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L'ARGENT - Pauvreté et richesse

Publié le par Mikeulponk

L'ARGENT - Pauvreté et richesse

Le second sujet que nous avons exploré en réunion de Politiques Anonymes a été "l'argent".
Comme c'est un sujet vaste là aussi, j'ai tenté d'éclaircir les notions de pauvreté et de richesse. Des notion bien moins évidentes qu'elles en ont l'air. Je me suis beaucoup appuyé sur les rapports (2020) produits par l'observatoire des inégalités.
J'me suis bien cassé le cul et c'est une grosse compile de données. Mais c'est vraiment un outil important car sur ce sujet (entre autres), les idées reçues sont violentes et très éloignées de la réalité.
Vu l'offensive anti-pauvre que Macron prépare avec ses caniches pour finir de péter la gueule aux chômeurs et aux allocataires du RSA, c'est le moment.

La pauvreté

La pauvreté désigne, dans une société donnée, le fait d'être dans une situation d'infériorité matérielle par rapport aux individus les plus aisés/riches.
Cela peut se traduire par une difficulté à subvenir à ses besoins et à ceux de ses proches. Mais aussi par une stigmatisation par les personnes les plus riches. La pauvreté est la source d'une grande souffrance.


Nous pouvons retenir une définition à tendance socialiste et une autre à tendance libérale.
- Tendance socialiste : Les inégalités sont le fruit de rapports sociaux qui discriminent. Il y a ceux qui ont et ceux qui n'ont pas.
Mais certains s'opposent à cette vision qui définit par le manque.
- Tendance libérale : L'individu ne peut pas subvenir à ses besoins. On invoque alors des causes qui relèvent de la responsabilité personnelle (comme la volonté, etc...)

La pauvreté est-elle un phénomène sociologique, produit par un système social, ou le fruit de manquement individuels (logique méritocratique)?

Quels sont ces besoins que les personnes qui se définissent comme pauvres ne parviennent pas à satisfaire ?
9 personne pauvre sur dix parlent de restrictions, dont la plus importante concerne le logement (1/3), puis l'alimentation, l'habillement, l'énergie, la mobilité, l'hygiène, la santé, les loisirs, la sociabilisation... On pourrait aussi évoquer des inégalités d'accès à l'éducation, à la justice ou un fort manque de maitrise de son temps.

à partir de quels critère sommes-nous pauvres ?

L'observatoire des inégalité a choisi un critère de revenu (qui ne leur semble pas suffir, mais faut bien chercher une base la plus objective possible pour commencer à discuter concrètement).
Revenus inférieur à 50% du salaire médian.
Le salaire médian français signifie que 50% des français gagnent plus et que les autres 50% des français gagnent moins. Ce qui est plus parlant qu'une moyenne car si on prend la moyenne des revenus français, le niveau de richesse des plus riches d'entre nous est si élevée que la moyenne s'élève en laissant les deux tiers en dessous.
Le salaire médian est d'environ 1770€.
Le salaire moyen est d'environ 2380€ (vous voyez la différence).
50% du salaire médian est donc de 890€/mois de revenus disponibles.
C'est à dire après impôts et prestations sociales. Pour une personne seule.

L'un des inconvénient de ce seuil de pauvreté est qu'il dépend de critères seulement économiques. Si le niveau de vie de la classe moyenne augmente, le seuil aussi. Même si les revenus des personnes les plus pauvres ne suivent pas.
Et justement, les fossés se creusent.
D'autre part, si on recensait celles et ceux qui passent sous les radars (comme les sans-abris), le salaire médian baisserait et le seuil aussi.
Certains fixent ce seuil à 60% du salaire médian. Ce qui revient à 1000€/mois et concernerait un peu plus de 10% de la population.

Le seuil à 50% concerne environ 5,3 millions de personnes en 2020 (depuis la crise du Covid, les récentes crises d'inflation et les réformes du chômage, c'est surement bien pire).
C'est à peu près 8,3% de la population.
1 enfant sur 10.

Mais 18% de la population se sent pauvre. Ce qui signifie que ce seul critère économique ne suffit pas.
Il y a la pauvreté monétaire relative et la pauvreté en condition de vie.
Car le revenu ne donne pas lieu aux mêmes réalités selon qu'on se trouve en ville ou à la campagne, si nous sommes en bonne ou en mauvaise santé, selon le milieu culturel...
Seulement 5% de la population cumule ces deux aspects.

L'observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale défini un budget de référence pour participer effectivement à la vie sociale.
1400€/mois de revenu disponible (40% de la population se trouve en dessous)

Pour vous donner une idée des seuils de revenus (2020) :
- RSA (seul) : 500€
- Revenu médian des 10% les + pauvres : 715€
- Revenu moyen des 10% les + pauvres : 740€
- Seuil de pauvreté (à 50% du revenu médian) : 890€
- Allocation vieillesse et handicap : 900€
- Seuil des 10% les + pauvres : 930 €
- Seuil de pauvreté à 60% du revenu médian) : 1000€
- SMIC net : 1220€
- Budget de référence pour participer effectivement à la vie sociale : 1400€
- revenu moyen ouvrier : 1680€
- Revenu médian : 1770€

Ce seuil de 890€ s'applique pour une personne seule.
Pour une famille mono parentale (avec un enfant de - de 14 ans) : 1381€.
Pour un couple sans enfants : 1594€.
Pour un couple avec deux enfants (-14 ans) : 2231€.
Pour un couple avec deux enfants (+14 ans) : 2657€.

Qui cela concerne-t-il ?
+ de 50%  des personnes pauvres ont moins de 30 ans.
1/3 sont des enfant et des ados. 7 % sont âgés de + de 65 ans.
Les familles monoparentales sont très exposées (surtout des femmes).
Les femmes sont plus touchées aussi car elles ont des revenus plus faibles, des emplois plus précaires et donc de plus faibles retraites.
Les personnes au chômages aussi.
La baisse du nombre de chômeurs pauvres s'explique souvent par la hausse du nombre de travailleurs pauvres.
Il y a une sale hypocrisie à déplorer la pauvreté des conditions dans lesquelles vivent les enfants sans déplorer celles des parents car il n'y a pas d'enfants pauvres, mais des enfants de pauvres.
D'ailleurs, si il n'y avait pas de redistribution, le niveau de pauvreté irait de 14% à 22% (selon le mode de calcul). Ce qui révèle les fortes inégalités présentent dans la société française.
1/4 de la population est mal employée (1,6% d'inactifs + 2,7% de chômeurs + 3,7% de précaires).
Il y a aussi 4 millions de mal logés.
Et n'oublions pas les personnes immigrées qui sont trois fois plus exposées.
Et n'oublions pas non plus les personnes souffrant d'un handicap.

Quand on parle de ce dont manquent les personnes pauvres, on pense surtout à l'argent. Mais le déficit de capital économique est intimement lié au déficit de capital culturel (diplômes, réseaux, maitrise technologique...).

La richesse

Quand on a parlé de pauvreté, on a rien dit sur la richesse.
Les études sur la pauvreté sont nombreuses, mais sur la richesse, elles sont rares.

La richesse désigne, dans une société donnée, le fait d'être dans une situation de supériorité matérielle par rapport aux individus les plus pauvres.
Cela se traduit par un haut niveau de confort, d'abondance.
Pour les personnes riches, la subsistance n'est plus un problème du tout. Leur niveau de vie tend vers l'excès.
La richesse est considéré comme une source de jouissance individuelle.
C'est aussi une reconnaissance de pouvoir.

On pourrait dire que la richesse cumule deux notions. Possession et pouvoir.
Ce qui crée une relation entre l'argent et la puissance.

Cette notion de richesse est reconnue pour modifier la psychologie de l'attention.
La richesse rend égoïste. Altère la compassion, l'empathie, l'éthique... Elle diminue l'attention sociale (nombrilisme). Autrement dit, les riches vivent dans un tel paradigme déconnecté qu'ils ne font même plus attention à la pauvreté.
La relation entre réponse empathique neurale et statut social est inversement proportionnée.
Mais je pose la question de l'oeuf ou de la poule.
Autrement dit, est-ce que c'est la richesse qui entame notre empathie, ou c'est le manque d'empathie qui permet les conditions de l'accumulation de richesses?

à partir de quoi est-on riches ?

"Il y a toujours plus riche que soi". Si il y a 18% de la population qui se trouve pauvre, combien se sentent riches ?

Le seuil de pauvreté est fixé à 50% du salaire médian. Celui de la richesse est fixé au double du salaire médian.
Le salaire médian étant à 1770€ (2020), le seuil de richesse, pour une personne seule, est fixé à 3500€/mois de revenu disponible (après impôts et prestations sociales). Environ 4 fois le seuil de pauvreté.
Ce qui correspond à environ 8,2% de la population.
Pour une personne seule : 3500€
Pour un couple sans enfants : 5205€
Pour un couple avec 2 enfants : 7287€

La richesse, contrairement à la pauvreté, est avant tout une question d'argent. Mais comme pour la pauvreté, il y a des facteurs sociaux-culturels important pour en avoir le sentiment. Ce que Bourdieux appelle la Distinction (autrement dit, les usages qui vous classent).

Il y a bien plus d'écarts entre les riches, qu'entre les pauvres.
à tel point qu'il faut distinguer les riches (10% les plus riches), les très riches (1% les plus riches) et les ultras riches (0,1% les plus riches), qui n'ont pas grand chose à voir entre eux.
3500€/mois, ce n'est que la porte d'entrée. à partir de là, les chiffres s'envolent de façon exponentielle.
D'ailleurs, la France, contrairement à ce que disent les riches, est le pays d'Europe où les très riches (1%) ont le niveau de vie le plus élevé (1 million par mois en moyenne), après la Suisse. Ce qui fait dire à de nombreux observateurs que la France est un paradis fiscal pour ultra-riches.
Nous avons 1,2 millions de millionnaires.
N'oublions pas que notre petit pays compte parmi ses citoyens l'un des trois hommes les plus riches du monde (selon les périodes). Bernard Arnault possède environ 70 milliards.
Vous voyez l'écart entre le seuil de pauvreté à 890€ et la fortune de cet enfoiré. Nous y reviendront. (70 millions de fois le seuil de pauvreté)

les 90% les plus modestes de la population ont un revenu moyen de 1740€
La partie située entre les 10% les plus riches et les 1% les plus riches a une revenu moyen de 5069€.
Les 1% les plus riches ont un revenu moyen de 14 749€.
Entre les 1% et le 0,1% les plus riches, le revenu moyen est de 12 137€.
La partie entre les 0,1% et les 0,01% a un revenu moyen de 30 508€.
Les 0,01% les plus riches ont un revenu moyen de 108 082€.

Mais pour ce qui est des riches, les revenus ne sont pas la seule richesse à évaluer. Il y a aussi le patrimoine (fortune bancaire, immobilier, actions...).
Depuis la suppression de l'ISF, il est devenu plus difficile à évaluer.
Le seuil de richesse en ce qui concerne le patrimoine est fixé à 490 000€. Ce qui correspond au triple du patrimoine brut français.

Si il y a 4 millions de mal logés (dont 332 000 n'ont même pas l'eau courante) et environ 145 000 SDF, le seuil de richesse évalue à 60m² pour une seule personne et 90m² pour un couple (Paris faisant exception).
82% des personnes riches sont propriétaires.
Le fait d'avoir une résidence secondaire est déterminant.
Les classes supérieure se sont créés des territoires préservés (quartiers, arrondissements, petites villes).

Le fait de posséder des équipements de luxe (comme une berline haut de gamme).
Le fait de se faire servir (garde d'enfants ou de personnes âgées, femme de ménage voir domestiques...)
De Partir en vacance (en particulier sur les côtes touristiques, au ski, où pour des destinations qui demandent de prendre l'avion), surtout sachant que 23% des personnes pauvres ne peuvent pas se payer une semaine de congés dans l'année et que 42% ont dû renoncer à partir en vacance une année.
Avoir des loisirs coûteux (Opéra, concerts de Jazz ou de musique classique, golf, équitation, loisirs aériens ou nautiques, automobiles...)
Maitriser son temps (horaires de travail, prendre des congés quand on veut...) est une donnée plus importante qu'il n'y parait. C'est même l'un des critères les plus clivant. 28% des personnes pauvres travaillent le week-end (par contrainte) et 15% la nuit (par contrainte aussi).
Ne pas s'inquiéter des fins de mois (stabilité, tranquillité d'esprit).
Avoir de hauts diplômes, qui garantissent la reproduction sociale et un haut capital culturel.
Avoir un réseau de connaissances développé, sur lequel on peut compter pour des services, des tuyaux, des pistons, etc... 10% des personnes les plus pauvres n'ont carrément pas de relations sociales développées (ni famille, ni amis, ni voisins, ni collègues).
Avoir des vêtements neufs et de qualité. Avoir moins de deux paires de chaussures en bon état est un critère de pauvreté, et il est fréquent.
Avoir un emploi peu menacé par le chômage (à court terme). Ce qui garanti la stabilité et donc la tranquillité mentale.
Jouir de la hiérarchie (pas d'ordres permanents, pas dominé par une machine...).
Avoir accès à des systèmes privés inégalitaires (écoles, cliniques, clubs...)
Avoir de l'épargne.
Avoir accès aux sphères de pouvoir (médias, politique, direction d'entreprises...).

