes de la testostérone.
Il est jeune, beau, en couple avec une bimbo exposée comme une femme trophée. Un crédule qui a cru aux modèles artificiels de la société moderne mais se retrouve perdant de la masculinité. Il pense que s'il est contaminé il deviendra un Alpha, un berserk (figure guerrière appréciée par les nazis bandeurs de mythologie viking). Il sera décapité pitoyablement après avoir commis une grosse connerie sous l'effet de la panique.
On retrouve là la figure du militaire incompétent, déjà présent dans de nombreuses œuvre (à commencer par le jour des morts vivants déjà cité et 28 jours plus tard qui s'en inspire), qui se révèlent être plus une menace qu'un allié.

SISTERS OF MERCY

Enfin, il y a cette scène centrale de l'accouchement.
Alors que les infectés essayent d'apprendre à faire leur toilette, une femme s'écarte du groupe pour accoucher. Spike, Isla et Erik tombent sur elle en train de travailler.
Erik veut l'abattre mais Isla refuse et entre en empathie avec l'infectée. Elles se donnent la main et une trêve a lieu pour cet acte qui stimule leur sororité. Il y a du commun entre les êtres vivants.
La distinction entre zombie et infecté a du sens ici aussi. Les zombies sont morts, ils ne peuvent pas avoir d'enfants. Les infectés sont des personnes vivantes.
Une fois l'enfant née l'infectée s'agite. Erik panique et l'abat sans hésiter.
Les rampants n'étaient considérés comme une menace que parce que nous les assimilions aux infectés. Alors qu'ils ne semblaient pas en vouloir aux humains tant que ceux-ci n'avaient pas abattu l'un des leurs.
De même, Erik n'a pas imaginé autre chose qu'une menace. L'infectée n'a peut être réagit que pour réclamer son enfant, sans intention de s'en prendre aux humains.
Pour les uns comme pour les autres, on ne le saura jamais.
Cette logique militariste paranoïaque de voir le monde comme une menace constante (l'homme est un loup pour l'homme) et d'attaquer le premier conduit à se créer ses propres ennemis, donc à provoquer ce que l'on redoute.

L'Alpha redouble de rage après le meurtre de sa supposée compagne et l'enlèvement de sa tout aussi supposée progéniture. Ça parait logique.
Spike décide de ramener la petite nommée Isla en mémoire de sa défunte maman à la communauté.
Mais il préfère suivre sa propre voie à l'écart de cette société étriquée qui n'a pas su prendre soin d'eux.

L'ÂGE DE CRYSTAL

Le film se clôt sur la rencontre avec la bande à Jimmy.
Le film s'est ouvert sur ce personnage. Fils d'un curé fanatique qui laisse sa famille se faire massacrer comme offrande à l'apocalypse qu'il est ravi de vivre.
Jimmy est resté cet enfant déçu par la religion et fasciné par la télévision et les sentaï.
Sa bande se bat comme les power rangers en portant des vêtements aux couleurs des télétubbies et inspirés par le look du présentateur TV Jimmy Savile.
Présentateur TV qui représente l'un des plus gros choc de la culture pop britannique. Il était apprécié de la jeunesse. Il était réputé pour ses multiples contributions philanthropiques. Il a même été anobli pour ça. Il s'avérait être un pédophile de masse qui se servait de ses actions philanthropiques pour violer des gens de tous âges.
La seconde victime de l'expédition meurtrière est un infecté pendu par les pied, soumis à la torture d'être lentement dévoré par un corbac (un peu comme Prométhée) avec Jimmy gravé au couteau sur le torse.
Si le prochain opus traitera de l'origine du mal, on peut parier que Jimmy ne sera pas Jésus mais plutôt l'Antéchrist.

Dommage, cette irruption punk m'a procuré beaucoup de plaisir, surtout en pensant au tri qu'elle allait opérer chez les timorés.
La bande d'orange mécanique semble avoir inspiré celle-ci.

J'imagine que dans 28 jours plus tard : the bone temple, nous retrouverons la communauté réactionnaire, la bande nostalgique coincé dans le passé, le docteur en mission pour la postérité, la petite Isla qui semble ne pas souffrir de l'infection (je ne sais pas encore ce que ça veut dire). Nous découvrirons peut être aussi quel folklore s'est développé dans cette petite communauté isolée à l'effigie d'infecté au front percé d'une flèche.

LOVE DEATH AND INFECTED

Pour conclure, le récit nous propose donc un jeune garçon qui va rejeter sa communauté réac', xénophobe, violente et étriquée, pour suivre un parcours plus humain et capable de comprendre le monde nouveau.
On voit que la vie est du côté des infectés qui représentent l'émergence d'une nouvelle espèce primitive mieux adaptée en opposition à une civilisation en déclin et incapable d'évoluer.

Il prend à revers le schéma habituel du post-apo partant du point de vue de la communauté hostile vers un point de vue moins pessimiste et moins paranoïaque.
Il invite à faire le deuil du vieux monde et à jeter aux chiottes les représentations pourries de la masculinité pour redevenir des gens biens, malgré les difficultés et les menaces. À privilégier la coopération à la défiance. La raison à la peur. La curiosité aux préjugés.L'amour à la haine.
Ça parait peu original mais ça l'est bien plus que le schéma habituel de ce genre.
Comme dit dans la vidéo d'Exitium, si vous voulez une version augmentée de 28 jours plus tard dans le spectaculaire, sans propos dérangeant, ça existe déjà : L'armée des Morts et c'est nul.
Vous pouvez aller vous ennuyer devant la série Walking Dead qui vous resservira la même soupe avec plus de pétards (la série de comics est bien meilleure).

Moi, perso, je demande à une œuvre qu'elle me dérange, qu'elle me parle. Je veux voir les auteur.ice.s essayer avec audace d'apporter quelque chose de nouveau et de faire progresser nos imaginaires et nos représentations. Dans l'objectif de nous préparer mieux à bâtir un monde meilleur, à nous préserver de la reproduction de nos erreurs.

Nous avons besoin en ce moment de récits qui arrêtent de nous pousser à considérer les autres comme une menace systématique et à nous méfier de nous-mêmes.

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Grosse soirée Punk sur Paris

Publié le par Mikeulponk

Salut à tous et toutes,
Cette news pour vous dire que je serais présent pour présenter mes livres à la triple soirée "Symphonie dissonante + humains en vue", ces jeudi 06 (Hardcore day), vendredi 07 (anarcho day) et samedi 09 (electro / dark day) juin au cirque électrique.
Autant dire que je serais dans mon élément.
J'aurais mes deux tomes et les livres des camarades du collectifs.
Désolé de prévenir aussi tard (c'est dès ce soir) mais ça s'est organisé subitement.

 

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GUERRE LAND

Publié le par Mikeulponk

Le dernier film d'Alex Garland, Civil War, m'a beaucoup plu. Mais j'ai de grosses réserves sur la fin à propos de la dissonance narrative.

ERREUR SUR LA MARCHANDISE

D'abord, je suis allé le voir parce que j'ai confiance en Alex Garland suite à ses précédents films. Le C.V. est copieux :
Il a écrit le roman La Plage, adapté par Dany Boyle avec qui il bosse de nouveau sur 28 jours plus tard et Sunshine dont il est le scénariste. Il scénarise aussi Never Let Me Go.
Puis il passe à la réalisation avec Ex Machina, Annihilation, Men et la série Devs (souvent oublié dans sa bio alors que c'est super).
Donc quand il propose un film sur une potentielle guerre civile aux USA, je trouve le sujet surprenant. Il semble plus tourné vers des sujet SF ou fantastiques mais je suis curieux de voir ce qu'il peut tirer d'un tel sujet (surement pas ce à quoi on s'attend, les gens auraient dû s'en douter).

Les critiques sont soit dithyrambiques (parfois pour des raisons limites), soit déplorables (souvent parce que les critiques n'ont rien pigé).
Autant le dire tout de suite, ce n'est pas un film d'action ou de guerre classique.
Celles et ceux qui s'attendent à ça vont probablement être déçus.
Le problème, ce n'est pas le film, ce sont les attentes.

Il faut reconnaitre que nommer un film Civil War et le faire se dérouler aux USA à notre époque, ça crée des attentes évidentes. La bande annonce confirme ces attentes. C'est assez normal que le public puisse se sentir trompé (C'est pourquoi je ne regarde presque plus les bandes annonces. Soit elles vendent un autre film et induisent en erreur - c'est le cas présent - soit elles spoilent carrément les meilleurs moments et des éléments important de l'intrigue, gâchant les effets de découverte).
Pour autant, cette déception ne devrait pas durer. On dirait qu'une partie du public n'a pas su se détacher de ses attentes et a attendu tout le long du film qu'on lui serve ce qu'il attendait. Quand on est face à un film, on devrait vite se dire "je vais regarder le film et voir ce qu'il me propose". Comme ça, si le film n'a finalement pas servit ce à quoi tu t'attendais, tu ne t'es pour autant pas empêché d'en profiter.
Quand on paye un certain prix (plus de 10 balles à Paname quand même!) on se met en condition de ne pas regretter son investissement (je crois que pas mal de critique ne payent pas leurs places de ciné, ils peuvent se permettre de cracher dans la soupe).
On est un public, pas des consommateurs.
Le film est une proposition, pas un produit sur mesure.

Je crois qu'il vaut mieux avoir un minimum d'ouverture d'esprit face à une œuvre non ?
Je trouve beaucoup des critiques désagréablement capricieux.

J'ai entendu (ou lu) plein de critiques qui lui reprochent de ne pas être clair sur le contexte. "C'est nul, il ne dit pas pourquoi y'a la guerre".
On s'en fout! C'est peut être pas le sujet! Je suis parfois désespéré devant la bêtise de ces commentateurs autoproclamés qui prétendent être légitimes et compétents pour critiquer un film alors qu'ils ne sont pas capables de comprendre une œuvre qui n'est pourtant pas spécialement subtile. Avec cette arrogance de dire "si j'ai pas aimé, c'est que c'est mauvais. Si j'ai pas compris, c'est que le réal est bête".
C'est plus probablement l'inverse.
Je trouve que le film est pourtant clair dans son parti prit narratif. Mais, si on est passé à côté, avant d'ouvrir sa gueule, la moindre des chose est d'aller se renseigner sur les intentions du réalisateur.

Il est britannique et veut parler des dangers de la monté de l'extrême droite qui mène tôt ou tard à la guerre. Il veut qu'en voyant le film, on ne se limite pas aux USA, éviter les réactions du genre "ça peut arriver aux USA, mais pas chez nous". Il veut qu'on se pose la question sur notre propre situation de pays occidental (L'ukraine nous rappelle que nous ne sommes pas à l'abris).
Pour ce faire, il ne faut pas trop préciser le contexte pour ne pas trop le limiter.
D'habitude, pour faciliter les choses, on utilise la science fiction pour brouiller les pistes (exemple District 9) ou le fantastique pour symboliser (exemple La nuit des morts vivants, ou Blood Punks:)). Genres de prédilection de Garland.

Ce n'est donc pas un film sur une "guerre civile aux USA", c'est un film qui met en scène une guerre civile, et qui prend comme contexte les USA, pour provoquer un choc narratif.
Cela dit, c'est peut-être une erreur d'avoir choisi les USA.
Il dit avoir fait ce choix parce que les USA vont parler à plus de gens internationalement (plus que l'Angleterre son pays d'origine). Mais ce choix c'est retourné contre le film car il a sous-estimé le rapport à ce pays qu'on observe trop. Peut-être que ce choix a aussi été préféré pour choper du financement (l'industrie la plus puissante du monde a du mal a financer des film qui ne se place pas dans son propre pays) et garantir un certain nombre d'entrées.
Il est certain que si le film se déroulait en Espagne, il n'aurait pas autant attiré l'attention.

Et il faut se poser la question sur le fait que ce sont les bourgeois qui ont le plus la parole, qu'on entend le plus et qui conspuent le film (les critiques du Masque et la Plume à propos des grands classiques de la pop culture sont des exemple limpides de mépris de classe et de snobisme qui rivalise avec leur ignorance et leur arrogance). Les bourgeois ne sont, par définition, pas de culture populaire (la distinction se joue dans la culture avant tout). Or Garland, c'est du ciné de genre pop. Ce n'est jamais révolutionnaire. C'est du film grand public qui cherche à flirter avec l'intello (que certains appellent avec un peu de mépris "l'elevated gender").
Pas assez élitiste pour les bourges et trop sérieux pour les ploucs.
Ce qui lui vaut d'être qualifié de prétentieux (soit parce qu'il n'atteint pas le niveau de sophistication selon les premiers ou se donne des airs de valoir mieux que les seconds).

On ne peut pas nier que Garland est un passionné. Il tente des trucs et s'amuse avec son médium et ses références, détendez-vous, ça va aller.

Arrêtons de parler d'un film qui n'existe que dans les fantasmes de gens obtus et venons-en donc au vrai sujet du film sorti en salles.

ROAD OF WAR

Laissons lui une chance et voyons ce qu'on peut en tirer.
C'est un film sur le journalisme en forme de road movie. Le récit va donc se concentrer, non pas sur le contexte, mais sur l'expérience humaine.

Pitch : Dans un futur proche, une guerre civile déstabilise les USA. Les deux grand états que sont la Californie et le Texas se sont alliés contre le gouvernement de Washington et ses soutiens.
Un groupe de journalistes de guerre vont tenter de rejoindre Washington pour interviewer le président avant qu'il ne soit vaincu par la rébellion.
La petite équipe est constituée de trois générations. Un duo de journaliste pro en plein pic de leur carrière. Lee (Kirsten Dunst) est une photojournaliste vétérane (sans doute un peu marquée par les conflits qu'elle a couvert) qui n'a pas peur des points chauds. Elle est accompagnée de  Joël (Wagner "Pablo Escobar" Moura) un journaliste interviewer tête brûlé, accroc à l'action et à divers substances.
Ils embarquent Samy (Stephen McKinley Henderson - Dune, Devs...) doyen du journalisme de presse écrite, vieux sage baroudeur et mentor de Lee, ainsi que Jessie (Cailee Spaeny - Devs) une jeune novice qui veut rentrer dans la profession aux côtés de son idole contemporaine.

Le road movie est un procédé faisant passer les personnages par des séquences souvent décolérées qui confrontent et changent les personnages. C'est le fameux parcours initiaque. Le fil scénaristique n'est pas nécessairement la logique et la cohérence des évènements entre eux, mais la progression psychologique des protagonistes au contact des situations, souvent inattendus, qu'ils traversent.
C'est un procédé efficace étant donné le contexte de guerre et de journalisme. On passe effectivement d'une séquence à une autre, d'un point de vue à son inverse. On peut rencontrer l'absurde. Ça contribue à donner un sentiment de chaos typique (des conflits armés et d'autant plus des guerres civils) recherché par le film. Ça permet aussi de traiter la complexité du monde et la diversité des points de vue.
C'est un procédé narratif classique, pas nouveau, qui ne plait pas à tout le monde (en effet, c'est un cadre opposé au principe d'unité de temps et de lieu dans le scénario qui donne une ambiance parfois décousue, étirée ou confuse). Pourtant, certains se permettent de le juger sans l'avoir compris. Un peu de recul et de modestie ne ferait pas de mal.

FRONT RÉPUBLICAIN ?

Parlons un peu du contexte maintenant, car Garland nous donne quand même des indices.
On sait que le président fait son troisième mandat, ce qui n'est pas digne d'un pouvoir démocratique. Les mandats étant limités à deux dans toutes les républiques qui veulent paraitre un minimum démocratiques. On sait qu'il a dissous le FBI, une organisation fédérale, sans doute trop gênante. Qu'il fait bombarder les civils et fait tirer sur les journalistes. Qu'il raconte n'importe quoi dans sa propagande.
On comprend donc que ce président est un facho inspiré de Trump.
On nous dit aussi que le Texas et la Californie se sont alliés contre un usurpateur de la démocratie Américaine. On comprend donc que ces deux états, opposés politiquement (le Texas est de droite et la Californie de Gauche), ont mit de côté leur polarisation pour combattre un ennemi commun plus important : le fascisme.
Cet élément de contexte pousse les observateurs qui s'improvisent politologues des USA à affirmer que c'est invraisemblable. De fait, ils prouvent qu'ils n'y connaissent rien aux USA. Déjà, tout est possible (Trump merde!) et enfin, dans la scène d'escarmouche urbaine, l'unité suivie par le groupe de journalistes est sapée avec des chemises hawaïennes en référence à une milice d'alt-right américaine : le mouvement boogaloo.

Boogaloo Bois, Magnum conspi surarmé

Très antigouvernemental, dans le sens complotiste libertarien, pensant que le "deep state" veut s'attaquer à la constitution, notamment en durcissant les lois sur les armes à feu. Mouvement cependant très confus, à la fois majoritairement pro-trump (surtout depuis la crise COVID), qui contient des suprémacistes comme des alliés du mouvement black lives maters. Bref, ils n'ont pas l'air d'être gênés par la polarisation car ils semblent se concentrer sur la haine du gouvernement et leur désir de guerre civile. Ce mouvement, directement cité, valide le postulat de Garland sur une potentielle alliance du Texas et de la Californie, par le biais de ses milices armées (ceux qui tiennent les armes décident souvent).

Pour ceux qui disent qu'on ne sait pas pourquoi la guerre civile a éclaté, Alex Garland leur répond qu'on sait très bien pourquoi et qu'il n'a pas besoin de le dire. Un peu de jugeote. À moins que ce ne soit trop difficile de réfléchir quand on a prit l'habitude d'éteindre son cerveau devant un navet au budget pharamineux ou devant une série qui explique tout comme si on était débiles. Ça c'est la touche A24. Ils t'appâtent avec un blockbuster guerrier sur un pays qu'on adore détester pour te livrer un road movie critique sur la démocratie via une descente aux enfer d'une bande de journalistes borderline.
Je mets au défi ces gland de me prouver qu'après avoir vu le chef d'oeuvre Apocalypse Now (ou n'importe quel film de guerre reconnu) ils pouvaient m'expliquer pourquoi il y a la guerre dans le contexte choisi par le film.

 

Apocalypse Now - guerre civile ?

Apocalypse Now est une adaptation du roman Au Coeur des Ténèbres de Conrad qui se déoule au Congo. Ceux qui sauront expliquer la guerre du Vietnam ne l'on pas apprit dans le film (ni dans Voyage au Bout de l'Enfer ni dans Full Metal Jacket...)
Autre détail à propos du film de Coppola. C'est Willard, un américain, qui doit aller tuer Kurtz, un autre américain, qui se bat avec des américains, des vietnamiens et des cambodgiens contre des vietnamiens et des américains. Qui tire sur qui ? N'est-ce pas une guerre civile tout aussi confuse que celle décrite par Garland ?
Pourquoi les Américains sont intervenus en Somalie dans La Chute du Faucon Noir ? Lors de quelle bataille se déroule le film Croix de Fer ? Qu'est-ce que les Amerlot foutaient sur cette île, et quelle île, dans La Ligne Rouge ?...
En gros, les américains peuvent aller buter n'importe qui à l'autre bout du monde sans qu'on ai besoin de savoir pourquoi, mais si des occidentaux se tuent entre eux, alors il nous faut des explications.
Garland traite la guerre aux USA comme nous avons l'habitude de traiter les conflits en Afrique, et ça nous déstabilise. Bien joué.

Alex Garland est prudent car si on veut que le film ai une bonne durée de vie, il doit s'adapter aux lieux et à l'époque où il sera projeté (et pas tourné). On ne peut pas affirmer un déclencheur précis qui figerait les évènements dans un espace-temps (après tout, qui aurait pu prédire les gilets jaunes, la crise COVID ou le réchauffement climatique?:)). Le récit doit pouvoir être mobilisable en prenant en compte que les circonstances sont des détails par rapport au schéma. Le sujet politique est plus philosophique qu'historique.

Si c'était en France que se déroulait le film, on aurait pas besoin non plus de préciser, on le sait bien. Les fachos conflictualisent la société, la divise, pensent en terme d'ennemis et ne laissent pas d'autre choix que la soumission ou la rébellion.

D'un côté, je suis plutôt content qu'un film de cette importance tende vers l'antifascisme.
D'un autre, si on pense que Garland ne voulait pas limiter son propos aux USA, je ne suis pas convaincu par cette histoire de dépassement des polarisations dans d'autres contextes.
Je ne crois pas au dépassement des clivages gauche/droite dans le cadre d'une guerre civile en Europe. En France, pendant l'occupation, la résistance voyait des communistes combattre les nazis aux côtés de nationalistes d'extrême droite. C'était possible car il y avait un envahisseur.
Dans le cas d'une guerre civile, c'est justement cette polarisation qui mène à la guerre en général (d'autant plus en Europe de nos jours où l'extrême droite est sur le point de conquérir les institutions avec l'aide de la droite tradi).
La droite sera toujours plus du côté de l'extrême droite que de la gauche.
À l'époque c'était "plutôt Hitler que Bloom", aujourd'hui c'est "plutôt Lepen que Mélenchon". Ou encore, "plutôt les identitaires que les wokes". C'est le chemin que prend notre droite nationale (de Macron à Zemmour).
Mais bon, ne limitons pas notre réflexion à ce genre de spéculations car ce n'est vraiment pas l'intérêt du film.

ENNEMI INTIME

Je me rapproche maintenant de ce qui m'obsède personnellement, le rapport entre l'intention et la forme. Sont-elles cohérentes?
Alex Garland commence avec un style très proche du sol. Presque documentaire. Très subjectif. On comprend le positionnement des protagonistes et le film évite de nous mettre à la place des soldats. Le journaliste conserve toujours un regard extérieur, et critique.
Le film cherche à brouiller les pistes et refuse de désigner le camp des rebelles (pour lequel il a de la sympathie) comme le camp des gentils. La situation est cruelle et complexe.
Elle met à l'épreuve l'intégrité et l'éthique du journalisme.
Si la situation était clair, ce serait trop facile. Ce n'est justement pas une guerre entre les valeureux libérateur face à la barbarie nazie. C'est une guerre entre membres d'un même pays. Parfois d'une même ville.

Je vais résumer le scénario (ATTENTION SPOILERS) afin de bien comprendre de quoi il retourne.