Mais qui sont-ils?

Les riches sont de plus en plus riches. Ils ont doublé leur richesse depuis l'année 2000 (La crise du Covid a encore exacerbé cette accumulation abjecte).
2/3 des 10% les plus riches ont plus de + de 50 ans.
70% des plus fortunés (en patrimoine) ont + de 50 ans.
51% sont des cadres supérieurs et des professions libérales.
Les 10% les plus riches concentrent 40% des revenus nationaux.
Les 10% les plus fortunés possèdent 46% du patrimoine national.
Les riches tirent leur fortune de leur salaire (77%).
Les ultras riches (0,1%) tirent leur fortune des revenus du capital (75%). C'est à ceux là qu'à le plus profité la suppression de l'ISF.
évidemment, plus on monte dans les hauts salaires, plus les écarts entre les hommes et les femmes sont grands.
Les mieux payés (salaire, pas revenus du capital) sont d'abord les cadres d'entreprises de transports. Puis les médecins salariés; les cadres de banques et d'assurances; les ingénieurs et cadres d'industries; les cadres administratifs, comptables ou financiers; les cadres commerciaux; le personnel d'étude et de recherche; les professions de la communication et de l'informatique; les cadres du BTP; les ingénieurs informaticiens...

Les revenus du secteur public sont moins astronomiques et moins inégaux.
Les mieux payés dans le secteur public sont les directeurs d'hôpitaux et des médecins (prendre en compte l'ancienneté). Les directions travaillant à l'étranger (ambassade, consulats...). Les postes d'encadrement supérieur (grandes entreprises nationales, préfets...) et le trésor/finances publiques.

Le patrimoine est plus inégalitaire que les revenus.
Il est le facteur principal de la reproduction sociale (héritage).

Ce sont surtout des propriétaires immobilier mais il y a aussi beaucoup de capital financier (surtout chez le 1% les plus riches).
Les enfants des plus fortunés deviennent les plus fortunés de leur génération. Ils profitent de donations qui permettent d'échapper aux impôts sur l'héritage.
Depuis les années 80, la part de l'héritage dans la fortune à énormément augmenté pour revenir à une situation proche de celle du siècle dernier.

N'oublions pas que parmi les grands revenus des grands patron du capitalisme, il y a aussi l'exception des joueurs de football et des acteurs et actrices de cinéma. Et parfois quelques stars parvenues.
L'idée qu'il y ai des personnes riches en patrimoine et pauvres en revenus est un mythe.
De la même façon qu'un revenus peut se transformer en capital, le capital peut être valorisé. Autrement dit, le patrimoine génère des revenus et vice versa.

Conclusion

Bon, faut bien en tirer quelque chose de toutes ces données.
Faites le test autour de vous et demandez ce que pensent vos proches de ce qu'est la pauvreté et son ampleur et pareil avec la richesse.
Les réponses seront souvent loin des définitions présentées dans ce long exposé. Partagez ces données et analysez la réaction de vos proches.

Une étude (assez sérieuse, qui donne une idée, rien de plus) estime que 56% des sondés trouvent que les pouvoirs publics n'en font pas assez pour les plus démunis. 33% pensent qu'on en fait suffisamment et 9% pensent qu'on en fait trop.

Sur d'autres questions (plusieurs réponses étaient possibles), 70% pensent que la pauvreté est due au manque de qualification. 59%, parce qu'il n'y a pas assez de travail. 56%, parce que c'est pas de chance.
50%, parce que les pauvres ne veulent pas travailler.

62% pensent qu'il faut augmenter le RSA, 18% le laisser et 16% le baisser.
Je rappelle que le RSA est de 500€ (seuil).

Certains économistes pensent qu'il est possible en France, si on réparti les richesse équitablement, d'éradiquer la pauvreté.
S'il était interdit de recevoir plus de 4000€ (seuil de revenu maximal autorisé), cela permettrait d'accorder à tout le monde un revenu minimum de 1570€.

Cette discussion faisait suite à celle sur le travail.
Si je crée un lien, il est évident que le capitalisme, en monopolisant la richesse, conséquence de la capture des moyens de production et d'échange par la propriété privée excluante, crée la pauvreté pour s'en servir comme d'une aubaine (Relire Proudhon).
Malheureusement, leur fortune leur offre le pouvoir pour nous exploiter.
Il faut qu'il y ai des pauvres pour qu'il y ai des riches. La pauvreté est une construction sociale et politique.
La question n'est pas, si il n'y avait plus de riches, qui emploieraient les pauvres ? Mais, si il n'y avait plus de pauvres, qui travaillerait pour les riches ?

Ce sont eux qui dépendent de nous. Ils ne sont que 1 sur 10. Et ils ne savent pas se bagarrer.
Peut être passerons-nous bientôt au sujet de la police.
Chiens de garde du capital.

Tiens, une p'tite vidéo qui fait écho.
 

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TRAVAIL - Aliénation ou émancipation ?

Publié le par Mikeulponk

TRAVAIL - Aliénation ou émancipation ?

Le premier sujet de nos discussions philo/politique a été le travail.
Il y avait la polémique sur le chômage avec Roussel qui plantait encore un énième couteau dans le dos de son prétendu camp politique en opposant la gauche du Travail et la gauche des allocs. (Merci boloss!)
Et la réforme des retraites était l'étape suivante.
De quoi nous interroger sur ce que le travail représente pour nous.
Comme on ne peut pas traiter un sujet dans son ensemble, j'ai choisi un angle qui me parlait pour questionner la "valeur" Travail.
Le travail est-il une source d'aliénation ou d'émancipation?

   On parle beaucoup, à droite, de la "valeur travail".
Je pense que le travail n'est pas une valeur, mais un concept que l'on peut, si on le veut, investir de valeurs.
Autrement dit, le travail n'a pas de valeur en soi mais on peut y accorder une valeur, une importance ou un rôle selon son système de valeur personnel.
Le travail peut être une vocation, mais il peut aussi être de l'esclavage.
Il y a des métiers épanouissants et aussi des sales boulots.
Avec l'écologie, on est même amené à se dire qu'il y a de bonnes raison de ne pas travailler, qu'il est temps de refaire l'éloge de la paresse.

   Le travail est un concept qui décrit une activité qui demande un effort (physique ou intellectuel) à un individu afin de réaliser une tâche (création, entretien, service...).
Il s'agit, au départ, de transformer la nature afin d'assurer sa subsistance.
Il y a originellement une notion de contrainte fonctionnelle.
Ensuite, il s'agit aussi de définir son rôle dans la communauté.
Il y a une notion existentielle.
Certains partisans du travail voient donc l'oisiveté comme une menace.
Or, l'oisiveté fourni le repos, qui permet aussi de reconstituer la force de travail. Mais pas seulement. Il y a aussi les loisirs qui sont une grande source d'épanouissement et de sociabilisation positive. Donc un enjeu de santé psychique.
Car, à quoi bon mener une existence si elle est dénuée de bonheur?
Il apparait donc qu'une bonne vie chercherait sans doute un équilibre entre travail et oisiveté. Le Grâal serait même un métier épanouissant.

   Il y a donc un problème lorsque le travail :
- Ne permet pas de subvenir à ses besoins. (Nécessité)
- Ne permet pas de se reposer. (Temps libre)
- N'est pas épanouissant. (Aliénant)
- Est trop laborieux, épuisant... (Labor)
- N'est pas utile. (Sens)

   Il y a une première falsification à démasquer. Le mot "travail" est souvent utilisé pour le restreindre à "l'emploi".
L'emploi signifie travailler pour autrui contre une rémunération. Comme le Salariat, qui n'est qu'une forme de travail parmi d'autre. Mais c'est la forme sur laquelle repose le capitalisme et donc la plus défendue par ce dernier.
En tout cas avant l'ubérisation (salariat déguisé pour échapper aux contreparties sociales).

   On peut distinguer trois type de travail (pour grossiériser un peu).
Le travail libre, le travail salarié et le travail forcé. (dans cet ordre).
- Le travail libre ne signifie pas que l'on est libre de ne pas travailler. Mais c'est une question implicite (Le droit au travail existe mais pas le devoir de travailler). La question est plutôt de choisir son activité et, plus ou moins, les conditions de sa pratique.
Le travail libre est sensé favoriser l'épanouissement et la personnalisation pour une activité la plus épanouissante possible. Ce qui se rapproche de la vocation.
Le travail libre conserve sa part de contrainte (nécessité de subvenir à ses besoins dont celui d'être actif par exemple) mais il est très possible de trouver une formule qui nous correspond.
- Le travail salarié signifie que le.la travailleur.euse offre sa force de travail en échange de l'obtention d'un salaire. Le salaire est cependant un moyen de subsistance ponctuel, qui s'épuise (on reçoit de l'argent, non du capital, et on dépense l'argent). Il y a une promesse de sécurité ou de protection (contrat et droit du travail).
Mais cela ne peut marcher qu'à partir du moment où il y a des gens privés de capital, c'est à dire, privés des moyens de production, des outils (moyens de subsistance pérenne).
Le.la travailleur.euse est contraint.e de se louer (devenir son propre esclave). Il.elle perd donc une grande partie de sa liberté par la subordination à la hiérarchie. C'est un système inégalitaire à la tête duquel se trouve le bourgeois (propriétaire des moyens de production et d'échange selon le modèle de la propriété privée excluante).
Le bourgeois se sert de son capital pour tirer profit du travail de ses employés (exploitation) et de s'en approprier les fruits (la plus-value). Ce qui lui permet d'accroitre son capital etc...
La promesse de sécurité faite aux travailleur.euse.x est-elle remplie ? Celle que le.la salarié.e puisse s'enrichir, c'est à dire accéder au capital, est-elle remplie ? Celle que le capital puisse avoir une utilité collective, profite à tous.tes (ruissellement) ?
Je ne crois pas. Les observateur.ice.s sérieux.ses, en tous cas, constatent que ce n'est pas le cas. Le capitalisme repose sur des mythes, dont celui de l'épanouissement du salariat.
- Le travail forcé suppose la contrainte extérieure, la violence, l'esclavage.
L'esclave n'est pas libre. Le fruit de son travail appartient donc à son maître. Comme les oeufs d'une poule appartiennent au propriétaire de la poule.
Il y a eu une époque où salariat et esclavage se sont côtoyés. Comme au XIX° siècle, début de l'ère industrielle.
à cette époque, la plupart des salariés vivaient dans la misère (usine, mines...). Certains esclave (très très rares) étaient responsables de commerces et pouvaient avoir de meilleures conditions de vie que les salariés de l'industrie. Le code noir, malgré sa légalisation officielle de la traite et donc du racisme (ségrégation), imposait au propriétaire esclavagiste de prendre "soin" de ses esclaves (ce qui est très relatif car ils avaient, entre autres horreurs, le droit de les battre, voir de les tuer, mais selon certains critères. Ce qui était, pour l'époque, un progrès, car avant c'était encore pire, sans limite).
Or le patron n'a aucun devoir de soin envers ses employés.
Ils pouvaient se contenter de donner une paye et se laver les mains de ce qui se passait ensuite. Si ses employés crèvent la dalle, ce n'est pas son problème. De toute façon un autre le remplacera.
On peut parler de la 3ème journée des femmes (boulot-foyer-prostitution).
On peut parler du chantier du canal de Panama où le taux de mortalité était très élevé. Il était plus rentable de tuer à la tâche des employés que de risquer de perdre ses esclaves (perte de propriété).
Voici donc un dilemme (théorique bien sûr):
Vaut-il mieux être esclave mais voir ses besoins garantis ou être libre pour vivre dans la misère ? C'est la question qui se pose aujourd'hui quand on cherche un métier. Sommes-nous si libre que ça lorsque nous sommes "esclaves du ventre" ? C'est à dire, forcé à travailler pour ne pas crever la dalle.
Il existe donc des formes plus perverses de travail forcé.
On peut ajouter aussi le travail des enfants (à l'école, dans la famille), celui des prisonniers, des personnes sans papiers, des chômeurs que l'on menace de priver de droits, celui des animaux, des robots...

Le cas des chômeurs est limite. Beaucoup acceptent des jobs de merde (bullshit jobs ou travail précaire ou aux conditions dégradantes), contraints et forcés par la menace de la misère (contrainte fonctionnelle), ou la honte (existentielle).
Les dispositifs sociaux, comme "l'assurance" chômage, sont conçues comme un rempart au travail forcé. Ce n'est pas de l'assistanat, mais une protection. Celles et ceux qui veulent mettre en péril ce principe veulent en réalité transformer le droit au travail en devoir de travail et réinventer le travail forcé.

   Voici quelques argument pour le travail :
- Travailler permet de produire pour assurer la prospérité de la société et ainsi assurer sa propre subsistance. Voir même, obtenir une amélioration générale des conditions de vie par la contribution de chacun.e à l'effort collectif.
- Travailler permet de subvenir à ses besoins, ce qui permet de devenir indépendant. Ce qui mène à l'émancipation.
- Travailler permet de se sociabiliser et d'avoir un rôle dans la société. Autrement dit, avoir une place en se rendant utile. (Insertion).

- Mais, notre job est-il vraiment utile à la société ? Si oui, est-il plus utile que néfaste ? Est-il utile pour une minorité ou pour la majorité ? Si je ne le faisais pas, cela changerait-il quelque chose à la société ? Et si oui, dans quel direction ?
La menace du changement climatique a provoqué une forte crise du sens.
Aussi, il y a du travail utile qui n'est pas reconnu, comme le travail domestique ou le bénévolat qui sont pourtant sans doute bien plus productifs et utiles à la société.
Le travail rémunéré - qui compte dans le PIB - ne représente qu'un quart de la contribution aux conditions qu'il faut réunir pour une société prospère. Le travail bénévole et domestique représente la moitié. Le reste est le service écosystémique (la nature qui se renouvelle etc...).
- Le travail rempli-t-il sa promesse de subsistance ? Pas tant que ça étant donné les conditions de vie qui se dégradent, la pauvreté qui augmente et la stagnation sociale (Le mouvement des gilets jaunes peut être vu comme un mouvement de révolte contre l'arnaque, le manquement à cette promesse).
- Le travail fournit-il une sociabilisation de qualité ? Le travail salarié, dans une société capitaliste, repose sur la concurrence, la subordination. On peut être mit en relation avec des personnes qui ont un effet plus toxique qu'autre chose (harcèlement, évaluation, concurence, management agressif, burn out...).
- Le travail est-il toujours une source de fierté et d'insertion ? Pas vraiment. Il y a des boulots dégradants, qui peuvent provoquer de la honte. Il y a des horaires, un épuisement et un manque de temps libre, qui vous isolent. La dépression et d'autres soucis de santé liée au travail peuvent produire de la désinsertion. évidemment, généralement dans les couches les plus exploitées. La société hiérarchique, aristocratique, impose un système de valeur souvent corrélé à la classe sociale.
- Le travail assure-t-il vraiment l'indépendantisation et l'émancipation ? Les femmes, les immigrés et les ados ont-ils.elles eu simplement à travailler pour s'émanciper et devenir indépendant ? Parfois même, cela à eu pour conséquence le contraire. Augmentation des responsabilités, des contraintes, de la charge mentale, des assignations et injonctions...
On peut aussi parler des boulots abrutissants (tâche répétée et peu stimulante - métro - boulot - dodo...) ou le fait que depuis les années 80, le travail ne produit plus d'amélioration de la qualité de vie et que, depuis récemment, l'espérance de vie chute.

   Le travail est globalement vécu comme aliénant. Car la masse prolétaire, qui manque de pouvoir sur son activité, y est plus contraint qu'autre chose. Et on attend toute sa vie d'en être libéré (Retraite).
Si les gens avaient le choix, que feraient-ils.elles ?
Apparemment, pas celui de l'oisiveté. Penser que si on était pas obligé de bosser, on ne foutrait rien est un mythe. Ce ne sera jamais la règle.
Il y a un besoin fondamental de l'être humain à être actif. Mais pas à être exploité.
Beaucoup aimerait avoir "la chance", de choisir un métier qui leur plait.
Mais ce qui les en empêche est assez simple.
Manque de moyens pour monter son truc, pour se former. Un écosystème qui n'est pas propice. Une détermination sociale incapacitante qui va même empêcher d'y penser. Manque de pouvoir quoi.
Ceci est le résultat du capitalisme qui capture la richesse et décide de son usage. Il en prive donc tous les autres. Maintenir dans la dépendance est pratique pour pouvoir continuer à exploiter. La boucle est bouclée.
La destruction du modèle social, qui protège, engendrerait une grande misère qui formerait une armée de réserve à la merci des exploiteurs capitalistes. La précarité est une bonne affaire.

   J'ai expérimenté, comme tout le monde ou presque (il y a des nantis qui ne pourront pas en dire autant, car si il y a des champions de l'oisiveté, c'est bien les riches), le travail salarié. Pourtant y compris dans un domaine créatif (le jeu vidéo).
Je manquais de temps libre pour m'épanouir. J'étais parfois l'ombre de moi-même. Et cela entre mes 17 et mes 25 ans. Au moment où mon ciboulot était à son pic de capacité. Autant dire que j'ai gâché une bonne parti de mon potentiel. Ce qui a occasionné des troubles (au sein de l'entreprise, avec la hiérarchie, le ponk en moi) qui se sont traduits par des soucis physiques et psychologiques (pas graves mais ce qui me permet d'imaginer ce que c'est pour celles et ceux qui se retrouvent coincés).
Lorsque le travail alimentaire est à temps plein, on perd sa vie à la gagner.
On prétend que le temps libre est la récompense après le travail.
Je prétend avoir l'expérience inverse depuis que je suis décidé à être un travailleur libre. J'ai besoin de temps libre pour travailler.

   Je dois avouer que j'ai peur du travail forcé.
Ma situation est précaire et inconfortable (c'est souvent lié).
Les élections de 2022 portaient une menace directe (Que ce soit le candidat Macron ou Lepen, mêmes fachos, ce n'est plus à prouver). D'où la mise au point que je me suis senti obligé de faire au sein de ma famille (comme j'en parlait à la fin de mon article du 8 avril 2022 - mieux vaut une mauvaise gauche qu'une bonne droite).
Le vrai visage du capitalisme est autoritaire. Donc fasciste s'il est en crise.
Travail, Famille , Patrie.
L'homme travaille pour assurer la subsistance de sa famille -> La femme élève ("fabrique") les enfants et entretient le mari pour qu'il soit productif -> les enfants deviennent des soldats ou des travailleurs ou des éleveuses de soldats et de travailleurs -> La patrie est alimentée en ressources humaines afin qu'elle soit suffisemment productive pour être compétitive.
Le monde du travail n'est pas une incitation, mais un rapport de force.
L'ogre a besoin de chaire fraiche.
Voilà toute l'ironie de l'expression "le travail rend libre" (reprise par les nazis dans les camps de travail) et adaptée par Macron "l'émancipation par le travail".
Ce qui sous-entend le refus de toutes les autres formes d'émancipation.
Politique, philosophique, culturelle ou artistique...

   Ce modèle d'émancipation par le travail est validiste et ceux qui  ont poussé cette vision à son terme (comme le darwinisme social) ont logiquement cherché à se débarrasser des inutiles. Les individus pas assez rentables sont trop coûteux, des "charges", des poids dont il faut se délester.

   Le travail n'est donc pas une valeur, à moins qu'on considère une prison comme une valeur. On peut aimer sa cellule mais on a pas le droit de vouloir y enfermer tout le monde (revoir Salo, les 120 journées de sodom de Pasolini pour comprendre ce qu'est le fascisme et en quoi l'entreprise capitaliste est identique).
"Le travail est la meilleure des polices".

Le travail est cependant une activité humaine incontournable et il faut alors l'investir de valeurs adéquats.
La question est : Qu'est-ce que le travail en démocratie ?
Autrement dit, qu'est-ce que le travail mit en cohérence avec les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité ?
Comme on dit : on a essayé de démocratiser la vie publique (et il reste encore masse de boulot à faire) en gardant la monarchie dans l'entreprise.
La plupart des gens passent 5 jours par semaines dans un système tyrannique et une après midi tous les 5 ans dans un isoloir. Le calcul est défavorable.

- Travail libre et liberté au travail.
Le revenu universel ou salaire universel ou salaire à vie ou je ne sais quel concept est le plus approprié (je n'ai pas encore bossé ce sujet, alors allez voir le taf de Bernard Friot, parait que c'est top même si il y a un problème de dérive bureaucratique) aurait l'avantage majeur de soustraire les travailleur.euse.s à la prédation et la contrainte capitaliste.
Il faudrait aussi remettre les orientations stratégiques de la production à une organisation autogérée et d'association libre. Ce qui permettrait aux populations de remodeler la société de façon plus cohérente avec leurs aspirations et donc plus représentative.
Avant toute chose, cela nécessiterait la suppression de la propriété privée des moyens de production et d'échange (donc mettre fin au capitalisme, rien que ça, mais c'est pas si difficile, ça a déjà existé). Ce qui permettrait de socialiser les profits, et donc de financer tout le système les doigts dans le nez. Juré!
Mais comme on pense aussi au bonheur des patrons, cela les libèreraient de l'objectif du profit et donc ils partageraient les intérêts des employés (cette relation serait abolie car la hiérarchie disparaitrait pour laisser place à une autre organisation du travail).
- Travail égalitaire.
Fin de la hiérarchie donc fin de l'exploitation. Fin de la concurrence donc coopération. Relations d'égalité donc de meilleures relations.
Répartition équitable et plus juste des richesses.
Réhabilitation du "mérite" (c'est à dire selon la définition opposée aux privilèges) débarrassé de la justification des inégalités.
Tout le monde mérite de vivre dignement, de pouvoir contribuer comme il.elle le souhaite, le peut.
Fin de la cooptation, de l'héritage (fruit de l'accumulation primitive du capital).
Fin du monopole de classe des décisions stratégiques qui asservi l'effort collectif au profit de leurs intérêts privés.
Ce sont ceux qui parlent le plus de la valeur travail qui en font le moins.
- Travail fraternel.
Fin de la hiérarchie et de la concurrence. Coopération et relations égalitaires donc de meilleures relations. Partage de réalité.
Participation par l'autogestion et la libre association qui permet d'adhérer au projet commun, par l'usage de propriété collective.
Travail exercé selon le respect du bien commun, cohérent avec les enjeux écologiques, la dignité et les droits fondamentaux du vivant.
Le principe du profit pousse le capitaliste à obtenir toujours d'avantage de ses subordonnés tout en participant le moins possible (impôts, actionnariat, cotisations...).
La suppression des classes supprimerait l'un des antagonisme les plus délétère et pourtant structurant de nos sociétés.
La répartition juste et équitable des richesses tarirait la cause principale de la criminalité.

Si il y a bien un travail que je soutien, c'est celui de la mise en oeuvre d'une société qui éradiquerait le travail.

   Le travail ne rend pas libre, il faut libérer le travail de la contrainte capitaliste.
Mais pas au sens où l'entendent les capitalistes qui passent leur temps à confondre liberté et abus/privilège. Et qui mentent en prétendant que la liberté est la conséquence du travail.
Libérer le travail de la contrainte capitaliste ne se fera pas sans libérer le travailleur d'abord.
Parce que c'est une question de bonheur et d'émancipation, parce que c'est une question de démocratie, parce que ça sauvera le monde. (enfin ce qu'il en restera après tant de temps passé à travailler pour sa destruction).

Tiens, une vidéo qui fait écho.

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Les politiques Anonymes - Esthétique et éthique

Publié le par Mikeulponk

Salut,
Depuis quelques mois, avec des amis, nous avons organisé un groupe de parole philo et politique.
En discutant entre nous, nous nous étions rendu compte que nous avions un besoin commun de partager, débattre, sur l'actualité et sur la politique en générale.
Mais les discussions étant devenues, au cours de ces dernières années, de plus en plus difficile à avoir, en particulier en public, la frustration nous rongeait. ça part en vrille au quart de tour.
Le voile, les gilets jaunes puis le Covid, les élections ou le wokisme et le complotisme... La société vit une période de tensions élevées. Les discours comme les réactions se radicalisent ou s'enveniment.
Nous ne parvenions plus à avoir des discussions qui nous permettraient de mettre à l'épreuve nos points de vue, de nous exprimer, d'acquérir de nouveaux savoirs, sans que cela ne soit une grosse prise de risque social.
Combien de familles, d'amis ou de collègues se sont brouillés autour d'une question sensible.

Mais voilà, nous en avons besoin, de ces discussions.
Qu'est-ce qui cloche? Est-ce que ce sont les autres qui ne sont pas capable de débattre? Ou est-ce que nous ne nous y prenons pas très bien non plus?
Sans doute les deux.
Comment mener une discution politique ou philosophique? Comment éviter que le débat s'envenime? Comment retranscrire sa pensée efficacement? Comment ne pas perdre ses moyens? Comment inclure la diversité des interlocuteur.ice.s? Quelles limites fixer pour garantir la bonne tenue de la discussion?...
Nous avons donc décidé de nous réunir une fois par mois pour explorer ces questions. L'objectif sera peut être de pouvoir tenir des débats publics à terme. Ce qui nous a manqué aux dernières élections et nous sera peut être vital pour les prochaines.