- On ouvre le film sur un Attentat - la population souffre des restriction, de l'eau en l'occurrence. Puis, il y a une explosion et des civils tués.
C'est très proche de ce qu'on trouve dans la merveilleuse BD DMZ qui parle d'une guerre civile moderne aux USA (et qui correspond plus à ce que les gens s'attendaient à voir, mais qui a quelques années maintenant).
On plante le décors d'un pays occidental qui vit ce que les pays touchés par la guerre civile ont subit (petit goût d'effondrement). Y compris peut-être des pays touchés par les interventions américaines. On doit comprendre (en tant qu'occidentaux) "ça peut nous arriver". On en profite évidemment pour caractériser les personnages, car ce sont eux le sujet du film.
- Ils se rencontrent dans un hôtel et la jeune journaliste (Jessie) parle de la coïncidence que ses deux modèles s'appelle Lee, faisant référence à une photojournaliste qui a couvert la seconde guerre mondiale (dont la découverte du camp de Dachau ou l'appartement d'Hitler au moment de sa chute).
- La petite bande fait une première rencontre dans une station essence. Une bande de redneck défend sa propriété contre le pillage dû aux pénurie (inutile de rappeler la centralité du pétrole pour les USA). Ils torturent des gens qu'ils connaissent. Ça rappelle le Rwanda où des gens étaient massacrés par leurs voisins. Le lien entre propriété et armes à feu (et racisme) est constitutif de la violence aux Etats-Unis.
- Camping - Jessie, la novice, est choquée. Lee, la vétérane, se pose des questions éthique avec son mentor Samy. Lui garde une éthique rigoureuse alors que Joël ne pense qu'à l'action.
- escarmouche urbaine - Le groupe suit une milice (boogaloo, ce qui peut crédibiliser son hypothèse contextuelle d'alliance rebelle entre états antagonistes politiquement) qui se bat contre les troupes gouvernementales. Jessie prend sa première photo en situation de danger : un combattant blessé. Ils abattent un ennemi à l'agonie et des prisonniers de sang froid. Ce qui nuance quelque peu le camp du bien.
- Camp de réfugiés - Passage obligé mais corrosif. Serons-nous un jour nous-mêmes des réfugiés? Cette question peut sembler un peu simple mais c'est ce qui fait sa puissance. Une question si banale ne devrais plus être posée aujourd'hui. Ce n'est pas le film qui est simpliste, c'est ce monde qui oublie ses fondamentaux. Le film assume son penchant humaniste. Une personne avisée m'a fait remarqué qu'alors qu'on traversait des lieux marqués par la mort maculés de tâches de sang, dans ce refuge, les enfants jouent et les murs sont recouverts de peinture (on dit que c'est cliché mais traiter le camp de réfugié à l'opposé du misérabilisme habituel, c'est tout l'inverse).
- Ils arrivent dans une ville en plein déni qui prétend se tenir à l'écart du conflit. Alors que l'on a ouvert le film avec des restriction d'eau et de carburant, ici on arrose sa pelouse et on ne rationne pas l'essence. Cela fait penser au fait que nombre d'américains pensent que leur mode de vie n'est pas négociable. Ça m'a rappelé aussi "Paris est une fête", au lendemain de l'attentat du Bataclan. Évidemment, ceci n'est qu'une façade. La boutique vide et les gardes sur les toits révèlent l'hypocrisie. La guerre présente des situations de contraste et d'absurdité qui mettent à l'épreuve la santé mentale des protagonistes. Cette pause shopping ramène le personnage de Lee au fait qu'elle est en plein PTSD et qu'elle ne sait plus ce qu'est une vie normale. Elle ne sait plus qui elle était avant de devenir une reporter de guerre. S'habitue-t-on un peu trop à l'inacceptable?
- Embuscade - Ils tombent sur une équipe de snipers pris sous le feu d'un autre tireur, au milieu d'un décors de noël tout à fait inapproprié. On ne sait pas qui est dans quel camp et ce n'est plus la question. Il faut juste tuer ou être tué. Il y a un côté scène du pont de Do Lung (Apocalypse Now film de référence évidente, le fleuve étant remplacé par la route). Les protagoniste sont prit au piège d'un tireur mais surtout de l'engrenage de la violence. Lee sera-t-elle capable de photographier Jessie si elle prenait une balle?
- Charnier - On arrive à la scène pivot du film. Ce qui devait arriver arrive. Le drame. La question de l'extrémisme de droite et du nationalisme qui conduit au crime est enfin clairement posée. La scène se passe de commentaire (j'y revient plus en détail plus loin). Suite à ça, le sage, la conscience du groupe, est tué. Les personnages vont donc basculer ou avoir un sursaut salvateur.
- Ils arrivent à Charlottesville (ville du célèbre attentat d'un néo-nazi qui a foncé en voiture dans une manif antifa, cité dans le film comme un photoreportage qui a rendu célèbre Lee, et qui permet de rappeler l'hypothèse du réalisateur sur ce qui peu générer une guerre civile). Les persos encaissent et décident de suivre les soldats.
- Assaut final - C'est la guerre totale à la capitale. La maison blanche est prise d'assaut. C'est Bagdad dans les rues. Lee est en crise. Jessie est devenue téméraire et accroc à l'adrénaline. Au moment de rentrer dans l'enceinte du bâtiment, Lee reprend ses esprit.
Ils suivent les soldats qui se battent devant la porte du bureau ovale. Lee est touchée. Elle est prise en photo par Jessie. Les deux journalistes restant accomplissent leur mission.

Le film raconte donc le périple de ce groupe de journaliste et comment ils vont réagir aux épreuves qu'ils vont traverser. Le trope classique du novice qui est sur la brèche entre les différentes option symbolisées par ses modèle, jusqu'à ce qu'elle bascule d'un côté ou de l'autre (Platoon). Les situation sont un peu cliché (il y a des ivariables dans la guerre), mais si vous regarder les actualités, la réalité et souvent plus caricaturale encore.

Platoon - De quel côté va-t-il finir ?

Lee, sur la brèche, traumatisée, est en train de perdre la foie en sa mission. Mission journalistique indispensable au bon fonctionnement démocratique dont l'éthique est représentée par le personnage de Samy, le vieux sage. Joël représente plutôt le côté sensationnaliste accroc à l'adrénaline, au scoop, au buz, à l'info spectaculaire que Garland estime (à juste titre) dévoyer la noble mission de ce métier qui peu servir de contre-pouvoir comme d'outil de propagande.
Enfin, Jessie représente la candeur, elle n'a pas encore assez d'expérience pour choisir sa voie. Sera-t-elle du côté de l'éthique ou du spectacle? suivra-t-elle l'exemple de son mentor (elle-même en période de doute) ou du charognard? Quel effet auront les chocs qu'elle subira tout au long de ce parcours?

On plante le décors et on pose les questions sur le journalisme.
Une fois que les persos sont calés, on entame le cœur de l'intrigue. La scène des snipers est un jalon qui enregistre les premières évolutions.

Devant l'apparente insensibilité de Lee, Jessie se demande, si Lee aurait le cran de la prendre en photo si elle se faisait abattre. Lee répond "peut-être". Elle ne sait pas encore de quel coté moral elle se trouve.

Le groupe croise la route de collègues inconscients et amis de Joël. Jessie joue le jeu mais cela tourne au drame. Par imprudence ils tombent entre les mains de criminels de guerre xénophobes.
Les deux journalistes hongkongais sont assassinés. Samy, qui voulait rester à l'écart pour ne pas prendre de risque, s'implique et leur sauve la vie. Il le paye de la sienne. Il est puni de ne pas avoir respecté sa déontologie d'observateur et de non intervention.
Lorsque Samy est tué, Lee réalise que cette guerre lui a prit son mentor. Il était la conscience qui la tenait tant bien que mal rattachée à sa mission. Elle efface la photo qu'elle avait prise de sa dépouille, montrant qu'elle veut retrouver son humanité (hommage). Joël, plus choqué que prévu, pète un plomb et se défonce. Au réveil, il est devenu obsédé par son projet d'interview et toute humanité (et neutralité) à disparue avec la mort de ses amis et de Samy. Lui, il a basculé.
De quel côté tombera Jessie? Il est fort probable qu'elle se sente coupable.

Lors de la bataille, Lee craque et perd ses moyens. Elle est prostrée et ne fait pas de photos. Jessie, endurcie par les épreuves, a prit la place de Lee. Elle prend des risque et mitraille, comme le groupe soldats. Elle se sert de son appareil argentique qui fonctionne comme un fusil, tire et recharge. (Pas mal de commentateur.ice.s ont interprété son choix de l'argentique seulement comme de la frime, du romantisme grossier. C'est condescendant et traduit une sorte de dénigrement de la jeunesse en lui prêtant systématiquement des intentions médiocres).
Lee reprend ses esprit, comme un réflexe professionnel. Elle flaire le scoop.
Dans le dernier assaut, Jessie, imprudente, est sur le point de se prendre une rafale. Lee intervient et prend les tirs à sa place tandis que Jessie prend des photos.
Lee est punie à son tour d'être intervenue. C'est finalement Jessie qui a prit une photo de Lee qui se fait abattre. Elle est choquée. Ni elle ni Joël ne vérifie si Lee est encore vivante (après tout elle porte un gilet par balle). Quelle insensibilité ! Sans doute que la mort d'une journaliste n'est rien par rapport à l'Hisotire qui se déroule à quelques pas.
(Nous alarmons-nous tant que ça sur la mort des journalistes ? L'armée isrélienne en a tué plus lors de son assaut sur Gaza que dasn tous les autres conflits réunis actuellement, et pourtant, cela ne freine pas le massacre).

Les deux journalistes restant sont à deux doigts de mettre la main sur le scoop de leur vie. Joël ne respecte aucune éthique et interrompe les soldats pour poser sa question au président. Jessie prend la photo. Le film se termine sur un cliché des soldats qui posent avec la dépouille du despote comme une photo de trophée de chasse, cynique (ça rappelle le générique de fin de La nuit des morts vivants).

SOLDIER GAZE

Le film évite jusqu'à l'assaut final de prendre le point de vue des soldats et reste sur celui des journalistes. La guerre n'est pas esthétisée. Les combattants ne sont pas des héros.
Ce qui me dérange, c'est qu'à la fin, lors de la bataille de Washington, on prend le point de vue des soldats. Il y a des plans spectaculaires (vue aériennes des tirs de roquette, les hélico qui survolent les monuments...), de l'esthétisation (la troupe qui avance sur les toits, en contre-jour à la lueur des balles traçantes), des champs/contre-champs entre ceux qui tirent et leurs victime donnant un aspect victorieux, héroïque à l'unité qui pénètre dans la maison blanche.

 

Les fils de l'homme, le plan séquence légendaire

La scène prétend vouloir s'inscrire dans la lignée des fils de l'homme mais me parait plus proche de Call of Duty (attention - je ne fait pas intervenir une réf. de jeux vidéo pour dénigrer ce médium, au contraire, je considère le JV et le ciné comparables et COD est une franchise exemplaire sur cette question). Cette séquence me parait alors osciller entre la continuité de la condamnation de cette guerre et le fait de céder à l'esthétisation de celle-ci (on voit qu'il cherche à convoquer des films qui l'ont inspiré comme Les Fils de l'Homme, Apocalypse Now ou la Chute du Faucon Noir...).
S'il s'agissait de montrer que le point de vue de Jessie avait changé, c'est confondre le propos du film et le point de vue du personnage. Pas besoin que le film adopte le point de vue des soldats pour comprendre que les personnages ont perdu leur distance.

Ne cède-t-il pas non plus à son plaisir de fumer un despote lorsqu'on connait ses préférences. Dans ce cas, le film me parait un peu lâche. Pourquoi avoir tourné autour du pot? En faisant mine de ne pas y toucher comme si ce n'était pas assumé. Aurait-il eu peur en pleine période électorale aux USA?

Ou bien cède-t-il, comme Verhoeven, à la tentation du spectaculaire, en particulier pour répondre aux attentes implicites d'un climax sous forme de bataille finale ? "Faut que ça claque! Un assaut sur Washington (COD MW2), faut des chars, des roquettes partout, des hélicos, des avions, faire péter des trucs etc..." Et il en avait les moyens.

COD MW2 ou scène finale de Cvil War ?


C'est comme si le film changeait de point de vue avec les persos, or c'est le dernier mot du film. Ce qui le rend cynique à mon avis (plus qu'une mise en garde).
C'est le contraire de Dune, qui met les scènes d'action au milieu du film et évite d'en faire des caisses au climax car ce serait faire trop d'honneur à la prise de pouvoir d'un despote.

- Je repense à ce célèbre plan séquence dans Les Fils de l'Homme. La bataille du camp de réfugié (le climax) filmé en plan séquence. Il n'y a pas de champ/contre-champ. On ne prend jamais le point de vue des soldat. Nous sommes toujours à distance, menacé. On ne voit pas bien sur qui ils tirent ou qui leur tire dessus, à part de lointaines silhouettes. Les contre-champ de Garland coupent l'immersion et les plans sur les tireurs sert le langage du conflit. Alfonso Cuaron ne perd jamais son intention, celle de suivre un civil en danger. Non pas de mener un assaut mais de le subir. On insiste sur les victime, pas sur les meurtriers. On voit des civils, des blessures.
- Je repense à la scène de Sicario dans les tunnels. Là, nous sommes du point de vue des membres du commando, et pourtant. Les soldats pénètrent dans les passages souterrains pour éliminer les tueurs d'un cartel. On est derrière les tireurs, on ne voit rien. Il fait nuit, les tunnels sont étroits. Il utilise beaucoup le hors champ. Nous avons la tension, le danger, mais pas la satisfaction de la puissance. Ça reste spectaculaire dans la mise en scène et le graphisme, mais la violence n'est pas esthétisée ou rendu jouissive. C'est froid et sans gloire.
- Je repense à la scène de fusillade finale de l'ordre et la morale. Mathieu Kasovitz a préalablement humaniser les preneurs d'otage. La caméra suit les opérateur du GIGN, on sent la tension, le danger etc... comme pour Sicario, il y a des tirs, on croise des cadavres, mais nous ne nous repaissons pas de mises à mort. Après l'assaut, les victimes sont montrés dominées ou torturées. On ne peut pas trouver cet assaut héroïque.

J'aurais préféré que le ton du film se maintienne. Ce que je déplore, ce n'est pas que la promesse d'un titre et d'une bande annonce ne soient pas respectées. Mais plutôt que j'ai l'impression que le film se contredit, pour privilégier une réponse de qualité moindre. J'ai bien peur que s'il voulait critiquer la guerre, il n'ai livré une scène d'action qui la sert.

Et le public ne s'y trompe pas en argumentant que cette scène d'action spectaculaire vaut bien de se taper l'ennui de ce qui précède. "Ce n'est pas un film d'action mais ne vous inquiétez pas, il y a une bataille qui défonce à la fin". Contradictoire.
C'est tout ce que je voudrais éviter dans mes prochaines œuvres.

Soit le film est anti-guerre et il dérape à la fin.
Soit le film est antifa et il n'assume pas assez.
Soit, il est confus et c'est le risque de perdre la maitrise.
Soit, un truc m'échappe et c'est tout aussi probable. Quelqu'un a une hypothèse qui éclair ce choix de façon logique ?

CYNIQUE WAR

Pour conclure, Civil War n'est pas vide.
Il livre un regard qui n'est pas révolutionnaire, certes, mais qui fait office de rappel et de provocation. Si le film ne parle pas assez de la guerre civile, il en provoque une chez le public. Il révèle les clivages que l'on prétend absent du film. Et c'était surement son objectif. Si on juge un film aux réactions qu'il provoque, ce film a une influence et nous nous sommes fait bolosser. Bravo l'artiste.

Il est très bien réalisé (autant dans la mise en scène que dans la technique), les actrice et acteurs font grave le job. La progression des personnage est très intéressante car elle pousse à réfléchir sur la condition du journalisme (nœud névralgique de nos sociétés) même si les snobs trouveront toujours une œuvre qui a fait mieux (et alors?).
C'est ce qui le rend très politique dans le sens philosophique et non anecdotique (oubliez le contexte on s'en fout). Il penche plutôt vers l'humanisme même s'il peut sembler pessimiste.
C'est encore un de ces films d'auteurs qui s'injecte de l'action, sorte de crossover que l'on peut voir dans Joe, Les Brasiers de la Colère etc...

Je trouve son rapport à la violence contradictoire et contre-productif à la fin.
Ce qui me laisse une impression de cynisme plus que de mise en garde.
La fin est un moment décisif pour les personnages comme pour le sens du récit, il faut s'assurer qu'elle soit cohérente dans le fond comme dans la forme. Je reste assez convaincu qu'on se fout que le contexte soit clair, mais qu'il faut que l'intention du film le soit (ce qui ne signifie pas de donner une réponse. Par contre, la question doit être explicite).

Finalement, le despote est tombé, mais qui prendra le pouvoir? Il y a dans les forces rebelles des types pas très progressistes (boogaloo bois et xénophobes). Quant aux journalistes qui survivent, ce ne sont pas les plus éthiques.
Je suis un petit peu déçu, à moins que je sois passé à côté moi aussi.
Je devrais le revoir.

Certains ont dit que ses interviews étaient plus intéressantes que son film, il y a une part de vérité. Moi je dis que les commentaires et clivages générés par le film sont encore plus intéressantes et justifient à elles seules cette proposition cinématographique.
J'espère qu'il saura être plus explicit sur ses intentions dans ses prochaines œuvres.
Malgré tout, c'est un film qui pousse à penser, qui fait parler. Il traite de sujets importants. On peut s'en saisir. Je le recommande pour tout ça et je continuerais d'accorder ma confiance à Alex Garland qui fait des film de genre qui se dégustent à l'apéritif.

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DUNE - RÉSOUDRE LA DISSONANCE CINÉMATO-NARRATIVE

Publié le par Mikeulponk

Dans mes réflexions sur le récit, les dernières adaptations ciné de Dune, par Denis Villeneuve, m'ont apporté pas mal de matière.
Je vais essayer de livrer mes idées et d'expliquer pourquoi je trouve que cette nouvelle adaptation est une œuvre mature et ambitieuse qui pète la gueule à Star Wars.
Mais cela ne semble pas toucher une grande partie du public, s'il n'est pas carrément passé à côté.

SUR UN MALENTENDUNE

Dune est un roman de SF publié par Frank Hebert au milieu des années 60 (en pleine guerre froide).
Frank Herbert avait fait un peu de politique (c'était un réac tendance anti-gouvernemental) et en était ressorti très déçu avec la conclusion qu'il ne fallait pas faire confiance aux hommes providentiels. Il les voit comme des ambitieux qui embarquent les populations dans leurs croisades personnelles de pouvoir et qui sont vite dépassés par les catastrophes qu'ils provoquent.
Avec son premier roman, DUNE, il voulait critiquer les intrigues de pouvoir, le fanatisme et la guerre tout en partageant son intérêt pour l'écologie.
Manque de bol, il a surement surestimé son lectorat car le message n'est pas passé. Ce n'est peut-être pas si évident pour tout le monde que le despotisme, c'est mal. Aussi courageux soit le tyran, ce n'est pas une excuse.
Mais le malentendu est si général qu'on doit reconnaitre que l'auteur n'y est pas pour rien non plus. Il a créé un mythe qui a plus fortement mit en valeur le héros conquérant que le message de mise en garde, un peu trop subtil (et peut-être un peu trop ambigüe, étant donné qu'il est plutôt de droite, un camp à tendance conservatrice mal à l'aise avec la révolte).

La fin des années 60 n'arrange rien avec l'avènement du psychédélisme et du mouvement hippie, séduit béatement par l'aspect mystique.
C'est un échec idéologique aussi amère que son succès commercial (c'est l'un des romans de SF les plus lu au monde).
D'ailleurs, je n'ai, au départ, pas échappé à ce malentendu.

Parmi ses qualités, il y a bien sûr l'univers très séduisant de space-opéra (Spice Opera) désertique avec ses intrigues de cour typiques.
Son univers très empreint d'écologie (Herbert a travaillé sur le sujet de la désertification des côtes aux USA) et dépouillé de technologies informatiques.
Enfin ce côté rétro est compensé par un aspect psychologique (il est psychanalyste Jungien) et politique complexe.
Ce rapport à la technologie (retro) et à la psychanalyse (individualiste et new âge) est ambigüe car ils flirtent avec le lore réac.

Frank Herbert publiera après Dune part1 & 2, des suites pour clarifier son propos (notamment Le Messie de Dune et Les Enfants de Dune). C'est en effet bien plus explicite.
Mais ces suites sont moins suivies par le public qui semble vouloir rester sur le récit héroïque pourtant tant méprisé par l'auteur.
Quand ton œuvre est récupérée pour servir le message contraire à celui que tu voulait faire passer, c'est que tu t'es planté garçon.
Il faut que ce genre d'exemple servent aux auteur.ice.s à prendre conscience qu'un récit doit être clair. C'est à dire maitriser autant dans son fond que dans sa forme. C'est tout le sujet de ma réflexion depuis quelques années.

LA TRAVERSÉE DU DÉSERT

Au milieu des années 70, un auteur farfelu du nom de Jodorowsky veut adapter ce roman (Dieu lui aurait dit de le faire en rêve).
Il ambitionne de réaliser le plus gros film de SF de tous les temps. Mais la démesure du projet le fait logiquement échouer (Voir le docu de 2013 Jodorowsky's Dune).
Pour ce titanesque film, Jodo avait réuni une dream-team de créatifs qui ont pu réinvestir leur travail dans d'autres production plus réalisables tels que Alien et Star Wars. On lui doit au moins ça et ce n'est pas rien. La légende du Jodorowsky' Dune enflamme l'imagination sur ce qu'il aurait pu être. Jodo a pu réinvestir ses idées dans la bande dessinée, en France, avec Moebius (l'Incal) et Gimenez (la Caste des Méta-Barons). Deux sagas mémorables.
Après tout, c'est sans doute mieux comme ça.

En 1984, David Lynch réalise la première adaptation cinéma du roman.
Lynch est à priori bien placé pour mettre en image le trip halluciné que promet Dune, mais les studios ont encore fait la preuve de leur incompétence en sabotant l'œuvre voulu par Lynch (en lui volant le final cut par exemple), qui désavouera le film immédiatement.
En effet, le film est peu compréhensible, carrément expédié en deux heures, avec de nombreuses incohérences (en particulier l'âge du personnage principal) et des effets spéciaux (pitié, les boucliers, les incrustes...)déjà obsolètes pour l'époque (Alien était déjà sorti il y a cinq ans et Blade Runner deux ans plus tôt).
Le truc original du film, à savoir développer une arme à partir de la voix, fonctionnait surement très bien sur le papier, mais à l'écran, je trouve que ça se plante.

 

Il y a cependant quelques éléments mémorables tels que la musique de Toto, une exposition en introduction qui fonctionne, des scènes avec les Harkonens qui font froid dans le dos (ça fait parti de mes frissons d'enfance).

L'adaptation rêvée n'était pas celle-ci et le roman acquis la réputation d'être inadaptable.
À la fois à cause de son récit très littéraire (il n'y a presque pas d'action dans le roman, beaucoup de dialogues internes) et par son univers mystique qui inspire des idées réputées impossibles à traduire techniquement (comme la préscience).