Notre première séance a consisté à faire un tour de table pour se présenter.
D'où venons-nous (sociologiquement et politiquement)? Qu'est-ce qui nous a motivé à participer à ce groupe de parole et quels sont nos objectifs?
C'était déjà un sujet qui nous a prit plus d'une heure à nous six.
Bien se connaître est un pré-requis.
En nous voyant ainsi autour de la table à parler de nous, de nos expériences etc... le fils d'une des participante nous a appelé les politiques anonymes.

La séance suivante, nous avons essayé de faire le tour des sujets qui nous préoccupent le plus, que nous voudrions aborder, mais aussi les sujets et les comportements sensibles auxquels il faudra être attentifs.
Puis nous avons fait une autre séance pour accueillir un nouveau membre et continuer la discussion sur l'objet de ces réunions avant de choisir un sujet de fond pour la quatrième séance.
Notre premier sujet a été le travail. Le second, l'argent. Le troisième, les termes, notions fondamentales à éclaircir avant d'approfondir de futurs thèmes.
Des sujets que l'ont ne peut pas traiter en deux heures. Mais qui ont permis au moins de cerner les aspects intéressants du sujet. Beaucoup de questions de vocabulaire et des points de vue par rapport à notre vécu ou notre culture.

Notre prochaine séance sera un test. Nous souhaiterions aborder des sujets polémiques, où à priori, nous ne serons pas aussi d'accords que sur les sujets précédents. Si nous parvenons à mener ces discutions et à rester en bons termes, cela voudra peut être dire que nous progressons et nous pourrons envisager de nous ouvrir à des personnes avec qui nous avons moins d'affinités.

C'est vraiment une activité passionnante. Les discussions sont d'un bon niveau. Il ne s'agit pas de poser son avis et de le défendre contre la mauvaise fois, ou de tout reprendre à zéro pour tenter de déconstruire des idées reçue absurdes et dépassées, mais de présenter ses arguments, d'ajouter ceux des autres et de travailler les faiblesses ou les contradictions. Il y a véritablement échange et non bataille. On progresse dans nos sujets et nous en ressortons enrichis. C'est stimulant. Chaque discussion semble trop courte et en inspirer des tas d'autres.
Chaque réunion se termine, après deux heures de discussion, par un repas type auberge espagnole.

Je partagerais mes réflexions (qui n'ont strictement rien de neuf mais qui peuvent tout de même servir) dans de futurs posts.
Mon axe sur le sujet du travail était :
-Le travail aliène ou émancipe?
Mon axe sur l'argent était :
- Richesse et pauvreté.
Il y a aussi le bilan de notre rdv collectif (avec les Indés-Sociables) de cet été dont je dois faire le compte rendu. La question que je voulais poser à cette occasion était "comment créer de façon éthique?".

La relation entre éthique et esthétique dans la création artistique est un dilemme qui me taraude depuis longtemps.
J'avais précisé dans un ancien post que j'avais entamé des lectures théoriques. Les ouvrages de Geoffroy de Lagasnerie (Penser dans un monde mauvais ; l'art impossible ; sortir de notre impuissance politique) m'ont aidé à progresser dans cette voie, mais pas à y répondre définitivement.
Une amie (Merci Anne-Lise) m'a aussi prété un intégral de la trilogie Spinoziste de Jean-Bernard Pouy (Spinoza encule Hegel ; à sec! ; avec une poignée de sable). Délire post-apo typique des années 80 où un gang défend l'éthique spinoziste dans un combat à mort avec un autre gang partisan de l'esthétique Hegelienne (oeuvre qui a beaucoup de points communs avec mes Blood Punks, dans son côté politique, philo, violent et référencé).

Le re-visionnage récent de Starship Troopers grâce aux mycéliades cette année m'a replongé dans ce questionnement.

Straship Troopers est un film de Paul Verhoeven de 1997.
Dans le futur, les peuples de la Terre sont unifiés et en guerre contre un peuple extraterrestre. Un groupe d'ados va s'engager dans l'armée, seul moyen de devenir citoyens, afin de défendre leur espèce.
Ici, le réalisateur surnommé "le Hollandais violent", qui nous avait déjà livré Robocop, Total Recall ou encore basic Instinct, récidive dans la satire grand spectacle. Mais son film est jugé fasciste par une partie des critiques (qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez), notamment parce que le livre dont il est l'adaptation est une utopie fascisante assumée.

Il n'y a aucun doute sur le fait que Starship Troopers de Verhoeven est une satire (un pur détournement au nez et à la barbe des studios), mais c'est surtout un super film d'action.
Jérôme Nédélec (auteur du pays de Redon spécialisé dans le roman historique et grand amateur de culture de l'imaginaire), qui présentait le film a bien fait de remarquer que ce film interrogeait le fasciste en nous car Verhoeven a exprimé le plaisir qu'il a prit, avec toute son équipe, à tourner ce film. On le croit bien volontiers.
Il s'est inspiré des films de propagande nazis et communistes afin d'en singer l'esthétique. Mais le public avait-il le recul pour comprendre le second degrés du film? Autrement dit, aurait-il surestimé le public, et sous estimé son plaisir malsain à réaliser un film de guerre?

Quand j'ai vu Robocop, je devais avoir à peine plus de dix ans. Malgré certaines scène volontairement satiriques (Robocop mange des pots pour bébé afin de mettre en évidence l'aspect puéril du fantasme du superflic), je n'avais été sensible qu'au coté film d'action décomplexé (musique épique de Basil Pouledouris - qui récidive sur Starship Troopers, violence burlesque, mise en scène héroïque et effets spéciaux sympa - stop motion du robot, qui précède les effets amélioré de Phil Tippett sur Willow, Jurassic Parc et Starship).
De même, quand j'ai vu Starship Troopers, je devais avoir 13 ans. Je l'ai vu comme un film de guerre jouissif où ça défouraille de l'alien. Je n'étais pas encore politisé et critique sur la guerre.
Une scène, pourtant soulignée, m'a fait rire sans me faire percuter pour autant. Comme si il ne se moquait pas des militaires mais avec les militaires.
La scène de l'incorporation montre un type qui enregistre les protagonistes en disant fièrement que c'est "l'armée qui a fait de lui l'homme qu'il est". En se tournant, le réal insiste sur la prothèse de la main et les jambes amputées. Et sur la gêne du protagoniste. Y'a un gros coup de stabilo là, mais ça m'a échappé quand même la première fois.
J'étais plus sensible à l'esthétique qu'à l'éthique. Je n'avais pas besoin de grand chose pour apprécier le message explicite de la propagande militariste, mais il me manquait les codes et les informations, l'éducation, pour saisir le message implicite de la critique de cette propagande.
La dystopie des uns est l'utopie des autres.
C'est pourquoi il faut être explicite.

D'autres oeuvres me viennet à l'esprit.
V pour Vendetta, Watchmen, Matrix ou encore les grands films sur la  guerre Américaine au Vietnam.
Alan Moore a renié toutes les adaptations de ses comics car ils dénaturent son propos anarchiste et critique sur l'idéologie américaine (en particulier sur la mythologie des super héros qui est, pour lui, infantile et fasciste - tiens...).
Quant aux soeurs Wachowsky, le quatrième opus de la saga Matrix traite frontalement de ce sujet. La façon dont la postérité de leur oeuvre n'est pas le message révolutionnaire mais le "Bullet Time" et le kung Fu en mode gothique. Ce dernier volet méta-provoque est une réaffirmation du message en sabotant volontairement ce qui l'a empêché d'être efficacement reçu.
Pour les films de guerre tels que Full Metal Jacket, Apocalypse Now ou encore Platoon et Voyage au bout de l'enfer, ils témoignent une ambition de condamner l'horreur (et l'erreur) qu'a été la guerre du Vietnam, tout en livrant de véritables chefs-d'oeuvres formels. Antimilitaristes dans l'idée, ils ont échoué lamentablement. On les projette aux soldats pour les motiver avant la bataille. Ces films ont finalement bien plus esthétisé la guerre qu'autre chose.
J'ai vu (notamment sur la guerre d'Algérie), des films authentiquement antimilitaristes. Il faut reconnaitre qu'ils n'atteindront jamais le grand public car ils sont "chiants". Le message reste confidentiel et n'a pas la porté qui justifierait une telle entreprise artistique. (C'est ce qui a poussé les membres de la Fraction Armée Rouge à délaisser la caméra pour la lutte armée).

Je ne parlerais pas de John Carpenter, véritable contrebandier, qui est lucide à ce propos. Ou de Georges A. Romero qui a persisté à nier l'évidence.

Je ne nierais pas la bonne fois des auteurs de ces oeuvres à vouloir faire passer un message éthiquement valable, mais le procédé est contraire à ce message car ils jouissent de ce qu'ils veulent dénoncer.
Ils usent des codes du cinéma d'action (esthétique) en espérant que ce soit un cheval de Troie pour faire passer en contrebande un message (éthique).
Ils croient pouvoir dépasser, hacker, détourner ou se jouer du cadre capitaliste bourré de biais par nature qu'est le cinéma hollywoodien.
Quand bien même leur géni leur permettrait de trouver la clef, la backdoor (et Starship Trooper et Matrix sont bien des anomalies bourrées de bravoure), il faut encore convaincre le public.
Or, la plupart des spectateur.ice.s vous dirons qu'ielles vont au cinéma dans le but de se divertir. Le mécanisme de suspension d'incrédulité s'enclenche et le cerveau se débranche. Le message est passé inaperçu, à part pour les personnes déjà convaincues ou qui savent ce qu'il y a à trouver.
Si j'en parle c'est qu'ils ont eu sur moi l'influence qu'ils cherchaient à avoir, à terme. Mais qu'en est-il de la masse et des publics qui n'auront pas la chance d'acquérir les codes qu'il me manquaient à 13 ans?

Le cinéma est-il en mesure d'associer esthétique et éthique ou est-ce un art impossible?

Qu'en est-il de la Bande dessinée?

Moi, qui veut, d'une part faire de la BD éthique et d'autre part un récit historique (Seconde guerre mondiale, Indochine, Algérie), que dois-je faire?
Ou plutôt, comment ne pas reproduire les erreurs de mes illustres prédécesseurs?
Je dois faire attention à mon cadre de production. Indépendant, mais à portée très limitée Ou validé par un éditeur et son circuit conventionnel, ce qui imposerait un certain filtre tout en nourrissant une machine qui me dégoute.
Je dois faire attention à mon récit pour ne pas communiquer des idées, représentations contraires à ce à quoi je souhaite contribuer. Des récit progressistes dans le propos mais aussi dans la structure et les schémas.
Faire attention à ma technique et à mes procédés.
Quelle esthétique développer?

Si vous avez une idée, je suis curieux.

P.S. : Qu'en est-il de Avatar 2?
Je n'est pas pu apprécier ce film à cause du masculinisme omniprésent. Comment qualifier ce film de progressiste?
Je suis très déçu car Cameron nous avait habitué à mieux (Terminator 1 & 2, Aliens et même le premier Avatar).
Je me disais qu'on avait du bol que le type qui fait les plus gros succès du cinosh soit de gauche, mais je doute après ce super spectacle rétrograde.
De l'écologie, apparemment anticolonialiste, mais sans avoir déconstruit son affect militariste et masculiniste, c'est voué à l'échec.
Ou est-ce que j'ai loupé quelque chose?

Les bonnes intentions ne suffisent pas.
Il faut travailler pour trouver les concepts et les outils qui traduisent et transmettent de façon fidèle et efficace ces intentions.
La morale est esthétique, moi je veux de l'éthique.

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Lancement 2023 - dates à venir, petite émission de radio, 3 première pages du troisième tome

Publié le par Mikeulponk

Salut,

rencontre du fanzinat et de la presse alternative Rennes 2023

Voici quelques nouvelles pour ce début d'année.
Nous serons présents aux rencontres du fanzinat et de la presse alternative de Rennes organisé par Mass Prod et le Jardin Moderne, le samedi 25 février 2023. Dans le cadre de cet évènement, le collectif sera mit à l'honneur avec une expo au Jardin Moderne du 8 février au 19 mars.

J'ai aussi le plaisir de vous partager une émission de radio enregistrée pendant le festival Ouïr Lire (où nous étions présent pour le collectif des Indés-Sociables), grâce à Yves Portier-Rethore, qui a organisé des lectures/interviews avec Loïc Turmel qui s'occupe de l'émission "de Bouche à Oreille" sur radio évasion et radio Rennes. Merci à eux.

>>>Clic ici pour l'écouter.<<<

Le festival de Ouïr Lire s'est très bien passé humainement. Il y avait peu de public (tendance générale apparemment), mais l'accueil de l'équipe était super. Merci à Jessy pour l'hébergement et les soirées passées ensemble, avec sa petite famille fort sympathique.

J'avance lentement sur mon début d'album.
En effet je suis en train de passer mon permis de conduire et le mois de décembre est souvent peu productif à cause des fêtes.
Nous avons aussi participé à l'évènement "les arts courent les rues" dans notre commune. Tout au long du mois de décembre, les commerçants du bourg de Malansac mettent leurs vitrines à disposition des créateur.ice.s du coin. Nous exposions à la recyclerie Adaoz avec Ayros. Cette année, nous tenions aussi une petite boutique éphémère où tou.te.s les participant.e.s pouvaient proposer leurs créations. Tout s'est bien passé.