Dans les années 90, une série de jeux vidéos va relever le niveau en maintenant vivante la mémoire de cet univers tout en se payant le luxe de poser les bases du RTS.
En 2000, une série télé tente sa chance et ce n'est pas si mal. Les choix graphiques sont discutables mais au moins le récit prend le temps nécessaire. C'est une adaptation fidèle mais sans courage qui a cependant le mérite d'exister.

Il faudra attendre 2021 pour avoir enfin une adaptation cinéma qui aura l'ambition artistique et les moyens adéquat pour oser s'attaquer de nouveau à ce gros morceau de SF.

D'UNE...

Denis Villeneuve est l'heureux élu qui aura l'honneur et la périlleuse mission d'adapter ce monstre sacré de la SF. Le canadien a commencé dans le documentaire. Sa filmographie propose déjà un style sobre et spectaculaire. Premier Contact est un chef d'œuvre et Blade Runner 2049 la clef qui lui ouvre les portes de Dune.
La confiance était permise.

Lorsque j'ai vu Dune première partie, j'ai été très agréablement satisfait, autant par la forme que par le fond. Je n'avais pas beaucoup d'attente (il valait mieux éviter vu les précédentes déceptions). Mais j'ai kiffé. Je n'avais pas vu un univers aussi séduisant et immersif depuis longtemps au ciné.

Denis Villeneuve a dû faire, avec ses scénaristes, des choix d'adaptation audacieux. Mais je crois les comprendre et j'en valide la plupart.

Le film est ouvert par Chani et non par la princesse Irulan, comme dans le livre et l'adaptation de Lynch.
Irulan était considérée comme la narratrice car elle est la biographe de Paul. Les chapitres s'ouvrent tous par des extraits des livres dont elle est l'autrice (en épigraphes).
C'est un parti prit très significatif d'avoir remit les Fremen au cœur du récit. L'œuvre est placée sous le point de vue des indigènes et non plus des puissances (contre intuitif pour un film américain, surement parce que Denis Villeneuve ne l'est pas - à l'instar de Paul Verhoeven). Cela permet d'attribuer un rôle plus proéminent à Chani. Et c'est l'un des choix les plus forts du films. J'y reviendrait quand on en sera à la partie 2 (où son rôle se déploie).

Irulan n'est pas présente dans la première partie, ni l'Empereur.
Un choix sans doute motivé par la volonté de simplifier un premier volet dédié à l'exposition de l'univers et des enjeux.
Pourquoi présenter des personnages qui, de toute façon, n'auront pas d'utilité immédiate dans cette première partie? Bon choix selon moi. En plus ça garde un peu de surprise sur le casting de la suite.
Autre personnage absent du premier volet, Feyd-Rautha. Pour la même raison, chaque chose en son temps.

Les scénaristes font aussi le choix de privilégier l'ordre des Bene Gesserit, et allègent l'histoire en mettant les Mentats et les autres ordres en fond. Pourquoi pas. Le récit se concentre et ce n'est pas gênant dramaturgiquement. Un peu dommage quand même pour une chose : Thuffir Hawat (Stephen McKinley Henderson). Il a su provoquer ma sympathie malgré son petit nombre d'apparitions.

La trahison du dosteur Yueh (Chang Chen) est basée sur la surprise et nous ne sommes pas convié à partager le dilemme moral du personnage bien plus construit dans le livre.
Le Baron Vladimir Harkonen (Stellan Skarsgard) est traité très différemment du livre. Dans le roman, c'est un personnage excentrique et très bavard qui manipule et calcul à longueur de temps. Les intrigues sont complexes et très poussées. Je reviens sur l'importance de ces deux personnage un peu plus loin.

Autre personnage qui a subit un changement notable, Lyet Kynes (Sharon Duncan-Brewster) qui est devenu un personnage féminin. Très bon choix à mon avis. Ça ne change rien à l'histoire (Kynes n'avait pas besoin de pénis dans l'œuvre d'origine). Un rôle féminin supplémentaire est offert à une œuvre qui en manquait un peu, surtout au début, avant l'arrivée de Chani.
La prestation de l'actrice est bonne, que veut-on de plus?

D'ailleurs, casting de fou, tous les acteurs et actrices sont à la hauteur. Le duc Leto Atréide (Oscar Isaac), Dame Jessica (Rebecca Ferguson), Gurney Halleck (Josh Brolin), Raban (David Bautista), La révérende mère Gaius Helen Mohiam (Charlotte Rampling), Jamis (Babs Olusanmokun)...

Dans le livre, les Sardaukars sont sous uniforme Harkonnen. Mais ils sont démasqués par ceux capable de distinguer leur technique de combat. Sans doute un élément trop difficile à rendre au cinéma (art visuel), donc ils se battent avec leurs propres uniformes. C'est un détail.
Les combats avec les boucliers, qui imposent un coup lent pour le traverser, sont surement très difficiles à mettre en scène. Je regrette tout de même qu'une solution meilleure n'est pas été trouvée. Idem pour "l'Art Étrange du Combat" qui est sensé être un art martial très particulier mais qui ne trouve pas de traduction visuelle spécifique non plus.
Aussi, si un laser touche un bouclier, il y a le risque de provoquer une explosion énorme et de tuer tout le monde aux alentours. Les lasers sont donc utilisés avec une extrême précaution imposant ainsi les combattants à s'affronter à l'arme blanche la plupart du temps. Le film ne s'embarrasse pas de ce détail car il ne veut pas se priver de scènes avec des laser (poursuite de l'Orni de Duncan Idaho (Jason Momoa) dans l'Attaque d'Arrakeen). Mais alors on se demande pourquoi ils ne se tirent pas dessus au laser plutôt que se livrer à des combats à l'épée plus archaïques. D'autant plus que les fusils laser seront plus présent dans la seconde partie.
Mais ce ne sont que des chipotages de forme.

Sur le fond, je reviens sur le choix d'avoir offert aux Fremen d'ouvrir le film, qui permet déjà d'atténuer l'aspect sauveur blanc de Paul. "Qui sera notre prochain oppresseur?".
Ce choix est déjà une preuve que Denis Villeneuve a compris le sens de l'œuvre et il la modernise comme il faut. C'est tout le but d'une adaptation.

On peut noter au passage les moments mémorables tels que cette embuscade Fremen qui introduit le film, qui présente le style très graphique, ces designs empruntant au monde animal, le sound-design qui tabasse avec ses prises de sons réelles...
La scène de l'arrivée des Bene Gesserit de nuit, sous la pluie, avec cette bande son très appropriée. La scène de présentation des Sardaukars sur Salusa Secundus, toujours avec une ambiance musicale terrible.
La présentation de Stilgar joué par Ravier Bardem, très inspiré et juste.
Le sauvetage de la moissonneuse, très réussie.
L'attaque de nuit à la fois épique et anti-spectaculaire, malgré cette scène contradictoire de Duncan en Ornitoptère fuyant un laser (elle est de trop à mon goût mais se justifie, de toute évidence, parce que c'est cool et stylé).

La volonté de simplifier le récit pour le rendre compréhensible et accessible sans trahir l'esprit de l'œuvre est une réussite selon moi. La réduction des explications sur certains éléments de l'univers n'est pas dérangeante et ne fera grincer des dents que les puristes. C'est un film destiné à un large public qui ne connait pas forcément l'œuvre d'origine. Il ne remplace pas le roman. Les deux ont leurs atouts et se complètent à merveille.

Mais je regrette tout de même deux choses. D'abord le traitement de Yueh.
Nous mettre dans la connivence de son calvaire aurait renforcé l'aspect cruel de l'univers, caractérisé plus finement le Baron et installé un peu d'ironie dramatique. La trahison est un peu téléportée et on frôle le cliché de l'asiatique fourbe. Regrettable.
Ensuite, le traitement du Baron et des Harkonnens en méchants brutaux et caricaturaux m'irrite. Le Baron est inquiétant esthétiquement mais il n'a pas l'ampleur du roman. Il ne passe pas pour un être aussi intelligent que dans le livre. Cela ôte une grande part de la subtilité et de la nuance du récit. Dommage. Même la référence évidente à la présentation du colonel Kurtz dans Apocalypse Now ne suffit pas à remplacer les scène qui auraient pu le caractériser plus finement. Par contre, c'est bien d'avoir viré l'aspect homophobe de sa caractérisation présent dans le livre (Herbert était homophobe et en conflit personnel avec son fils à ce propos).

En conclusion, à la première vision, j'ai été totalement plongé dans cet univers.
J'ai adoré les choix graphiques et sonores (musique et sound design). Denis Villeneuve avait raison de dire que regarder Dune sur un petit écran, c'était comme faire du hors-bord dans une baignoire.
J'ai su apprécier les choix d'adaptation au lieu de me braquer comme un fétichiste borné.
J'ai lu des critiques qui reprochaient au film une lenteur typique du style de Villeneuve. Il m'a semblé qu'il y avait des longueurs mais je n'ai pas vu les 2h30 passer. J'avais aussi regretté une faiblesse dans l'intégration de la musique, qui m'avait semblée plus jouissive à l'écoute préalable (la bande son était sortie avant le film).
Quant aux différences notables avec le roman, je n'avais pas pu m'empêcher de les remarquer et d'y réfléchir pendant mon visionnage, me sortant temporairement du film. Sans grande conséquence parce qu'il arrivait à me recapturer très rapidement.
Lorsque je l'ai vu une seconde fois, tout ce qui m'avait gêné avait disparu. À part le traitement du Baron. Pour une œuvre qui se veut un Star Wars pour adulte (et moi je dirais même un anti-Star Wars), c'est vraiment le défaut du film d'avoir des méchants aussi clichés.
Mes gênes à la première visions étaient grandement dû à ma connaissance du récit. J'en était débarrassé pour la seconde vision et j'ai donc pu profiter du film.

Beaucoup de critiques se sont portées sur le traitement de Paul (Timothé Chalamèche).
Trop dépressif et suscitant peu d'identification. Beaucoup de spectateur.ice.s disent être restées à l'écart, voir insensibles aux personnages.
Je crois que personnellement, je comprend l'état de Paul. Ce sentiment de mélancolie face à un rôle et un destin tout tracé dans un monde qui le dépasse me semblent justifié. C'est un sentiment à rapprocher de celui éprouvé par les nouvelles générations confrontés à l'inéluctable destruction annoncée du monde tel qu'on le connait. Paul est accablé par son destin comme on est démuni face au changement climatique, ou à un monde politique hermétique et de moins en moins démocratique (élitiste et autoritaire). C'est un monde où des vieux ont décidé pour toi de ce qui allait se passer, en dépit du bon sens. C'est un piège mortel (existentiel) qu'on voit se refermer sur nous, sans qu'il ne paraisse possible de le déjouer. Une tragédie pure.
Denis Villeneuve est en effet réputé pour son style et ses œuvres profonde, mais pas pour sa capacité à l'empathie sur les personnage ou les grandes émotions, ni pour maitriser l'action grand public.
Je dirais plutôt, en ayant l'impression de partager sa sensibilité, qu'il s'agit d'un registre d'émotions plus subtiles, suggérées, mélancoliques, qui cohabitent avec une personnalité à tendance intellectuelle. Ce n'est pas qu'il ne ressent pas, mais il ressent différemment. Je crois.

Je passe sur les critiques peu constructives à propos d'une SF qui ne saurait plus rêver, de peine à jouir... Je pense que celles et ceux qui disent ce genre de bêtises devraient commencer par s'adresser ces remarques. D'essayer de critiquer une œuvre en se demandant pourquoi l'artiste à fait ces choix, qu'a-t-il ou elle voulu dire et si c'est réussi, plutôt que de se contenter de bouder parce que l'artiste n'a pas fait ce que on aurait voulu. Autrement dit, ce n'est pas parce que ça ne vous plait pas que c'est mauvais. C'est peut-être vous qui n'avez pas compris, ou qui avez des goûts de chiotte.
L'œuvre n'est pas parfaite, il est légitime d'avoir des critiques (c'est le cas ici). Mais étant donné l'intention de l'œuvre d'origine, et la vision du réalisateur, je crois bien que le film est une adaptation réussie.

Cela dit, la fin de cette première partie, un peu expédiée, ne pouvait que nous laisser sur notre faim. Nous avons vu une introduction prometteuse. Il faudra attendre deux ans pour savoir si Denis allait tenir ses promesses.

... ET DE DEUX

Je l'attendais mais je me suis vraiment méfié de mes attentes. J'ai évité de regarder la bande annonce.
Tout ce que je souhaitais, c'est qu'on ne s'arrêta pas au mythe de Paul et qu'on conserve la critique initiale des figures héroïques. Le film ne m'a pas déçu.

Il y a aussi de grandes différences dans cette deuxième partie.
Cette fois-ci, Irulan introduit le film et l'Empire fait son apparition. Des seconds rôles sobres mais bien utilisés. Le casting est top (Christopher Walken et Florence Pugh).
Feyd-Rautha (Austin Butler) également. Qui ne rattrape malheureusement pas les lacunes de la caractérisation des Hakonnens. D'autant plus que le parallèle avec le nazisme est surligné (défilé militaire et slogans "blood and honor"...). Je ne suis pas d'accord pour simplifier la nazisme dans des caricatures de brutes sanguinaires bêtes et méchantes. Ça nous empêche de comprendre ce qu'était réellement le nazisme et nous condamne à ne pas le voir lorsqu'il se réincarne sous notre nez (aujourd'hui plutôt costard cravate que bottes et batterie de cuisine).

À l'issue du premier visionnage, j'ai eu l'impression que l'apprentissage Fremen de Paul était un peu expéditif et la relation avec Chani précipitée. Mais au deuxième visionnage, ça ne pas m'a pas gêné.
Décidément, Dune (partie 1 comme 2) mérite un second visionnage pour être pleinement apprécié.

Les designs nous régalent de nouveau et le son est un atout majeur à ne pas sous-estimer.
Faut le voir au ciné vraiment!
Rien que pour la salle qui tremble à cause du son qui vous fait ressentir les vibrations du sable pendant les scène de chevauchage de vers.
Scène qui par ailleurs aurait pu être très kitsch lors de la bataille finale mais qui fonctionne à fond (des guérilleros shooté à l'épice foncent sur des vers géant en pleine tempête de sable après avoir fait explosé une montagne avec une bombe nucléaire pour péter la gueule à une armée de viking intergalactique).
La scène d'intros avec les soldats Harkonnens qui lévitent est glaçante. Par comparaison, les stormtroopers dans Star Wars ne m'ont jamais fait peur.

La scène de l'attaque de la moissonneuse, très jeu vidéo, prouve que, s'il le veut, Denis Villeneuve peut nous livrer une scène d'action avec une dramaturgie interne digne d'un Indiana Jones. On doit alors comprendre que s'il ne le fait pas, c'est qu'il y a une bonne raison.
Les costumes (en particulier des révérendes mères) sont somptueux.
Bref côté univers et production-design, Denis Villeneuve nous régale une fois de plus.
Il y a cependant un problème de cohérence au moment où Feyd reprend le commandement à Raban. Il suffit à Feyd d'arriver et d'attaquer une montagne (le Siecth Tabr) pour se rendre maître du nord. Je comprend mal ce qui a empêché Raban de le faire, ou ce que Feyd aurait fait de spécial pour obtenir de meilleurs résultats. Ce n'est pas clair et ça donne une impression de débilité, du genre, "il suffisait de faire ça? Pourquoi ne l'a-t-il pas fait avant?", bref.

Quittons la forme pour s'occuper du fond.
Il y a quelques différences d'une grande importance qui, pour moi, donnent une grande valeur à cette version de Villeneuve. Les Personnages de Chani et de Stilgar qui livrent un propos critique et moderne sur la religion en adéquation avec les intentions d'Hebert sans être aussi ambiguë que l'auteur d'origine. En fait, plus sympathique (et empathique) avec les révolutionnaires.

Dans le livre, Chani est une femme dévouée à son mari. Son rôle est un rôle de légitimation morale au sein de la tribu. Elle donne naissance à la descendance. Elle l'accompagne en bonne épouse et reste dans son ombre.
Un rôle proche de celui de Neytiri dans Avatar 2 (film dégoutant de patriarcat).
Chani (Zendaya) est le personnage qui sauve le propos du récit. Le livre n'avait pas été clair car il contredisait son intention en attribuant à Paul un parcours héroïque sans alternative pour juger de sa dérive. Chani incarne ce regard critique et permet aux spectateur.ice.s de s'identifier à un parcours plus représentatif du propos que le récit a pour ambition de servir.
Un personnage qui garde sa force et son intégrité. Chani est le potentiel personnage principal de cette nouvelle adaptation. On glisse au fur et à mesure vers son point de vue tandis que Paul s'éloigne de nous.
Très grande réussite à mon avis.

Il est possible que l'échec de Herbert soit dû à ses opinions réactionnaires car tout aussi anti-gouvernemental était-il, il était aussi très hostile aux révolutionnaires. En gros il critiquait le système mais n'avait rien à proposer. Ce qui donnait à son livre un ton pessimiste et misanthrope tandis que Chani a le potentiel d'incarner l'énergie révolutionnaire de la jeunesse face aux despotismes.

Quant à Stilgar. Charismatique dans le premier volet, sa ferveur béate le rend pathétique dans le second. Un traitement comique inattendu qui a fonctionné sur moi.
Il est attachant par son côté presque enfantin. On rit d'abord avec la jeunesse septique. On s'inquiète ensuite quand Jessica attise le mythe et que les visions de Paul présagent du pire. Enfin, on fini terrorisé par cette religion qui est passée du folklore à un fanatisme génocidaire cosmique en clôture du film. Tout le propos est porté intelligemment par le trio Paul, Chani, Stilgar. Et l'interprétation des acteur.ice.s fait grave le job.

Je regrette une absence dans le film : Alia.
Elle a du être mise de côté pour les mêmes raisons qu'Irulan et Feyd-Rautha l'ont été de la première partie. La concentration de l'intrigue.
Or, cette fois-ci, je me demande comment ils vont pouvoir rattraper ce dont cette absence nous prive. Alia était sensée souffrir de la mort de son petit frère (absent aussi) et tuer le Baron Harkonnen (alors qu'elle n'est qu'une petite enfant). Ce qui lui provoquera dans la suite des tourments centraux dans l'intrigue. Nous sommes privés d'une scène très puissante et on verra comment ils comptent rattraper ça. Pour l'instant, ils ne m'ont pas déçu.

Bref, j'ai kiffé et je suis soulagé que l'œuvre ait respecté le propos qui justifie son existence.
Le scénario est épuré mais il est d'autant plus compréhensible et puissant. Les acteur.ice.s remplissent leur mission à merveille. Le monde créé par Villeneuve rend hommage à l'univers créé par Frank Herbert et égale Mad Max Fury Road ou le Seigneur des Anneaux dans les sagas monde spectaculaires. Dune a enfin une adaptation qui permet d'apprécier ce que cet univers a à proposer de spécifique. J'ai hâte de découvrir la suite qui achèvera surement de clarifier l'enjeu (peut-être un peu plus d'écologie) et aura sans doute un impacte sur notre culture à cette époque de retour des despotes et des fanatismes religieux ou politiques apocalyptiques.

STAR WARS C'EST POUR LES BÉBÉS

Voilà maintenant ce que je retire de ces deux films dans ma réflexion sur le récit.
J'ai découvert Dune aux alentours de ma dizaine avec le film de Lynch. J'ai donc connu ce récit comme une aventure héroïque exotique.
J'ai approfondit mon attachement à cet univers en dosant le jeu Dune 2000 (RTS sorti en 1998). Campagne de gestion et conquête classique.
Vers seize ans, j'ai voulu me réconcilier avec la lecture. J'en avait été dégouté par l'école et j'avais bien le sentiment qu'en me privant de ce médium je passais à côté de quelque chose. Pour reprendre avec une œuvre qui saurait capter mon attention, je choisi Dune.
Il faut avouer que ça n'a pas été facile. Ce n'est pas un livre simple. J'avais eu du mal à me concentrer. Mais j'ai fini par y arriver. J'ai d'ailleurs pu aller plus loin que le récit proposé par le film de Lynch car j'ai lu les deux suites directes bien plus explicites.
J'étais devenu un petit punk et donc prêt à accueillir cette vision critique du pouvoir.
Mon attachement n'en fut que plus renouvelé.

Vers la trentaine, je l'ai relu et j'ai même commencé à travailler dessus pour en faire une adaptation en BD car j'estimais, comme la majorité des amateur.ice.s du roman, qu'il n'avait pas encore été adapté à la hauteur de son potentiel (J'ai fait quelques essais en dessin mais je n'avais clairement pas le niveau pour développer un tel univers).
Puis vint l'annonce d'une adaptation par Denis Villeneuve.
Ce qui relança mon intérêt, m'y replongeant muni du MOOK sorti en 2020.
Je suis très satisfait des deux films sortis en 2021 et 2024. J'attend avec impatience la suite qui devrait sortir quatre longues années plus tard.

Peu avant (en 2019), une fameuse saga venait de terminer un nouveau cycle. La troisième trilogie Star Wars. Cette nouvelle trilogie m'a tant déçu que ça m'a surement permis d'apprécier d'autant plus Dune.
Le premier volet, l'épisode VII, le réveil de la force, était un remake de l'épisode IV, un nouvel espoir (ma trilogie de référence). On sentait bien qu'il fallait resservir un doudou aux fans et cela m'a passablement ennuyé. Mais elle apportait un potentiel narratif avec le personnage de Kylo Ren.
Dark Vador était un gentil qui voulait être méchant alors que Kylo Ren est un méchant trop gentil (c'est simplifié, mais pas tant). Bref, un premier volet bien foutu visuellement, mais assez vide et sans audace. Il avait cependant l'avantage de ne pas avoir trop monté les fan contre lui, il pouvait donc se permettre de tenter des trucs dans la seconde partie.
Et en effet l'épisode VIII, les derniers Jedi, tente des trucs. Il remet totalement en question la figure héroïque de Skywalker. C'est un parti prit très moderne (même post moderne et méta), et sans doute inspiré par Dune. J'ai beaucoup aimé cet aspect de désacralisation du héros. Mais ce n'est pas le cas des fétichistes benêts qui ont incendié le film. Disney, qui produit le film, n'a pas la moindre conviction. Ils veulent juste faire du fric. Ils ont donc cédé aux fans et fait en sorte qu'on resserve de la soupe aux bébés starwarsophiles. Tout ça pour que le troisième volet déçoive tout le monde car il est un énième produit commercial à grand spectacle sans portée, indigne du devoir que la SF doit remplir et tant que genre narratif.

Denis Villeneuve a eu le courage et la liberté de faire ce que Star Wars a loupé. Livrer un récit moderne et profond. Qui parle de politique sans prendre son publique pour des neuneus.