J'ai tout de même fini 11 pages dont je vous donne un petit aperçu (cliquez d'sus).

Lancement 2023 - dates à venir, petite émission de radio, 3 première pages du troisième tome
Lancement 2023 - dates à venir, petite émission de radio, 3 première pages du troisième tomeLancement 2023 - dates à venir, petite émission de radio, 3 première pages du troisième tome

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Un été bien rempli

Publié le par Mikeulponk

Un été bien rempli

Bonjour à toustes,
Cet été va être bien rempli.
Mais pas de voyages et de farniente.
Je suis de ceux qui ont besoin de temps libre pour travailler.
Le mois de juillet va être un mois quasi 100% travail (pas d'autres obligations ni contraintes de déplacement). Je ne penses qu'à ça.
Mon objectif est de lire une tripotée de bouquins de théorie qui vont m'aider à boucler le scénar du tome3 de Blood Punks. Puis je vais essayer de level up sur le style graphique (bientôt, je présenterais quelques charadesigns issus de mes recherches) et d'entamer les premières planches.
Voilà la liste de ma première série de livres à potasser :

  • Qu'est-ce que la propriété. Joseph Proudhon
  • Communisme et anarchisme. Pierre Kropotkine
  • L'évolution, la révolution et l'idéal anarchiste. Elysée Reclus
  • Surveiller et punir. Michel Foucault
  • Histoire de la folie à l'âge classique. Michel Foucault
  • La distinction. Pierre Bourdieu
  • La fabrication du consentement. Noam Chomsky
  • La société du spectacle. Guy Debord
  • Sortir de notre impuissance politique. Geoffroy de Lagasnerie
  • L'art Impossible. Geoffroy de Lagasnerie
  • Penser dans un monde mauvais. Geoffroy de Lagasnerie
  • Femme, race et classe. Angela Davis
  • Les damnés de la terre. Franz Fanon

J'ai aussi eu le plaisir de réaliser quelques commandes.
Le GT en tête d'article pour un de mes élèves du cours de BD (pour ses 10 ans) et la Cène de Vinci revisité en Punk  pour un lecteur fort sympathique.
(CLIQUEZ SUR LES IMAGES POUR LES AGRANDIR) VVV
J'en profite pour dire que je fais bien des commandes, qu'il suffit de me contacter et en fonction du travail, je préciserais mes tarifs.
(par exemple, le GT A4 noir&blanc a été vendu à 50€ et la Cène, 80cmX30cm en lavis de gris, 4 aprem de travail : 350€)

Un été bien rempli
Un été bien rempli
Un été bien rempli

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Remis et Remotivé

Publié le par Mikeulponk

Salut à toustes,
J'ai bien bossé en ce début d'année.

Beaucoup de travail sec, de croquis d'après photos (glanées sur internet) pour essayer de faire progresser ma banque de référence mentale, afin de mettre à jour mes designs pour Blood Punks.

J'ai bien remit à jour mon scénario du tome 3.
Les actualités m'ont donné matière à réflection et j'ai prévu de changer un peut le déroulé des évènements. Il faut que je mette la touche finale et que je remplisse les trous. ça va me demander pas mal de boulot. J'ai bon espoir de commencer les planches fin juin ou début juillet.

Le mois d'avril a été difficile. Gros stress avec les élections. Ascenseur émotionnel qui m'a provoqué un méchant mal de cervicales qui m'a mit au chômage quelques semaines. J'avais plus d'une raison de gueuler tous les jours. Mais je suis remis, remotivé.

J'ai aussi eu quelques petits kiffes de musique.
Church of the Sea
Esben and the Witch
Exit Order
Turquoise
Molchat Doma
She Past Away
Twin Tribes


Je serais présent avec mon collègue Ted à Bray sur scène les 10 et 11 Juin.

CLIQUEZ SUR LES IMAGES CI-DESSOUS

V
V
V

Remis et Remotivé
Remis et Remotivé
Remis et Remotivé
Remis et Remotivé
Remis et Remotivé

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Je suis en colère et profondément dégoûté.

Publié le par Mikeulponk

Les résultats sont tombés.
Macron : 27,80%
Lepen : 23,10%
Mélenchon : 22%

1,10%, c'est ce qui a manqué au seul candidat de gauche capable d'atteindre le second tour,  pour être une option contre la droite extrême et l'extrême droite.

J'avais terminé mon précédent post sur cette citation de Bertolt Brecht (dramaturge et poète antinazi) :
« Nos défaites d'aujourd'hui ne prouvent rien, si ce n'est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l'infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons au moins qu'ils aient honte. »
À ceux qui diront qu'ils ont déjà entendu ça 100 fois, et bah on le répétera encore 100 fois pour que ça rentre.

Je suis en colère et profondément dégoûté.
Je ne suis pas en colère contre les macronistes ou les lepenistes.
Ce sont mes ennemis. Je n'ai que mépris pour ces personnes sans cœur et égoïstes. Je les hais et les combat déjà suffisamment tout le temps.

Je ne suis pas en colère contre les personnes qui se sont abstenues, en général.
Il y en a qui ont mieux fait de s'abstenir plutôt que de faire n'importe quoi.
Quand on n'a pas tous les éléments pour comprendre la politique, qu'on ne pige pas tous les tenants et aboutissants, il vaut mieux se retenir que de faire un geste guidé par la panique ou des conditionnements que l'on ne maitrise pas (On sait que le ressentiment favorise les fachos). Et je félicite même les gens de droite, à qui il reste encore un peu d'empathie, qui se sont abstenus pour ne pas contribuer à détruire la vie des plus vulnérables.

Je suis en colère contre les personnes qui se revendiquent de gauche, qui ont tous les outils pour réaliser le niveau critique de la situation, et qui ont considéré quand même qu'il n'y avait pas urgence et qu'on pouvait bien supporter encore cinq années de macronisme avec le frisson d'un risque Lepen (on ne sais pas encore, quel suspens).

Celleux qui prétendaient que les jeux étaient faits vont devoir réfléchir au coût de leur désinvestissement. De leur impuissance acquise. Si c'est votre cas, vous vous êtes trompés.
La gauche pouvait passer, notamment parce que Zemmour siphonnait Lepen.
Et si une telle occasion ne se représentait pas? (Voir la fable du Héron, ce qui ne dispense pas d'être exigeant).
Celleux qui ont plus peur de Mélenchon que de Macron ou Lepen devraient aussi questionner leur confort.
À toutes les personnes de "gauche" pour qui la violence du quinquennat Macron n'était pas suffisante pour mettre son égo de côté, quel sang-froid.
Pendant ces cinq prochaines années, se diront-elles, en voyant la police massacrer tout ce qui bouge, les réfugiés se noyer, être internés dans des camps, et continuer de subir toutes les maltraitances les plus indignes, les pauvres être encore plus misérables et asservis, les femmes, les personnes racisée, les musulmans et toutes les minorités encore plus précarisées et affaiblies, la démocratie fictive de plus en plus réduite, les mouvements sociaux encore plus brutalisés et empêchés de se développer, la liberté d'expression pilonnée, les guerres capitalistes se poursuivre et la cause écologiste stagner mortellement... "ça valait le coup d'attendre encore cinq ans de plus".

On peut douter que Mélenchon ait pu changé considérablement le système, mais il est certain qu'il ne s'y serait pas vautré dedans comme l'un ou l'autre des deux bourrins fascistoïdes.

Dans cinq ans, il y aura encore plus de boulot.
Beaucoup de gens vont souffrir d'ici là parce que certain.e.s n'étaient pas prêts à se résoudre à glisser un pauvre papelard dans une urne pour épargner aux plus démunis 1826 jours de calvaire supplémentaire.
Nous prenons ce second tour comme une condamnation.

Celleux qui sont si fier de leur radicalité militante et sûr de leur capacité à endurer la brutalité de nos ennemis : kiffez bien. Restez dans votre mythe autovalorisant.
"Ça va bien s'passer".

En tant qu'antifasciste, je suis dégouté de voir l'extrême droite et la droite extrême représenter une telle part des votes exprimés et de constater que la menace fasciste et capitaliste autoritaire ne semble pas assez forte pour convaincre les gauchistes de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour les empêcher de gagner du terrain.
Ils peuvent sans doute se le permettre.
En tant qu'anarchiste, je suis en colère contre tous ces philosophes bien propre, qui se sont épargnés la souillure du suffrage, qui peuvent supporter d'observer les conséquences de dix ans d'ultra-capitalisme au pouvoir en attendant le grand soir. Qui ont le luxe de snober une bataille qui ne leur rapportera aucune médaille.
Et après tout, ce n'est sans doute pas si grave, nous diront-ils.

C'est grave.

Celleux qui nous font des leçons de politique comme si on ne savait pas déjà que le système électoral est biaisé pour favoriser les riches et la majorité. Comme si on ne savait pas que le pouvoir corrompt et que nous ne pouvons pas faire confiance.
Pendant des années, l'alternance PS-RPR-UMP donnait raison à cette théorie abstentionniste.
Mais on devrait savoir mettre son logiciel à jour quand les circonstances évoluent.
Face à deux fachos, l'une un peu plus raciste, l'autre un peu plus capitaliste (c'est une nuance et pas une différence), il y avait un gauchiste réformiste (certes).
Là, face aux deux forcenés, il y avait matière à revoir sa copie cornée par l'usage.
Et voilà qu'on règle grossièrement l'affaire d'un revers de "tous pourris". Arrêtez les conneries! Un peu de lucidité et de discernement.
Mélenchon n'est pas équivalent à Macron ou Lepen. Le parti de gauche n'est pas mon ennemi. Au pire un allié encombrant.
Du point de vue de l'écologie, qui n'est pas un sujet parmi d'autre mais LE sujet primordial, elle sera carrément absente de ce second tour.

Au fond, je ne veux plus entendre parler de Mélenchon. Le problème n'est pas là!
On s'en bas les gonades de Mélenchon.
Au point où on en est, je préfère subir une mauvaise gauche que me prendre une bonne droite.
À l'issue de cette élection, de ce moment, nous ne nourrissions pas d'autre espoir que celui de ne pas nous compliquer la tâche. Celui de s'offrir, à peu de frais, une once de répit. Désolé que ça ne soit pas assez noble pour certain.e.s.

Le vote n'est pas une fin en soit. Ce n'est pas un geste politique signifiant. Ok.
Mais c'est une bataille, aussi méprisable soit-elle, qui a de lourdes conséquences.
Cette pureté militante nous coûte cher!
Si voter est un affaire si peu importante pour cette élite abstentionniste, pourquoi faire tant d'histoire pour s'en désinvestir?
Iels ont fait les fines bouches. N'aviez-vous pas la dalle?
À quoi sert un allié qui ne s'abaissent pas à ramasser la corde, pourtant à portée de main, pour vous aider à sortir du précipice auquel vous êtes suspendu, quand bien même cette corde ne serait pas assez longue à ses yeux.
Et on nous dira qu'il vaut mieux ne pas donner une corde qui risque céder et faire dégringoler le malheureux encore plus bas.
On excuse une non-assistance à personne en danger sur la base d'une crainte?
Macron et Lepen nous promettent de nous marcher sur les doigts de toute façon!
On refuse un maigre secours au profit d'une catastrophe certaine, pour éviter de se salir les mains.

Spéciale dédicace à Roussel et aux communistes d'apéro. Vous êtes les pires traitres.
2,30%. Ils ont fait perdre notre camp, pour la cause de qui et de quoi?
Eux, c'est quand y'a une chance que ça passe qu'ils décident de se barrer. Quel génie!
Il n'a pas été une seule fois question de communisme. C'était d'une ringardise gênante. Ils sont minables. Quelle déchéance.
Je ne veux plus entendre un coco qui a voté Roussel me parler d'union et de stratégie.
Je leur chie dessus.

Et nous ne parlerons pas de Jadot ou Hidalgo (Qui ont passé plus de temps à jouer la concurrence que la solidarité. Pour des petits profits d'appareil. Et qui chouinent pour qu'on leur fasse un don pour rembourser leur campagne solo).
Ça se faisait les chantres du rassemblement et quand il y a un candidat dont il est évident qu'il sera le mieux placé, il n'en est plus question. L'hypocrisie des socedem est pathologique.
Poutou et Artaud sont excusés. Le NPA défend des idées dont je suis plus proche. Lutte ouvrière m'indiffère par leur crédo concentré sur les travailleur.euse.s qui manque cruellement de modernité. Mais ces partis ont leur rôle et on ne compte pas sur eux pour ça.