NOBLE CAUSE OU CAUSE DE NOBLE ?

J'ai personnellement entreprit il y a quelques années une forte remise en question de mes propres schémas narratifs. (voir cet article où j'entamais ma réfléxion ça commence au tier de l'article à partir de "La relation entre éthique et esthétique dans la création artistique est un dilemme qui me taraude depuis longtemps").

En relisant un vieux scénar de SF, je me suis rendu compte qu'il était ultra ringard. Plein à craquer de toutes mes refs de SF sans digestion. C'était un mélange de Mad Max et de Dune avec du zombi à la Romero. Or les temps et mes opinions politiques ayant changés. Les récits colportés par ces films (une espèce d'angoisse bourgeoise et xénophobe qui valorise le héros viril individualiste) ne m'intéressent plus du tout, au contraire, je les combat.
La période du COVID a achevé de me faire réaliser les dégâts causés par ce genre de récits qui influencent nos comportements. Les récits sont des pré-scénarisations à prendre au sérieux.
Les questions étaient donc multiples. Comment faire un récit stimulant et divertissant sans passer par le schéma habituel du héros triomphant ? Sans décrire un parcours individuel ? Sans transmettre une vision du monde anxiogène de dégénérescence regretté d'un empire idéalisé ?

Mon éthique et mon idéal m'impose de trouver un récit de SF collectif et constructif pour nous donner de la puissance et nous permettre d'imaginer un futur progressiste.
Mon récit historique doit critiquer la guerre sans l'esthétiser, contrairement à Starship Trooper ou Apocalypse Now, pour ne citer qu'eux. C'est une véritable dissonance entre l'intention, à priori critique de la guerre, et le procédé qui en utilise tous les outils valorisants.
Une sorte de dissonance cinémato-narrative. Je reprend le concept de dissonance ludo-narrative dans le jeu vidéo (Conflit entre le récit d'un jeu vidéo raconté à travers l'histoire et le récit raconté à travers le gameplay - éternelle problématique de la cohérence entre le fond et la forme) et l'art impossible de Geoffroy de Lagasnerie.
Matrix, Resurrections, quatrième volet, livrait une réflexion méta sur ce sujet avec beaucoup d'intelligence et d'impertinence.
Ce problème de cohérence forme/propos me paraissait potentiellement insoluble.

Dune me semble avoir réussi sur certains points.
Il investit le spectaculaire non pas dans l'héroïsme mais dans l'univers et la mise en scène.

Par exemple, dans le premier volet, lors de l'attaque du spatioport par les Harkonnens, au moment où les deux armées vont se rentrer dedans, un vaisseau se crash au premier plan et masque le bataille par une boule de feu.
Le contraire de ce qu'aurait fait un blockbuster de super-héro où on est sensé prendre son pied en assistant au choc (bagarre!). Habituellement, on a le coup et l'impact. C'est ce qu'on voit dans le Seigneur des Anneaux avec les deux armées qui rentrent en contact. Que serait Apocalypse Now si on ne voyait pas les impacts des roquettes tirées par les gunships lors de l'attaque du village. Ou les scène de fusillades si on ne constate pas que le personnage à atteint sa cible et triomphé son ennemi.
Justement, on a le mouvement épique, mais pas la satisfaction de l'aboutissement de la violence. Comme un coït interrompu juste avant l'orgasme.
Il nous empêche de jouir de ce qu'il veut dénoncer, c'est tout l'enjeu et c'est réussi.
Mais ce n'est pas le cas tout le temps. Sans doute parce que le cinéma est une impasse et qu'il faut donner aux studios un minimum pour qu'il fiche la paix au réal.
La bataille de fin est réduite au minimum. Le Seigneur des Anneaux fait durer la bataille finale sur un tiers du film. Là ou un film basique de super héros ne fait que du remplissage entre les scènes d'action, Villeneuve se désintéresse de la baston. On a compris, pas besoin d'en montrer plus.
C'est anti-spectaculaire et le contraire de ce à quoi à été habitué les spectateur.ice.s. C'est osé mais cohérent.
Beaucoup ont été frustrés et n'ont pas compris le sens de ce choix. Un grand nombre de critiques préfèrent remettre en cause les compétences du réalisateur que d'interroger leur frustration de ne pas avoir pu se repaitre d'un massacre. D'autant plus dans une œuvre qui te dit explicitement que ce n'est pas bien de faire la guerre parce que ça permet à un tyran de prendre le pouvoir.

On termine le film avec un empereur humilié, mais avec un héros qui a trahis ses amis pour déclencher une guerre atroce en son nom. On comprend normalement que l'univers n'a pas gagné au change, ou que le remède va finalement être pire que le mal qu'il était supposer soigner. Chani ouvre et ferme ce dytique pendant que les autres s'en vont massacrer hors champ. On la suit dans le désert car c'est elle qui est restée intègre et juste. C'est elle l'héroïne moderne.
Elle se bat pour une cause, des idées nobles, contrairement à Paul qui se bat pour sa seule cause, celle d'un noble.
Moi, je suis Team Chani.

Je vais devoir m'inspirer de ça pour mes propres œuvre et j'aurais une chance de fournir un récit fun, puissant mais cohérent, plutôt que dissonant et contraire esthétiquement à mon éthique artistique.

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Ayé, c'est parti pour de bon

Publié le par Mikeulponk

Ayé, c'est parti pour de bon

Salut à toustes.
J'ai sorti le T02 de Blood Punks fin 2020.
J'ai galéré depuis sa sortie.
Nous sommes fin 2023 et pas de tome 3.
Entre le Covid, les problèmes de colloc toxique, les élections de 2022, la prise de tête pour trouver le bon dosage dans le scénario pour conclure ce récit, le permis de conduire, les cours de bd (très colls mais mobilisant)... je n'arrivais pas à être à l'aise pour poursuivre.

C'est du passé ! J'ai trouvé une réponse narrative à l'aventure de Jane et je peux poursuivre la réalisation de ce troisième et dernier tome en confiance.
J'ai beaucoup réfléchi, lu, écrit, discuté... (les articles de fond sur mon blog en sont quelques traces)
J'ai terminé 17 planches.
Refait tous les designs (j'ai hâte de vous les présenter).
Le scénar est dense mais je crois apporter des réponses à tous les persos importants et je concluerais sans happy end (c'est évident) mais avec satisfaction tout de même.

Il va me falloir bien deux ans pour boucler ce pavé mais ça en vaut la peine.

Jane va prendre les choses en main.
Il y aura un renforcement des enjeux de chaque personnage (Jack et ses démons, les secrets d'Emie, les mystères de Cox, la relation entre Triskel et Golem, la postérité de la meute de la Ruche...).
Des nouveaux persos (les humain.e.s Gilles Iziello et Nadia; Ga-Hell et Jean-mich'Hell...).
Des refs musicales, une intrigue qui j'espère nous donnera de la puissance dans cette période troublée et de belles baston contre les faschos.

J'ai aussi fini d'encrer un cours récit de 37 pages pour notre futur album collectif avec les Indés-sociables sur le thème de la revanche (qui m'a donné l'occasion de bosser un peu les décors).
Je vous fait cadeaux de la première page (destinée à accueillir de la couleur ou au moins des niveaux de gris).

Ayé, c'est parti pour de bon

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Conflit Israélo-palestinien. La colonisation déshumanise le colon comme le colonisé.

Publié le par Mikeulponk

STUPEUR

7 octobre 2023 - Lorsque j'ai reçus l'info, ma première réaction a été la stupeur.
"La stupeur est un état dans lequel la conscience se trouve modifiée en une incapacité à ressentir, penser, juger, ainsi que d'agir ou réagir de façon appropriée à la situation."

Il faut du temps pour assimiler l'évènement et je ne pouvais rien dire de mieux que "C'est chaud", "ça à l'air sale", "il vient de se passer un truc gros et vénère".

Puis très vite, parce que je connais la situation et les forces impliquées, "Il va y avoir des conséquences terribles, ça va faire mal".
Comme si l'évidence d'un massacre imminent empêchait de prendre le temps nécessaire pour regretter les évènements présents.
Mon empathie est bloquée car je me sens submergé par une énorme quantité de pensées simultanées.
D'abord, la perspective des massacres de civils qui vont suivre, ce n'est pas terminé.
Puis j'anticipe les débats dégueulasses qui vont avoir lieux.
Je m'apprête à me défendre et toute l'histoire refait surface.

Bien sûr qu'on se remémore le contexte car on sait que la situation est complexe, loin d'être nouvelle, que rien n'arrive par hasard, que nous cherchons à nous situer pour comprendre et anticiper.
Nier le besoin de contextualiser est malsain. Tout le monde contextualise. Il y en a tout de même qui ignorent tout du contexte et par fainéantise font sans. D'autres, pire encore, le connaissent et choisissent malgré tout de s'en passer car leur avis n'en a pas besoin. Il ne repose pas sur les faits mais sur les affects. Surement car les faits leurs donneraient tord.

Pour ma part, dans un premier temps, je préfère éviter une expression maladroite qui, en plus de prendre le risque de manquer de justesse et entamer l'intégrité que j'essaye de conserver, peut créer des conflits inutiles.
Dans ces cas là, il vaut mieux s'abstenir le temps d'y voir plus clair dans sa propre pensée et ses propres ressentis (par l'étude bien sûr, pas en attendant qu'on nous dise quoi penser). Ce qui est contradictoire avec la logique médiatique, qui fait beaucoup de dégâts. C'est une tendance réactionnaire typique.

On ne peut que constater qu'un acte d'une très grande violence vient de se produire.
Que des victimes civiles ont subit des atrocités.
Que les conséquences vont être terribles.
On ne peut que déplorer que ce conflit dure depuis si longtemps et continue de provoquer des massacres.

Quel luxe avons-nous de pouvoir l'oublier ou de vivre s'en même s'en soucier!

Ça n'a pas commencé le 7 octobre.

Nous parlons d'un conflit qui date de plus de 100 ans et qui n'a fait que s'envenimer.
À tel point que les deux opposants les plus hostiles à la paix sont au pouvoir à Gaza comme en Israël.
L'issue qu'on nous propose c'est, soit une guerre éternelle de plus en plus atroce, soit l'extermination des Palestiniens, soit une solution à deux états (de moins en moins crédible selon beaucoup d'experts) ou un état binational.
Autant dire que la seule solution qui m'intéresse est évidemment la solution qui prend en compte les deux parties. La reconnaissance des deux peuples et la démilitarisation.
Ça ne résoudra pas tout instantanément mais c'est un pré-requis incontournable.
Justice va devoir être faites si on veut la paix là bas, au lieux de creuser encore plus le fossé d'injustice qui crée cette situation.

Clairement, les premières réaction (agressives et va-t-en guerre) ne vont pas dans le bon sens et c'est relou, parce que c'est toujours comme ça, de pire en pire.

J'entend beaucoup de réactions de la part d'individus qui ne savent presque RIEN de ce conflit, loin d'être facile à résumer.
La moindre des choses est de savoir comment on en est arrivé là avant d'exprimer autre chose que sa peine face à la violence.
Sinon, le risque est d'encourager la guerre par ignorance, manque de lucidité, bêtise ou fainéantise.

Petit résumé grossier du conflit :
années 1900 - L'antisémitisme grimpe en Europe et les juifs sont persécutés (pogroms, affaire Dreyfus). Le sionisme a pour objectif de doter le peuple juif (dispersés en minorités vulnérables dans une diaspora mondiale) d'une terre où fonder un état pour lui servir de refuge (c'est légitime).
Les britanniques, en bons impérialistes coloniaux, vont jouer avec les communautés juives et arabes en promettant la Palestine aux deux partis avant de se l'accaparer pour eux.
Tout cela sans jamais prendre en compte l'avis des habitants arabes de Palestine (80% de la population).

Le génocide perpétré par les nazis avec la complicité de toute l'Europe (les français en champions à cause du gouvernement pétainiste de Vichy) se sent coupable et doit réparer sa merde (ou la planquer à l'autre bout de la méditerranée).
La création d'Israël est décidée par l'ONU. Les arabes ne sont pas d'accord. On le fait quand même. C'est donc la guerre.
É-vi-dem-ment!
Les arabes n'acceptent pas de se faire exproprier et dicter leur destin par des colons. Les juifs, qui viennent de subir un génocide, sont pressés de trouver un refuge et s'imposent par la force (ils l'ont). La communauté internationale s'en mêle pour foutre la merde et s'en lave les mains une fois que le mal est fait pour ensuite condamner sans agir.
L'insécurité des juifs est réelle et les droits des Palestiniens bafoués.

On laisse faire.

Probablement qu'à l'époque, pour l'occident, des juifs et des arabes qui s'entretuent à plusieurs milliers de kilomètres ne devait pas les préoccuper beaucoup (l'après guerre demande aux pays européens de se reconstruire, de gérer une grande quantité de réfugiés, de raser les têtes des collabos, rétablir l'ordre dans les colonies, de tracer les frontières entre blocs, d'embrayer sur une nouvelle bagarre internationale qu'on appellera "guerre froide"...).

La situation ne fera que s'envenimer.
Première guerre dès le lendemain de la déclaration unilatérale d'indépendance d'Israël (1948) entre le nouvel état et tous ses voisins (ligue Arabe). La Palestine est engloutis (par tous les belligérants) et ne voit jamais le jour.
Les arabes sont chassés massivement du territoire Israélien (la Nakba). Ils clament encore aujourd'hui leur droit au retour.

À partir de 1967, lorsque le gouvernement d'Israël occupe la totalité du territoire et accepte la colonisation tout en refusant la création d'un état Palestinien, c'est une nouvelle entaille aux relents religieux qui repousse la création d'un état pour les Palestiniens.

Essor des mouvements armés pro-palestiniens (Fatah - OLP, guerre du Kippour1973) et du terrorisme international (Munich 1972).
1982, guerre du Liban, radicalisation de ces mouvements (Hezbollah, Hamas).

Une lueur d'espoir pour la paix voit le jour en 1993 avec les accords d'Oslo.
Mais des deux côtés, les extrémistes font échouer les accords et prennent le pouvoir (En Israël et à Gaza).
Depuis, Israël prospère et n'a plus intérêt à négocier. C'est la plus grande puissance du secteur. (en particulier grâce à l'aide colossale des USA qui sont bien contents d'avoir une enclave pro-occidentale au Moyen-Orient). Le gouvernement d'Israël qui tend vers l'extrême droite religieuse peut poursuivre son projet colonial, toujours illégal, mais surtout et avant tout inhumain.

En 2005, la bande de Gaza est évacuée, la transformant en champ de tir.
La Palestine est toujours privée d'état indépendant. Gaza vit dans les décombres. Les palestiniens sont soumis à l'autorité militaire et coloniale Israélienne qui n'a aucune intention de freiner sa domination. Les injustices se multiplient dans l'indifférence générale, les rancunes s'alourdissent, le désespoir se creuse, la rage se développe.
L'issue est de moins en moins optimiste. Et patatras!

LAS, AGACÉ, MAIS PAS SURPRIS.

Ce qui est arrivé est à la fois surprenant et pas si surprenant que ça.
Surprenant car l'attaque est objectivement d'une ampleur inédite et d'une brutalité extrême (c'est ça de la violence extrême, et non pas quelques bris de vitrines ou des jets de canettes).
Mais pas si surprenant car, lorsqu'on suit la situation depuis des années, c'est ce que tout le monde voyait venir (d'où l'intérêt du contexte et de ce petit résumé).

Le désespoir et la rage gagnent du terrain proportionnellement aux injustices subies par le peuple palestinien (et par les habitants de Gaza en particulier) abandonnés au sort que leur inflige les autorités Israéliennes depuis des décennies.
On sait que tant que le gouvernement d'Israël maintiendra cette saloperie de politique coloniale, la sécurité d'Israël sera menacée. Car l'opprimé cherche toujours à se libérer.

La population Israélienne vivait protégée par l'armée qui se chargeait efficacement du sale boulot. Étaient-ils naïfs au point de croire que le Hamas ne trouverait jamais une faille? Qu'ils pourraient continuer à martyriser la bande de Gaza sans que les plus déterminés des gazaouis finissent par retourner la table. C'est ce que les gens poussés au désespoir font.
C'est chose faite.

Ça ne surprend vraiment que les ignorants ou les adeptes du déni.

L'histoire nous a déjà donné beaucoup de clefs sur l'expérience coloniale.
C'est aussi débile de nier cette histoire que de refuser de contextualiser.
L'ignorance n'a jamais été bonne conseillère.
Faut-il rappeler qu'ignorer l'histoire c'est se condamner à la répéter?
Vous connaissez l'histoire des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata de 1945?
Le déni à mené à 8 ans de guerre fratricide dont on ne s'est pas encore remis. J'y reviens plus loin.

Le Hamas se déchaine en se rendant coupable de crimes de guerre.
L'aveuglement (ou le cynisme) du gouvernement Israélien porte sa part de responsabilité.
La cruauté des guerres coloniales n'a rien de nouveau. En tant que français, on devrait le savoir mieux que personne plutôt que de jouer les outrés du dimanche. Je ne dis pas ça pour minimiser, bien sûr.
C'est de la lassitude et de l'agacement (il serait temps de réaliser qu'il y a des innocents qui se font tuer là bas depuis 75 ans que ça dure et qu'on le répète), ce qui prouve que je ne suis pas insensible.

Au contraire, j'y suis sensible depuis assez longtemps (je n'ai pas été réveillé en sursaut le matin du 7 octobre) et ça use.

J'aimerais aussi qu'on démasque les hypocrites professionnels qui nous jouent la comédie pour nous prendre pour des pigeons.

JE HAIS LES HYPOCRITES, LES SIMULATEURS ET LES IMPOSTEURS

Après un tel crime au potentiel terrifiant de dégénération, on espère, bien naïvement, que les abrutis qui prétendent nous gouverner ne déconneront pas en pourrissant les débats en notre nom.

Bah si. Quand il s'agit de nous décevoir, ils dépasse toujours nos pire craintes.
Comme à leur habitude, les responsables politiques confirment leur irresponsabilité.
Tout de suite, il y a une vague de forçage obscène.
Nous n'avons pas le temps d'accueillir l'évènement à notre façon.
Pour ces tordus, si on ne condamne pas absolument le Hamas, on est disqualifié et accusé de faire l'apologie du terrorisme. Si l'on ne se soumet pas à l'injonction à soutenir le gouvernement d'Israël, on est antisémite.
L'ambiance est nauséabonde depuis un moment et ça s'aggrave à chaque scandale médiatique.

Je ne remercie pas mes camarades d'avoir produit des communiqués hâtifs et maladroits qui ont offert sur un plateau le bâton pour se faire battre. On les connait les fafs et les faux alliés baltringues, alors soyons plus malin que ça.

La colère prend alors la place de la compassion.
J'en veut à tous ces irresponsables et ces hypocrites de nous polluer comme ça.

- À droite, les injonctions autoritaires veulent instrumentaliser l'émotion pour orienter politiquement nos réactions. Nous faire adhérer à l'inacceptable car ils voudraient qu'on adhère à leurs propres abus (stratégie du choc).
On sait qu'ils sont insensibles à la vie des autres et qu'ils veulent simplement nous mobiliser artificiellement à leurs projets liberticides écœurants (l'abjecte Darmanin, bandeur des lois scélérates, qui veut détruire le droit de manifester ou censurer la parole d'opposition).

Ce sont des imposteurs. Des pervers opportunistes.
Je ne les crois pas sincères une seconde. Leur indignation est exemplairement sélective et révèle leur caractère autoritaire et raciste.
On dirait que ça les excite la guerre quand il s'agit de tuer des arabes.

Mais ce n'est pas eux qui iront faire le sale boulot bien sûr.

Avec l'extrême droite (avec lesquels ils applaudissent en cœur à  l'assemblée) ils cherchent à s'en prendre aux musulmans en priorité, en faisant mine de mettre leur antisémitisme historique de côté le temps d'une alliance identitaire objective.
Ce sont des cyniques. Ils haïssent plus les arabes que les juifs pour l'instant. Et toutes les occasions sont bonnes pour s'en prendre à la gauche. Même à l'occasion d'un massacre (rappelons l'affaire du "fond Marianne").

- À gauche, on leur reproche (à juste titre) une réaction trop hâtive et beaucoup de maladresse (dont les motivations sont à analyser avec soin). Mais on voit bien qu'il s'agit du prétexte idéal pour disqualifier ce camp politique tout en masquant les vraies motivations de ces condamnations (rancunes et règlements de comptes bassement politiques).

La gauche radicale est moins antisémite que les autres. Il y en a. Mais ce camp politique a l'antiracisme dans son ADN, ce qui réduit considérablement la casse, et nous rend aussi plus exigeant envers elle.
Leur attitude est indélicate et brute. Leur réaction est à expliquer par l'histoire et l'exigence toute matérialiste qui manque en l'occurrence de sensibilité et d'empathie.
Il y a des vieux militants de la cause pro-pal' qui pataugent dans cette misère depuis bien plus longtemps qu'au matin du 7 octobre. Alors ils ont des réflexes malvenus qui ne leurs ont pas laissé le temps de comprendre que ce qui venait de se passer était différent.

C'est une erreur politique qui porte préjudice à l'image de notre camp et les plus perfides de nos adversaires ne vont pas manquer d'en profiter.
Même si les communiqués sont critiquables, cela ne justifie en aucun cas le déchainement disproportionné auquel s'abandonnent leurs détracteurs. La mauvaise foi est en roue libre.
L'attitude têtue des responsables du communiqué, même si elle a ses raisons (pour ne pas baisser l'échine face à l'assaut des droitards), ne fait qu'encourager l'antipathie.
Ils perdent beaucoup de point alors qu'ils connaissent le sujet mieux que les autres et que leur position politique est bien plus juste. Soyez plus malin!

J'en veut d'autant plus à celles et ceux qui se prétendent de gauche et qui font semblant de ne pas comprendre la position de la gauche radicale.
Ils hurlent avec les loups de l'extrême droite et épousent les éléments de langage de l'ennemi. C'est minable et loin d'être la première fois.
Quant à celles et ceux qui ne comprennent vraiment pas la position de la gauche radicale, leur ignorance devrait leur imposer le silence plutôt que de tirer sur leur propre camp.
Ce sont des imposteurs. Cette gauche bourgeoise, paumée dans ses compromissions, n'a rien à dire, tout à se reprocher (gouvernement Hollande, on ne t'a pas oublié) et n'a pas trouvé mieux pour se faire oublier que de s'en prendre à leurs alliés. Quand on a rien à défendre, on enfonce la concurrence.

Après leur déroute lamentable aux présidentielles, les cocos (vieux réacs) et les bobos du PS et des verts avaient sucé Mélenchon (après lui avoir d'avantage craché dessus que sur l'extrême-droite) pour obtenir quelques sièges. Maintenant qu'ils sont bien assis dans leurs fauteuils et qu'ils palpent leur pognon public, ils cherchent à torpiller l'alliance qui n'était pour eux qu'une opportunité pour sauver les miettes de leurs partis foireux. Ils prouvent qu'ils n'avaient aucune intention de coopérer sincèrement. Comme la honte ne les étouffe pas, ils choisissent un tel moment. Une tragédie doublée d'un assaut de l'extrême-droite.
Ils auraient pu condamner l'évènement sans pour autant se joindre à la meute.
Saboter notre camp politique est débile et c'est offrir à la droite un fameux goûté.

PANIQUE DE COLON

Le contexte pu du fion, on ne peut pas appréhender le choc comme on le voudrait, nos représentants autoproclamés sont en dessous de tout. La gauche a manqué d'intelligence et de probité et la droite se surpasse dans la bêtise et l'immondice.

Dans ce bordel de médiocrité, comment s'en tirer?
Comment trouver sa place pour ne pas se faire démolir ou manipuler?
Moi qui me trouve dans une position d'entre deux (mais pas neutre), je me retrouve piégé dans un chantage odieux qui me dégoûte et m'horripile.
Quels incompétents choisir?
Hurler avec les hypocrites pour se donner bonne conscience (à court terme) ou être solidaire des mouvements plus intègres mais aux manières embarrassantes?
Quel criminel choisir?
Soutenir un gouvernement colonial et ultranationaliste ou un mouvement islamiste et tyrannique?
Quel massacre d'innocents tolérer?
Je préfère un bébé décapité à la machette ou vingt écrasés sous les bombes?

C'est lassant et agaçant. Vraiment!

L'ensemble des personnes conscientes de la situation, tente depuis des décennies, de faire prendre conscience à notre société des injustices qui sont comisent là bas, des vies humaines négligées, de la catastrophe historique et humaine qui s'y déroule, en ne rencontrant que de l'indifférence.
Puis il arrive ce massacre.
Et là, on leur demande de faire preuve de compassion. C'est du foutage de gueule.
En gros, quand on parle de la misère à Gaza, les bonnes gens n'en ont rien à cirer, parce que ce sont des arabes qui crèvent. Tout d'un coup, quand ce sont les israéliens qui payent le prix de cette guerre absurde, ils s'affolent.

Ils s'identifient aux colons qui se prennent la vengeance du colonisé. Cela réveil leur peur de se faire eux-mêmes rattrapé par la façon dont ils traitent les descendants des peuples colonisés (les banlieues par exemple).
Tous ces imposteurs débarquent du jour au lendemain et donnent des leçons de morale au lieu d'assumer qu'il réagissent à une panique de colon.
Ce qui est plus dégueulasse encore, c'est de nous sommer de nous déclarer solidaires "inconditionnellement" avec un état qui conserve à sa tête depuis une quinzaine d'années un gouvernement ethno-ultranationaliste (raciste et fascisant), colonialiste, dont la gestion de Gaza peut être qualifiée de crimes contre l'humanité (colonisation, apartheid, expropriations, meurtres de civils, emprisonnement extrajudiciaire - y compris d'enfants, blocus et maintenant nettoyage ethnique par l'homicide intentionnel de civils et l'exil massif).

En gros, Il faudrait soutenir et s'associer au meurtre d'enfants au nom d'autres enfants assassinés, sur la base d'une sorte de solidarité entre états coloniaux occidentaux.
Quelle civilisation digne de ce nom peut se prétendre démocratique et humaniste en se rendant complice d'une telle infamie?
L'histoire se souviendra de la médiocrité et de la compromission de nos gouvernements. Mais il sera trop tard.

Inversion confusioniste

Être solidaire des populations est légitime.
En tant que personne de gauche, c'est ce qu'on revendique en parlant "d'internationalisme"
. C'est ce que les démocrates entendent par le mot "fraternité" gravés sur les frontons.
Ces principes sont nés de la lutte contre la tyrannie, l'injustice, le fascisme, le militarisme...
Ces principes sont nôtres et on nous le fait payer régulièrement.
Nous sommer d'être solidaires du gouvernement actuel d'Israël, tout en nous désolidarisant des victimes innocentes qu'il va faire, y'a pas moyen!
Refuser de soutenir la vengeance Israélienne ne signifie en aucun cas de minimiser ou d'excuser le massacre planifié par le Hamas.
C'est ne préférer aucun couteau ni aucun sang.
La binarité est une arnaque mesquine.
On peut reconnaitre qu'il s'agit d'une guerre que se livre des extrémistes sans pour autant choisir lequel a la légitimité à massacrer des civils aveuglément.


Par intégrité, je ne peux pas soutenir un gouvernement responsable, à son niveau, politiquement et militairement, de la violence dans la région.
On ne peut pas régler le problème avec les artisans du mal originel, à savoir la colonisation.
Les deux camp ne sont pas équivalents. Israël possède un pouvoir immense, revendiqué, et dont ils se servent pour créer cette situation.
Si le Hamas est un monstre, le docteur Frankenstein est le gouvernement Israélien qui soutien la colonisation.
L'existence du Hamas est une conséquence de la violence de la colonisation, pas la cause.

INDIGNATION SÉLECTIVE

Ce qui me révolte, c'est l'hypocrisie.
Les chevaliers de l'indignation morale (de droite et de gauche) qui se livrent depuis le massacre du Hamas à un concours du plus mortifié ne sont, à mon avis, pas totalement sincères pour certains voir complètement faux-cul pour d'autres.

Il y en a parmi eux qui ne sont pas choqués et nous mentent (Macronie et Extrême droite en tête).

Il y en a d'autres qui ressentent vraiment de l'horreur et de la peine. Bien entendu. Mais ces personnes ne sont pas sincères non plus car elles ne sont pas honnêtes sur ce qui motive et conditionne leur réaction émotionnelle. Elles ne réagissent pas systématiquement de la sorte.

On parle d'indignation sélective.
Elles ne respectent pas LA VIE. Elles sont plus touchés par la vie de certaines personnes.
Pourquoi? Le biais du mort kilométrique? Parfois, mais apparemment pas dans ce cas. C'est plutôt une question d'identification basée sur des critères culturels et ethniques. Ajouté au fait qu'on  ne peut tout simplement pas accueillir toute la misère du monde dans son cœur tout le temps (mais il faut en prendre sa juste part. La nôtre est copieuse et plus on laisse faire, plus elle s'agrandie).
Elles ne sont pas contre la guerre ou la violence. Elles en soutiennent à condition qu'elles les trouvent légitimes, utiles, morale ou rentables.
Elles ne sont pas pour LA JUSTICE. Mais pour un ordre qui correspond à leurs critères, bien synchronisés à leurs intérêts.
Nous avons des biais. On ne les contrôle pas. Ce n'est pas une raison pour être malhonnête.

La vie des enfants est évidemment sacrée car l'innocence est évidente.
Pourtant, seule la vie des enfants qui leurs ressemblent provoque leur empathie et leur indignation.

3000 enfants tués par l'armée israélienne n'a pas provoqué 75 fois plus d'indignation et de condamnation forcenée, dont ont bénéficié les 40 enfants assassinés par les combattants du Hamas, au contraire.
C'est très bien de déplorer les victimes israéliennes. Je dis qu'il faut traiter de la même façon les victimes palestiniennes. Ça éviterait beaucoup de problèmes.
BHL, Barbier, Enthoven, Braun-Pivet et Fourest (entre autres) après nous avoir expliqué que rien ne peut excuser de tuer des enfants, lorsqu'il s'agissait de victimes israéliennes, deviennent soudain moins catégoriques quand ce sont des enfants palestiniens. Selon eux, ça dépend de qui vise.
Donc d'après tous ces grands intellectuels, si vous voulez tuer des enfants, rejoignez plutôt l'armée et préférez les armes modernes, moins salissantes pour ceux qui en font usage.

L'hypothèse que je retiens, c'est qu'il y a un logiciel raciste et colonial profond, qui remonte à loin, qui est à l'œuvre en tâche de fond et qui nous fait tourner en bourrique. J'y reviens plus loin. (C'est un truc qui me préoccupe depuis longtemps et sur lequel je travail).

Citoyen ÉclairÉ plutôt que pantin dsciplinÉ

Il y a de nombreuses questions qui se posent.
Pourquoi réagissons-nous de la sorte?
Pourquoi la France est si touchée par ce conflit?
Comment en est-on arrivé là?
L'antisionisme est-il automatiquement de l'antisémitisme?
Faut-il condamner moralement et absolument toute forme de Terrorisme?
Y'a-t-il importation du conflit Israélo-palestinien en France ou importation des névroses Françaises dans le conflit Israélo-palestinien?
Est-il possible de résoudre ce conflit et si oui, comment?
Des questions dont on ne sait pas dans quel ordre les poser ni comment y répondre brièvement.

Je n'aurais ni l'indécence ni la bêtise d'arbitrer les drames individuels.
Je ne peut que commenter une situation collective et politique.

Difficile de ruer et de condamner aussi indiscutablement cette violence des opprimés, aussi ignoble soit-elle, car on ne peut pas oublier qu'elle est le produit d'une situation historique loin d'être aussi simplifiable selon un schéma manichéen (raciste) : méchants palestiniens (sous entendus arabes)/gentils israéliens (sous entendu juifs).
Celleux qui prétendent qu'expliquer c'est justifier sont des raclures qui plantent les germes de la tyrannie.

L'antisionisme est-il antisÉmite par nature?

C'est bien plus complexe que ça.

Le sionisme n'étant pas une chose homogène, ses opposants ne peuvent pas l'être non plus.
Le sionisme originel est la volonté de créer un état pour protéger les juifs des persécutions. Ceux qui s'opposent à ça sont probablement antisémites. Car pour quelle autre raison leur refuserait-on cette aspiration légitime?

Lorsque le sionisme des pionniers décide de s'implanter sur une terre déjà peuplée, ça devient compliqué (il ya des propositions respectueuses et humanistes qui sont proposées, telles que celles défendues par Hannah Arendt par exemple).
Lorsqu'il décide de se faire envers et contre la population autochtone, ce projet devient colonial. Les opposant à ce projet violent peuvent être sincèrement soucieux des droits des Palestiniens à ne pas être spoliés et maltraités.
Ce n'est pas antisémite, c'est anticolonial.
Mais si c'est l'installation de juif spécifiquement qui pose problème, l'antisémitisme s'invite avec l'anticolonialisme et on est dans un mélange infecte.
Pourquoi les Européens n'ont-ils pas créé cet état sur leur propre sol (en Allemagne par exemple, en guise de réparation) alors qu'ils étaient responsables de la Shoah? Difficile à imaginer n'est-ce pas? Mais par contre on demande aux arabes de s'y faire. On leur en a beaucoup demandé depuis plus d'un siècle.

Cette première définition du sionisme est démodée.
Depuis 1967, après la conquête complète de Jérusalem qui provoqua une vague messianique au sein d'un peuple juif israélien (traumatisé et toujours menacé d'extermination), le sionisme religieux prend de l'importance.
Le sionisme religieux et révisionniste prétend vouloir s'approprier la totalité de la Palestine de droit divin quitte à en expulser par la force les palestiniens.

Il coexiste donc deux formes de sionisme.

Celui des pionniers, à tendance socialiste, qui considère que la mission est accomplie et veut laïciser l'état d'Israël : le Post-sionisme.
Puis celui ultranationaliste, colonial, religieux, raciste et violent : le Néo-sionisme.

C'est ce dernier dont l'extrême droite Israélienne, qui participe au gouvernement (et compose la majeur partie de l'armée) depuis une quinzaine d'année, se revendique.
De nombreuses personnes qui se déclarent antisionistes le fond par rapport à ce mouvement et ne sont pas antisémites mais anticolonialistes et/ou antifascistes.
Cependant, la confusion persiste. En grande partie à cause, d'une part, des faussaires tels que Dieudonné et Soral ouvertement antisémites, d'autre part certains défenseurs d'Israël qui veulent systématiquement faire passer la critique de la politique Israélienne pour antisémite afin de la discréditer par l'anathème.

Et n'oublions pas les sionistes antisémites (l'antisémitosionisme dans les mouvements d'extrême-droite et les mouvements cathos intégristes) qui soutiennent Israël parce qu'ils veulent que les juifs se barrent du pays où ils habitent.
C'est le chacun chez soi des "etnho-différencialistes" (l'un des euphémisme quand on n'assume pas d'être raciste).

Ce qui motive l'antisionisme de celles et ceux qui s'opposent sincèrement au néo-sionisme c'est le colonialisme et l'idéologie fascisante des agents de ce projet.
Alors autant se définir anticolonialisteS c'est plus clair.
En particulier pour des français dont le combat anticolonial concerne une partie plus large de notre histoire que la question Israélo-palestinienne.

TERRORISME OU RÉSISTANCE?

Les deux mon cher.

On dit que le terrorisme devrait être condamné sans réfléchir, comme un réflexe stupide. C'est un raccourci inconsistant nourrit parfois par l'ignorance mais surtout par mauvaise foi.
Ceux qui nous somment de bondir sur ordre font mine d'ignorer deux choses.

- La première, c'est que le terrorisme peut définir une variété de pratiques que je ne condamne pas automatiquement.
La propagande par le fait peut se contenter de viser des édifices politiques et des cibles matérielles symbolique sans pour autant chercher à faire des blessés.
La résistance française commettait des assassinats, des attentats contre des personnes, des lynchages... Les allemands et leurs complices la qualifiait de terroriste. Pourtant, elle n'est pas condamnée pour cela (je ne crois pas qu'elle ai commis des massacres aveugles). Sa cause l'excuse et je suis d'accord. Ils combattaient un occupant, en l'occurrence les nazis et leurs complices.
Le Viet Minh et le FLN ont usé de moyens terroristes. Ils étaient eux aussi à inclure dans une logique de guerre de libération (décoloniale) par nature asymétrique. Ils ont remporté la victoire, ce qui les légitime finalement aux yeux de l'histoire et de la mémoire.
Le FLN répondait, quand on leur reprochait d'égorger des français, qu'ils étaient d'accord pour échanger leur couteaux avec des canons pour pouvoir combattre de façon civilisée comme les français. (On peut se rappeler des massacres de Sétif en 1945, avec lesquels les évènements actuels résonnent tristement).
Les crimes de guerre commis des deux côtés ont été couverts par l'amnistie (je suis mitigé à ce sujet).
La distinction (sauvage/civilisé) que nous continuons cependant de faire entre l'activisme armé des résistants français et celui des résistants vietnamiens et algériens (entre autre) révèle sans doute une vision ethnocentriste coutumière de l'occident.

En Europe, durant les années de plomb, le terrorisme d'extrême gauche visait des cibles politiques identifiées, tandis que celui de l'extrême droite et des djihadistes est aveugle.
Quant aux projets politiques qu'ils défendent, ils ne sont pas équivalents et c'est une dimension à prendre en compte pour juger les actes, auxquels on ne trouvera pas de circonstances atténuantes, mais bien des circonstances aggravantes (en l'occurrence pour l'extrême droite et le djihadisme, motivés par la haine).
Les guerres asymétriques, de résistance, de libération, donnent toujours lieu à des actes qualifiables de terroristes (même en Inde mes p'tits cocos).
C'est à déplorer mais il faudrait condamner plus encore les conditions qui causent son apparition (à savoir la guerre, la domination, les persécutions etc...).

Est-il vraiment nécessaire de rappeler qu'on n'en vient pas à commettre des attentats sur un coup de tête en se levant le matin. On ne nait pas terroriste.
Posez vous la question pour vous. Quelle quantité d'injustice, de blessure et de désespoir vous faudrait-il pour en arriver là?
Pour les palestiniens, on parle d'une violence quotidienne pendant que les israéliens peuvent monter des festivals de musique sous leur nez (scène du show des playmates dans Apocalypse Now).
Pourtant, même la très écrasante majorité des palestiniens n'en viennent pas là.
L'assaut du Hamas était clairement un acte suicidaire dont le fanatisme religieux n'est pas la cause mais l'élément transcendant (kamikazes).

Aujourd'hui, des sabotages qui ne font aucune victime (mouvements écolos) sont qualifiés de terrorisme.
D'abjectes personnages parlent même de terrorisme "d'ambiance" ou "d'atmosphère".
On voit bien que ce terme est trop flou pour représenter quoi que ce soit d'homogène qui mériterait une condamnation aussi unanime.
À moins d'être sincèrement pacifiste, ce qui n'est pas le cas des gesticulateurs publics qui s'égosillent sans vergogne.
Leur appétit pour la violence ne fait aucun doute, surtout si les exécutants sont à leurs ordres, habillés en bleu et manient la matraque ou le LBD.

- La deuxième, c'est que le terrorisme est un acte violent qui a pour objectif d'obtenir un gain politique dans un conflit grâce à la terreur qu'il produit sur son destinataire.
Comme son étymologie l'indique, c'est la terreur recherchée qui détermine la validité de son emploi sémantique, pas l'auteur.

Il faudrait alors combattre la violence de nos propres gouvernements oppressifs, y compris celui d'Israël, avec la même ferveur avec laquelle on condamne la violence des opprimés.
Les répressions d'état violentes cherchent à terroriser la population et dissuader, voir punir une contestation (par la force, par la loi, par l'injure publique...).
La violence massive déployée par les autorités israéliennes est un châtiment collectif qui a pour but de terroriser les palestiniens et, soit de les garder sous leur joug soit de les pousser à l'exile. En tout cas de les punir d'être palestiniens.

Mais on constate bien qu'il y a deux poids deux mesures (double standard).
Le terrorisme est un terme ambiguë utilisé par la classe politique pour légitimer la violence des états et disqualifier celle des opprimés. Il perd tout son sens lorsqu'il est utilisé à tord et à travers pour dénigrer sans distinction l'activité des oppositions.

Il a aussi un sous texte raciste dont les amalgame souvent pratiqués sont la preuve.
Terrorisme = musulmans = arabes
Si on rajoute le mot Palestine, on comprend pourquoi le sinistre de l'intérieur veut interdire les manifestations pro-palestiniennes.

En France, le terrorisme d'extrême droite est une menace réelle.
Des groupes se forment, s'arment idéologiquement et physiquement.
Les réactions que ce fait devrait susciter se font encore attendre.
Le sinistre de l'intérieur en question, Darmanin, a fait ses classes politiques à l'extrême droite, du coup, ça le dérange moins que les arabes et les gôchistes (dont il est tellement désireux de découvrir les projets terroriste qu'il les invente).

CONCOURS DE TERREUR POUR HALLOWEEN

Le problème, c'est la brutalité et l'injustice des crimes de guerres et des massacres.
Telle que cette attaque enragée du Hamas.
Telle que la réponse vengeresse d'Israël.
Toutes deux meurtrières et aveugles.

On peut remarquer tout de même que l'autorité israéliennes a d'avantage les moyens d'éviter de se vautrer dans l'inhumanité, de part le fait d'avoir un état doté de la puissance moderne, et pourtant elle se l'autorise et assassine vingt fois plus (elle en a les moyens).

Objectivement, le Hamas est une organisation politique (qui a un programme, des élus et qui administre) palestinienne, religieuse, réactionnaire, tyrannique et antisémite, principalement motivée par l'anticolonialisme (c'est l'objet de son existence), dotée d'une branche armée qui inclut dans ses pratiques le terrorisme, souvent envers des populations civiles, donc coupable de crimes de guerre.
C'est bien un mouvement de résistance, quoi qu'on pense de ses méthodes, différente de Daesh et Al Qaeda (et même du Hezbollah).

Il est incontestable que leur vision du monde et leurs méthodes politiques ne correspondent pas du tout à mes idéaux, bien au contraire.
JE SUIS ANARCHISTE,
ALORS LES D
ÉLIRES AUTORITAIRES, RASCISTES ET RELIGIEUX, ON NE PEUT PAS ME SOUPÇONNER DE LES CAUTIONNER ET ENCORE MOINS D'EN FAIRE L'APOLOGIE.

Israël est dirigé par un gouvernement ultranationaliste, colonialiste, militariste, raciste et fascisant qui a pour objectif de s'approprier toute la Palestine, de gré ou de force, au mépris des population arabes, dont la vie ne vaut pas grand chose à leurs yeux.

Ce gouvernement et son armée commettent pour ce faire des massacres de civils, des persécutions, des expulsions massives de population (nettoyage ethnique) et un apartheid qui, le tout mit ensemble (car le fruit d'une politique systématique et organisée consciemment depuis des décennies), constitue probablement un crime contre l'humanité, d'autant plus inadmissibles qu'Israël se prétend une démocratie, un état organisé, et possède de très loin l'initiative dans la région par sa puissance incontestable.

Allez, je lance une question à laquelle les hypocrites ne peuvent pas répondre, à moins d'être totalement dénué d'empathie.
Qui est le plus terroriste des deux?
Celui qui peut traverser la frontière pour venir t'égorger toi et tes proches dans un acte suicidaire? Ou celui qui peut raser ton immeuble et tout ses occupants d'un claquement de doigt, à tout moment, grâce aux drones qui te survolent en permanence?
Allez, je vous aide :
Les deux mon cher.
Car dans la colonisation, le colon comme le colonisé sont poussés à perdre leur humanité.
(je crois que c'est Fanon qui disait ça)

QUI IMPORTE SA MERDE CHEZ QUI?

On entend beaucoup les mêmes donneurs de leçon nous défendre d'importer le conflit en France.
Mais ne serait-ce pas la société Française (et l'occident plus généralement) qui importe ses névrose dans le conflit Israélo-palestinien?
En effet, nos réaction prouvent que nous lisons ce conflits et les évènement qu'il produit régulièrement selon nos propres préoccupations.
Les politiciens cherchent à créer des liens pour en faire usage (récupération) et en tant qu'individus, nous pouvons nous identifier aux protagonistes selon nos récits personnels.

Nous sommes une société coloniale non exorcisée dont les fantômes qui nous possèdent sont réactivés régulièrement.
Puisqu'il est si difficile de parler de notre propre passé colonial, peut-être que débattre sur une situation qui rappelle nos traumatismes peut permettre de lutter sur ce sujet par interposition. Autrement dit, les impérialistes d'ici défendent leur colonialisme sur le dos des palestiniens et les anticoloniaux se servent des colons israéliens pour viser les héritiers de nos colons nationaux. La solidarité pro-palestinienne est aussi vieille que la guerre d'Algérie et le racisme (l'islamophobie en particulier) encore plus ancien. Les solidarités respectives épousent le camp moral auquel on s'identifie.

C'est bien de nous que nous parlons.

Je crois que ces réactions viscérales (chez les personnes réellement choquées par ce massacre) sont le symptôme d'une mauvaise conscience.
Celle du colonialisme de notre nation qui continue à scinder notre société à cause du déni et de l'inertie des schéma racistes et militaristes qui le rendait possible.