Pour toutes celleux qui prétendent que la politique se passe partout ailleurs que dans une élection : allez vous faire coter en bourse.
On sait très bien que la politique c'est au quotidien, mais à quoi ça sert de nier que l'élection impacte énormément les conditions de ce quotidien.
Le militantisme, depuis cinq ans, n'a pas porté les résultats voulus. Malgré les importantes mobilisations. Nous sommes de moins en moins efficace avec ces vieilles méthodes. Le gouvernement a une grosse part de responsabilité. La répression d'état ne vous aura pas échapper.
Mes souvenirs et les vidéos me hantent. Les témoignages de gens qui se tiennent à l'écart des luttes par peur, ou diverses raisons incapacitantes, me rappellent que nous n'avons pas tous.tes les moyens de lutter dans la vie de tous les jours.
Et ça va être encore plus difficile pendant les cinq ans à venir.
Le traitement des manifestations, la chasse aux intellectuels et aux activistes, les lois qui permettent de persécuter les mouvements, la violence des condés, les procédure bâillon, l'inaction climatique... Allez! À l'attaque les héros!

Posez vous cette question :
Est-ce que ce qui vous a empêcher de vous résoudre à voter pour la gauche plutôt que de laisser passer la droite pétainiste n'a rien à voir avec :
(J'ai pépon dans cet article )

- Un aristocratisme?
Vous êtes au dessus de cette mascarade. Vous en sachez trop mieux. Une touche de mépris envers les gens qui se rabaissent à cet exercice, peut être parce qu'iels souffrent et que la moindre branche est bonne à saisir. Ils sont faibles? Le ventre aussi sait des choses. Macron ou Mélenchon, la droite vénère ou la gauche à papa, ça fait une différence quand on est au menu du premier et toutes les théories politiques ne mettent pas de bouffe dans l'assiette et ne lancent pas de bouées.

- Un individualisme affinitaire ?
Votre vote est identitaire. Il vous défini et est même intimement lié à votre image de vous-même. Quelle vanité. J'ai voté alors que je suis anarchiste. Je ne me sens pas moins anarchiste. Ça n'invalide pas tout ce que je fais le reste de mon temps. J'ai grillé une pauvre cartouche dans une mêlée générale. Un opportunisme, pour contribuer à me donner toutes les chances de poursuivre ma lutte dans des conditions les moins pourries possibles. C'était pas grave et ça aurait pu aider.

- Une éthique du salut moral ?
Vous êtes resté pures et immaculés. Un.e champion.ne authentique. Vous voulez une médaille? J'ai participé à la comédie électorale et je ne me sens pas rabaissé. (Les résultats prouvent qu'il y a avait de bonnes raisons de croire que le dénouement aurait pu pencher de notre côté). C'était un peu dégoutant, comme de manger avec ses doigts un truc gluant. Mais je vais me laver les mains avant de retourner bosser.

- Un déni des conjonctures politiques concrètes ?
Les victimes de la Macronie et celles du fascisme contemporain ne sont pas des catégories abstraites. Ce sont des vrais gens qui vont ramasser. Et ils vont être notre chaire à canon pour cinq ans de plus. Ils n'auraient pas été sauvés sous Mélenchon, personne ne chevauche de licorne. Mais du point de vue du sol, ça aurait fait une différence dans les corps et les assiettes. On perd du temps et on va perdre encore plus de terrain et d'énergie.


J'admet avoir été concerné par ces quatre raisons jusqu'en 2017. La menace de droite hardcore m'avait déjà poussé à sortir de mon petit catéchisme anar. Par nécessité. Je ne suis pas maso et je ne suis pas à l'aise avec l'aspect sacrificiel de la militance guerrière. "Subissons, notre vertue n'en sera que plus exemplaire". Je hais trop la religion pour ça.

Attendons-nous d'être assez désespérés?
Quelle garantie avons-nous que ce désespoir nous poussera à l'action ou nous fera nous écrouler d'épuisement?
C'est un pari dont le risque repose sur les vies des autres.
On préfère le sport viril de l'affrontement en pleine rue, avec des yeux qui giclent.
Une bonne révolution, ça se fait dans la sueur, le sang et les larmes. Il faut des martyres.
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.
Oui, voter n'est pas glorieux, c'est un peu minable. Certain.e.s font avec ce qu'iels ont. D'autres, avec tout ce qui passe. Quand on est en détresse, nous n'avons pas ce luxe de faire passer sa réputation avant sa survie.

Tout ce que disent les abstentionnistes sur le vote est vrai, en théorie (Je vous laisse en faire la liste, vous adorez ça). Mais si ce n'est pas mis en cohérence avec la réalité en rase-motte, ce n'est que science sans conscience. C'est plus prosaïque, moins épique, mais plus pertinent.
Il y avait une opportunité de favoriser notre camp et d'affaiblir le camp d'en face. Nous venons de la laisser passer de justesse. C'est déprimant.

Le second tour est un traquenard. Il ne reste plus que deux ennemis mortels et je n'irais pas participer à leur fausse compétition pour savoir sur qui ils vont taper en premier. Ce seront les musulmans, les étrangers ou les pauvres? Petit indice, beaucoup sont tout ça à la fois.

Voter, c'est abdiquer. Oui et non.
Oui, j'ai participé à ce truc mal foutu et pipé en résistant à cette petite voix exaltée et intransigeante, si réconfortante. Et alors? Ce n'est pas parce que j'ai usé de mon droit civique que j'ai octroyé mon soutien ou un quelconque mandat. Ce serait accorder trop d'importance à une règle que je méprise.
Les fachos sont antidémocrates et pourtant, ils ne rechignent pas à voter car ils méprisent ces institutions. Si nous sommes assez bêtes pour les laisser faire, ils vont se gêner.
Pourquoi avons-nous tant de scrupules?
Je suis anarchiste et antifasciste et je veux vaincre la droite par tous les moyens nécessaires.
Même le vote. En tout cas, lorsqu'il y a une opportunité de gauche (Le parti de gauche n'est pas le PS). La bataille a lieux de toute façon.

Celleux qui sont conscients de ce qu'est l'ultracapitalisme et le néo-fascisme et qui n'ont pas mit leur égo de côté pour voter à gauche contre la droite :
Sentez-vous coupables.
Saisissez la faute stratégique et morale.
Tirez-en les leçons. En bonne vieille séance autocritique, "camarade".
Continuez à penser, mais en connectant, cette fois-ci. Lâchez un peu l'égo. Rebranchez l'empathie.
Et ne nous cassez pas les miches avec votre blabla pour justifier votre passivité. Ça ne nous consolera pas ni n'atténuera ce qui va suivre. C'est loupé pour cette fois encore, percutez.

Celleux qui ont fait l'effort de renier un temps leur confort intello, c'était un beau geste.
Gardez cette abnégation.
Celleux  dont les intérêts les poussaient plus à droite, mais qui ont refusé d'être complices en retenant leur vote, c'est bien. Continuez comme ça.
Certain.e.s de mes proches ont renoncé à voter pour leur poulain afin de ne pas nous planter un couteau dans le dos, alors que certain.e.s de nos alliés nous ont laissé tombé.

Je suis dégouté et en colère.

Je vais retourner bosser, bien sûr, comme prévu.

Mais dans des conditions qui promettent d'être bien plus merdiques.

Voir impossibles.

Comme je l'ai déjà dit, si nous ne pouvions pas créer, nous serions des furieux.

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IL VAUT MIEUX UNE MAUVAISE GAUCHE QU'UNE BONNE DROITE!

Publié le par Mikeulponk

L'avenir sera-t-il sans pitié?

Nous sommes à seulement quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle 2022.
On nous prépare depuis des mois un second tour Macron - Lepen, comme il y a 5 ans.
C'était déjà un moment terrible à l'époque. En être encore là, après ce quinquennat de violences et d'injustices aggravées, c'est carrément l'angoisse.

Retour en 2017.
En tant qu'anarchiste, après une longue et pénible réflexion, je m'étais résigner à voter utile pour donner une chance à un parti de gauche de nous éviter un dilemme que je n'arbitrerais jamais, entre l'extrême droite et la droite extrême.

Raté, le second tour dégueulasse Macron-Lepen nous a été infligé.
Je me suis abstenu.
Je soupçonnais déjà que les différences entre ces deux monstres n'étaient que chipotages.
Je ne ferais pas barrage aux fachos historiques au profit des fachos start up.
Il faut admettre que je savais que le champion de l'ultracapitalisme serait élu face à la candidate de l'extrême droite. Aujourd'hui, cette évidence n'est plus.

Son règne s'est avéré pire que ce que j'imaginais.
On ne le pensait pas aussi raciste, aussi violent, aussi réac. Il l'a été et le sera plus encore.
Ils sont tous deux aussi capitalistes et xénophobes, aussi autoritaires et antidémocratiques.
En tant qu'Antifasciste, c'est insupportable.

Les nazis ont eu autant besoin de fonctionnaires insensibles et zélés que de bourreaux sadiques fanatisés. Ils collaborent à l'asservissement de la société avec des méthodes violemment antisociale :
-Culte de la personnalité, du chef fort, de la hiérarchie, du patriarcat.
-Dégout de la démocratie et partisan radical du bloc bourgeois dans la lutte des classes.
-Mise en place d'un état fort et autoritaire, affaiblissement des contre-pouvoirs.
-Répression violente de l'opposition. Militarisation de la société. Contrôle social.
-Ordre moral totalitaire. Rhétorique complotiste, réactionnaire, conservatrice, négationniste.
-Nationalisme, xénophobie, racismes de toutes sortes, sexisme, mépris de classe, validisme...

Quelles sont les différences fondamentales?
Deux interprétations d'une même idéologie.
TRAVAIL, FAMILLE, PATRIE, ça ne vous rappelle rien?
Et voilà qu'on voudrait nous rejouer la même comédie dramatique apocalyptique.

L'enjeu est vital.
On a vu ce que ça donnait la droite au pouvoir.
De la violence exacerbée contre les pauvres, les jeunes, les militants, les écologistes, les réfugiés, les retraités, les handicapés, les minorités religieuses, racialisées, culturelles et de genre... Au profit d'une minorité d'aristocrates et d'oligarques. L'ordre et les privilèges, plutôt que la justice et l'égalité. Le capitalisme arrive au bout du rouleau et ne sait plus faire autre chose que détruire, piller et réduire en esclavage.
On ne peut plus ignorer sa profonde inhumanité.
Des années d'inaction écologique nous mettent au pied du mur alors que la date du non-retour absolu est de plus en plus inexorable.
C'est une société plus confuse, plus inégalitaire, plus injuste, plus brutale et qui ne propose plus aucun avenir.
Et il y a de grandes chances pour que ça continue de s'aggraver.
Comment faut-il le dire pour que ça percute?
LEUR PROJET EST FASCISTE. ANTISOCIAL. ILS VONT NOUS DÉFONCER. ÇA VA ÊTRE DE PIRE EN PIRE.

Il semble qu'il y ai, comme la dernière fois, une chance pour qu'une candidature de gauche accède au second tour.
En 2017, un grand nombre des gens qui se prétendaient de gauches, avaient eu plus peur de Mélenchon que d'un candidat de droite dur ou d'extrême droite.
J'avais l'espoir qu'en constatant le résultat de leur lâcheté, ces gens comprendraient que nous n'avons plus le luxe de snober la seule chance de ne pas être encore prisonniers et à la merci de psychopathes tout puissants et sans scrupules.

Peu importe ce que l'on pense de Mélenchon, des craintes pisseuses que l'on nourrit à force de propagande bourgeoise, aucun argument ne fait le poids face à la certitude de la violence des plans de Macron ou Lepen.

Je ne me fais aucune illusion, il ne s'agit de rien d'autre que de choisir son adversaire et il est certains que je préfère subir Mélenchon que Macron (dont on sait très bien qu'il va nous achever) ou Lepen (le doute n'est pas permis sur leurs projets).

Je sais d'avance que le candidat du parti de gauche n'ira pas au bout de ses promesses.
En dehors des renoncements qui seront excusés par le "réalisme" politique, il y a des contrepouvoirs largement entre les mains de la droite (au niveau national comme Européen).
J'en suis sûr, il ne sera pas si terrible pour la bourgeoisie. C'est un trotskiste, pas un soviétique ou un anarchiste (bien que ça me réjouirais d'avantage).

Mais au moins :
Il ne sera pas aussi à l'aise à cogner sur tout ce qui bouge. Arrêtons le délire.
Il ne sera pas aussi dénué d'humanité envers les réfugiés. C'est dans son logiciel.
Il ne sera pas aussi insensible envers la misère des plus exploités. Il sera obligé par sa base.
Il ne sera pas aussi intéressé par le maintient du système écocidaire. C'est incontournable.
Il ne sacrifiera pas aussi aisément l'avenir de nos générations.
Il ne peut pas faire pire que la machine Macron ou que la bête Lepen. Un peu de lucidité!

Je croise les doigts pour que chacun.e se ressaisisse. Il y a urgence.
Les gens souffrent et il ne fait aucun doute que plus de capitalisme nous tuera tous.tes.
Que plus d'intolérances en tous genres nous détruirons.
Qu'encore plus de corruption nous achèvera.
Ayons le courage de dépasser notre individualisme de consomateur.rice.