Mais aussi celle de la Shoah. Il faut montrer à quel point on défend la communauté juive (philosémitisme) pour faire oublier notre collaboration zélée et le fait que l'antisémitisme, qui n'a pas disparus chez nous, continue de tuer (affaires Ilan Halimi et Mohammed Merah par exemple).

Nous n'assumons pas notre propre passé colonial et le traitement honteux que nous continuons de réserver aux populations issues de nos anciennes colonies (usage de la police dans les quartiers, discriminations en tous genres, accueille indigne des réfugiés...) comme aux pays encore sous l'empreinte pesante du néo-colonialisme (cinq de nos anciennes colonies en Afrique de l'ouest ont connus des coups d'états ces dernières années, s'accompagnant d'un rejet massif des français. Ce n'est pas un hasard que ce soit une particularité Française).

Et enfin, toujours au sujet de l'importation, voilà un autre aspect bien souvent mit de côté :
LE CAPITALISME.

Oui, le colonialisme est une appropriation des terres.
On aurait bien tord de réduire ce conflit à une guerre religieuse.
La religion est toujours un prétexte. Un récit mobilisant, car les objectifs concrets sont moins séduisants qu'une bonne histoire d'Heroic fantasy.
La colonisation est une conquête avant tout.
Netanyahou, le mafieux empêtré dans la corruption jusqu'au cou, en est le représentant iconique.

L'état Israélien s'est approprié des terres. Y a soutenu le développement de communautés qui alimentent son économie. Et le capitalisme ne cherche qu'à croitre, à s'étendre, tout comme la colonisation.
Beaucoup de colon vont s'installer dans les territoires occupés car les loyers y sont moins cher. Le "pouvoir d'achat" prime sur tout le reste.
Bien sûr, c'est aussi dans ce domaine que nous pouvons comprendre l'indifférence de nos propres pays. Nous faisons des affaires (USA en tête). Les "dégâts collatéraux" produit par notre appétit consumériste ne nous a jamais posé de cas de conscience (ça commence à changer avec l'écologie qui questionne les "externalités").

Une guerre éternelle, c'est le jackpot pour l'armement, le bâtiment, les fournitures...
Les ONG achètent beaucoup (et il y a des salaires à verser). Gaza ne peut rien produire, il faut tout importer. Et comme tout est détruit régulièrement, il faut renouveler, reconstruire.
Même l'Arabie Saoudite, théoriquement solidaire du monde arabe, était sur le point de conclure des accords avec Israël. Ce qui est l'une des cause de l'assaut du Hamas.
Sans notre complicité, Israël ne pourrait pas mettre en œuvre sa politique coloniale.
Sans le poison et l'aide des colons (Anglais en tête) et des capitalistes occidentaux, Israël n'aurait même pas pu voir le jour.
Alors qui importe sa merde chez qui?

Pour conclure

Mon être humaniste et antifasciste convoque plus volontiers ma solidarité avec les peuples opprimés. Ici les Palestiniens.
Pourtant, les membres de la société israélienne me sont plus semblables, par mes connaissances personnelles, leur occidentalisation culturelle, leur modernisme et les aspirations progressistes d'une partie de sa jeunesse.
Mais les progressistes sont en minorité (là bas aussi) et ne parviennent pas à contrer les hordes d'extrême droite qui sont au gouvernement, dans l'armée, dans les rues et qui produisent cette situation inextricable (c'est ce que le fascisme fait) qui livre sa propre population (associée abusivement à leurs crimes) à la détestation par ses voisins et vice versa.

L'attaque du Hamas à provoqué le pire massacre de juifs depuis l'holocaust.
En réponse, le gouvernement d'Israël va causer la pire crise humaniatire et le pire massacre de palestinien de toute l'histoire.

Pourquoi les civils sont les premières victimes?
Nous sommes tous et toutes d'accord sur le fait que tuer des enfants est injustifiable.
Pour le reste, le conflit en question mobilise l'ensemble de la population adulte.
Les populations civiles sont considérées comme parties prenantes. C'est typique des guerre coloniales.
Les colons soutiennent un gouvernement (élu à la majorité) qui applique la politique coloniale. Les colons s'approprient des terres et vampirisent la Cisjordanie (jusqu'à l'assassinat impuni avec la complicité de l'armée). Il y a le service militaire mixte en Israël. Donc les adultes ont participé activement à l'occupation militaire et restent des soldats de réserve.

Pour les palestiniens, l'absence d'état leur empêche de former une armée conventionnelle et ne leur laisse que la guérilla et le terrorisme comme mode d'action. Ils n'ont pas d'autre choix que de se fondre dans la population "comme un poisson dans l'eau". De la même manière que tous les autres mouvements de résistance, quoi qu'on en pense.
Quant au vote, le choix n'est pas vraiment possible. En plus de la persécution politique (assassinats ciblés des membres de l'OLP ou emprisonnement des militants par exemple), le Hamas a été favorisé par le gouvernement Netanyahou pour bloquer toute solution politique aux palestiniens. (ça rappelle beaucoups de précédents tels que les talibans pour les USA).

Il est probable que l'association du peuple juif aux crimes du gouvernement d'Israël (amalgame pratiqué par ce même gouvernement) est l'une des causes de l'antisémitisme.
Il faut donc arrêter ça.

Les juifs du monde entier qui ont gardé l'esprit humaniste (l'UJFP par exemple) doivent souffrir profondément de ce que l'on fait en leur nom.
Je pense à Hannah Arendt, Paria consciente dont on ne peut pas démentir l'antitotalitarisme, ni la judéité. Sioniste antinationaliste fervente (elle défendait une fédération judéo-arabe) et opposante à l'état chauviniste d'Israël préoccupé par sa seule défense, jusqu'à son décès en 1975.

Les juifs ne sont pas responsables de la politique Israélienne tout comme les arabes et les musulmans ne sont pas responsables des actes du Hamas et des mouvements terroristes.

Il n'y a que les esprits étriqués (et racistes) qui peuvent binariser aussi catégoriquement les populations impliquées.

Je suis désolé pour les victimes des massacres aveugles, qu'ils soient tué à la machette par des combattants terroristes de la branche armée du Hamas ou à coups de bombes lourdes et sophistiquées par un opérateur ultranationaliste de l'armée coloniale Israélienne.

Je ne me rendrais complice ni du Hamas ni du gouvernement Israélien.
Je ne me laisserais pas dicter mes émotions par des imposteurs et des simulateurs ni manipuler par des hypocrites et des cyniques.

Je garde en mémoire l'histoire de ce conflit comme de notre propre histoire.
Je n'oublie pas que nos propres gouvernements sont des pourris et des charognards mouillés dans ce carnages.
Je n'oublie pas que le cœur de ce conflit est colonial et que la fin de l'occupation, la création d'un état palestinien (ou d'un état binational) libre et indépendant, la démilitarisation et la reconnaissance mutuelle sont les pré-requis incontournables pour rendre la paix possible, si c'est encore possible.

Je prend en considération que l'état d'Israël est l'état qui a le pouvoir de faire la paix mais qu'il a choisi ses intérêts coloniaux. Il est donc le premier responsable de la situation.

Quelle tragédie qu'une fraction du peuple juif israélien refuse à son voisin ce qu'elle revendique si impérieusement pour elle-même.
J'ai du mal à le comprendre.
(La psychologie nous dit qu'une victime non guérie de son trauma est susceptible d'infliger à autrui ce qu'elle a vécue, mais ça ne me suffit pas).

Je suis antifasciste, anticolonialiste, anticapitaliste et anti militariste.
Je suis pour que les peuples se libèrent de leurs oppresseurs, par tous les moyens nécessaires (c'est à dire : pas tout et n'importe quoi), comme revendiqué dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793.
Et je ne change pas d'avis quand ça m'arrange.

N'inversons pas les causes et les effets. S'ils n'y avait pas de colonisation, il n'y aurait pas de résistance armée.

Si on veut la paix, il faut s'opposer à la guerre (OMG! Prix Nobel en vue).
Il n'y a pas de mouvement pacifiste en France. C'est un problème majeur.
L'extrême-droite est contre les mouvements anticoloniaux, contre les mouvements antiautoritaires, contre les mouvements antiracistes... contre tout type de progrès social et humaniste (ce qu'ils appellent le wokisme). C'est ça les réactionnaires (le macro-lepenisme).
Ils seraient donc contre les mouvements pacifistes s'il y en avait.
N'oublions pas que la france est un des trois plus gros marchand d'arme au monde et qu'on régale parmis les pires dictatures possibles.
On sait bien mettre notre déclaration des droits de l'homme et du citoyen de côté pour vendre quelques avions et quelques missiles.
(Le mouvement BDS a des choses à dire à ce sujet)

C'est bien connu, le fascisme c'est la guerre.
L'extrême-droite et ses délires progressent et les aspects progressistes de notre société sont démantelés les uns après les autres. Ce qui accentuera les tensions et les conflits.
On sait quoi faire contre le fascisme, forme radicalisée du capitalisme dont la guerre et le colonialisme sont des avatars.
Il faut de la justice, de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
(voir les recommandation du Conseil National de la Résistance)
On ne peut pas nier que les Palestiniens n'ont rien de tout ça et les mêmes causes continueront de produire les mêmes effets.

Soutenez la violence, vous recevrez de la violence. Ici comme ailleurs. Semez du vent, vous récolterez des tempêtes. Semer des oragans en réponse, vous récolterez des super-cyclones. Jusqu'à l'apocalypse?

Les Israéliens, les palestiniens et nous-mêmes, nous méritons mieux que ça.

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Laisse pas trainer ton souverainiste si tu veux pas qu'il glisse

Publié le par Mikeulponk

Laisse pas trainer ton souverainiste si tu veux pas qu'il glisse

Pour nos p'tites discussions philo-politique, j'ai proposé de réfléchir sur un phénomène qui m'inquiète depuis longtemps.

Pourquoi certain.e.s personnes glissent et s'enfoncent dans la fachosphère alors qu'iels affichaient une sensibilité de gauche au départ ?
Les cas sont nombreux et les réponses surement tout autant. Mais il y a peut être certains schémas qui se répètent. Je vais tenter de proposer une modeste hypothèse.

Cette réflexion me travaille en cette fin avril - début juin 2023 à cause des actualités.
En particulier ce 1er mai, fête des travailleur.euse.s.
Rebaptisée fête du "travail" par Pétain et son régime fasciste (dont la macronie partage de très nombreux points communs).
C'est aussi le 8 mai. Date symbolique car elle commémore l'armistice de 1945 et la victoire sur l'Allemagne nazie.
Malheureusement entachée par les massacres dans les colonies, l'embrayage sur la guerre froide anticommuniste et colonialiste et la faillite lamentable de la dénazification (et de la dépétainisation) dont on paye le prix aujourd'hui (notamment par la généralisation de l'optimisation par les nazis du new management).
Ce jour férié a vu des Champs Elysées vides pour un président autocrate qui défile seul. Deux jours avant, une manifestation fasciste et néo-nazie était autorisée, trankilou ainsi qu'une autre quelques jours plus tard de l'action française, contrairement à toutes les manifs populaires depuis des mois. Il interdit les casseroles pour risque de trouble à l'ordre public (mais surtout à son image) mais autorise "en même temps" les symboles et slogans fascistes.
Il s'attaque aussi aux initiatives de la CGT et autres syndicats, qui ont participé à la résistance et au programme du CNR (le vrai, le Conseil National de la Résistance) qui a mit en place d'importantes mesures sociales que le despote en chef actuel s'évertue à dégommer.
Si le CNR avait insisté sur la justice sociale comme rempart à la résurrection du fascisme, faut être sacrément débile pour ne pas comprendre qu'en augmentant l'injustice, les fachos reprendront du poil de la bête immonde.
Vu qu'il y a peu de chance qu'ils soient débiles à ce point, c'est plutôt qu'ils s'en fichent, car ils s'en accommoderons, voir pire, qu'ils sont tout à fait à l'aise avec ça ou qu'ils le souhaite (avoir l'extrême droite comme adversaire est une aubaine dont ils ont allègrement profité - toi-même tu sais).

Juin sera aussi la commémoration du meurtre de Clément Méric (6 juin 2013), tué par des petites frappes fascistes. Les même qu'on à vu défiler récemment et qui multiplient les provocation étant donné l'impunité dont ils jouissent (blocage de concerts, manifs anti-migrants, agressions...).

Nous avons un ennemi : les fascistes et les capitalistes qui suivent cette tendance.
Il est important de penser aussi à ne pas laisser nos camarades glisser vers leurs rangs.

Prémisses de l'enquête

On assiste depuis un moment à la montée du fascisme partout dans le monde.
Y compris ici, dans la société, dans les médias, dans l'état.
L'ambiance confuse qui a caractérisé les périodes électorales et la crise du Covid sont un terreau propice à la progression du venin.
Une rhétorique nauséabonde s'exerce conjointement à la prolifération des thèses complotistes et du réaffermissement des croyances les plus irrationnelles (comme le new-age). Autant dans toutes les strates de la population que dans les partis politiques.

Dans ce magma confusionniste, il y a des cas qui me préoccupent car ils détournent des gens, à priori alliés, de nos causes pour épouser celles de l'adversaire. Certain.e.s de ces dernier.e.s en viennent à jouer les "gourous" pour entrainer de grandes quantités de personnes égarées derrière eux.elles. Ce sont autant de gens qui sont, au mieux, mit à l'écart de nos espaces politiques, au pire les polluent. Un gros gâchis et une belle épine dans le pied.

Je vais prendre quelques exemples pour illustrer ma théorie sur ce glissement problématique.
Je me pose la question du mécanisme psychologique sous-jacent.
Je redécouvre le paradoxe de la tolérance de Karl Popper.
Et je questionne la notion de "souverainisme" qui me semble comme un ver dans la pomme.

Pourquoi cette question me préoccupe tant et sous quel angle je l'aborde ?

Je me suis construit dans la révolte empirique face à l'autorité abusive.
Celle des adultes, de l'école et de la police.
Mon premier souvenir politique marquant est l'intrusion de J.M. Lepen au second tour des élections de 2002.
C'était au tout début de mon éclosion adolescente par le biais des études d'art et de la découverte du mouvement punk (qui me conduisirent à embrasser l'idéal anarchiste).
En 2013, le meurtre de Clément Méric me bouscule et me pousse à réagir en m'impliquant dans le militantisme antifasciste en région parisienne.
C'est aussi le moment où le complotisme faisait des ravages en banlieue, où je vivais.

Le cas Soral et Dieudonné :
Soral est un fils de bourgeois déclassé qui a nourrit une rancune contre les juifs et les femmes. Il est passé d'une posture d'extrême-gauche à prêcher la propagande nationaliste pour le compte du front national au près des banlieues comme l'empire allait recruter des tirailleurs pour sa sale besogne.
Mais il n'avait pas vraiment de street cred'.

Dieudonné était un comique talentueux et l'une des rares icones positives en dehors des footballers pour les banlieusard.e.s. Il a nourrit une rancune contre les juifs, notamment à cause d'un échec à monter un film sur la traite négrière. Il sombre dans les thèses complotistes antisémites. En 2003, il fait un sketch à la télévision aux relents antisémites qui ne passe pas. Il n'est plus en duo avec Elie Semoun, donc il n'a plus de caution dans cette époque post 11 septembre et son changement de ton est clair. Ce n'est plus "juste de l'humour". Cet humour est politique, ce qui était bien tant qu'il était de gauche, mais qui pose sérieusement problème lorsqu'il est antisémite.
Il subira par la suite une certaine censure (l'antisémitisme n'est pas une opinion) et un acharnement, parfois prétexte à exprimer du racisme à bon compte (contre les noirs et les banlieusards).
Les provocations de Dieudonné vont se multiplier jusqu'à faire la promotion du négationnisme et du néo-nazisme peu de temps après avoir rencontré Soral.

C'est en 2004 qu'il rencontre le vautour Soral qui va l'encourager dans cette voie. Ils vont se servir l'un de l'autre pour finir dans une liste soi-disant "antisioniste", qui n'est qu'une réunion d'antisémites et racialistes puants (qui vont durablement porter préjudices au mouvement pro-palestinien). Toute la fange d'extrême droite de l'époque va défiler dans le théâtre qu'il loue, la "main d'or" (dont il sera expulsé en 2017).

Tous deux vont finir rattrapés par leurs ambitions personnelles après avoir influencé, essentiellement par le biais d'internet, de nombreuses personnes paumées ou haineuses et foutu un immense bordel dans les classes les plus pauvres. Diviser pour mieux régner.
Deux rancunes se sont additionnées. Face à l'adversité, ils se sont enfoncés. Leurs égos se dilatant de plus en plus pour en devenir pathétiques.

Je vois un schéma :
- Une personne paumée balance une thèse maladroite, ambiguë ou totalement pourrie. à ce stade, l'individu peut avoir le bénéfice du doute. Naïf, ignorant, erreur...? Sans doute rien d'irréparable.
- Une réaction violente se produit (parfois un harcèlement démesuré, y compris de trolls se revendiquant antifas, ce qui ne nous aide pas du tout). ça risque de dégénérer.
- En particulier sur internet, qui est un espace qui exacerbe l'égo tout en étant un supermarché de la connerie fasciste et conspi.
- Un dilemme se pose à l'intéressé : 1) Faire une pause, reconnaitre ses tords et  rétropédaler. ça fait mal sur le coup, mais on en sort plus sage. 2) Ne pas se laisser emmerder par les contradicteurs et renforcer ses liens avec celles et ceux qui vous soutiennent, quitte à adopter leurs discours. (réflexe réactionnaire)
- Le glissement se poursuit lorsque le flirt devient une relation officielle. Plus le temps passe et plus le retour en arrière est difficile.
- à force, la personne s'est trop engagée et compromise. Elle n'a plus que ces réseaux pourris pour continuer à exister. Elle a été conquise par l'extrême droite.

Un même dilemme se pose aux publics de ces personnalités.
Pour les banlieusard.e.s, réaliser qu'une des rares figure publique à laquelle ils s'identifiaient positivement est grillée a été difficile et long. Parfois, le deuil était si difficile à accepter que certain.es. ont préféré le suivre dans la gueule du loup.
Il faut de la force pour accepter la rupture au lieu de s'enfoncer.
D'ailleurs, céder à la tentation complotiste est une tragédie. Les motivations sont souvent très justifiées (conscience qu'un truc ne tourne pas rond, recherche de vérité, volonté de se réapproprier son récit...) mais c'est la réponse qui ne convient pas. Des charognards se servent d'un vide laissé par la gauche (qui a délaissé son rôle démystificateur et idéaliste) pour s'y engouffrer et détourner cette énergie.
Le terme complotiste est un stigmate bien facilement lâché. Ce qui a pour conséquence de rendre les choses encore plus confuses.

[Le complotisme est une rhétorique avant tout. Une façon de contester la version communément admise des faits en cherchant à l'expliquer (et la résumer) par un complot fomenté par un groupe surpuissant, en omettant les causes multiples et souvent plus politiques ou sociales des évènements.
C'est une simplification, une déformation, qui limite la représentation du monde à un antagonisme souvent soluble dans les idéologies religieuses ou d'extrême-droite.
Attention.
D'une part, les complots existent. Un individu ou un groupe qui s'organisent en secret pour obtenir un avantage contre un autre individus ou groupe, ça arrive dans votre voisinage, votre boulot, la politique, une bande d'amis etc... Le complotisme, c'est une façon de penser et d'en faire le centre de son interprétation du monde. Aussi les mensonges des puissants sont évidents.
Mais il est abusif de leur octroyer plus de pouvoir et d'intelligence qu'ils n'en ont.
Cette préférence pour les thèses conspirationnistes répond à un récit personnel et non à une vérité objective.
D'autre part, nous sommes justement baignés dans des récits à la structure complotiste en permanence. Ce qui nous rend d'autant plus vulnérables à ce genre de discours.
En tant qu'auteur, c'est une vrai plaie de s'assurer que mes récits ne confirment pas ce genre de rhétorique.
Lorsque je parlerais de complotisme dans la suite de l'article, ce sera à propos de thèses clairement merdiques (thèses racistes, mythologiques, démontées méthodiquement...), pas de celles dont le doute reste permis.]

Depuis cette expérience, je suis devenu très méfiant.
J'essaye d'écouter attentivement le discours derrière l'expression (l'humour, par exemple, est un outil puissant pour tourner en dérision les plus forts, mais aussi un outil privilégié pour opprimer les plus faibles).
J'essaye de capter la solidité et la structure de la rhétorique pour spotter les zones grises et douteuses.
Les radars s'allument sur certains mots, certains schémas, certains noms...
Une petite recherche internet livre déjà beaucoup d'indices. Si on sait discerner un minimum une info sérieuse d'une rumeur ou d'un hoax (produits industriellement et très viraux). Ce qui demande aussi beaucoup de temps, de savoir-faire et d'énergie dont la plupart des gens ne disposent pas.

C'est comme ça que des personnes vigilantes ont démasqués des personnalités comme Chouart et Aberkane. Et peut être un certain Alexis Poulin.

L'enquête Alexis Poulin
(attention à ne pas miser sur le mauvais cheval :)

Lors de l'une de nos discussions, certaines membres du groupe me conseillent de consulter les vidéos d'Alexis Poulin.
Apparemment comique et anti-macron.
J'y vais avec une petite puce à l'oreille. Les positions sur la période covid n'étant pas raccord et souvent le leitmotiv de leurs centres d'intérêt.
Les vidéos de ses revues de presse ont effectivement un potentiel comique. Ses assauts contre macron sont vifs.
Mais il y a un truc qui me chiffonne sans pouvoir mettre le doigt dessus...
Une surenchère émotionnelle exempte de fond clair, peut être...
C'est un bon défouloir, mais quel est le projet ? Dans quel cadre théorique ?
J'ai besoin de creuser pour en avoir le coeur net.
Quelle n'a pas été ma surprise!

Une vidéo, où il est mit en contradiction avec E. Levy sur sud radio, confirme mes doutes. (J'y reviens plus bas).
Je tombe alors sur ces articles (orientés et dont certaines sources ont disparues, mais qui constituent au moins une bonne piste pour vérifier si mes craintes sont fondées ou non).
Ligne de crète
Paper Blog
Debunkersdehoax
Il y a aussi un article sur libé, mais n'étant pas abonné, tant pis...