Un peu d'empathie et de bonté.
Un peu de générosité et de solidarité.

PLUS JAMAIS DE DROITE!

Pour l'anecdote :
Je me suis senti obligé de parler politique avec les membres de ma famille.
Après l'annonce de la mise au travail forcé des allocataires du RSA par tous les candidats de droite, je m'y suis senti obligé.

Je voulais les tenir au courant de la profonde angoisse que cette annonce avait provoquée chez moi et mon entourage.
En tant qu'artistes, nous ne demandions pas grand chose. Nous avions déjà abandonné l'idée de vivre de notre travail. Nous souhaitions vivre, seulement.
Notre vie est difficile, on nous promet de nous la rendre impossible.

Je ne me sens plus capable de supporter de partager des moments conviviaux avec les personnes qui, en connaissance de ma situation, ont tout de même préféré accorder leur soutien à ces candidats.
J'ai toléré le cumul de racisme, sexisme, homophobie, validisme, et mépris de classe. Mais là, c'est la goutte d'eau.
Je supportais sans doute parce que je n'étais pas directement concerné. J'ai été tenté maintes fois de ne plus m'infliger ces moments malsains. Mais je ne pouvais pas me résoudre à couper les ponts. Peut être avais-je l'espoir qu'ils finissent par comprendre, à force.
Mais là, je suis au bord de la falaise, menacé directement d'y être précipité.
C'est une ligne rouge et un évènement concret et limpide pour mettre à l'épreuve leur empathie.
Je leur ai dit, en gros, "faites ce que vous voulez, je vous préviens que si vous me faites ce coup là, je serais en colère". Et j'aurai de bonnes raisons de l'être.
J'ai été compris par la plupart. Léger soulagement.
Peut être faudrait-il que nous ayons tous.tes le courage de se confronter à nos proches pour activer leur empathie. Activer la solidarité. Ça nous sauverait.
Une discussion à cœur ouvert, ou si c'est trop risqué, un billet sur les réseaux.
Si moi, j'en suis à douter de ma propre survie, combien sommes-nous dans cette même situation, à subir la malveillance des générations de boomers idiots et égoïstes?
Quand vont-ils arrêter de s'obstiner à saboter notre avenir?
Je crois que ce que j'ai fait, est à mon échelle ce que la jeunesse des pays occidentaux va faire de plus en plus. Exiger des vieux de prendre en considération l'urgence de respecter leurs besoins.

Merde, si la droite passe encore, ce sera un monde sans pitié.

C'est un simple petit geste politique : ne pas soutenir la candidature de ces enfoirés de droite. Sinon, par votre association ou votre lâcheté face à la bête, vous porterez votre part de responsabilité dans ce qui va advenir.

IL VAUT MIEUX UNE MAUVAISE GAUCHE QU'UNE BONNE DROITE!

Je vous partage un morceau de Dead Can Dance : How Fortunate The Man With None, sur un texte de Bertolt Brecht (dramaturge-poète pacifiste et antinazi) qui traduit bien mon spleen actuel.
Il a notamment écrit ces phrases célèbres :
«  Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde. »
« Nos défaites d'aujourd'hui ne prouvent rien, si ce n'est que nous sommes trop peu dans la lutte contre l'infamie, et de ceux qui nous regardent en spectateurs, nous attendons au moins qu'ils aient honte. »
Pourvu qu'il ai tord cette fois-ci.

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Ma pire expérience de festo : Angougou 2022

Publié le par Mikeulponk

      Cette année, au festival d'Angoulême, j'ai vécu ma pire expérience de festo. Elle n'est dû qu'au mauvais comportement de deux personnes, à la négligence d'une autre et à ma faible capacité à accepter d'être maltraité. Le récit est un peu long (5jours), mais détaillé.

      En 2022, le festival qui devait avoir lieu le dernier weekend de janvier (comme d'habitude) a été déplacé mi-mars.
Un membre du collectif apprend qu'un de ses contact peut nous faire une petite place (l'expo prévue à l'origine ne peut plus se tenir).

Nous n'avons pas beaucoup d'argent et pas pu faire les démarches pour réserver un stand conventionnel. Pourquoi pas?

Son contact fait parti de l'asso du FIBD (festival international de la bande dessinée) et de l'AMBD (amis du musée de la bd d'Angoulême). Chaque festival, ils louent un local pour faire une expo et un peu d'anim'. On nous propose de nous faire une place dans ce local.
On nous assure que c'est une aubaine et qu'on aura une bonne visibilité.
Nous communiquons alors nos besoins. Un tel déplacement est couteux, autant économiquement qu'énergiquement. Nous voulons être sûr que si nous nous mobilisons, nous aurons les conditions nécessaires pour faire notre travail.
Après des négociations qui nous laissent soupçonner une certaine improvisation (on met ça sur le compte du report du festival un mois et demi seulement après la date habituelle) nous tombons d'accord.
Notre contact nous assure que nous disposerons de 8 m², environ 4m de table et tout un mur pour exposer nos travaux.
En effet, nous sommes 6 et comptons faire de la place à tout le monde, c'est notre éthique.
Nous ne sommes pas connu et l'affichage de nos travaux est un argument essentiel pour attirer l'attention sur nos œuvres.

Nous n'avons que trois semaines pour nous préparer. Nous nous démenons pour trouver véhicules, logement, tirage de repros pour le public, flyers et affiches, matériel de présentation etc...
Certain.e.s d'entre nous mettent entre parenthèses leurs activités pros afin de se rendre disponibles pour ce qu'on nous a promis être une occasion idéale de se faire connaître.
Nous nous doutions que cet enthousiasme était sans doute exagéré, mais nous étions loin de soupçonner que ça se passerait aussi mal.

      Mercredi 16 mars. Après un voyage compliqué, serrés comme des sardines entre les duvets, cartons de livres et sac à dos, le chien... nous parvenons à nous réunir et à rejoindre à temps le lieu d'expo pour installer notre stand.
Mais une fois arrivés, ce qu'on met à notre disposition n'est pas ce qui nous a été promis.
Nous n'avons plus qu'une table de 1,50m.
D'autres membres de l'asso qui doit nous accueillir avaient décidé, deux jours plus tôt, de fournir l'autre table à une autre personne (au demeurant très sympathique et qui a elle aussi subit certains abus). Nous sommes venus avec tout notre matériel et nous allons devoir tenir un stand au rabais.

On nous refuse aussi de pouvoir poser une nappe. Il faut laisser la table apparente. Une table en carton assez moche avec une bâche en plastique transparent. Attention, c'est une table prêté par une connaissance des organisateurs du festival.
Nous sommes très déçus et le contact est tendu. Ça pue de plus en plus.
Bref, nous ne restons pas bloqués sur cette affaire. Il nous reste le mur, derrière la table, sur lequel nous pouvons dresser une expo qui patate pour compenser.

Sauf que non, un petit vieux relou, Dominique Brechoteau, co-président du festival dans le passé et chevalier de la légion d'honneur (une breloque en chocolat) se mêle de nos affaires. Il ne veut pas que nous affichions trop de cadres. 4 ou 5 pas plus. Là c'est inadmissible.

Nous sommes venus pour tenir un stand pas pour faire de la figuration. Nous avons besoin d'afficher nos visuels pour le public. C'est essentiel.
Le vieux insiste et nous sert des arguments inconsistants.
Il ne faudrait pas surcharger le mur (nous n'avons encore rien affiché) car ça jurerais avec le super travail qui a été fait sur l'expo de l'asso FIBD que le lieu abrite. (Pas si extraordinaire et réchauffée).
Des grands cadres alignés les uns après les autres qui retracent l'historique du festival lorsqu'il n'était encore qu'un salon. Des blocs de texte avec quelques images. Les murs sont occupés à plus des deux tiers.
Il ne faudrait pas que nos cadres soient accrochés trop bas, car on ne les verraient pas derrière nous. Outre que nous savons gérer une expo, et que nous savons comment placer nos cadres, il n'a pas appliqué ses propres conseils à lui-même car sa ligne basse de cadre commence à 1 mètre 20 du sol. Autrement dit, les visiteur.euse.s cachent les cadres quand iels sont devant.
Il essaye même de planter les clous d'accroche à notre place.
Nous sommes obligés d'insister pour qu'il nous laisse faire. Nous savons planter des clous et accrocher nos cadres. On se demande bien à quoi il pense. Quelle idée se fait-il de nous?

Nous ne nous sentons pas les bienvenues. Nous serons sans arrêts observés avec des regards suspects. On nous fait sentir que nous gâchons leur expo (qui artistiquement n'a aucun intérêt alors que nous présentons des illustrations et des planches originales, ce qui aurait pu être une véritable plus-value).

Nous devions avoir 8 m², nous n'en avons plus que 4.
Nous devions avoir 4 m de table, nous n'avons plus qu'1m50.
Nous devions avoir tout un mur, nous n'avons qu'une dizaine de cadres mal agencés sur un mur majoritairement blanc et un poteau.
Les membres du collectif sont déçus, stressés, en colère et notre présence clairement sabotée, sans que nous comprenions pourquoi.

Notre contact (Olivier) est gêné. Malgré son enthousiasme, il ne semble pas avoir les épaules pour nous garantir ce qu'il nous avait promis.
Bref, une équipe doit aller déposer des livres à la librairie Cosmopolite. Une autre garer les voitures et une autre terminer d'accrocher ce que l'on peut.
Je vais à la librairie avec un collègue et notre contact. Tout se passe bien là-bas. La promesse est tenue. Ce sera même une expérience agréable.

      Lorsque nous revenons, les collègues sont sur le point de craquer.
Nous apprenons qu'une fois que nous étions partis, le petit vieux est revenu à la charge pour emmerder les filles. Il n'arrête pas de les déranger, de leur donner des consignes. En plus d'une ingérence malsaine, il leur manque clairement de respect.
Alors qu'une membre du collectif demande qu'on la laisse tranquille, qu'on arrête de lui mettre la pression, ses demandes sont ignorées avec condescendance. Du type "c'est la vie, faut s'adapter". Nous sommes au bord de l'explosion.
Nous essayons d'apporter de nouveau notre soutien aux collègues en insistant pour pouvoir disposer du mur. Rien ne nous empêche d'accrocher ce que l'on veut à part cette persévérance incohérente du vieux basée sur des considération esthétiques infondées et arbitraires.
C'est important pour nous de pouvoir montrer notre travail ou nous ne convaincrons pas le public et perdrons notre temps et notre énergie. Pourquoi insiste-t-il à nous refuser de gérer notre espace avec autonomie?
Ce que l'on nous impose fait clairement amateur. C'est du sabotage.

C'est alors que notre contact réessaye de plaider notre cause au prêt de la directrice de l'asso.
Delphine Groux. Cette personne se montre alors particulièrement exécrable en menaçant de tout arrêter si nous accrochons un cadre de plus. Elle nous fait remarquer que nous sommes dans une galerie et que l'expo du FIBD leur a demandé beaucoup de travail et d'efforts pour que ce soit classe. Sous entendu que nos travaux souilleraient leur bébé.
Là c'est carrément du mépris.
Notre contact s'est fait remonter les bretelles et nous comprenons que nous sommes tomber sur une asso de bourgeois hardcore.
J'ai entendu le fouet du maître claquer et notre contact nous lâche. Nous sommes obligés d'accepter de réduire nos ambitions à une caricature de stand de brocante sous menace d'être mis à la rue. Une hiérarchie brutale a été posée et ils nous font bien comprendre que notre présence dépend de leur bon vouloir.

J'ai eu le sentiment qu'on allait nous traiter d'ingrats.
Ils prétendent que nous manquons de respect au vieux dans une inversion des rôles qui prouve leur égocentrisme.
J'ai eu l'image d'une vieille acariâtre qui aurait accepté de garder les gosses à condition qu'ils aillent se faire oublier dans un coin sombre de la pièce, en silence et sans broncher.
J'ai envie de distribuer des torgnoles et de faire voler toute leur expo dans le caniveau.
Les copains tiennent le coup et je m'efforce de ne pas leur manquer de respect en les privant de festival à cause d'une crise de colère punk et destroy semblable à celles qui m'ont fait virer du lycée ou d'Ubisoft (où j'ai aussi eu des démêlés avec des bandes de pervers autoritaires ou corporates). De vieux souvenirs autodestructeurs dans lesquels je n'ai pas à embarquer mes camarades. Je dois avouer que je ne supporte pas non plus qu'on les maltraite.
Je suis fort de leur solidité. Me savoir si bien entouré me rassure juste ce qu'il faut pour ne pas tout gâcher complètement et nous laisser une chance de transformer ce calvaire en quelque chose de pas trop déprimant. Keep calm and do your job.

On nous avait dit que nous aurions jusqu'à 19h pour installer notre stand.
C'est aussi faux. Nous quittons les lieux à 18h sans avoir mit en place notre table.
Nous pensions pouvoir venir plus tôt le lendemain matin pour nous installer, mais elle nous dit de ne venir qu'à 10h (heure d'ouverture au public).
On se doute qu'elle se fout de notre gueule.

      Le soir, nous échangeons sur ce que nous venons de vivre.
Tout le monde a bien ressenti la même chose. Mépris, condescendance, autoritarisme.
Nous nous doutions qu'en dehors des tentes officielles, nous serions un peu en "off" et qu'une grande partie du public risquait de nous manquer. Mais nous n'imaginions pas un piège pareil.
Nous avons su garder un calme relatif et surtout, notre solidarité.

Par intégrité, une membre du collectif, particulièrement touchée, décide d'écrire une lettre pour exprimer ce qu'elle a ressenti en espérant qu'il s'agisse d'un malentendu et que nous pourrons rattraper ce fiasco.
Nous validons à l'unanimité un texte sincère, diplomate et fidèle à nos valeurs humaines.

      Le matin, en arrivant à 10h, comme prévu, nous sommes les derniers et nous devons installer notre stand devant le public. Nous passons au dessus de cette mesquinerie.
Les contacts ont été les plus réduits possibles avec la direction de l'asso (finalement, c'est mieux que d'être emmerdés).
Certain.e.s bénévol.e.s étaient plus agréables. Certain.e.s se sont intéressés à notre travail et nous ont soutenu en nous prenant des livres. Ce qui nous confirme que cette asso est polluée par deux poisons (au moins) qui imposent leur tyrannie à tous les autres.
L'organisation est minable. Ils on prévu des choses différentes et contradictoires sans se concerter et nous en payons les conséquences. Le seul point positif de cet accueil, c'est qu'on nous propose des petits gâteaux.

La lettre n'aura eu aucun effet. La directrice nous assure qu'elle souhaite sincèrement que la place qu'ils nous font nous offrira un peu de visibilité. Mais elle ne nous accordera rien d'autre et ne manquera aucune occasion de faire obstruction à nos tentatives d'améliorer notre situation.

      Autre chose encore, nous ne sommes pas annoncés depuis l'extérieur ni dans les espaces vitrines, ni sur les mur, ni nulle part. Personne ne sait que nous sommes là et nous n'avons pas non plus le droit d'accrocher des affiches pour nous signaler.
Mais, le second jour (vendredi), l'un des bénévoles nous demande spontanément si nous n'aurions pas quelque chose à afficher dehors. À la bonne heure.
Nous ne nous faisons pas prier pour déployer notre roll up, sur le côté du local, à quelques mètres de la porte. Mais la vioques a tout de même trouvé que nous abusions.
Nous lui faisons remarquer que c'est un membre de sa propre asso qui nous l'a proposé.
Nous pouvons laisser le roll up, bien maigre victoire.

Des petites phrases vont être entendues par ci par là. Tel que "ils n'ont même pas apporter de matériel pour accrocher leur expo", alors que nous avions convenu que le matériel approprié serait fourni sur place (ce qui était le cas).
Une ambiance hypocrite s'installe. Même si, comme je l'ai dit précédemment, certain.e.s se montrent courtois, voir charmant. Mais nous ne savons pas sur quel pied danser. Peux-t-on faire confiance?

La personne qui occupait la seconde table n'était pas là vendredi et samedi.
Nous avons pu réinvestir cet espace, mais le cœur n'y était plus.
Même si nous apprenons assez vite que la fréquentation du festival est moitié moindre que d'habitude (report du festival, Covid, pas de fric...) nos résultats sont catastrophiques.
- Pour l'anecdote :
Lorsque je suis venu à Angougou la première fois, j'ai distribué une cinquantaine de livres, sur un stand peut accrocheur, avec ma BD anarcho-pnuk coincée entre une BD de Bécassine, une autre sur un prêtre vietnamien et une commande sur une région viticole. Là, moins d'une vingtaine de vente alors que j'étais avec les copains-copines. -

Nous avons eu un peu de visite et heureusement que chaque moment d'échange avec le public est l'occasion d'une rencontre intéressante, touchante, constructive, motivante... mais en quatre jours du plus gros festival de BD d'Europe, nous n'avons pas fait mieux que lors d'un petit évènement de province. C'est médiocre.
Même si notre emplacement ne promettait pas non plus une super visibilité, l'attitude de la présidente de l'asso et du vieux ex-président nous ont clairement pollué et saboté.
C'est notre pire expérience de festival.

Comme j'avais participé à l'organisation de notre venue, je me sentais en partie coupable d'avoir contribué à mettre mes camarades dans cette galère. Tout comme mon collègue qui nous a mit en contact.
Nous avons senti un fort sentiment d'humiliation à être traités de la sorte.
Sentiment que les bourgeois cherchent naturellement à faire ressentir à celleux qu'ils estiment être leurs subordonnés. Le biais de classe nous a bien sauté à la gueule et nous ne l'oublierons pas.

Notre contact nous a mit dans une situation foireuse et malsaine pour nous. Je lui en veut un peu pour ça.
À sa décharge, ce qu'il a organisé seul a marché. À savoir les dédicaces à la librairie Cosmopolite.
Belle librairie et surtout un personnel fort sympathique et aux petits soins. Ce que je n'ai pas manqué de leur faire remarquer tant le contraste avec le local FIBD était flagrant.
Nous avons tenue 4 séances de dédicace (une par jour à des horaires différents).
Nous y avons été bien accueillis, avec enthousiasme. Nous avons été traité avec égalité et respect.
Merci à toute l'équipe.

      Plus qu'un jour à tenir, le quatrième, nous sommes dimanche.
Nous savions que la personne qui tenait la table à côté de nous le premier jour revenait (c'était prévu dès mercredi). Nous lui libérons la table, évidemment.
À notre arrivée, nous apprenons qu'elle a été accueillie avec réticence. La directrice, que nous avons surnommée "Cruella", s'est montrée infecte avec elle. Lui faisant bien comprendre qu'elle n'était, elle non plus, pas la bienvenue. Elle n'osait même plus aller se servir du thé. Un membre du collectif s'en est chargé.

Nous les gênons. Pas une seule fois, ils ne vont faire l'effort de parler de nous aux personnes qui visitent le lieux. Comme si nous n'existions pas.
De notre côtés, nous ne sommes pas aussi mesquins et renseignons les visiteur.euse.s de ce que nous savons. Il est flagrants que la direction ne s'est pas intéressée une seule seconde à notre travail et s'en contrefiche.
Ils pensaient sans doute avoir affaire à des jeunes amateurs soumis à qui ils feraient la charité et dont ils pourraient se vanter.

C'est dingue comme seulement deux personnes peuvent vous gâcher la vie.
Une vieille "fille de" (fille du co-créateur du salon), bourge, opportuniste, hypocrite, perverse et méprisante doublée d'un vieux prétentieux, condescendant et égoïste en voix de sénilité.

Tout ce que nous détestons.
Pas étonnant pour une asso jugée comme une coquille vide vendue au patron de 9ème art+.
LIEN ARTICLE sur les dessous douteux de l'organisation du festival

      Autre anecdote liée à l'organisation du festival.
Nous ignorions comment fonctionnait le festival et les accréditations.
Notre situation (auteurices auto-édités) est peut considérée par le milieu de la BD et nous sommes souvent oubliés dans les systèmes organisationnels.
Lors de l'organisation de notre venue, on m'invite à m'adresser au service des accréditations pour avoir des badges pour les 6 auteurices.
La personne que j'ai au téléphone m'affirme que les auteurs auto-édités, les fanzinats et les illustrateurs n'ont pas droit à des badges auteurs. Ils ne peuvent être réservés que par un éditeur.
Ça m'énerve ce genre de manque de considération, mais il ne reste plus beaucoup de temps avant la date du festival. Je suis la procédure que l'ont m'indique et dois réserver 6 badges à 45€ chacun (soit 270€).

Une fois au festival, je remarque que les exposants de BD alternative ont un badge auteur.
Je leur demande comment ils s'y sont prit.
J'apprends que si l'on se présente au bureau des accréditation avec un album nous avons droit à un pass auteur gratuit.
Wallah! J'ai encore envie de tout casser! Il manquait plus que ça! Je suis un incapable pour gérer ce genre de conneries administratives et je me fait toujours avoir.

Je me rends avec un collègue au bureau des accréd' et nous leur faisons remarquer que ce n'est pas juste que nous ayons payé des badges auxquels nous avions droit gratuitement.
La personne qui m'avait demandé qui nous éditait, en entendant "auto-édité", avait pensé qu'il s'agissait d'amateurs.
Le collègue lui fait remarquer que nos livres sont publiés sous ISBN.
Malaise et gênance.
La personne s'excuse et nous demande de les recontacter par mail pour un éventuel remboursement. Nous allons voir s'ils saurons reconnaître leur erreur.
Un exemple supplémentaire du mépris qui plane encore au dessus de la BD indépendante.

      Nous avons tout de même passé des bons moments.
Notamment avec Guinou, qui nous a accueilli avec beaucoup de bienveillance et d'affection.
Nous avons eu des discussions très intéressantes, rencontré des personnes sympathiques avec qui nous garderons de très bons contacts. Sans doute pour revenir en force d'ici peut-être deux ans, en bonne et due forme afin de donner le meilleur de nous même.
Comme le bar de la rue des ArceauxNico, Vanille et Marmite se sont montrés particulièrement aimables.

Nos liens au sein du collectif des Indés-Sociables sont toujours aussi forts et nous savons que nous pouvons compter les un.e.s sur les autres. Que nous sommes entre personnes de grande valeur artistique et éthique.

Quelques trouvailles bédéphiles et quelques expos alimenteront notre inspiration.
Pour certain.e.s d'entre nous, une soirée concert au bar du Point Carré (Carver, Péniche - ma préférence - et équipe de foot) aura permis de détendre un peu nos nerfs dues à cet évènement cauchemardesque mais aussi aux circonstances de la vie qui ne nous laissent pas toujours tranquilles même dans les moments les plus difficiles.

Des rencontres constructives avec de jeunes auteurices (qui doivent parfois avaler des couleuvres et des critiques d'une autre époque, espérons bientôt révolue) à qui nous souhaitons le meilleur.

      Nous ne savons pas encore quelles leçons tirer d'une telle expérience.
Faire plus confiance à notre instinct.
Se méfier au plus haut point des pistons (qui cachent souvent des méthodes oligarchiques, basées sur la flagornerie, le chantage et l'arbitraire).
Certain.e.s camarades n'étaient pas à l'aise à l'idée que cette expérience pourrait se retourner contre nous car nous savons à quel point les bourges peuvent être rancuniers dans leurs réseaux (blacklisting par exemple).
Cela confirme notre volonté de faire au maximum par nous-mêmes, DIY.
De s'associer plutôt à des ami.e.s et des gens dont on est sûr qu'iels partagent les mêmes valeurs.
Nous savons que nous allons encore devoir nous battre pour exister et être reconnus un minimum. Toujours insoumis, dignes, intègres et libres dans nos créations.

      Sans oublier l'ombre des élections d'avril 2022 qui nous laissent craindre une précarisation encore accrue des auteurices avec la pression que la droite compte faire peser sur les pauvres et en particulier, sur les allocatiares-ices du RSA.

Encore beaucoup d'obstacles se dressent devant nous avant de pouvoir vivre dignement de nos activité.

Merci à toutes celles et ceux qui nous soutiennent.

Nous prendrons notre revanche (Ironie de la situation, c'est le thème de notre prochain recueil que nous allons développer dans les années qui viennent).

On va reprendre des forces et repartir de plus belle.

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Festival D'angoulême

Publié le par Mikeulponk

Salut à toustes

C'est officiel, nous tiendront un stand pendant le festival d'Angoulême du 17 au 20 mars.
Nous ne serons pas dans les chapiteaux dédiés aux éditions et aux auteur.ice.s (Nouveau Monde).
Nous serons au 10-12 rue Hergé, au lieu dédié à l'association FIBD (Numéro 22 sur le plan du site).
Nous devrions avoir assez d'espace pour proposer tous nos ouvrages et exposer nos travaux originaux. On va faire ça bien.
Il y aura une expo sur le site, apparemment dédiée aux débuts du salon (BD des années 80-90). Y'a moyen que ce soit un peu notre cam.

On aura aussi un créneau de dédicace chaque jour du festival (encore à définir) à la librairie Cosmopolite.

Les Indés-Sociables seront au complet. J'espère que le collectif fera le plein de rencontres. De mon côté, j'espère que je pourrais avoir un max de discutions qui me permettront de finaliser mon scénar de Blood Punks Tome 03.

Nous avons passé un très bon moment aux rencontres du fanzinat à Rennes. Nous avons eu le plaisir de revoir des camarades avec qui nos affinités se sont confirmées (notemment Vincent, Juan et Vincent). C'est un super milieu.

En attendant, je maintiens la forme et progresse de front sur mes travaux.
Un p'tit dessin comme ça pour le plaisir :

 

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