Pour résumer, voici son CV :
Il commence comme influenceur, marketeux branché start up.
En 2007 il a rédigé une lettre d'info pour le MEDEF où il fait la promotion des lobbys à Bruxelle. En 2017, il y est toujours car il participe à l'organisation du "start up nation summit" pour EIT digital.
Puis en 2018, sans que ce soit bien clair, il retourne sa veste en rejoignant le média "Le Media".
S'est-il fâché avec ses anciens potes ? Change-t-il de discours en fonction de son employeur ?
Il faut dire qu'à cette époque, Le Media n'était pas clean. Très lié au parti/mouvement de Mélenchon qui n'était lui-même pas clean car il contenait son lot de rouge-bruns (avec certains desquels A. Poulin va garder une grande proximité).
Il y réalise même une interview de Asselineau. Premier impaire de taille colossale.

Asselineau est le patron de l'UPR. Parti d'extrême droite complotiste nationaliste.
Il s'est forgé sa réputation sur internet en diffusant un discours anti-européeen très technique (jusque là ça pourrait aller parce qu'il y a beaucoup de choses à reprocher à l'Europe) mais dans une version plus nationaliste et complotiste qu'autre chose. Il s'agit là d'un discours "souverainiste" qui séduit autant De Villier, Dupont-Aignant que Soral. Autant dire que son public est lucide sur le fond du bousin.
Il n'y a pas de doute sur cet individu, c'est un facho démasqué depuis un bail.

Le Media vit des remous. Il change plusieurs fois de direction et A. Poulin décide de s'en écarter pour des raisons vagues. Des questions d'intérêts (vu comment il gère ses affaires et avec qui il s'associera plus tard, ça semble bien hypocrite). On aurait diffamé ses amis. S'agit-il de Denis Robert ou des contacts qu'il a conservé de cette époque ? (dont le qualificatif de rouge-brun n'est pas une diffamation, vous verrez plus loin).

Bref, on ne peut pas lui reprocher d'avoir quitté le Media à cette époque, au contraire. Mais quand c'est pour aller dans des truc encore plus douteux, c'est chelou.
Il collabore à de nombreux médias, y compris C News, Sud Radio et RT.
Ce qui donne l'impression qu'il bouffe à tous les râteliers et que sa tribune drapée dans la déontologie n'était qu'une posture.
Il collabore au site internet Boulevard Voltaire. Un site fondé par ce gros facho de Ménard. Un site classé à juste titre à l'extrême droite et complotiste. Ainsi qu'à la chaine youtube TV-liberté du même tonneau pérrave.
Là ça pue sérieux.
TV-L a été créée par un ancien cadre du FN puis dirigée par un des cadres du bloc identitaire (groupuscule fasciste français très xénophobe). Depuis le départ liée aux réseaux complotistes antisémites tels que les soraliens. Tout le fond de caniveau d'extrême droite y traine.
L'un des financiers est un certain mr Mordrelle, fils de collabo (condamné à mort plusieurs fois pour avoir été un allié des nazis avant et après la guerre).
Ce dernier est gérant d'une agence de com' à Redon (et ici) et une figure importante de tous les réseaux d'extrême droite (c'est LE carnet d'adresse de la fachosphère), y compris des nazis historiques et des néo-nazis. Il est l'un des principaux financiers de l'extrême droite et s'est récemment fait de la pub en finançant la campagne de Zemmour.
Cette WebTV de merde pratique la "réinformation", élément de langage pour masquer leur négationnisme qui s'est ensuite répandue comme une trainée de poudre dans la complosphère.
La chaine a pour but d'être un média identitaire, sorte d'équivalent web de radio courtoisie.

Il prétend que c'est pour ne pas rester replié sur "nos médias" et porter "la bataille culturelle" sur tous les terrains. Sauf que pour mener la bataille, il faut un plan. Une stratégie et des tactiques adéquats. Vu ses piètres performances, ça ressemble plus à de l'impro. Chevalier naïf ou ambitieux hypocrite ?

Par exemple, son intervention à Sud Radio face à E. Levy était nulle.
Sur l'écoterrorisme, face à une logorrhée agressive et grossière - dont la rombière facho a la maitrise - et dans le cadre d'un duel modéré par un animateur visiblement favorable à la ligne de la polémiste, A. Poulin s'écrase et leur abdique la criminalisation des manifestants.
Ils sont fiers. Ils ont mit K.O. le gauchiste de service qui a dû se justifier avec un air penaud.
Au début, je l'avais vu comme un pauvre bougre prit au dépourvu, tombé dans un piège d'une violence bien rodée.
Les fachos, pour avoir l'air démocrates, mettent en scènes des faux débats, où le déséquilibre est manifeste, servant à illustrer la force des réactionnaires plutôt qu'à mettre en place un véritable débat équilibré.
Idiot utile malgré lui ou opportuniste ?

Au final, en collaborant avec des médias de droite et d'extrême droite, il participe à les alimenter, à les légitimer.
Je ne crois pas que sa stratégie (si elle est sincère) soit payante.
C'est d'ailleurs une histoire qui avait été réglée il y a longtemps par celles et ceux qui les ont déjà pratiqués. On ne parle pas avec les fachos. L'antifascisme est un combat, pas un débat.

Dans la discussion, on me fait remarquer qu'on ne va pas ostraciser tous les gens borderline. Il faut reconquérir ceux qui ne tiennent pas spécialement à ce genre de rhétorique.
Soit. Mais pour faire cela, il faut s'assurer d'avoir bien pensé la stratégie et d'avoir bien rodé ses tactiques. D'avoir les arguments et l'aplomb. De connaître le terrain, les enjeux et les règles du jeux. S'assurer qu'on a une chance.
On ne joue pas avec le feu comme ça. Sinon ce n'est pas toi qui parle avec les fachos, mais les fachos qui se servent de toi pour parler.

2019 - Il retourne au lobbying start up pour l'INPI.
Ce n'était donc pas un accident de parcours. Besoin de sioux ?
En 2020, il fait parti de l'Observatoire National de l'Extrême Droite. Mais sa présence fut de courte durée et je ne sais pas pourquoi il n'en fait plus parti. ça ne semble pas être une grosse perte pour l'observatoire.

Au moment où je rédige cet article, il est impliqué dans "le banquet", une feuille de chou confusionniste qui va me servir d'intro pour exposer une partie de ses fréquentations. C'est édifiant.

Il co-gère ce truc avec Rémi de "Juste Milieu".
J'ai regardé quelques unes de ses vidéos pour me faire une idée.
Encore un exercice narcissique confus où je peine à définir l'orientation mais la rage particulière avec laquelle il s'attaque à la gauche (écologistes en tête - Rousseau au premier rang) et ses condamnations peu motivées de l'extrême droite ne me le rendent pas sympathique.
Pour cause, il est "souverainiste" genre Asselineau. Tient donc...
Il a voté Lepen en 2022 (Tout sauf Macron, la bonne excuse).
Anti-woke (contre le multiculturalisme, les immigrés, les homos, les écolos...), donc réac. C'est plié, ce mec puduc.
Son site est une vitrine qui le classe plutôt dans la famille des influenceurs politiques qui fait son beurre sur le ressentiment.

Mike Borowsky. Dit "droitard méchant", responsable de "la gauche m'a tué" (thread d'extrême droite bien naze) et d'autres bousins conspis.
C'est un militant d'extrême droite lié au mouvement "contre-attaque" avec C. Vanneste (anti-communiste et pro-colonialiste, qui prône l'alliance avec le FN, l'homophobie et collabore avec le mouvement identitaire) et J. Robin (Antisémite complotiste d'extrême droite à l'ancienne, proche d'E&R, de riposte laïque et des identitaire). Là on tape dans le nazi. C'est grave.

François Xavier Carpentier de "Draw my economics".
En dehors des cartoons et de sa propagande de start up nation, il fait des interviews avec des complotistes adeptes de la théorie du "great reset", des soraliens, des climatosceptiques et d'autres membres de la fachosphère.

Georges Kuzmanovic. Coco à tendance rouge-brun. Soi-disant "souverainiste" (y'a eu une mode bizarre de "patriotes de gauche"), qui a fini par se faire exclure de la LFI en 2018, c'est pas trop tôt (après d'énièmes propos xénophobes et lgbt...phobes).
Plus il déconne, plus on le chasse, plus il s'enfonce. Classique.
Il fini en 2020 par se retrouver à une conf' Brexit entouré que de fachos (Asselineau, Dupont-Aignan, Philippot...).

Regis de Castelneau. Même type de coco "souverainiste" qui a glissé vers Causeur (torche-cul de E. Levy en réponse à Causette). Ainsi qu'au figaro. Puis qui vote Lepen et suit Onfray (un autre poseur de gauche - Proudhoniste - qui a fini par glisser les deux pied dedans par la trappe du "souverainisme" avec son lot de vomi xénophobe).
interviewé par A. Poulin pendant que je travaillais sur ce post.

Nicolas Vidal. Patron du média Putsh qui se défini comme entrepreneur des média (comme A. Poulin) et a l'ambition de devenir l'influenceur star du réseau Getr (créé par un Trumpiste après que le gros con à mèche ait été banni de Twitter). Officie aussi sur radio courtoisie, la radio de H. De Lesquen (un vieux catho réac Versaillais raciste et négationniste d'un autre âge).

Idriss Aberkane. Il s'est fait connaitre par une thèse séduisante "libérez votre cerveau". Mais ce truc s'est vite transformé en développement personnel emballé de façon à permettre aux entreprises, auxquelles il vendait ses services, à exploiter ces mêmes cerveaux. On rajoute à ça son sens de l'escroquerie, à commencer par son CV puis par ses boites foireuses. Puis on arrive à une réaction complotiste et à des campagnes de harcèlement pour finir par voter Lepen. Logique quand on flirte avec les influenceurs de "l'anti-fragilité" qui est une variante fasciste du développement personnel. Là, ce n'est pas un glissement mais une dégringolade.

Petit bonus, E. Chouard.
Je n'ai pas encore vu de collaboration entre lui et A. Poulin, mais c'est n'est peut-être qu'une question de temps.
J'en parle ici car c'est un cas d'école de glissement.
C'est un petit prof d'économie qui se prend de passion pour la démocratie et la réflexion sur la création d'une constituante populaire ou la mise en place du tirage au sort.
Au départ, ça a fait un boulot constructif.
Mais très vite, monsieur a commencé à se coller avec tous ceux qui lui disait que ce qu'il faisait était bien. Et quand des fachos sont venus le courtiser, ils étaient les bienvenus.
Chouard étant un peu idiot en politique (il ne sait pas vraiment distinguer sa droite de sa gauche), ses partisans de droite vont facilement détourner ses ateliers et son mouvement (les gentils virus) pour troller les manifs de gauche et s'en faire de plus en plus souvent expulser. Car on peut faire mieux comme référence que Soral ou Asselineau. Pareil pour les collibris, a priori sympathique mais quand on creuse, vachement réacs. Les fachos ont bien senti que le type n'était pas solide et vont s'en donner à coeur joie en le parasitant à fond.
Alors forcément, des antifas lui font remarquer (parfois avec beaucoup de violence et un manque de nuance et de tact bien malheureux et surement en parti responsable de sa réaction) qu'on trouve mieux comme potes pour défendre la démocratie que des fachos.
Et c'est parti pour diffuser des bêtises comme : "le FN n'est pas d'extrême droite". "Les antifas sont les vrais fachos"...WTF!!!
Au début, on supposait de la naïveté. Certains de ses amis ont bien essayé de lui donner l'alerte. Mais avec l'accumulation de faits et sa confirmation dans l'erreur, le doute n'est plus permis.
Un des ses soutiens des débuts (avec Franck Lepage qui continue d'hésiter), Yanis Youlountas, dont on ne peut pas remettre en doute l'anarchisme, la connaissance de la Grèce ou la bienveillance (super docus ICI, ICI et ICI), a bien tenté de lui faire entendre raison. Peine perdue. Ce n'est donc pas qu'une question de forme. C'est une question de s'associer à ceux qui lui disent ce qu'il veut entendre et on l'entendra bientôt dire ce qu'ils lui disent.
Il en vient à diffuser les éternelles théories du complot dans lesquelles l'extrême droite nage comme un poisson dans l'eau croupie et s'essaye même au négationnisme (il est pas sûr pour les chambres à gaz...).
Il aura préféré son business avec des entrepreneurs fascistes à ses amis antifascistes. Et il aura été une belle passerelle pour l'extrême droite, un bon diffuseur de théories du complots, un bon fouteur de merde.

Après avoir exposé tout ce beau monde, on se demande ce qui peut bien les réunir et surtout, ce qui peut bien motiver A. Poulin à s'associer à cette porcherie.

Conclusion

Que retenir de tout ça?

Monsieur Poulin semble être un autre exemple de ce genre de glissement.

Il semblerait qu'il soit, avant toute chose, un entrepreneur de lui-même. Une personnalité un poil mégalo qui va là où on lui tend un micro, peu importe la couleur, du moment qu'il peut se retrouver à la lumière.
Il risque de fuir les contradictions et de resserrer ses liens avec ceux qui voudront bien être complices de ses dérapages et de ses errances.
Il se sert de l'humour pour capter le ressentiment du moment, tout en restant vagues sur le projet politique et philosophique à défendre.
Son manque de cohérence augmente proportionnellement à ses relations compromettantes.
Il se prendra des critiques des antifascistes (ce qui est légitime) car il s'associe avec des fachos et les alimente. Il se fâchera sans doute avec celleux qui le contrarieront et s'en prendra aux groupes en question (antifas etc...)
Il finira, s'il choisi cette voie, par être trop engagé et dépendant des vampires qui l'entourent. Se nourrissant les uns des autres dans une petite entreprise collective nauséabonde et pathétique.

Ou peut-être se ressaisira-t-il ?
Peut-être qu'il écoutera la vigilance des antifas et peut-être qu'il entendra parler du paradoxe de la tolérance de Karl Popper.

Pompage wikipédia :
Le paradoxe de la tolérance soutien que si une société est tolérante sans limite, sa capacité à être tolérante est finalement détruite par l'intolérant. Logiquement, mais paradoxalement : « pour maintenir une société tolérante, la société doit être intolérante à l'intolérance. »
« … la tolérance illimitée ne peut que conduire à la disparition de la tolérance. Si nous accordons une tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas prêts à défendre une société tolérante contre les assauts des intolérants, alors les tolérants seront détruits, et la tolérance avec eux... Avec cette formulation, je ne veux pas dire, par exemple, que nous devrions toujours réprimer les philosophies intolérantes (risque de despotisme); tant qu'il nous est possible de les contrer par des arguments rationnels et de les tenir en échec grâce à l'opinion publique, les interdire ne serait certainement pas judicieux. Mais nous avons intérêt à revendiquer le droit de les réprimer si nécessaire, même par la force (ou la censure -> voir G. DeLagasnerie à ce sujet)..." "...Nous devons donc revendiquer, au nom de la tolérance, le droit de ne pas tolérer les intolérants.»

Etant donné que les arguments rationnels ne sont pas le sujet car il ne s'agit pas de rationalité et que de toute façon ils ont fait leur le concept de post vérité, oublions les débats.
Quant à l'opinion publique, si on admet que cela ait une définition, comment se porte-t-elle avec des médias de masse complètement infiltrés, un gouvernement qui fait le boulot des fachos, adopte leur vocabulaire et la vision du monde qui va avec, et leur fait une place au parlement, une police qui accepte avec zèle de réprimer toute parole publique contestataire... bref, le temps des mots semble derrière nous. Il va falloir se mettre en colère contre TOUS les fachos.

Enfin j'en viens à cette notion de "souverainisme" qui hante pas mal des profils problématiques qui glissent de la gauche à la droite.
à la base, ce mot décrit la revendication de la souveraineté d'une nation par rapport à celle d'une entité supranationale. On parle de peuple souverain (en opposition au monarque absolu). La constitution est sensée la garantir (mais on voit qu'il n'en est rien).
Ce qui était pertinent encore dans le cas des luttes de libération des anciennes colonies devient ambiguë avec les républiques Européennes.
On le reprend aujourd'hui pour parler de l'indépendance de la France vis à vis de l'Europe.
Mais là, plusieurs visions s'affrontent, toutes aussi confuses que le libéralisme dont elles veulent se défendre. Quel est l'adversaire et quel est le projet ?
Ce terme peut donc autant désigner :
- un mouvement de gauche qui veut se dissocier de l'ordre capitaliste qui domine dans l'institution et entretien les inégalités et l'oppression.
- de simples nationalismes alimentant les mouvements d'extrême-droite identitaire tels que le parti de Lepen ou celui d'Asselineau ou en fait tous les partis d'extrême droite (ils sont anti-européens non pas pour des questions économiques mais identitaires motivées par le rejet du multiculturalisme).
Ce terme étant confus, il est idéal pour les fachos. La grande majorité des partis qui se revendiques souverainistes sont d'extrême droite.
La LFI flirt avec cette notion étant donné les quelques tentations rouge-brunes de certains de ses membres.
Je précise qu'en tant qu'anarchiste, je ne suis pas souverainiste mais internationaliste. Je rejette autant l'Europe capitaliste que le nationalisme.
Mais voilà, quand on a bien défini ça, on remarque que la rhétorique de monsieur Poulin et de ses acolytes penche du mauvais côté de la balance.

Dans une vidéo sur la chaine Putsh, Nicolas vidal invite A. Poulin et Rémy "juste milieu" pour causer et s'exciter (et faire la promo de leur torchon). Quelques pépites sont lâchées et achève mon avis sur ces personnages.
Toutes la rhétorique est gangrénée par l'extrême droite. Mr Poulin y exalte la nation et souhaite former un bloc souverainiste.
Lorsque son collègue s'inquiète que le vrai danger n'est pas la réforme des retraites mais le risque que l'Europe impose les théories LGBT et l'immigration, Mr Poulin ne contredit pas du tout ce pet foireux réac. ça passe crème.
D'ailleurs, il regrette avec ses camarades qu'il n'y ai plus de vrai Gaulliste (un anti-communiste, colonialiste, autoritaire, qui a fabriqué la saloperie de constitution de la 5ème république présidentialiste dans laquelle on patauge?) ni de droite sociale (national-socialisme ?).
Il parle aussi des réseaux de la "réinformation", élément de langage issue de l'extrême droite négationniste. Se flatte que tout le monde soit passé sur le plateau de Eric Morillot, journaliste facho qui est passé par sud radio et C news et surtout collaborateur de TV liberté - la webtv identitaire qui veut "rendre acceptable la parole d'extrême droite dans l'opinion publique".

Pas de doute que Mr Poulin a bel et bien glissé.
Il se sert de la haine (légitime) que suscite Macron et de l'humour comme attrape nigaud (nous le sommes tous.tes à un moment ou à un autre). Une sorte de Poujadisme type "y'en à marre". Puis fait passer en douce sa rhétorique confuse et de plus en plus teintée de complotisme d'extrême droite. Quelle déchéance.

Notre époque est confuse.
Pleine de ressentiment prêt à l'emploi pour les entrepreneurs cyniques et mégalos. La rationalité, déjà bien difficile à saisir, recule dans nos milieux.
La tolérance avec l'extrême droite s'élargit tendis que la haine de la gauche (y compris en son sein) se répand.

Et pourtant c'est bien de rationalité dont nous avons besoin.
Pas toujours pour nous donner des réponses, mais pour penser le plus justement possible et agir le plus judicieusement possible. De la méthode. De la stratégie. De la tactique. éviter les pièges et les choix contre-productifs.
Ne pas jouer aux apprentis sorciers avec les fachos et réaffirmer son antifascisme inconditionnel.

Dans l'optique de ces quatre ans à venir, de calvaire, il ne va pas falloir les laisser gagner du terrain. Il ne faudra pas laisser les nôtres s'en prendre plus à leurs camarades de gauche que de droite (salut Roussel, social traitre du siècle). Redéfinir nos valeurs et nos principes radicalement pour ne plus se condamner à l'impuissance.
Que voulons-nous en priorité ? De quoi voulons-nous faire partie ou pas?
Qui sont nos alliés et nos adversaires ?

Il va falloir choisir son camp et le mien, c'est l'antifascisme.
Le fascisme, c'est la gangrène. On l'élimine ou on en crève.
On ne fait pas des magazines avec eux monsieur Poulin.

P.S. :
Monsieur Poulin disait dans un podcast que "le progressisme est le populisme des élites". Merci d'abdiquer ce terme à leurs falsificateurs.
Et de continuer à adopter leur rhétorique avec des termes vagues et dépolitisant comme "les populismes". C'est du même tonneau que "les extrêmes".
L'antagonisme n'est pas entre populistes et progressistes.
Il peut être de différentes natures, mais l'antagonisme progressistes (sociaux, non pas techno) contre réactionnaires, me parait pas trop mal. Socialistes (je parle de son sens premier avec un petit faible pour l'anarchisme - la doctrine la plus cohérente) contre fascistes aussi.

J'ajouterais que Mr Todd file un mauvais coton et que Mme Stiegler adopte une rhétorique douteuse.

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Macron confirme son programme fasciste.

Publié le par Mikeulponk

Le visage de la démocratie selon Macron

Le visage de la démocratie selon Macron

Comme on le craignait, le programme fasciste de Macron se poursuit envers et contre toustes.
Comme annoncé à sa réélection, son projet de mise au pas du pays se maintient coûte que coûte.
Dans sa dernière interview, il fait la démonstration de son hermétisme, de son mépris et de sa mégalomanie.
Comme un bon despote, il décide de ce qui est légitime ou non.
Il réaffirme sa vision unilatérale de la négociation. S'il n'obtient pas une réponse docile à ses exigences, il passe en force. Il appelle ça la démocratie et le dialogue.
C'est digne de la propagande de double pensée de 1984 (et cette fois-ci la référence n'est pas galvaudée). "La guerre c'est la paix; la liberté c'est l'esclavage"; le 49,3 c'est la démocratie; les charges de robocops et les garde à vue préventives c'est la liberté d'expression et l'état de droit.
Lorsque l'exécutif impose sa loi en bafouant le législatif, il brise la séparation des pouvoirs.
Lorsqu'il n'y a plus de séparation des pouvoirs et que le gouvernement dicte la loi, nous sommes techniquement en dictature.

On apprend ça au collège bordel de merde !

Il affirme aussi qu'on passe trop par la loi (hypocrite de sa part car il se sert souvent de la loi pour s'imposer ou se couvrir. Monsieur "assume" alors qu'il est immunisé par sa fonction). Ce qui dans sa bouche signifie :
- Il est antiparlementaire. On voit depuis le début de son règne qu'il cherche tous les moyens pour se passer de l'opposition, qu'il ne considère pas comme un contrepouvoir indispensable en démocratie, mais comme une gène. Il veut donc diriger sans le parlement, sans la loi. La loi - qu'ils ont pourtant contribué à fabriquer - protège encore trop les citoyen.ne.s des excès autoritaire de son gouvernement.
- Il compte diriger par lui-même, sans partage, par décret etc... comme bon lui semble (rappelons-nous sa gestion unilatérale et autoritaire de la crise Covid). Il déteste la concertation, la négociation qui sont pour lui des entraves. Monsieur dirige et doit être obéit comme s'il s'auto-attribuait les pleins pouvoirs.
C'est un petit autocrate en costard et à montre de luxe nostalgique du monarchisme (d'où sa crainte de la "foule", typique de l'aristocratie la plus dédaigneuse et ses déclarations sur le manque de roi ou son investiture à Versailles) et du pétainisme (ce "grand soldat", qui a fait fusiller des innocents par milliers et déporté des juifs, collaboré avec les nazis volontairement, et dont le premier terme de sa devise était "Travail" ou encore ses hommages à Maurras...).

Certes, le despote n'a pas de moustache ni d'uniforme. Le folklore est démodé.

Emmanuel Pétain (ça m'a prit 5 min, mais voilà...)

Certes il n'y a pas eu de coup d'état militaire. Juste une élection par défaut face à l'extrême droite qui aura permis à la droite extrême de ravir le poste avec une minorité historique d'adhésion. Ce qu'on appelle en langage de science politique soigné : "une grosse douille de ses morts !".
Beaucoup de régimes fascistes sont arrivé au pouvoir en jouant avec les failles du système et grâce à une grande capacité d'opportunisme et de démagogie. Hitler et Mussolini, les champions toutes catégories de cette mouvance, sont arrivés au pouvoir sans coup d'état. Une fois à la tête de l'état, vu comment il est doté et corrompu, il est trop tard.
Quant à notre cinquième république et sa constitution présidentielle, taillée sur mesure pour un despote, elle est la création de DeGaulle arrivé au pouvoir dans un coup de force opportuniste (pendant la guerre d'Algérie) souvent comparé à un coup d'état politique (ah, les militaires...).

Les bourges ont un réel problème avec la démocratie (leur idéologie est aristocratique, donc anti-égalitaire, ce qui est totalement et essentiellement contradictoire avec la démocratie) et font tout pour la réduire à chaque fois qu'ils parviennent à ravir le pouvoir. (Sauf si le peuple les tient en respect par le rapport de force, ça ne s'est jamais passé autrement).
Le projet, bien visible, du président actuel depuis son premier mandat, c'est de poursuivre le plan fasciste (originel) de destruction des conquêtes de la Révolution Française, de la Commune, du Front Populaire et du Conseil National de la Résistance (le vrai CNR).
Nous constatons bien la façon dont il saisi chaque opportunité de nous amputer de nos droits et de nos libertés. Un coup c'est la menace terroriste; un coup c'est le Covid; un coup c'est la guerre en Ukraine. Toutes ces crises ont bon dos. Manquerait plus qu'ils trouvent la carotte bien sale pour le faire au nom de l'écologie (greenwashing déjà bien à l'oeuvre et collapsewashing en embuscade). Avec leur niveau de cynisme, ils en sont capables.

C'est avec cette méthode opportuniste et autoritaire qu'il mène sa bataille des retraites qui n'est qu'un wagon dans le convois d'explosifs de sa guerre contre notre société à vocation sociale, pour la transformer en société aristocratique et sécuritaire a vocation de nourrir les appétits d'une minorité de goinfres dégoutants.

Le plan, totalement assumé (c'est à la fin de l'interview), est :
1) de remettre au travail la population.
2) Réindustrialiser massivement.
3) Rétablir l'ordre public.
4) Remilitariser.
5) Et le reste on verra après (écologie, santé, école, le "bien vivre", etc... lol).

Le plan de la bourgeoisie - par l'intermédiaire de leur représentant actuel - est de tenter de sauver leur place de dominant (l'homme et la femme les plus riches du monde, au moment où j'écris ce texte, sont français - Arnault et Bettencourt) sur la scène internationale, qui leur échappe (concurrence américaine, chinoise, agressivité russe et perte d'influence dans les anciennes colonies...), en mettant en place une économie de guerre, à laquelle la population doit être employée et soumise. Le rôle des aristos est de diriger pendant que nous trimons. Ils décident de la stratégie (qu'ils appellent "intérêt général") et nous sommes sommés d'y obéir, sous peine d'être des traîtres ou des lâches à la patrie (dont ils ont décidé que les intérêts étaient fusionnés avec les leurs).

- Le prochain wagon, de son aveu et avec fierté et délectation, c'est la mise au travail forcé de la population. En particulier celles et ceux qui y échappent encore, tels les plus fragiles, et les plus libres, comme les chômeur.euse.s et les allocataires des minimas sociaux (dont une bonne partie sont handicapé.e.s, des femmes en difficulté, des artistes, des minorités opprimées en tous genres...).
Sa réforme du chômage et du RSA ont pour vocation de pousser au travail forcé celles et ceux qu'il considère comme des "fainéant.e.s" et des "indésirables". En rabâchant des arguments moisis depuis longtemps sur les "profiteur.e.s" etc...
Obscène, comme toute sa clique.

En particulier l'abjecte Darmanin qui va porter une énième lois immigration, xénophobe et néo-esclavagiste. Toujours dans l'idée d'exploiter le moindre bougre jusqu'à l'épuisement. Sélective et déshumanisante, digne d'un ancien sympathisant et contributeur de l'action française (groupuscule fasciste à l'ancienne) et violeur impuni.

Il faut de la chaire fraiche pour que les aristocrates et les bourgeois puissent rester compétitifs. Ils comptent réindustrialiser massivement. Il faut nourrir la machine.
Les fainéants et les faibles peuvent crever : Arbeit Macht Frei !

- Rétablir l'ordre public. Le point préféré des fachos. Du flic, du flic, du flic ! Pas des profs, pas des enseignants, pas d'assistant.e.s sociales, pas de soignants... sauf si il reste de la place à la fin de son programme. Mais souvenez vous, ça coûte "un pognon de dingue" et une fois qu'il a régalé les capitalistes - avec ses cadeaux financiers et fiscaux - en particulier les acteurs de la militarisation, en leur achetant des blindés, des drones, des systèmes de surveillance et des grenades... y'a plus rien pour les ploucs à part la joie de tester tout ce nouveau matériel sur leurs trognes en regardant depuis son palais (revoir la dernière séquence de Salô ou les 120 journées de Sodome, où, après avoir forcée la jeunesse à se soumettre à leurs jeux sadiques et à bouffer leur merde, les tyrans regardent leurs sbires les torturer depuis les fenêtres de leurs appartements).

Il sait très bien que personne ne veut être considéré comme un forçat pour permettre à une caste de vampire de se gaver d'avantage. Il va y avoir de la colère, de la résistance, réaction légitime face à la violence oppressive d'un gouvernement fasciste qui ne reconnait que la soumission ou la répression.
Faites ce que je veux ou j'ordonne à mes hordes de robocop de vous soumettre.
C'est sa méthode sur tout ce qu'il fait depuis 7 ans. Il n'a pas de temps à perdre à discuter avec les abrutis de péquenauds qui constituent les ressources humaines de l'entreprise France qu'il s'est approprié en prenant la tête du comité de direction par une OPA hostile.
Ils doivent gober sa "pédagogie" (comprendre : bullshit manipulatoire pour bourrer le mou de ses larbins). Mais voilà, il découvre que les français sont des "gaulois réfractaires" (comprendre : des cons qui ont l'impertinence de raller quand on les emmerde) et, comme il ne peut pas les licencier, ils ne méritent que le rappel à l'ordre ou la matraque, comme il dresserait un clébard pour qu'il soit à son service.

Gandahar

C'est là qu'interviennent les forces de l'ordre. Ceux sans qui aucune dictature ne verrait le jour. Une bande de brutes obéissantes car endoctrinées à l'ordre bourgeois (C'est de leur paix à eux dont les poulets sont les gardiens).
La police est l'un des sujets fondamentaux de la politique qui n'est qu'une question de gestion de la violence. J'y reviendrait un peu après, sur cette institution d'hommes métal.

- Remilitariser le pays. On comprend que la réindustrialisation sera donc un synonyme de lobby militaro-industriel (nous sommes dans les 4 plus gros vendeurs d'armes au mode). Exactement le projet le plus progressiste du moment (lol putain!). Exactement ce qu'il nous faut après la publication du dernier rapport du GIEC (LMFAO 'dinamouk).
Faudra nous expliquer comment on fait de la sobriété énergétique et comment on réduit de moitié nos émissions, en mettant tout le monde au travail plus fort et plus longtemps, surtout en reboostant l'industrie militaire et la surconsommation.
Remilitariser est le point d'aboutissement du plan qui nous est présenté. La mise au travail en est la condition, l'ordre policier le moyen préalable.

Une fois qu'il aura contraint les gens à travailler comme des esclaves, qu'il aura cassé la gueules aux réfractaires, reculé encore de vingt pas sur le chemin de la transition écologique, il sera temps de "mieux vivre". Quel cynisme putride !
Il faudra beaucoup de coachs en développement personnel pour nous aider à bien vivre en dictature.
Mais ne vous en faites pas, il y a une armée de managers qui expérimentent ça depuis des années sur des cobbayes humains dans l'entreprise.
En effet, il faudra des écoles pour former les jeunes à la corvée d'une vie de labeur jusqu'à l'épuisement.
Il faudra des hôpitaux pour rafistoler tous les blessés par la répression.
Il faudra des centres psy pour les personnes qui craquent.
Des Ephads pour tous les vieux brisés.
Des casernes pour les soudards.
Quelle société désirable. L'utopie d'une fraction toxique est la dystopie de tout un peuple prit au piège.

Il le dit lui même : Son programme se fera "À MARCHE FORCÉE".
On l'avait compris depuis son premier mandat. Mais le temps lui étant compté, il accélère et renforce sa prédation. C'est la panique de la classe bourgeoise qui montre les crocs en espérant garder le contrôle sur les ressources humaines dont elle se croit légitime de disposer.

Il se croit assez fort, grâce à la police, pour asservir la population.
Aura-t-il raison ?
La police est-elle complice quoi qu'il arrive ? Est-elle capable de frapper père et mère ? Frère et Soeur ? Apparemment oui.
Après les chemise brunes et les chemises noires, nous avons les chemises bleu-marine. Une corporation de brutes stupides et hargneuses commandées par des nazillons de plus en plus isolés et radicalisés.

La BRAV-M et la compagnie d'intervention numéro 12 en tête des tortionnaires de service à la mode en ce moment (on en oublierait presque la BAC), sans oublier les CRS qui jouent d'habitude les pros mais prouvent qu'ils ne valent pas mieux ou les soi-disant disciplinés gendarmes qui font un massacre à Sainte-Soline.
Des milices friandes de tabassages, bavardes (appréciez ce condensé de menaces, violences gratuites, humiliations, propos racistes et sexistes...) tellement ils sont décomplexés de la matraque et sûrs de leur soutien hiérarchique qui va les couvrir même aux prix de mensonges auxquels plus personne ne croit.
Les propos de l'abjecte Darmanin et du président préparent le terrain pour s'autoriser une répression aveugle digne des régimes les plus nauséabonds.
Ce gouvernement s'en bat les gonades de la volonté du peuple.
Dans leur tête, c'est nous qui travaillons pour eux, pas l'inverse.
Ce sont des capitalistes, des bourgeois, des aristos.
Pas des serviteurs du peuple.
Ce ne sont pas nos intérêts qu'ils représentent.
ça saute aux yeux qu'ils ne servent qu'eux même. Ils verraient d'ailleurs comme une dégradation d'être associés à la plèbe. Toute leur vie s'applique à éviter tout contact, tout partage.
Dans le pire des cas, la mixité sociale pourrait créer une étincelle d'empathie avec la bête de somme qu'ils destinent à l'abattoir. C'est contreproductif. On ne fait pas des affaires avec des bons sentiments. Cette caste est idéologiquement opposée au socialisme et donc psychologiquement antisociale (celles et ceux qui ne présentent pas ce trouble de façon innée doivent en développer les pratiques et habitudes. Ce qui crée chez elles et eux une dissonance cognitive dormante qui n'est pas étrangère aux burning-outs expérimentés chez certain.e.s de leurs disciples et héritiers moins à l'aise avec l'anthropophagisme).

Tardi - Mort aux vaches

Tant que la flicaille tient la herse, ces seigneurs n'ont cure des braillements barbares de la populace. Rien ne peut leur imposer d'agir autrement, à part si on va les chopper par la peau du col. On voit bien que la seule chose qui les impressionne - et les terrifie au plus profond - c'est la violence légitime du manant en colère contre son oppression car ils se souviennent qu'on est capable de les raccourcir, ces mêmes cols.
En ayant peur de la violence populaire, ils abattent leur violence bourgeoise. Dans leur obstination tyrannique, ils finiront par provoquer ce qu'ils redoutent : une résistance d'une intensité équivalente à l'agression et à l'oppression subit.
Plus ils seront faibles avec les forts et forts avec les faibles, plus l'injustice sera manifeste. Plus ils seront brutaux - à l'assemblée comme dans la rue - plus il y aura des rébellions et de l'autodéfense populaire.

Ils ne sont pas contre la violence car ils en fond un usage décomplexé par l'intermédiaire des forces de l'ordre, tout à fait zélés quand il s'agit de se défouler sur des gens vulnérables. Ils appellent leurs exactions répressives de la violence légitime car leur esprit totalitaire estime qu'ils sont la seule mesure de toutes choses.
Tant qu'ils peuvent compter sur les condés, ne comptez pas sur eux. (premier pas pour arrêter de compter sur une classe qui a des intérêts antagonistes, et pour en finir avec la hiérarchie. L'anarchisme est un principe de précaution).
Cet état ne tient qu'avec la collaboration de la police, c'est un état policier.
ACAB ACAB ACAB ACAB ACAB ACAB

Le peuple sera-t-il plus déterminé et plus fort que ça ?
Car les flics sont des lâches et ils se mettent toujours du côté du plus fort.
ça va être difficile de les vaincre vu que la militarisation de la société a commencé par eux (en 1789, avec une police aussi bien équipée matériellement et idéologiquement - plus de 50% votent extrême droite, le reste vote majoritairement à droite - il n'y aurait pas eu de révolution. Donc pas de démocratie...)
Nous verrons.
Je le souhaite de tout coeur et je nourris un espoir immense équivalent à mon angoisse que cela ne suffise pas et que la population soit terrassée, retombe dans le désespoir et la résignation, ne laissant plus que pour seule alternative, une fois la démocratie définitivement enterrée, la violence révolutionnaire. (Peut être de la part des écolos, ce serait la spécificité de l'époque). Ce serait une période désagréable dont les despotes qui nous gouvernent porteraient l'entière responsabilité.

On ne peut pas s'attendre à autre chose qu'une réaction énergique lorsque le pouvoir a initié la violence, supprimé tout recours démocratique et rendu tout autre moyen d'expression inefficace et inoffensif. Chaque fois qu'il repousse la limite et élargit l'intensité du rapport de force, ça ne peut que dégénérer.
Quand on sème le vent, on récolte la tempête. Et Macron souffle des tornades, comme le loup des trois petits cochons. C'est donc un cyclone qu'il va falloir lui mettre dans les dents.
Et s'il n'y a plus la moindre confiance dans la réalisation d'une société démocratique, car le pouvoir l'aura souillé, cela entraînera le risque d'une bêtise collective. Le désespoir, inspiré par le ressentiment, peut favoriser le parti des fachos revanchards - qui se tient bien sagement en embuscade - contre celui des cyniques bureaucrates.

La population a peur.
Peur de devoir trimer jusqu'à la mort en ayant conscience de participer malgré elle à l'autodestruction de notre espèce.
Voilà l'avenir que nous propose la macronnie dans son cynisme le plus absolu.

Nous avons peur, au fond, de ne pas avoir la force de nous révolter face à cette dictature. Ou trop tard.
De ne pas être digne de l'Histoire qu'on nous rabâche depuis la primaire et dont nous devrions nous montrer dignes. La Révolution Française, "allons enfants de la patrie..."; la résistance, "Ohé paysans, ouvrier et partisan, c'est l'alarme...".
Peur d'avoir à reconnaître que nous sommes opprimés par un gouvernement autoritaire et à fantasme totalitaire - une dictature en col blanc - et de tout ce que cela suppose alors de notre part.

"Extrait DDHC 1793 :
Article 33
La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.
Article 34
Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
Article 35
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

-Comment ça ? Vous vous dites démocrate et vous ne condamnez pas les violences ?
- La démocratie moderne est née dans la violence, ou plus précisément, dans la réaction violente à la violence des tyrans. On ne condamne pas la violence des opprimer sans condamner d'abord la violence des oppresseurs. Ou c'est hypocrite.
- Mais la police représente la république. Vous souhaitez la destruction de la république !
- Pourquoi pas ? La république n'est qu'un brouillon raté de la démocratie réelle que je nomme Anarchie ! La république se dote de matons mateurs pendant que la démocratie se peuple d'éducateurs et de camarades. Un.e éduc/enseignant.e, ces 100 keufs en moins, donc autant de violence en moins. C'est donc l'anarchie, la vrai non-violence. Mais s'il faut faire la guerre aux militaires d'abord...

Cela demande du courage et de l'investissement pour oser se dresser contre une armée de CRS et autres fondus de la castagne, tant ils ont fait la preuve de leur brutalité aveugle et de la capacité du système judiciaire qui s'est mit à leur service (plutôt que le contraire) en écrasant leurs victimes dans des procédures coercitives.
C'est pourquoi je suis de tout coeur avec celles et ceux qui osent braver les menaces et la terreur que tente d'imposer le gouvernement, que l'on peut qualifier de terroriste dans la plus pur étymologie du terme.
(Acte violent perpétré par un individu ou une organisation ayant pour objectif de créer un climat d'insécurité dans le but d'exercer une pression politique sur l'opinion publique, une catégorie de personnes ciblées ou sur une organisation)
 
Courage, tenez bon ! Parce que la politique est une question de vie ou de mort (plus que jamais, il ne s'agit pas de menace qui pèse sur quelques nations mais sur l'humanité). Le temps joue contre nous. Il va falloir se battre pour mettre en place un système démocratique décroissant avant d'être au pied du mur et contraint à un conflit absurde dont les fachos sauront tirer le plus grand avantage. Vincent Mignerot fait un bon travail à ce sujet.
Il est certains que la solution ne peut pas être de travailler toujours plus, bêtement et plus longtemps. De produire toujours plus, bêtement et n'importe comment.
 
La liste de Macron est à l'envers.
C'est une bonne façon de distinguer un facho d'un humaniste.


L'humaniste mettra en priorité dans sa liste le "bien vivre", qui comprend la santé, la protection sociale solidaire, l'éducation, la justice... Les services publics quoi.
Pas à la fin de sa liste!
Parce qu'on sait que c'est la garanti de la paix sociale, donc de la sureté, sans avoir à faire un usage excessif de la force pour contraindre les masses (preuve évidente de l'échec politique).
Quant à la production, elle doit servir le bien être et pas l'inverse.
Si les conditions de la production produit du mal-être (ce que nous vivons déjà et qui va s'empirer, sans aucun doute possible, avec le travail forcé) alors elle doit cesser. Notre bien-être vient de la satisfaction de nos besoins (pas de nos désirs). Or, les conditions de notre subsistance sont mises en péril par le changement climatique. La production doit donc être mise en cohérence avec cet enjeu. Ce qui est le derniers des objectifs du militarisme et de la surconsommation dans une logique de croissance capitaliste.
 
Il faut vraiment garder en tête un fort sentiment d'altruisme et d'entraide, avec le genre humain. Bien distinguer ceux qui subissent cet ordre malfaisant de ceux qui le pilotent.
Être allergique à l'autorité et à toute percée fasciste d'où qu'elle vienne.
Il faut combattre l'autorité sans répit et favoriser la démocratie et la solidarité à la base.
C'est à dire, l'éjection de ce gouvernement (et des autres tant qu'on y est, ce sera fait), la mise hors d'état de nuire la classe bourgeoise et ses chiens de gardes constituées en forces de l'ordre et en médias de propagande complaisante (comme le journalisme de préfecture).
Courage, c'est possible. De plus en plus possible.
 
le triomphe de la volonté a bonne mine
Vers la fin de son vomi de 30 min, il répond par une phrase qui sent beaucoup l'autosatisfaction "je ne vis pas de regrets, je vie de volonté, de ténacité...".
Le fameux film de propagande Nazi de Riefenstahl s'appelait "le triomphe de la volonté".
Il s'obstinera jusqu'à la chute. C'est un forcené.
Ce n'est pas un point Godwin (On pourrait aussi parler de Bonapartisme mais c'est moins évident). C'est l'une des marques des états fascistes en construction que de mettre en place une économie de guerre.
Non pas pour se mettre à la hauteur des enjeux du changement climatique, mais pour poursuivre la guerre de concurrence des capitalistes entre eux, qui considèrent le peuple comme un instrument à soumettre à leurs intérêts. Le travail forcé devient tout à fait logique dans une telle stratégie.
 
C'est troublant de voir tous les points communs que la macronnie a avec le nazisme (si on garde le racisme et les camps - voir Calais et le sort réserver aux "migrants" - mais qu'on enlève le programme génocidaire).
D'abord son programme : Mise au pas du pays par l'ordre policier et la mise au travail forcé, réindustrialisation couplée à la militarisation. Tout cela dans un emballage bureaucratique managérial insensibilisé à la souffrance qu'ils génèrent. Collusion avec les forces économiques (faux socialisme et vrai nationalisme).
Des concepts comme "l'arbeitsschlacht" (la bataille du travail) contre les "arbeitsscheu" (réfractaires au travail); les "einsatzgruppen" (sections d'interventions) très friandes de gazs elles aussi; "l'ordnungspolizei" (police de l'ordre) que Macron pourra remercier quand il recevra le prix de la meilleure autocratie camouflée car "sans eux rien aurait été possible"; notemment grâce aux "schutzhaft" (détentions de sureté)...
Sans oublier la désignation systémlatique de l'opposition comme des ennemis. Tout manifestant est un casseur, puis un terroriste.
 
Il y a un autre film qui résume bien le sentiment qu'on ressent sous le règne Macron, c'est Salô et les 120 journée de Sodome de Pasolini. C'est le film qui représente le mieux le sentiment d'horreur de vivre sous le fascisme en prenant la métaphore au premier degré. C'est un film assez difficile à voir (warning, il faut être prévenu avant d'y aller) mais je suis d'accord pour en finir avec cette pudeur qui consiste à s'interdir d'appeler un bourreau comme ce qu'il est : une ordure (pour reprendre le mot qui vaut à une inconnue de passer au tribunal pour crime de lèse majesté), une grosse merde fasciste.
 
Est-ce que c'est notre discours qui est grossier et répétitif, ou est-ce que ce sont les aristos qui poursuivent le même dessein envers et contre toustes de façon tellement caricaturale et cynique qu'elle en devient grotesque et agaçante ?
 

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